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Climat : des ministres de 60 pays réunis à Paris pour une "pré-COP"

Les chefs d'Etat réunis pour la "pré-COP 21" au Bourget, France, le 8 novembre 2015. (AP Photo/Thibault Camus)

Durant cette rencontre, qui doit durer jusqu'à mardi, le ministre français Laurent Fabius a annoncé que Vladimir Poutine serait présent lors du sommet des chefs d'Etat le 30 novembre, premier jour de la COP 21.

Les ministres d'une soixantaine de pays se sont retrouvés dimanche 8 novembre à Paris pour accélérer les négociations sur un accord mondial en vue de lutter contre le réchauffement, une urgence "absolue", selon le futur président de la COP21, Laurent Fabius.

Le président russe Vladimir Poutine devrait participer au sommet qui réunira le 30 novembre, jour de l'ouverture de la COP 21, une centaine de chefs d'Etat ou de gouvernement, dont les présidents américain et chinois, a annoncé M. Fabius.

"C'est la vie même sur notre planète qui est en cause, l'urgence est absolue", a déclaré dimanche le ministre français des Affaires étrangères, qui a visité l'énorme chantier de la conférence au Bourget, près de Paris, en particulier la salle plénière de 2.000 places, à l'immense voute en bois.

Pour éviter un échec, comme à la conférence de Copenhague en 2009, il a été décidé de faire venir les dirigeants dès le premier jour de la conférence qui se terminera le 11 décembre.

Avant ce grand rendez-vous de la fin de l'année, la "pré-COP", réunie jusqu'à mardi, devra "trouver le chemin du compromis sur le grand nombre possible de sujets", a souligné M. Fabius, en ouvrant la réunion dimanche après-midi.

"Donner un élan politique"

"C'est notre responsabilité de ministres et de chefs de délégation de donner un élan politique et de faciliter ce qui devra être l'accord final", a-t-il dit.

Les ministres de l'Environnement et de l'Energie réunis dans la capitale française représentent l'ensemble des groupes de pays participant aux négociations. Leurs divergences sont encore nombreuses.

Cette réunion, la troisième du genre, n'est pas "une réunion de négociation" sur le texte issu de la dernière session de discussions, à Bonn, a souligné à la tribune le ministre péruvien de l'Environnement, Manuel Pulgar-Vidal, qui avait présidé la précédente COP, à Lima en 2014.

Le succès de la COP21 "est de la responsabilité du monde, de chaque pays", a-t-il insisté.

L'accord espéré à la conférence de Paris doit permettre de contenir la hausse du thermomètre mondial sous la barre des + 2°C par rapport au niveau pré-industriel. Au-delà de cette limite, les scientifiques prédisent des conséquences dramatiques sur les écosystèmes et les économies comme des inondations à répétition et des sécheresses.

En octobre, pendant leur ultime session de discussions avant la COP, les négociateurs de l'ONU ont approuvé un texte de 55 pages qui comporte encore de nombreuses options parfois contradictoires.

Les ministres ont du pain sur la planche, des divergences persistant sur de nombreux points : l'aide financière des pays du Nord à ceux du Sud pour financer leurs politiques climatiques, les objectifs à long terme, la répartition de l'effort contre le réchauffement entre pays industrialisés, émergents et pauvres, la révision à la hausse des engagements pris par les Etats pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES)...

Un rapport de l'ONU a rappelé vendredi l'urgence d'intensifier les efforts : les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, présentés par 146 pays au 1er octobre, aboutiraient à une hausse probable de la température comprise entre + 3 et + 3,5°C à l'horizon 2100, loin de l'objectif des + 2° C.

L'épineuse question du financement des politiques climatiques est aussi au menu. Les pays du Nord ont promis de verser 100 milliards de dollars par an à ceux du Sud, à partir de 2020, date de l'entrée en vigueur de l'accord de Paris.

Les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre sont représentés à Paris mais aussi de nombreux pays africains et de petites îles, déjà victimes des effets du dérèglement climatique.

Après la session plénière de dimanche, les ministres se réuniront lundi en groupes de travail par thème : équité, ambition, finances post-2020 et actions pré-2020. Laurent Fabius présentera les conclusions des travaux mardi.

AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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