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RDC

L'OMS a besoin urgemment de 20 millions de dollars pour parachever la lutte contre Ebola

Une ambulance attend à côté d'une clinique pour transporter un patient suspecté d'Ebola, à Goma en République démocratique du Congo, le 5 août 2019. (Photo: REUTERS/Baz Ratner)

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué vendredi avoir besoin de 20 millions de dollars (17,7 millions d'euros) pour lutter contre l'épidémie d'Ebola en RDC, pour laquelle il n'existe plus de cas confirmé, mais qui n'est pas officiellement terminée.

Le dernier cas connu de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo, une patiente, est sortie le 3 mars d'un centre de traitement.

L'épidémie sera officiellement terminée après 42 jours (deux fois la durée maximale d'incubation du virus Ebola selon l'OMS), à partir de la date du second test négatif sur le dernier cas confirmé.

S'il n'y a pas de nouveaux cas, "la fin de l'épidémie sera déclarée le 12 avril", a indiqué aux médias à Genève le Dr Ibrahima-Soce Fall, sous-directeur général chargé des interventions dans les situations d'urgence à l'OMS.

Mais il est essentiel de maintenir sur place des capacités de "surveillance et de réaction" afin de détecter rapidement d'éventuels nouveaux cas, a-t-il dit.

"Nous avons plus de 1.169 survivants. Nous avons donc un programme important pour continuer à fournir des soins aux survivants, mais aussi pour nous assurer qu'il n'y a pas de résurgence (du virus) chez les survivants", a-t-il expliqué.

"Si aucune nouvelle ressource n'est reçue, nous serons à court d'argent avant la fin de l'épidémie", a alerté l'agence spécialisée de l'ONU.

"Nous savons que l'attention internationale est actuellement davantage portée sur le Covid-19 mais (...) nous avons encore besoin de 20 millions de dollars supplémentaires pour que l'OMS puisse maintenir l'équipe sur le terrain car Ebola est aussi une question de sécurité sanitaire mondiale", a insisté M. Fall.

L'OMS a fait de cette épidémie, officiellement déclarée le 1er août 2018, une urgence sanitaire de portée internationale en juillet 2019, quand elle menaçait les pays voisins (Rwanda, Ouganda).

Avec 2.264 victimes, cette dixième épidémie d'Ebola enregistrée sur le sol congolais depuis 1976 est la deuxième la plus grave de l'histoire après celle qui a touché l'Afrique de l'Ouest de 2013 à 2016 (plus de 11.000 morts, essentiellement en Guinée, au Liberia, et en Sierra Leone).

Depuis, les autorités sanitaires disposent d'une arme majeure contre Ebola: la vaccination. Près de 320.000 personnes ont été vaccinées en RDC.

En outre, l'OMS est désormais en mesure de déployer des équipes en 24 heures grâce à la réforme de son programme d'urgence, menée à la suite de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

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Guerre des chefs au parlement congolais: le parti de Tshisekedi dans l'impasse

Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de l'UDPS en RDC

Qui succèdera au député Jean-Marc Kabund au poste de 1er vice-président de l’assemblée?

Du côté de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti du président congolais Félix Tshisekedi dont M. Kabund est président intérimaire, on se refuse pour l'instant d'avancer le nom d'un éventuel successeur.

"Tout dépend maintenant du chef de l’Etat. C'est lui qui doit nous donner le nom", a réagi à VOA Afrique le député Léon Mukayi, président du groupe parlementaire UDPS.

Le dépôt des candidatures au poste du 1er vice-président de l’Assemblée nationale aura lieu du 6 au 8 juin.

Le 28 mai, l’UDPS avait, à l’issue d’une réunion de certains de ses organes, mis en garde les députés élus sur sa liste de déposer leur candidature, sous peine de radiation du parti. Et avec, la perte de qualité de député.

M. Kabund, la trentaine, a été déchu le 25 mai lors d’un vote consécutif à une pétition signée par 62 députés.

Au départ, l’UDPS indiquait vouloir garder ce poste vacant. Mais certains du parti n’ont pas épousé cet avis, à l’instar du constitutionnaliste André Mbata qui, après une audience avec le président Tshisekedi, avait déclaré que le parti ne pouvait rester bloqué pour et par un seul individu.

D’autres aussi ont exprimé le même point de vue. C'est le cas du président de la commission électorale du parti, Jaquemain Shabani.

Pour sa part, M. Kabund a, la semaine passée, rejeté sa destitution et promis de saisir la justice. Et il pourrait marquer un point.

En effet, l’auteur de la pétition qui l’a fait tomber, le député Jean-Jacques Mamba, du Mouvement pour la Libération du Congo, parti de l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, avait été arrêté pour avoir truqué la signataire d'au moins deux députés. Il a par la suite été libéré après la rétraction des deux accusateurs.

L’affaire a été suspendue au niveau de la justice et pourra reprendre après la session parlementaire.

COVID-19 : un centre de dépistage gratuit à Kinshasa

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Avec 1300 civils tués, l'ONU dénonce l'hécatombe et un désastre humanitaire en RDC

Des personnes ayant fui la République démocratique du Congo sont rassemblées au camp de réfugiés de Kyangwali, géré par le HCR, à Kyangwali, en Ouganda, le 19 mars 2018. (Photo Reuters)

Près de 1.300 civils ont été tués et plus d'un demi-million déplacés dans divers conflits entre groupes armés et forces de sécurité en République démocratique du Congo (RDC) en quelques mois, a alerté l'ONU vendredi, en pointant de possibles "crimes contre l'humanité ou crimes de guerre".

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a affirmé dans un communiqué que "le caractère généralisé et systématique de certaines des attaques contre des civils en Ituri et au Nord-Kivu peut constituer des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre".

Elle s'est généralement dite "consternée" par l'augmentation dans le pays d'"attaques brutales contre des civils innocents par des groupes armés, et par la réaction des forces militaires et de la police qui ont également commis de graves violations, y compris des meurtres et des violences sexuelles".

Selon le communiqué, le nombre de victimes a fortement augmenté ces dernières semaines alors que les conflits dans trois provinces de l'est du pays - Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu - se sont propagés.

Ces violences ont jeté des centaines de milliers de personnes sur les routes.

Plus de 400.000 personnes ont été déplacées dans le Nord-Kivu depuis septembre, tandis que 110.000 autres, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été déplacées par la violence dans le Sud-Kivu entre janvier et fin mai, selon l'ONU.

En Ituri, la violence s'est propagée dans de nouvelles zones alors que le nombre de groupes armés s'est multiplié. Le principal groupe armé reste selon l'ONU la Codeco (Coopérative pour le développement du Congo), composé principalement de combattants issus de la communauté Lendu, et dont le principal dirigeant, Justin Ngudjolo, a été tué le 25 mars.

Le Haut-Commissariat accuse la Codeco et d'autres combattants Lendu de poursuivre "une stratégie de massacres de résidents locaux, principalement Hema, mais aussi Alur, depuis 2017", afin de contrôler les ressources naturelles dans la région.

- "Plus atroces" -

Les attaques commises par des groupes armés en Ituri sont devenues de plus en plus "atroces", se caractérisant notamment par des décapitations et des mutilations de cadavres selon l'ONU. Mais "jusqu'à présent, les communautés ciblées se sont abstenues de riposter", a souligné Mme Bachelet.

Selon l'ONU, entre octobre et fin mai, au moins 531 civils ont été tués par des groupes armés en Ituri, dont 375 depuis mars. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale congolaise (PNC) auraient également tué 17 civils au cours de la même période.

Au Nord-Kivu, le lancement d'opérations militaires par les forces de sécurité et de défense en novembre 2019 a donné lieu à des représailles contre les populations civiles de la part du principal groupe armé, les ADF, qui ont tué d'octobre à fin mai au moins 514 civils. Les forces de sécurité ont fait près de 85 victimes.

Au Sud-Kivu, au moins 74 personnes ont été tuées depuis octobre et au moins 36 femmes et enfants violés dans une recrudescence de la violence ethnique, alimentée par des discours haineux.

Le communiqué note aussi que des dizaines de civils ont été tués au Kongo Central et à Kinshasa fin mars et avril lors d'opérations menées par les forces de sécurité contre des militants du groupe politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK).

La procureure de la CPI Fatou Bensouda s'alarme des massacres en Ituri

La procureure de la CPI Fatou Bensouda s'alarme des massacres en Ituri
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Les tueries en Ituri pourraient "constituer des crimes relevant de la CPI"

La procureure de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda.

Les tueries de civils en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo "pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale", a prévenu jeudi la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

"Une mission de mon Bureau sera déployée en RDC dès que les conditions liées à la crise sanitaire de la COVID-19 le permettront", a ajouté Mme Bensouda dans une déclaration publiée au lendemain du nouveau massacre d'au moins 16 civils.

Début janvier, un rapport des Nations unies indiquait que 701 personnes ont été massacrées en Ituri depuis décembre 2017.

"Les crimes contre l'humanité sont confirmés", avait souligné la Haute commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies, Michelle Bachelet, à l'issue d'une visite en Ituri fin janvier.

Depuis, plusieurs centaines de personnes ont encore été massacrées, principalement dans les territoires de Djugu et Mahagi au nord du chef-lieu provincial Bunia.

Les tueries sont attribuées à des éléments armés d'une secte ethnico-mystique, la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco).

La Codeco prétend défendre les intérêts et les terres d'une des communautés de l'Ituri, les Lendu, principalement agriculteurs.

De l'avis même des Nations unies, les victimes sont principalement des membres d'une autre communauté, les Hema, éleveurs et commerçants.

Les attaques contre les civils "se sont intensifiées ces derniers mois sur plusieurs territoires de l’Ituri", d'après la procureure de la CPI.

Mme Bensouda fait aussi état des "attaques répétées contre des camps de personnes déplacées internes et des communautés ciblées".

Le bureau de la procureure "continue de surveiller avec une extrême vigilance la situation sur toute l'étendue du territoire congolais, y compris celle qui prévaut actuellement dans les territoires de l’Ituri".

La procureure de la CPI "encourage" les autorités congolaises à "intensifier leurs efforts pour que des enquêtes véritables soient menées".

Mme Bensouda "encourage également les autorités congolaises, avec l’appui de leurs partenaires, à poursuivre résolument leurs efforts en vue de protéger et de sécuriser les populations civiles et leurs biens".

L'armée congolaise affirme régulièrement mener des opérations contre la Codeco, dont elle a affirmé fin mars avoir éliminé le chef Justin Ngudjolo.

Des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) patrouillent la journée sur l'axe Bunia-Djugu. Les crimes ont souvent lieu à l'écart de la RN27, dans des zones isolées, la nuit.

Les tueries interviennent à 2.000 km de Kinshasa, où des députés de l'Est de la RDC tentent ces jours-ci d'interpeller le gouvernement sur l'insécurité dans leurs régions, en Ituri mais aussi dans le Nord-Kivu voisin.

Un conflit entre milices lendu et hema avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003, jusqu'à l'intervention d'une force européenne Artémis sous commandement français.

Un chef de guerre, Thomas Lubanga, avait été à cette occasion le premier condamné dans l'histoire de la CPI depuis l'adoption du statut de Rome en 1998. Il a été récemment libéré après 15 ans de prison.

Les violences ont repris pour des raisons obscures (vol de bétails...) en décembre 2017, avec des différences notoires par rapport au conflit de 1999-2003.

Les victimes, à commencer par les hema, n'ont pas reconstitué de milices, s'en remettant à l'autorité - parfois défaillante de l'avis des experts - de l'Etat congolais.

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