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Cinq ans après le coup d’Etat de 2015, les attentes restent nombreuses au Faso


Le Président Kaboré rendant hommage au monument des martyrs aux victimes du coup d’Etat de 2015, Ouagadougou le 17 septembre 2020 (VOA/Lamine Traoré)

Au Burkina Faso, cinq années après le 16 septembre 2015, le putsch manqué, des Burkinabè estiment que beaucoup reste à faire dans le pays.

Le président Blaise Compaoré est chassé du pouvoir par une révolte populaire en 2014. Le coup d’Etat de septembre la même année apparait pour certains comme la restauration du régime Compaoré.

"Nous avons contribué à mener la résistance à travers les réseaux sociaux mais aussi à galvaniser les gens qui étaient sur le terrain. Le 20 septembre, ayant patienté cinq jours lassant dans l’espoir que la situation se décante en la faveur des patriotes burkinabè qui ne voulaient pas de ce coup d’Etat que la Cédéao voulait démocratiser, je suis moi-même sorti. J’ai été sur le terrain. Nous avons accepté d’affronter les putschistes", a dit Serge Bayala, militant du Balai Citoyen, une organisation de la société civile.

"Les coups d’Etat sont à condamner. Nous sommes malheureusement face à des dirigeants qui n’ont pas appris de l’histoire récente de leur pays, que les populations sont dans une dynamique d’autodétermination. Ces dirigeants pour certains qui aspirent aux troisièmes mandats, pour d’autres qui prennent en otage leur peuple. Tant que ces dirigeants ne vont pas changer leur façon de faire les coups d’Etat vont se poursuivre même s’il faut les condamner", a indiqué Hervé Ouattara aussi à l’époque militant de la société civile.

Cinq ans après, les dirigeants actuels ont du pain sur la planche.

"On n’est pas satisfait. En matière de lutte contre la corruption, on n’a pas évolué avec les scandales de corruption. En matière de leadership, il n’y a pas mieux. On aurait voulu avoir un nouveau visage. Mais ce n’est pas ce visage qu’on voit", a fait savoir Oscibi Jhoaan, membre du Balai Citoyen.

Mais du côté du parti au pouvoir, on pense qu’il y a eu des acquis.

"C’est la marche de toute nation. Il y a toujours des défis à relever. Il y a cinq ans le principal défi c’était l’approfondissement de la démocratie et cela a été relevé avec brio par le peuple burkinabè. Nous souhaitons que le peuple burkinabè continue de croire en ces dirigeants", a affirmé Bienvenue Bakyono, député du Mouvement du peuple pour le progrès, parti au pouvoir.

Lors du coup d’état de septembre 2015, 84 avaient été accusés, 40 témoins et au moins 300 parties civiles avaient participé au procès. Lors du verdict prononcé quatre ans après, le 2 septembre 2019, les généraux Gilbert Diendere et Djibril Bassolé avaient écopé respectivement de 20 ans et de 10 ans de prison ferme.

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