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Anicet Georges Dologuélé, un outsider qui rêve d'une revanche présidentielle


Anicet Georges Dologuele s'entretient avec des journalistes, aux côtés de sa femme, après avoir voté pour des élections législatives retardées et un second tour de scrutin présidentiel, dans un bureau de vote de Bangui, le 14 février 2016.

Tout le monde l'annonçait gagnant après le premier tour de la présidentielle en 2016 en pleine guerre civile en Centrafrique, mais il avait perdu face à Faustin Archange Touadéra. Pour le scrutin dimanche, l'ex-Premier ministre Anicet Georges Dologuélé apparaît comme le principal outsider face au président sortant grand favori.

Ce n'est que sur le tard qu'il est devenu, sur le papier au moins, un possible challenger dans la course présidentielle, grâce à l'invalidation de la candidature de l'ex-président François Bozizé, renversé par le coup d'Etat qui déclencha la guerre civile en 2013.

Ce dernier était considéré comme le plus sérieux rival de M. Touadéra. Quelques jours après l'invalidation de sa candidature début décembre, il avait appelé à soutenir celle de M. Dologuélé mais elle ne semble pas peser lourd face à l'éparpillement de l'opposition qui, avec lui, présente quinze candidats.

Jusqu'à début décembre, l'ancien Premier ministre (1999-2001), 63 ans, s'était montré plutôt discret face à François Bozizé qui, grâce à une base électorale bien plus confortable que toutes les autres, avait pris la tête d'une plateforme regroupant les principaux partis de l'opposition, dont celui de M. Dologuélé.

Or, à quelques jours du scrutin, le gouvernement de M. Touadéra a accusé M. Bozizé de tenter un coup d'Etat, à la tête d'une coalition de groupes rebelles qui multiplient les attaques sur les axes d'approvisionnement de la capitale.

"Accord politique"

Le soutien de Bozizé risque donc de se transformer en boulet pour lui face à une population lasse et apeurée après près de huit années de guerre civile.

"L'accord politique, ce n'est pas pour Dologuélé et Bozizé. C'est un accord entre le KNK et l'URCA (les partis politiques des deux hommes, ndlr)", s'est défendu M. Dologuélé face à la presse lundi.

"Ça ne me dérange pas d'être élu avec le soutien d'un des plus grands partis politiques du pays qui comporte un plus grand nombre de militants et d'électeurs. Jusque-là ce n'est que des soupçons qui pèsent sur l'ancien président François Bozizé", a-t-il ajouté.

Pour Hans de Marie Heungoup, spécialiste de l'Afrique centrale à l'International crisis group (ICG), "Dologuélé cumule plusieurs atouts. De tous les candidats a la présidentielle, il est de ceux qui mobilisent le moins les références ethniques".

"Il dirige également un parti, URCA, bien articulé et un programme politique clair", explique-t-il. "Surtout, il fait partie des rares candidats ayant une surface financière suffisante pour mener à bien la campagne électorale".

Parcours brillant

Né en 1957 à Bozoum, dans le nord-ouest de la Centrafrique, Anicet Georges Dologuélé est titulaire d'un DESS en gestion des entreprises et d'un DEA en Économie obtenu en 1982 à l'université de Bordeaux (sud-ouest de la France).

Après ses études, il intègre la Banque des États d’Afrique Centrale, dont il devient le délégué auprès de la France et de l'Union européenne en 1991. Fort de cette expérience, il est nommé ministre des Finances et du Budget en 1997, sous le régime du Président Ange Félix Patassé, puis Premier ministre en 1999.

Deux ans plus tard, il devient Président de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC), et quittera ses fonctions en 2010 pour fonder un cabinet de consultants à Paris.

Un parcours brillant, qui peut aussi le desservir. "Une partie de la population le perçoit comme un technocrate et un milliardaire distant de la population", souligne Hans de Marie.

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