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Les inondations font cinq morts à Dakar et bloquent l'accès aux banlieues

Des habitants marchent sur des briques placées dans des eaux inondées dans le quartier de Keurs Massar à Dakar le 7 septembre 2020 après de fortes pluies au Sénégal.

Dakar et plusieurs autres régions sénégalaises sont sous les eaux après un week-end marqué par des pluies quasi-ininterrompues qui ont causés au moins 5 morts. Des Sénégalais ont manifesté leur mécontentement dans plusieurs localités.

Dans les quartiers Keur Massar, Jaxay, Parcelles Assainies, Rond-Point Case, Camberene, les jeunes ont investi les rues sous la pluie pour bloquer la circulation et dénoncer les inondations interminables qu'ils vivent à chaque hivernage. L'intervention des forces de l'ordre ne fera qu'augmenter la grogne des habitants.

Un enseignant sénégalais motive la communauté à nettoyer les écoles
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"Notre cité est l'un des endroits les plus touchés par les inondations nous sommes tellement fatigués et très affectés par cette situation. On a nulle part où dormir, des gens ont perdu la vie et le gouvernement ne montre aucune volonté", peste Pape Laye, habitant de Camberene.

Pour lui, si l’État avait fait son devoir "on en serait pas à ce niveau". Dépité, Pape juge même que les déclarations du ministre de l’Intérieur à propos des secours sont juste pour "trouver une justification" à ce désastre. "C'est juste de la politique mais ils peuvent plus berner les victimes", conclut-il.

Dakar sous les eaux, le 7 septembre 2020.
Dakar sous les eaux, le 7 septembre 2020.


Victimes collatérales de la pluie et de la furie des manifestants, les usagers de la Voie de Dégagement Nord -- l'autoroute plus connue sous son sigle, VDN -- ont été bloqués pendant des heures dans la circulation. Pour Pape Bounama Diop, l'État est le seul responsable de cette situation désastreuse.

"Ils ont stoppé toutes les voitures, ils nous ont bloqués sous les eaux pendant deux heures de temps. Je pense que chacun a le droit de manifester sa colère mais les gens ne doivent pas payer des pots qu’ils n’ont pas cassés", s'insurge l'automobiliste. Pape Bounama estime que l’État a failli dans sa gestion en faisant "des routes nationales et des VDN sans pouvoir canaliser" les eaux normalement.

Du côté des pouvoirs publics, on affirme avoir injecté 750 milliards de FCFA pour régler le problème des inondations. Une version des faits qui est contredite par les populations qui n'ont constaté aucune évolution. Sous couvert de l'anonymat, ce jeune habitant des Parcelles Assainies ne cache pas son désarroi.

"Depuis qu’on est petits on vit la même chose chaque année: l’État nous promet de changer beaucoup de choses alors qu'ils ne le font pas. C'est vraiment désolant mais on n'y peut rien", affirme le jeune homme abattu et dépassé par les événements.

Il souligne également qu'ils ne peuvent pas déménager, car ils n'ont ni les moyens, ni des possibilités, raison pour laquelle ils sont obligés de "vivre dans la misère" et sans personne pour les aider.

Dakar sous les eaux, le 7 septembre 2020.
Dakar sous les eaux, le 7 septembre 2020.


En visite dans la banlieue de Dakar pour s'enquérir de la situation, le ministre de l'Intérieur Aly Ngouille Ndiaye a annoncé que le budget pour l'organisation des secours est en cours d'évaluation.

"C'est après avoir reçu le rapport de tous les gouverneurs que nous avons tenu une rencontre au ministère de l'intérieur avec les techniciens qui doivent évaluer le budget nécessaire pour qu'on puisse lancer le plan Orsec tel que demandé par le Chef de l'État. Mais en attendant de finaliser ce chiffrage du plan, nous avons déjà fait des opérations", a affirmé le ministre.

En attendant l'apport du plan Orsec annoncé par le chef de l'État, les conséquences causées par les fortes pluies du week-end se font déjà sentir avec des dégâts qui ont coupé des axes routiers dans plusieurs localités. À Dakar, la société nationale de transports Dakar Dem Dikk a annoncé la suspension des bus qui assurent la desserte en banlieue.

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Les Sénégalais redoutent une seconde vague du coronavirus

Le port systématique du masque n’est plus respecté à Dakar, le 1er décembre 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Insupportable pour le pays et pour l’économie, c’est en ces termes que le président Macky Sall a décrit l’éventualité d’une seconde vague de Covid-19. Avec la hausse des contaminations, le pays se rapproche de ce scénario.

Le retour en force des cas communautaires inquiète les autorités et le président Macky Sall est monté au créneau pour insister sur le respect strict des mesures barrières que sont la distanciation physique, le port correct du masque et le lavage régulier des mains.

Un message entendu par les Sénégalais qui se défendent d’être à l’origine de ces manquements. Pour Samba Ndiaye, le relâchement vient des autorités puisqu’elles ont levé le pied dans le cadre de la prévention.

"L’État avait défini des mesures de prévention et il y avait une énorme pression avec des contrôles systématiques sur les citoyens pour le respect des mesures barrières. Mais au fur et à mesure que les cas positifs baissaient, la rigueur également était en baisse et finalement les Sénégalais ont suivi cette lancée", explique-t-il.

Une deuxième vague n’est pas souhaitable mais cela semble se préciser vu la remontée rapide des cas communautaires mais aussi la dynamique dans les pays occidentaux.

Seydina Aliou Boly, spécialiste en préparation et réponse aux catastrophes, estime que le Sénégal est encore susceptible de connaître une deuxième vague et pour y échapper, il en appelle à plus de vigilance et de rigueur.

"En matière de pandémie, tant qu’il y a un seul cas qui reste dans un pays, dans une communauté, dans une société il faut rester extrêmement prudent et considérer que ce n’est pas fini", analyse-t-il.

"Nous devons rester extrêmement vigilants parce que nul ne sait quelle sera la dynamique mais surtout la virulence, parce que le virus peut muter donc il faut faire très attention", ajoute-t-il.

En attendant une éventuelle deuxième vague, des spécialistes comme Seydina Aliou Boly estiment que le Sénégal et l’Afrique devraient aussi se donner les moyens d’être des acteurs clés dans la conception de solutions médicales durables contre la maladie Covid-19.

De son côté, le président Macky Sall dit travailler en parfaite harmonie avec les partenaires, notamment ceux du G20, pour un accès universel au vaccin.

Macky Sall craint l’éventualité d’une seconde vague de Covid-19
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A Dakar, un étudiant pas comme les autres

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"Trafic d’êtres humains": Serigne Modou Kara Mbacke dément les accusations

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Décès du footballeur sénégalais Papa Bouba Diop à l'âge de 42 ans

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Arrestations de 43 fidèles d'un chef religieux sénégalais pour "trafic d'êtres humains"

La police a déployé un dispositif sécuritaire impressionnant au centre-ville de Dakar, empêchant ainsi une marche appelée par l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, à Dakar, Sénégal, 25 juillet 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

La gendarmerie sénégalaise a annoncé l'arrestation de 43 personnes pour notamment "traite d'êtres humains" dans des centres d'éducation créés par un influent chef religieux dans la région de Dakar où des individus étaient "victimes de séquestration et de maltraitances", des affirmations démenties lundi par l'entourage du chef religieux.

Ces arrestations ont eu lieu lors d'opérations menées du 26 au 28 novembre par la gendarmerie dans ces centres tenus par des disciples de Serigne Modou Kara Mbacké, selon la gendarmerie qui les a rendues publiques dans un communiqué dimanche soir.

Serigne Modou Kara Mbacké est un chef religieux membre de l'influente confrérie musulmane des mourides et dirigeant d'un parti politique. Il a mis en place à travers le pays des "centres de redressement" ciblant notamment des jeunes en perdition.

Les enquêtes de la gendarmerie ont permis de démanteler "un réseau de vol de scooters, de trafic de chanvre indien et de traite d'êtres humains" dans ces centres.

Plus de 370 pensionnaires de ces centres de rééducation, dans plusieurs quartiers de Dakar et de sa banlieue, ont été libérés.

Ils vivaient "dans des conditions sanitaires déplorables. Souffrant visiblement de maladies et de malnutrition sévère, les stigmates des sévices corporels sont visibles sur les corps des victimes, dont certains semblent avoir perdu la raison", a poursuivi la gendarmerie.

"Les témoignages des victimes font état de plusieurs décès durant ces deux dernières années, dont le dernier remonte à trois jours. L'enquête se poursuit sous la direction du Procureur de la République, précisément pour les faits d'association de malfaiteurs, vol en réunion en temps de nuit, trafic de drogue, traite de personnes et complicité", selon le communiqué.

Le service de communication de Serigne Modou Kara Mbacké a démenti ces accusations.

"La gendarmerie n'a trouvé de la drogue dans aucun des centres de redressement" qui accueillent plutôt "des victimes de la drogue, des jeunes repris de justice et des déficients mentaux", dans un communiqué lundi.

En raison des "résultats satisfaisants" dans ces centres, le nombre de pensionnaires a augmenté et causé une "promiscuité du cadre de vie" due au "manque de moyens", s'est justifié le service de communication de Serigne Modou Kara Mbacké.

Il appelle l'Etat, au lieu de les "sanctionner", à accompagner ces structures qui "ont réussi là où des structures officielles n'ont pas de solutions malgré leur budget à coup de milliards".

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