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Plus de 100 élèves toujours manquantes après une attaque de Boko Haram au Nigeria

L'internat des filles de l'école de Dapchi dans l'Etat de Yobe au NIgeria, où une centaine d'écolières ont disparu après une attaque de Boko Haram, 22 février 2018.

Les familles des jeunes filles portées disparues trois jours après une attaque de Boko Haram sur une école du nord-est du Nigeria attendaient leur retour avec inquiétude jeudi, alors que les autorités locales ont annoncé la libération de plusieurs d'entre elles.

La police avait affirmé mercredi que 111 élèves de l'internat pour filles de Dapchi manquaient à l'appel depuis une attaque menée par des combattants jhadistes lundi soir.

Mais jeudi, la plus grande confusion régnait à Dapchi, dans le nord-est du Nigeria, où des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et habitants, qui réclamaient des nouvelles des dizaines de jeunes filles toujours portées disparues, trois jours après une attaque de Boko Haram.

Le gouverneur de l'Etat s'adresse aux parents des enfants kidnappés du Nigeria (vidéo)
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>> Lire aussi : Certaines des lycéennes enlevées par Boko Haram secourues par l'armée

Le gouverneur de l'Etat de Yobe, Ibrahim Gaidam, a finalement expliqué jeudi aux parents des élèves manquantes qu'elles n'avaient pas été "sauvées" par l'armée, comme l'avait annoncé son porte-parole la veille au soir.

"Personne n'a vu ces filles être emmenées dans des véhicules, il est possible que certaines d'entre elles aient croisé des motocyclistes en fuyant et qu'ils les aient emmenées quelque part", a déclaré M. Gaidam pendant sa visite dans la résidence du chef de la communauté.

Le président Muhammadu Buhari a déclaré vendredi qu'il était désolé que l'attaque qui a conduit à l'enlèvement des élèves du Collège technique des filles du gouvernement, Dapchi, dans l'Etat de Yobe.​

"Le pays entier est aux côtés des familles", a-t-il annoncé. "C'est une catastrophe nationale. Nous sommes désolés que cela ait pu se produire et nous partageons votre peine", a ajouté M. Buhari élu en 2015 avec la promesse de mettre fin au conflit qui ravage le nord-est du pays.

"Je veux que les familles des filles encore portées disparues au Collège technique des filles du gouvernement, Dapchi, sachent qu'aucun effort ne sera épargné pour assurer leur retour en toute sécurité et que les assaillants soient arrêtés et jugés", a-t-il écrit sur Twitter.

Le gouvernement de Yobe avait été le premier à confirmer officiellement un enlèvement.

Mais les circonstances exactes de l'attaque et même le nombre de filles disparues restent très flous, la plupart des enseignants et élèves de ce pensionnat de plusieurs centaines de lits ayant fui dans l'obscurité à travers la brousse pour échapper aux jihadistes en entendant des coups de feu.

Une délégation du gouvernement fédéral a fait le déplacement à l'école - où elle a passé moins d'une heure - depuis la capitale Abuja, afin de rencontrer le gouverneur et des commandants militaires, avant de repartir en hélicoptère.

Lai Muhammed, ministre de la Communication, à Dapchi, au Nigeria,le 22 février 2018.
Lai Muhammed, ministre de la Communication, à Dapchi, au Nigeria,le 22 février 2018.

Le ministre de l'Information, Lai Mohammed, n'a pas fourni beaucoup plus d'explications, précisant seulement que "certaines (élèves) ont téléphoné depuis leur cachette (...) d'autres ont téléphoné depuis d'autres endroits".

"Nous ne pouvons pas affirmer catégoriquement que +tant+ de filles ont été enlevées, mais nous pouvons dire que toutes ne sont pas revenues", a-t-il déclaré aux journalistes présents à Dapchi.

Inuwa Mohammed, dont la fille de 16 ans, Falmata, est portée disparue, s'est dit "dévasté par la tournure des évènements", affirmant que sa femme venait d'être admise à l'hôpital après s'être évanouie.

"Je m'étais réveillé avec le fort espoir de retrouver ma fille et ma femme avait préparé un accueil chaleureux, tout ça pour entendre (...) que toute cette histoire n'a été qu'une rumeur", a-t-il raconté.

Lourdement armés

Si les jeunes filles ne sont pas retrouvées rapidement, ce sera un camouflet pour le président Muhammadu Buhari, élu en 2015 sur la promesse de mettre fin à l'insurrection de Boko Haram.

Selon des habitants, les insurgés, lourdement armés, ont attaqué lundi soir la localité de Dapchi, tirant en l'air et faisant exploser des grenades.

Les assaillants "sont restés moins d'une heure de temps", a raconté Muhammad Kabo, un vendeur de thé, qui a dit avoir vu "environ neuf véhicules" se diriger vers l'école. Un peu plus tard, "j'ai entendu les filles crier dans le camion et il était clair qu'ils en avaient enlevé certaines", a-t-il ajouté.

Safai Maimagani, autre résident de Dapchi, a expliqué qu'un "groupe de combattants, habillés avec des uniformes de l'armée et des turbans noirs, blancs et rouges, ont demandé à un vendeur de rue de les conduire jusqu'à l'école."

Le groupe jihadiste, dont le nom signifie "l'éducation occidentale est un péché", mène depuis 2009 une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria. Ses attaques, et la répression par l'armée, ont fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés.

Il a kidnappé des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants, mais c'est l'enlèvement de 276 lycéennes à Chibok qui avait déclenché une vague d'indignation mondiale, donnant au groupe une tragique notoriété sur la scène internationale.

Cinquante-sept des lycéennes étaient parvenues à s'enfuir rapidement et, depuis mai 2017, 107 autres se sont évadées ou ont été libérés en vertu d'un accord passé entre le gouvernement et Boko Haram.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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