Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Europe

Chypre: l'UE condamne les "annonces inacceptables" du président turc

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, parle avant un défilé militaire marquant le 47e anniversaire de l'invasion turque de 1974 à Nicosie, Chypre, mardi 20 juillet 2021.

L'Union européenne a condamné mardi les "annonces inacceptables" du président turc sur Chypre, principal obstacle à une normalisation des relations avec Ankara, et a menacé de prendre des mesures de rétorsion dans une déclaration validée par les 27 états membres.

Les dirigeants de l'UE se sont dits déterminés à "utiliser les instruments et les options" à leur disposition "en cas d'actions unilatérales de la Turquie contraires au droit international", rappelle la déclaration publiée par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

"Des actions" seront discutées par les ministres des Affaires étrangères de l'UE lors de leur prochaine réunion si la Turquie ne revient pas sur ses actions contraires aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, avertit la déclaration.

Cette déclaration suit la condamnation à l'unanimité des prises de position du président turc Recep Tayyip Erdogan par le Conseil de sécurité de l'ONU. Elle a été validée par les 27 capitales de l'UE, ce qui explique les délais pour sa publication, ont expliqué à l'AFP plusieurs sources européennes.

Chypre est divisée depuis l'invasion de son tiers nord par la Turquie en 1974 entre la République de Chypre -- membre de l'Union européenne -- qui exerce son autorité au sud, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN) autoproclamée en 1983, uniquement reconnue par Ankara.

Le président Erdogan s'est rendu à Chypre-Nord le 20 juillet, date anniversaire de l'opération qui a conduit à la partition de l'île, et s'est prononcé pour une solution à deux états, rejetée par l'UE. Il a également soutenu le projet de réouverture de l'ancienne station balnéaire de Varosha, fuie par ses habitants en 1974 et entourée de barbelés par l'armée turque.

"L'Union européenne condamne fermement les mesures unilatérales prises par la Turquie et les annonces inacceptables faites par le président turc et le chef de la communauté chypriote turque le 20 juillet 2021 concernant la réouverture de la ville clôturée de Varosha", indique la déclaration des 27.

"L'UE appelle à l'annulation immédiate de ces actions et à l'annulation de toutes les mesures prises à Varosha depuis octobre 2020", ajoute le texte.

L'UE "reste pleinement attachée à un règlement global du problème chypriote sur la base d'une fédération bicommunautaire et bizonale (...) conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies".

Les négociations sur un règlement du problème chypriote sont dans l'impasse depuis 2017. En avril, une tentative de relance des pourparlers par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dont l'organisation surveille une zone tampon entre les deux parties de l'île, s'est soldée par un échec.

Les relations entre l'UE et la Turquie, candidate à l'adhésion, se sont fortement dégradées depuis 2016, notamment en raison de la répression implacable du président Erdogan contre toute forme de contestation après une tentative de putsch.

De plus en plus isolé sur le plan diplomatique et traversant des difficultés économiques, Ankara a multiplié les appels à une normalisation avec l'UE. Mais les dirigeants européens ont imposé leurs conditions et l'une d'elles est "un règlement global du problème chypriote".

Toutes les actualités

Elections en Allemagne: qui succèdera à Angela Merkel?

Elections en Allemagne: qui succèdera à Angela Merkel?
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:23 0:00

La "liste rouge" décourage les candidats africains au vaccin

Un panneau de signalisation pour les voyages en Eurostar, à Londres, le 21 décembre 2020.

La Grande-Bretagne, qui a placé sur "liste rouge" de nombreux pays africains, imposant aux voyageurs arrivant de ces pays de strictes quarantaines, risque de décourager les efforts de vaccination sur le continent le plus en peine, a dénoncé jeudi l'autorité sanitaire de l'Union africaine.

Ces voyageurs, même inoculés des mêmes vaccins qui sont administrés en Europe, doivent subir une quarantaine de dix jours dans un hôtel choisi par le gouvernement britannique.

"Nous regrettons cette position du Royaume-Uni et nous les appelons vivement à la revoir", a déclaré le directeur des Centres africains de Contrôle et de Prévention des maladies (Africa CDC), John Nkengasong, lors de son point de presse hebdomadaire.

La Grande-Bretagne a donné plus de cinq millions de vaccins à l'Afrique, selon l'ONU. Mais "si vous nous envoyez des vaccins tout en disant nous ne reconnaissons pas ces vaccins, cela envoie un message très compliqué, qui crée de la confusion au sein de notre population (...) suscitant davantage de réticence face au vaccin", a-t-il ajouté.

Les Africains vont se demander pourquoi ils devraient se vacciner, si certains pays en Europe refusent de reconnaître la validité de ces vaccins, a-t-il souligné.

"C'est clairement inacceptable. Nous devons élever nos voix contre ces pratiques, ce n'est pas ce qu'il faut pour mettre fin à cette pandémie", a insisté M. Nkengasong.

Ecarter des pays qui vaccinent leurs populations "crée un stigmatisation", va entraver les efforts de lutte contre la pandémie et "finira par nuire aux efforts que nous déployons en Afrique", a-t-il ajouté.

Certains pays africains sont confrontés à une résurgence du Covid car le continent est à la traîne dans la campagne mondiale de vaccination, avec seulement 4% de sa population de 1,3 milliard vaccinés.

La chasse au loup désormais interdite dans toute l'Espagne, malgré l'opposition de certaines régions s’estimant pénalisées

Un loup ibérique (Canis lupus signatus) s'exerce au refuge animalier Basondo, à Kortezubi, en Espagne, le 8 février 2021.

Chasser le loup est désormais interdit dans toute l'Espagne depuis mercredi 23 septembre 2021. La décision ravit certains, mais désole d'autres, comme dans la Sierra de la Culebra, paradis à la fois du loup ibérique et de l'élevage extensif.

"Il y a toujours eu des loups, mais à présent, ils nous dévorent".

Le 4x4 s'avance sur un chemin de terre accidenté, la bergère en descend et, d'un pas robuste, se dirige vers un petit fossé. "C'est là", dit Ana Vega, éleveuse à Ungilde, pointant le sol.

De la carcasse du veau tué deux jours plus tôt, il ne reste rien. "Ils ont tout emporté".

Dans la Sierra de la Culebra, une zone de quelque 70.000 hectares située dans la Castille-et-Léon (nord-ouest de l'Espagne), les loups sont partout, sur les panneaux ou les T-shirts dans les magasins de souvenirs. On en parle au singulier, comme dans un conte.

"Ici, ça a toujours été le paradis des loups", confirme Carlos Zamora derrière ses jumelles, à l'affût d'un spécimen dans le soleil rasant de l'aube.

L'agent forestier explique qu'il y a environ huit meutes d'une dizaine de canidés dans la zone, plus quelques spécimens errants, un chiffre qui, selon lui, n'a pas changé depuis une vingtaine d'années.

"Il y a trois acteurs dans la tragédie du loup: les éleveurs, les écologistes et les chasseurs. Chacun a sa solution", analyse Carlos Zamora. A cela s'ajoutent les touristes, "qui viennent d'Europe pour le voir comme on va voir le lion en Afrique".

- Uniformisation -

Jusqu'ici, les régions au nord du fleuve Duero traitaient le loup comme une espèce cynégétique, ce qui permettait d'en abattre un certain pourcentage, à l'instar de la Cantabrie, où a été décrétée fin juillet l'élimination en 2021 de 34 loups (20% de la population).

Mais afin d'unifier les règles dans le pays, le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez a interdit sa chasse dans toute la péninsule, comme c'est déjà le cas en France ou en Italie. Publié mardi au Journal officiel, le décret est entré en vigueur mercredi.

"Lorsqu'il s'agit d'une espèce rare comme le loup ibérique, la responsabilité de sa conservation doit reposer sur tout le territoire", affirme à l'AFP le secrétaire d'Etat à l'Environnement, Hugo Morán.

Mais la décision a provoqué l'ire de la Cantabrie, des Asturies, de la Galice et de la Castille-et-Léon, régions qui concentrent l'immense majorité de la population de loups et qui promettent de déposer un recours en justice.

Pendant que les écologistes saluent "cette avancée importante", des associations d'éleveurs, comme l'Union des paysans de Castille-et-Léon (UCCL), jugent "incompréhensible que des régions sans loups imposent leur écologisme radical".

- "Concurrence déloyale" -

Ana Vega se souvient de l'époque où les villageois se faisaient justice eux-mêmes quand un mouton était tué par un loup: "s'ils l'attrapaient, ils le tuaient".

Son téléphone regorge de clichés macabres de ses bêtes dévorées, certaines sanglantes où le tronc de l'animal est à moitié déchiqueté.

"Je ne dis pas qu'on doit tous les tuer, mais on doit tous pouvoir vivre", poursuit-elle, réclamant des aides.

Car l'élevage extensif, où les bêtes paissent à l'air libre, implique de lourds investissements face aux prédateurs.

Il faut nourrir et vacciner les anges-gardiens du troupeau, une quinzaine de mastiffs: des chiens géants aussi hauts que des poneys, qui engloutissent des kilos de croquettes.

Ana a aussi payé de sa poche les tracteurs pour arracher les herbes hautes, où les loups aiment se cacher, sur vingt hectares de pâturages.

Les 450 moutons de José Castedo broutent, eux, dans des zones sécurisées par des enclos électriques.

"Des exploitations comme celle-ci, il y en a peu", signale l'éleveur de 62 ans, plus dépité que fier, qui reste circonspect sur la nouvelle législation, notamment en ce qui concerne le montant de l'indemnité en cas d'attaque de loup et les délais de paiement.

Il évoque la "concurrence déloyale" d'autres régions, où "on s'occupe deux heures par jour des moutons avec une barrière d'un mètre de haut".

Sans les chiffrer, le ministère de la Transition promet des "ressources financières": "l'éleveur qui vit avec des grands carnivores exige un traitement particulier", assure Hugo Morán.

Mais cette cohabitation peut s'avérer un mariage heureux, voire une aubaine, comme pour les éleveurs Rosi González et son mari Alberto, qui en ont fait un argument commercial avec leur marque de viande "Paître avec les loups" (pastandoconlobos), dont le logo mêle les profils d'un mouton et d'un loup.

Certaines régions s’estiment pénalisées par la nouvelle loi car protéger leurs exploitations agricoles du prédateur coûte cher. Elles réclament des aides.

Contraste avec les Etats-Unis

La décision de l'Espagne contraste avec celle de l'administration de Donald Trump qui, fin octobre 2020, avait confirmé que les loups ne seraient dorénavant plus une espèce protégée aux Etats-Unis. Elle révoquait ainsi une classification en place depuis 1978 après leur quasi-extinction, et ouvrant la voie à ce qu'ils soient davantage chassés.

L'annonce était intervenue quelques jours avant l'élection présidentielle du 3 novembre, alors que de nombreux élus républicains du Midwest, terre électorale cruciale, réclamaient le retrait du loup de la liste protégée.

"Après plus de 45 ans sous un statut d'espèce protégée, le loup gris a excédé tous les objectifs de préservation en vue de son rétablissement", avait déclaré le secrétaire à l'Intérieur David Bernhardt (les premières protections ont commencé en 1974).

La population de loups (Canis lupus) aux Etats-Unis (hors Alaska et Hawaï) est remontée à 6.000, contre moins de 1.000 en 1967, selon le département de l'Intérieur.

Sous la présidence de Barack Obama, le loup avait déjà perdu son statut protégé dans l'Idaho et le Montana.

Il revient désormais aux Etats de décider comment gérer les populations de loups, en autorisant ou non la chasse et les pièges. La mesure était réclamée par des éleveurs. Seul le "loup mexicain", présent dans le Sud-Ouest, restera protégé au niveau fédéral.

La communauté scientifique et un grand nombre d'élus, de citoyens et de militants s'opposaient à la révocation, car le loup n'a pas encore regagné tout son habitat historique.

L'ONG Earthjustice avait promis de contester la décision en justice, accusant l'agence fédérale chargée de la protection des animaux de ne pas avoir suivi les procédures scientifiques normales.

Macron et Biden tentent un "retour à la normale" après la crise des sous-marins

Le président américain Joe Biden et le président français Emmanuel Macron assistent au sommet du G7 à Carbis Bay, Cornwall, Grande-Bretagne, le 13 juin 2021. (Photo Reuters/Phil Noble)

Six jours après le début de la crise des sous-marins, Joe Biden et Emmanuel Macron ont annoncé mercredi des "engagements" pour rétablir une confiance durement éprouvée, le président américain espérant désormais un "retour à la normale".

Sollicité par Washington, l'entretien téléphonique était très attendu. Et le dirigeant américain a semblé reconnaître un défaut de dialogue avec son plus vieil allié, selon une déclaration commune publiée par l'Elysée et la Maison Blanche.

Les deux hommes sont convenus que "des consultations ouvertes entre alliés" auraient "permis d'éviter cette situation", dit le communiqué.

Lors de l'échange qui a duré environ trente minutes selon la Maison Blanche, Emmanuel Macron et Joe Biden ont tenté de trouver une issue à la crise diplomatique la plus grave entre les Etats-Unis et la France depuis le "non" français à la guerre d'Irak en 2003.

Le ton de la conversation était "amical" et Joe Biden "espère" que cet entretien marque "une étape vers un retour à la normale" entre les deux alliés, a dit la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, lors d'un point-presse de routine.

Il sera suivi jeudi à New York, où se tient l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, d'un tête-à-tête entre les ministres des Affaires étrangères français et américain, Jean-Yves Le Drian et Antony Blinken, a annoncé une responsable américaine.

Emmanuel Macron et Joe Biden ont décidé, eux, de se retrouver "à la fin du mois d'octobre" en Europe, où le président américain est attendu pour participer au G20 à Rome les 30 et 31, puis à la COP26 début novembre à Glasgow, en Ecosse. D'ici là, ils lanceront "un processus de consultations approfondies visant à mettre en place les conditions garantissant la confiance".

Pour ce faire, Emmanuel Macron a décidé que l'ambassadeur de France aux Etats-Unis, l'expérimenté diplomate Philippe Etienne, retournerait à Washington "la semaine prochaine".

Paris avait annoncé vendredi le rappel des ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie, une décision sans précédent, pour protester contre l'annonce d'un partenariat stratégique entre ces deux pays et le Royaume-Uni dans la région indo-pacifique, qui a torpillé un mégacontrat de sous-marins français à Canberra.

L'industriel français Naval Group a fait savoir qu'il enverrait "dans quelques semaines" à l'Australie la facture pour cette rupture de contrat.

"Les messages sont bons" avec la reconnaissance qu'il aurait fallu "mieux communiquer", a commenté Benjamin Haddad, directeur pour l'Europe du cercle de réflexion Atlantic Council. "Les Américains ont compris que le choc principal à Paris ne venait pas tant de l'aspect commercial que de la rupture de confiance", a-t-il ajouté, en prévenant toutefois qu'"on ne surmonte pas tout du jour au lendemain par une conversation".

- "Importance stratégique" -

Tranchant avec les déclarations françaises très virulentes des derniers jours, le communiqué commun au ton très mesuré précise que "l’engagement de la France et de l’Union européenne dans la région indo-pacifique revêt une importance stratégique".

Comme un rameau d'olivier tendu à Paris, Joe Biden a aussi jugé "nécessaire que la défense européenne soit plus forte et plus performante" pour contribuer à la sécurité transatlantique et compléter "le rôle de l'Otan". Un sujet sur lequel les Etats-Unis se sont, dans le passé, montrés ambivalents et qui est une priorité française.

La crise a intensifié le débat en France, mais aussi dans d'autres pays de l'UE, sur la nécessité d'accélérer vers une plus grande souveraineté européenne en matière de défense pour s'affranchir du parapluie américain.

Plusieurs candidats à l'Elysée, de Jean-Luc Mélenchon (LFI, gauche radicale) à Marine Le Pen (RN, extrême droite) en passant par Eric Ciotti (LR, droite), appellent à revoir les liens avec l'Otan, certains posant la question de la participation de la France au commandement intégré de l'organisation.

"Le dialogue politique est inexistant au sein de l'Otan", mais "il ne faut pas claquer la porte" de l'alliance pour autant, a répondu mercredi la ministre des Armées Florence Parly.

Le dossier des munitions de la Seconde guerre mondiale immergées dans les lacs refait surface à Genève

Des policiers russes déployés après une "petite explosion" survenue au Morosani Posthotel, à Davos, Suisse, , le 27 janvier 2011 .

L'armée suisse a renoncé il y a quelques années à repêcher des tonnes de munitions immergées après la Seconde guerre mondiale mais Genève s'est réemparé du sujet après la découverte de caisses éventrées dans le Léman, le plus grand des lacs alpins.

Les autorités genevoises s'apprêtent à lancer ces prochaines semaines des opérations pour cartographier cet arsenal qui dort depuis des décennies au fond du lac le plus emblématique du canton, pour, dans un premier temps, évaluer les risques.

"A l'automne, nous allons tester les techniques de repérage. On va aller détecter ces masses métalliques depuis des bateaux qui vont utiliser des sonars immergés", a expliqué le géologue cantonal genevois, Jacques Martelain, à l'AFP.

Des recherches seront ensuite menées sur l'ensemble de la zone du Petit Lac, au large de Genève, où l'eau est peu profonde (50 à 100 mètres).

Ce n'est qu'en fonction des résultats des investigations techniques (sédimentation, analyse de l'eau), et de l'étude des risques, que Genève ira repêcher ou pas les munitions.

Des milliers de tonnes de munitions et autres explosifs de l'armée ont été enfouis au fonds des lacs suisses au cours du XXe siècle, en particulier après la Seconde Guerre mondiale, afin de s'en débarrasser, après l'explosion d'entrepôts en surface et sous la roche, en montagne, à Mitholz.

"Il s'agit principalement de bombes d'aviation, de grenades, de cartouches usuelles et résidus d'explosifs", a détaillé auprès de l'AFP une porte-parole du département fédéral de la Défense, Mireille Fleury.

A Genève, ce n'est pas l'armée qui les a immergées, mais l'entreprise d'armement Hispano-Suiza, jusqu'au début des années 1960.

Une recherche en responsabilité a été lancée par les autorités genevoises pour déterminer s'il y a un ayant droit d'Hispano-Suiza de l'époque qui pourrait éventuellement devoir payer une partie de l'assainissement s'il devait avoir lieu.

- "Un défi" -

Des analyses effectuées aux débuts des années 2000 par le département fédéral de la Défense ont estimé les quantités immergées dans le lac Léman entre 150 et 1.000 tonnes, sans parvenir à les localiser précisemment, ni déterminer la typologie des armes.

"Il y a, a priori, des bombes et des obus, et probablement aussi des munitions pour fusils", tandis que certains évoquent aussi la présence de bombes au phosgène, un gaz mortel, a détaillé M. Martelain.

Plongeuse, l'ancienne députée genevoise Salima Moyard se bat depuis des années pour que Genève s'empare du sujet, estimant que "la seule solution viable sur le long terme est l'assainissement complet, total".

"Me dire qu'il y a des individus qui pourraient se lancer un petit défi d'aller chercher des munitions pour les mettre sur leur cheminée, cela peut être vraiment grave: grave pour les personnes elles-mêmes, pour le voisignage, pour l'environnement, pour le biotope", a-t-elle dit à l'AFP.

En Suisse, plus de 8.000 tonnes de munitions et de restes de munitions au total ont été immergées par l'armée au cours du siècle dernier dans les lacs de Thoune, de Brienz et des Quatre-Cantons, au centre du pays, dans des eaux plus profondes qu'à Genève et donc moins brassées.

Selon les autorités, qui ont réalisé plusieurs analyses ces dernières années, ces munitions sont recouvertes d'une couche épaisse et croissante de sédiments et ne présentent donc pour l'instant aucun impact négatif sur l'eau. Une surveillance régulière est toutefois mise en oeuvre.

Genève tablait aussi sur cette sédimentation jusqu'à ce que des plongeurs de l'organisation française Odysseus 3.1 découvrent en 2019 à 50 mètres de profondeur plusieurs caisses de munitions éventrées.

Pour M. Martelain, "à partir du moment où ces munitions ne sont pas en tout temps recouvertes par des sédiments et qu'on est dans des eaux moins profondes, on peut raisonnablement imaginer qu'on pourrait avoir des phénomènes de corrosion plus importants" que dans d'autres lacs suisses.

Voir plus

XS
SM
MD
LG