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Commerce: Washington accuse Pékin de poursuivre ses pratiques déloyales

Le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, à la Cité interdite à Beijing, le 8 novembre 2017.

Washington a renouvelé mardi ses accusations à l'encontre de Pékin sur le front du commerce, lui reprochant de continuer à encourager le vol du savoir-faire technologique américain.

Dans la mise à jour d'un rapport initialement publié au mois de mars, le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer a déclaré que la Chine n'avait pas remédié aux pratiques critiquées de longue date par les Etats-Unis et plusieurs autres pays.

"Cette actualisation montre que la Chine n'a pas fondamentalement modifié ses pratiques injustes, déraisonnables et entraînant des distorsions de marché", a jugé M. Lighthizer.

L'administration Trump accuse la Chine de pratiques commerciales déloyales, pointant du doigt les subventions accordées aux entreprises, les transferts imposés de technologies américaines pour entrer sur le marché chinois, et le "vol" de la propriété intellectuelle.

Pékin rejette ces accusations mais Bruxelles et Tokyo ont rejoint Washington dans la dénonciation des pratiques chinoises. Les trois économies ont publié un communiqué commun en ce sens en septembre.

Le rapport du ministère du Commerce publié mardi estime en outre que la Chine a "visiblement pris de nouvelles mesures déraisonnables lors des derniers mois".

Le rapport d'une cinquantaine de pages s'appuie sur les conclusions de sociétés civiles de cybersécurité selon lesquelles les activités chinoises de piratage se sont poursuivies contre certains secteurs américains à forte valeur ajoutée.

Selon ce rapport, des entités soutenues par le régime de Pékin ont visé "l'internet dématérialisé, l'internet des objets, l'intelligence artificielle, les biomédecines, l'espace civil, les énergies alternatives, la robotique, le rail, les machines agricoles, et le secteur des dispositifs médicaux haut de gamme".

Ces accusations à nouveau formulées interviennent alors que les marchés se sont montrés pessimistes ces derniers temps sur une possible résolution de la guerre commerciale entre les deux plus grandes économies au monde.

Le président américain Donald Trump et son homologue Xi Jinping doivent se rencontrer et discuter de ces sujets lors du sommet du G20 en Argentine en fin de semaine prochaine.

Alors que les Etats-Unis imposent déjà des tarifs douaniers sur plus de 250 milliards de dollars de produits chinois, et Pékin sur plus de 100 milliards de dollars de produits américains, Washington a menacé de durcir encore les sanctions si aucune issue n'est trouvée avant janvier.

Avec AFP

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Tempête entre Trump et les démocrates sur fond de débat autour d'une destitution

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, lors d'une conférence de presse à Capitol Hill, à Washington, le 2 mai 2019.

La chef des démocrates au Congrès américain a repoussé jeudi la perspective d'une procédure de destitution contre Donald Trump, en dépit d'une spectaculaire confrontation personnelle devenue acrimonieuse avec le président républicain.

Lors d'un extraordinaire enchaînement de déclarations publiques, la guerre entre Donald Trump et Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a franchi un nouveau palier.

Alors que Washington était en alerte en raison d'une tornade imminente, le président des Etats-Unis s'est lancé dans une longue tirade contre sa rivale, l'affublant pour la première fois d'un des surnoms dont il a le secret: "Nancy la folle".

"Elle a perdu la tête", a lancé Donald Trump depuis la Maison Blanche, quelques heures après que la démocrate eut mis en doute son équilibre mental en exhortant la famille du président à "intervenir" pour "le bien du pays".

"Quand je vois Nancy s'agiter, ses mouvements, ses mains, et la folie (...), ça c'est une personne qui a des problèmes", a réagi M. Trump.

Et d'affirmer que les démocrates s'acharnent contre lui avec de multiples enquêtes parlementaires par pur calcul politique, avec les élections présidentielle et législatives de 2020 en tête.

"Ils tentent de dénigrer le parti républicain et de dénigrer le président autant que possible pour" les faire baisser dans les sondages, a-t-il accusé lors de cette séquence insolite, survenue durant l'annonce d'une aide de plusieurs milliards aux agriculteurs américains affectés par la guerre commerciale.

"Je suis un génie extrêmement stable", a aussi réaffirmé le président. Une expression que Nancy Pelosi a saisie à la volée.

"Quand le +génie extrêmement stable+ commencera à se comporter de façon plus présidentielle, je serai heureuse de travailler avec lui sur les infrastructures, le commerce ou d'autres sujets", a-t-elle tweeté.

Tous deux s'accusent mutuellement depuis mercredi de paralyser la vie politique.

- "Enquêtes bidon" -

Au coeur de leur bataille: la multitude d'enquêtes parlementaires visant Donald Trump et le débat sur une procédure de destitution contre le président républicain.

Donald Trump, 72 ans, s'était dit indigné d'avoir entendu que la démocrate, 78 ans, avait organisé une réunion pour discuter de son éventuelle destitution juste avant de venir le voir pour finaliser un grand plan d'infrastructures.

Outré, il avait également relevé que Nancy Pelosi venait de l'accuser d'être "engagé dans une opération de dissimulation" pour bloquer les enquêtes.

Visiblement en colère, selon une source démocrate, il n'avait pas serré la main aux démocrates venus le voir à la Maison Blanche, dont Mme Pelosi, et la réunion avait tourné court.

Puis il a annoncé qu'il refuserait de travailler avec l'opposition sur de grands projets législatifs jusqu'à ce qu'ils mettent fin à leurs "enquêtes bidon".

Pour Nancy Pelosi, le président est en fait inquiet de voir la justice commencer à donner raison aux démocrates contre la Maison Blanche, qui voulait ignorer leurs injonctions concernant des documents sur ses finances.

Depuis, Donald Trump martèle qu'il était extrêmement "calme" pendant la réunion.

Un point qu'il a tenu à souligner jeudi en faisant intervenir, lors d'une séquence saisissante, cinq de ses proches conseillers pour, chacun, le confirmer devant les caméras.

- Vouée à l'échec -

Jeudi matin, Nancy Pelosi avait rappelé qu'elle estimait qu'une procédure de destitution serait "source de grandes divisions" aux Etats-Unis, tout en affirmant que cette option très impopulaire reviendrait en plus à faire un cadeau électoral au président républicain.

"Nous pouvons révéler les faits aux Américains à travers nos enquêtes, et cela peut nous amener vers un moment où une destitution serait inévitable, ou non. Mais nous n'en sommes pas là", avait-elle souligné. "La Maison Blanche réclame une destitution à cor et à cri", a-t-elle ajouté.

L'administration Trump a opposé plusieurs refus de coopérer aux enquêtes parlementaires lancées par les démocrates, qui disposent de vastes pouvoirs d'investigation grâce à leur majorité à la Chambre.

Face à ces refus, les voix en faveur d'une procédure de destitution contre Donald Trump se sont faites plus nombreuses chez les démocrates, au Congrès comme chez les candidats démocrates à la présidentielle.

Beaucoup voient dans le rapport sur l'enquête russe de nombreuses preuves que le président a tenté d'entraver la justice. Mais les partisans de lancer une destitution restent minoritaires à la chambre basse.

Avec un Sénat dominé par les républicains, cette procédure est, en l'état, vouée à l'échec.

"Je ne pense pas que qui que ce soit veuille être destitué", a réagi Donald Trump, avant de souligner: "les Américains n'en veulent pas".

Avec AFP

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