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Xi met les Hongkongais en garde contre les défis "inadmissibles"

La nouvelle chef de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, et le président chinois Xi Jinping lors du 20e anniversaire de la rétrocession, à Hong Kong, en Chine, le 1er juillet 2017.

Xi Jinping a affirmé samedi que Hong Kong était aujourd'hui plus libre qu'avant, tout en mettant en garde contre des défis "inadmissibles" à l'autorité de Pékin, 20 ans après la rétrocession de l'ex-colonie britannique.

Le président chinois a lancé cet avertissement dans un discours télévisé prononcé peu après avoir fait prêter serment à la nouvelle chef de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, alors que des manifestants pro et antiPékin s'étaient affrontés peu avant cette cérémonie.

Haut fonctionnaire de 60 ans, Mme Lam a été, comme ses prédécesseurs, désignée par un comité électoral acquis à Pékin et est déjà accusée d'être la marionnette du régime chinois, dans une ville où beaucoup pensent que la Chine ne respecte plus le fameux principe "Un pays, deux systèmes" qui avait présidé à la rétrocession en 1997.

La mégapole de près de huit millions d'habitants a été depuis le début de la première visite de Xi Jinping jeudi le théâtre de nombreuses manifestations de Hongkongais qui fustigent le renforcement de la mainmise chinoise sur ce territoire, qui jouit sur le papier de libertés inconnues en Chine continentale.

Le président chinois a affirmé samedi matin que "tous les efforts pour mettre en péril la souveraineté nationale, pour défier l'autorité du gouvernement central et la Loi fondamentale de Hong Kong" revenaient à "franchir la ligne rouge" et étaient "absolument inadmissibles".

- Privilèges -

La ville du delta de la rivière des perles jouit sur le papier depuis 20 ans de privilèges uniques, comme la liberté d'expression, un système judiciaire indépendant ou encore une dose de suffrage universel dans la désignation de son organe législatif.

Mais plusieurs incidents ont renforcé les craintes quant à l'attitude de la Chine, et notamment la "disparition" en 2015 de cinq libraires, connus pour publier des titres salaces sur les dirigeants chinois. Ils avaient ensuite refait surface sur le continent.

Dans la foulée de l'échec des mobilisations monstre du "Mouvement des parapluies" de 2014, une mouvance politique nouvelle est apparue dans l'ex-colonie, pronant l'auto-détermination, voire même l'indépendance vis-à-vis de la Chine.

M. Xi a affirmé samedi matin, 20 ans jour pour jour après la rétrocession, que Hong Kong avait aujourd'hui "davantage de droits démocratiques et de libertés qu'à n'importe quel autre moment de son histoire".

Mme Lam a prêté serment sous un grand drapeau chinois dans le centre de conventions, juste avant de serrer la main de Xi Jinping, dont c'est la première visite à Hong Kong depuis qu'il est devenu président en 2013.

Vendredi, le ministère chinois des Affaires étrangères avait estimé que la Déclaration sino-britannique de 1984 qui avait fixé les termes de la rétrocession n'était "plus pertinente".

- Manifestation -

C'est ce texte qui avait détaillé le principe "Un pays, deux systèmes" qui garantit en théorie jusqu'en 2047 à Hong Kong des libertés inconnues en Chine continentale.

Samedi matin, des partisans de la Chine s'en sont pris à une petite manifestation de militants rendant hommage aux victimes de la répression du mouvement de Tiananmen en 1989, qui se tenait au moment où les invités convergeaient au centre de conventions.

Au moment où ces manifestants se préparaient à emmener un faux cercueil près du centre de convention, comme ils le font chaque année, un homme est sorti de la foule pour donner des coups de pied à cette boîte.

Des militants agitant des drapeaux prochinois ont ensuite bloqué la manifestation et la police est intervenue pour séparer les deux camps. Les manifestants pro-démocratie ont été emmenés par la police, avant d'être libérés.

Le fait que Mme Lam soit investie par Xi Jinping est éminemment symptomatique de l'influence de Pékin, selon la mouvance pro-démocratie qui fait campagne pour des élections complètement libres.

La Chine avait bien proposé de réformer le système électoral actuel en introduisant le suffrage universel, mais les candidats auraient d'abord été adoubés par elle.

Inacceptable aux yeux des démocrates, cette proposition avait déclenché le "Mouvement des parapluies" de 2014.

Conspué dans la rue, ce projet de "faux suffrage universel", comme le décrivaient les manifestants, avait finalement été rejeté par les élus démocrates.

Avec AFP

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Xi Jinping, allié et rival, en visite d'Etat en France

Le président français Emmanuel Macron, son épouse Brigitte, le président chinois Xi Jinping, et son épouse Peng Liyuan posent devant la porte de la villa Kerylos avant un dîner le 24 mars 2019 à Beaulieu-sur-Mer, près de Nice.(Photo de JEAN-PAUL PELISSIER / POOL / AFP)

Le président chinois Xi Jinping est en France pour une visite d’Etat de trois jours sur fond d’inquiétudes grandissantes sur les investissements tous azimuts de Pékin qui poussent Paris, Berlin et Bruxelles à tenter de mettre en place une stratégie commune européenne face à cet allié “stratégique”.

Au lendemain de la signature d’un protocole d’accord entre Rome et Pékin sur les “nouvelles routes de la soie” mettant à mal cette unité européenne, le dirigeant de la deuxième puissance économique mondiale a été accueilli dimanche par Emmanuel Macron à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Après une séance de travail à l’Elysée et un dîner d’Etat lundi, une réunion se tiendra mardi au palais présidentiel avec le chef de l’Etat français, le président chinois, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

“On a laissé faire une stratégie de concurrence interne et de division qu’il faut maintenant surmonter”, souligne-t-on à l’Elysée pour expliquer la tenue de cette réunion, inédite dans ce format. “Le temps de la concurrence interne entre Européens doit s’achever, c’est ce changement de logiciel qui est aujourd’hui à l’oeuvre”.

Le chemin vers une coordination européenne s’annonce toutefois difficile.

Certes, Paris, Berlin et Bruxelles affichent une détermination sans faille. Certes, les dirigeants européens ont durci le ton lors du Conseil européen vendredi à Bruxelles où la Chine est désormais qualifiée de “rival systémique”. Et l’UE est échaudée par la lenteur de l’ouverture de l’économie chinoise et la multiplication d’acquisitions chinoises dans des secteurs stratégiques européens.

PARTITION EN SOLO DE L’ITALIE

Mais dans les faits, les pays européens continuent d’agir en ordre dispersé, comme en témoignent les décisions unilatérales prises tant sur les questions des télécoms que sur celle relative aux “nouvelles routes de la soie”.

Lancé en 2013 par le président Xi Jinping et connu en Chine sous le nom de “Belt and Road initiative” (BRI), ce projet est un vaste plan de développement des liens terrestres et maritimes entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Plusieurs pays de l’UE, dont la Croatie, la Hongrie, la Grèce, la Pologne et le Portugal, ont d’ores et déjà conclu des protocoles d’accord avec Pékin dans le cadre de cette initiative, rejointe par Rome, et à laquelle Paris, Berlin et Londres refusent d’adhérer sans garanties de “réciprocité”.

Sur la question de Huawei, l’équipementier télécoms chinois soupçonné par des pays occidentaux d’être utilisé par Pékin à des fins d’espionnages, la coordination européenne peine également à se concrétiser. Monaco, où Xi Jinping sera dimanche, a signé un partenariat avec Huawei en septembre dernier.

“Chaque Etat souverain a fait ses choix plus ou moins rapidement”, commente-t-on diplomatiquement à Paris, où les arbitrages sur Huawei n’ont pas encore été rendus.

BILAN BILATÉRAL “SATISFAISANT”

Sur le plan bilatéral, un an après la feuille de route actée en janvier 2018 lors de la visite d’Emmanuel Macron à Pékin, Paris évoque un “bilan satisfaisant”, citant entre autres la mise en service de l’EPR de Taishan, le lancement d’un satellite franco-chinois et la levée de l’embargo sur le boeuf français.

Lundi, lors de la visite de Xi Jinping qui intervient au moment symbolique du 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Paris et Pékin, “il y aura des contrats”, a-t-on indiqué à l’Elysée sans plus de précisions.

La semaine dernière, une source à la présidence française avait fait état de “signaux positifs” concernant la finalisation prochaine d’un contrat portant sur une commande de 184 Airbus A320, qui représenterait un montant de plus de 18 milliards de dollars.

“La Chine, c’est pour nous à la fois un défi et un partenaire”, a souligné mercredi le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian. “Nous devons être très vigilants sur les actions que peut entreprendre la Chine en essayant d’aspirer à elle nos propres technologies”.

Autre point qui sera abordé lors de cette visite, la question des droits de l’Homme et de la situation des Ouighours, minorité musulmane et turcophone persécutée selon les ONG.

Interpellée par Human Rights Watch en amont de cette visite, la présidence française a indiqué qu’il s’agissait d’un “grand sujet de préoccupation” et assuré que la question des droits de l’Homme serait “comme toujours” abordée, “dans le respect et la franchise”.

Avec Reuters

Nouvelle-Zélande: enquête nationale officielle sur le massacre des mosquées

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, près de la mosquée Al-Noor, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 22 mars 2019. REUTERS / Jorge Silva TPX - IMAGES DU JOUR

La Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a ordonné lundi une enquête nationale officielle sur les attaques contre les mosquées de Christchurch afin d'établir si la police et le renseignement auraient pu empêcher le carnage.

Cette Commission royale, soit l'enquête judiciaire aux pouvoirs les plus étendus de Nouvelle-Zélande, doit déterminer comment un seul tueur a pu abattre 50 fidèles le 15 mars, une attaque qui a ébranlé le monde entier, a-t-elle déclaré.

"Il est important que rien ne soit laissé au hasard pour déterminer comment cet acte de terrorisme s'est produit et comment nous aurions pu l'empêcher", a dit Mme Ardern à la presse.

Les services de renseignement et de police se sont retrouvés au centre de critiques dans la foulée de l'attaque, certains leur reprochant de s'être trop focalisés sur les menaces islamistes.

Les victimes à Christchurch étaient toutes musulmanes, et le tueur est un suprémaciste blanc convaincu que les musulmans "envahissent" les pays occidentaux.

"Une question à laquelle nous devons répondre c'est de savoir si oui ou non nous aurions dû en savoir plus", a déclaré Mme Ardern. "La Nouvelle-Zélande n'est pas un Etat de surveillance (...) mais il y a des questions qui attendent des réponses".

La Première ministre a exclu le retour de la peine de mort pour le suspect, un extrémiste australien de 28 ans. Brentan Tarrant a été arrêté quelques minutes après les attaques et a été pour l'heure inculpé d'un chef de meurtre.

Des détails concernant cette enquête doivent encore être précisés mais celle-ci sera exhaustive et rendra ses conclusions dans un délai raisonnable, a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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