Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Guinée

Conakry va juger une soixantaine d'opposants au 3e mandat du président Condé

Les manifestations des Guinéens contre le 3ème mandat du président Alpha Condé, le 7 novembre 2019.

Le gouvernement guinéen a annoncé qu'une soixantaine de personnes seraient jugées en lien avec la contestation et les troubles qui ont accompagné la présidentielle et le référendum constitutionnel ayant débouché en 2020 sur un troisième mandat d'Alpha Condé à la tête de l'Etat.

Toutes ces personnes, parmi lesquelles des figures de l'opposition, passent pour être détenues depuis plusieurs mois.

La Guinée a été le théâtre entre octobre 2019 et octobre 2020 d'une intense agitation autour de la candidature de M. Condé, 83 ans aujourd'hui, à un troisième mandat controversé. La contestation, menée par l'opposition et une partie de la société civile et plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts civils et quelques morts dans les rangs des forces de sécurité.

M. Condé a soumis en mars 2020 un projet de nouvelle Constitution à un référendum couplé à des législatives et émaillé de violences. L'adoption lui a permis d'invoquer cette nouvelle Constitution pour s'affranchir de la limite de deux mandats et se présenter à la présidentielle d'octobre 2020, à nouveau entourée de violences.

Il a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. L'opposition a dénoncé un "coup d'Etat électoral". Les Etats-Unis, la France et l'Union européenne ont émis des doutes sur la crédibilité de ces scrutins.

Des centaines de personnes ont été arrêtées au cours de la mobilisation et après la présidentielle, selon les défenseurs des droits humains.

Le porte-parole du gouvernement Tibou Kamara a indiqué vendredi soir dans un communiqué que 57 d'entre elles étaient renvoyées devant un tribunal. Huit d'entre elles seront jugées pour l'attaque d'un train minéralier dans laquelle trois gendarmes et un soldat avaient été tués dans un quartier périphérique de Conakry en proie aux heurts quelques jours après la présidentielle, a-t-il dit.

Le porte-parole évoque aussi le dossier d'Ibrahima Chérif Bah et Ousmane Gaoual Diallo, des responsables de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti dirigé par le principal challenger de M. Condé à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo. Avec d'autres opposants, ils ont été arrêtés après la présidentielle et inculpés, selon leurs avocats, pour fabrication, détention et usage d'armes de guerre et légères, et atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation.

Quarante-neuf mis en cause seront jugés dans cette affaire, selon le porte-parole du gouvernement. Dans les deux dossiers, 40 personnes ont bénéficié d'un non-lieu et ont été relâchées, a-t-il ajouté.

Les défenseurs des droits humains dénoncent le durcissement autoritaire du régime de M. Condé. M. Condé "rassure l'opinion nationale et internationale" quant à son attachement "au respect des Droits de l'Homme et de la dignité humaine", assure le porte-parole.

L'adversaire de M. Condé à la présidentielle et le collectif qui a mené la mobilisation contre le troisième mandat, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), ont dénoncé les efforts du pouvoir pour faire croire à l'indépendance de la justice.

Cellou Dalein Diallo a parlé sur Twitter "d'opération de communication", et a prédit que les jugements à venir seraient "dictés" par M. Condé.

"Dans cette affaire, la justice n'a jamais été et ne sera jamais indépendante. Elle agira suivant les instructions du dictateur Alpha Condé", a renchéri le FNDC sur Facebook.

Toutes les actualités

Les autorités guinéennes prononcent la dissolution du FNDC

Les autorités guinéennes prononcent la dissolution du FNDC
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:43 0:00

Le FNDC appelle les Guinéens à manifester

Le FNDC appelle les Guinéens à manifester
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:05 0:00

Un collectif appelle à une manifestation guinéenne contre la junte le 17 août

GUINEA-POLITICS-UNREST - protest in Conakry - demonstration - demo

Un Collectif a appelé lundi à une nouvelle manifestation contre la junte le 17 août en Guinée, mettant fin à une trêve faute de réponses à ses demandes de "dialogue crédible" sur la transition vers un pouvoir civil.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, était à l'initiative des manifestations organisées les 28 et 29 juillet, interdites par les autorités et où cinq personnes ont été tuées, pour dénoncer la "gestion unilatérale de la transition" par la junte.

Il avait ensuite suspendu ses mouvements de contestation pour une semaine, dont celui prévu dans tout le pays le 4 août, "à la demande expresse" du chef de l'Etat bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Le colonel Mamady Doumbouya, qui a renversé le 5 septembre dernier le président guinéen Alpha Condé au pouvoir depuis 2010, s'est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus dans un délai de trois ans.

Or la quasi-totalité des acteurs politiques du pays et les Etats ouest-africains, médiateurs dans ce dossier, veulent qu'il raccourcisse ce délai.

La Cédéao a ainsi appelé le 1er août "les autorités guinéennes, la classe politique et la société civile à engager un dialogue inclusif afin de désamorcer la tension et de convenir d'un calendrier et de modalités raisonnables pour le rétablissement pacifique de l'ordre constitutionnel".

Or la junte refuse "de répondre aux nombreux appels au dialogue sur la transition", a dénoncé lundi le FNDC dans un communiqué critiquant également "l’attitude de défiance chronique" du pouvoir guinéen vis-à-vis de la Cédéao, sa "gestion unilatérale et autoritaire de la transition" et "l’usage illégal d’armes létales dans la gestion des manifestations".

Outre l'ouverture d'un "dialogue crédible" avec les acteurs politiques et la société civile et la fixation d'un délai raisonnable et consensuel de la durée de la transition, le FNDC exige de la junte la libération sans condition de tous ses militants arrêtés lors des dernières manifestations.

Manifestations et heurts sporadiques dans des quartiers de Conakry
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:45 0:00

Deux leaders du collectif, Oumar Sylla alias Foniké Mangué et Ibrahima Diallo, ainsi que Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l'Union des forces républicaines (UFR), étaient toujours écroués lundi à la prison civile de Conakry après avoir été inculpés de "participation à un attroupement interdit, de pillages, de destruction de biens publics et privés, de coups et blessures volontaires".

Foniké Mangué, coordinateur du FNDC, a été entendu dans la journée. "Il ne reconnaît pas les faits" qui lui sont reprochés et "considère être dans son droit de lutter pour l’instauration de la démocratie", a déclaré à la presse son avocat, Me Thierno Souleymane Barry.

Le président Embalo a assuré fin juillet avoir convaincu la junte d'accélérer le retour à la démocratie de trois à deux ans, une information qui n'a pas été confirmée par les autorités guinéennes.

Des enfants mineurs détenus après des manifestations à Conakry

Des enfants mineurs détenus après des manifestations à Conakry
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:02 0:00

Manifestations à Conakry: 29 mineurs en détention provisoire

Le parquet n'a pas engagé de poursuites pénales contre les mineurs de moins de 13 ans, conformément au Code de l'enfant qui l'interdit.

Vingt-neuf mineurs sont poursuivis "pour des faits d’attroupement et de destruction de biens publics et privés" et placés en détention provisoire après des manifestations interdites contre la junte qui ont fait cinq morts jeudi et vendredi en Guinée, selon le tribunal pour enfants de Conakry.

Des dizaines de manifestants avaient été arrêtés après avoir bravé l'interdiction des autorités pour dénoncer la "gestion unilatérale de la transition" par la junte, qui a renversé en septembre le président Alpha Condé au pouvoir depuis plus de dix ans (2010-2021).

Parmi eux, figurent 34 mineurs, dont cinq de moins de 13 ans, a indiqué le procureur spécial du tribunal pour enfants de Conakry, Mohamed Diawara, dans un communiqué lu mardi soir à la télévision nationale.

Le parquet n'a pas engagé de poursuites pénales contre les mineurs de moins de 13 ans, conformément au Code de l'enfant qui l'interdit. Le parquet spécial a décidé de poursuivre les 29 autres en ouvrant une information judiciaire pour des faits d’attroupement et de destruction de biens publics et privés, a indiqué M. Diawara.

"Ils ont été traduits devant les juges des enfants qui (...) ont ordonné leur détention provisoire au motif qu’ils sont poursuivis pour des faits graves et que cela est strictement nécessaire pour leur maintien à la disposition de la justice", a-t-il poursuivi.

Le parquet spécial a également demandé "aux parents d’assumer leur responsabilité parentale pendant des périodes de manifestations". Il a déploré "une délinquance intelligemment organisée à l’aune de laquelle les mineurs sont instrumentalisés".

Dimanche, un groupe de diplomates des Nations unies, de l'organisation régionale Cédéao, de l'Union européenne, des Etats-Unis et de la France, avaient rappelé "à toutes les parties l'obligation de protéger les mineurs".

Mardi soir, 17 autres jeunes Guinéens, majeurs, ont été relaxés par le tribunal de première instance de Dixinn, dans la banlieue de Conakry, après avoir été jugés non coupables des faits qui leur étaient reprochés. Le procureur avait requis une peine de 6 mois de prison avec sursis et une amende de 500.000 francs guinéens (60 euros) après leur participation aux manifestations du FNDC.

Des dizaines d'autres sont encore détenus, dont Oumar Sylla, alias Foniké Manguè, et Ibrahima Diallo, deux leaders du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile à l'origine de la manifestation, ainsi que Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l'Union des forces républicaines (UFR).

Voir plus

XS
SM
MD
LG