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Cauchemar logistique dans le nord-est du Nigeria

Des déplacés marchent dans le camp bombardé par erreur par l'armée nigériane, à Rann, Nigeria, le 17 janvier 2017.

A Dikwa, grande ville de l'extrême nord-est du Nigeria, il ne reste plus qu'une voiture civile, plus de moyen de communication, plus de route d'accès sauf sous escorte armée, mais les travailleurs humanitaires s'efforcent de sauver 57.000 personnes coupées du monde.

En moyenne, 200 à 300 déplacés par le conflit opposant depuis 2009 l'armée et le groupe djihadiste Boko Haram arrivent chaque jour, explique le commandant Idriss, en poste à Dikwa. "Ils fuient leur village car il n'y ni nourriture, ni protection là-bas", explique le militaire nigérian.

Deux à trois cents personnes qui arrivent "dans des conditions sanitaires extrêmement précaires, souffrant de déshydratation sévère ou parfois de blessures de guerre, après avoir marché pendant plusieurs jours", résume Abubakar Gambo Adam, infirmier dans une clinique gérée par l'Unicef.

Sous une tente installée devant le petit hôpital, Maimuna Alhazi Kalo attend son tour avec une vingtaine d'autres jeunes mères, leur bébé sur les genoux. Cela fait sept semaines que son petit garçon d'un an suit le programme de nutrition d'urgence, mais il ne pèse toujours pas plus lourd qu'un nouveau-né.

M. Gambo assure toutefois que le nourrisson est tiré d'affaire, grâce aux distributions de "plumpy nut" (pâte super-nutritive) et aux améliorations des conditions sanitaires pour les populations déplacées.

"Lorsque nous sommes arrivés pour la première fois à Dikwa, en juillet 2016, nous recevions 10 nouveaux patients tous les jours. La situation était terrible, il n'y avait pas de nourriture, pas de latrines, les gens mourraient de diarrhées ou du paludisme".

En avril 2016, lorsque les premières villes libérées par l'armée ont été accessibles aux humanitaires, ces derniers ont déclaré l'urgence maximale.

En juillet, Médecins sans frontières lançait un appel aux Nations Unies, affirmant par la voix du directeur général de MSF-Suisse que la situation médicale dans le nord-est du Nigeria était "la pire dans le monde".

10.700 tonnes de nourriture

Bama, Monguno, Dikwa, Gwoza, Rann, Damboa... Au fur et à mesure que l'armée nigériane reprend le contrôle des villes, les ONG internationales basées dans la région, ainsi que les agences nationales d'urgence, déploient nourriture, soins, vaccins, tentes pour des dizaines de milliers de personnes.

Dans les hangars du Programme alimentaire mondial (PAM) de la capitale régionale Maiduguri, 10.700 tonnes de riz, de pois, de sucre ou de maïs attendent departir aux quatre coins de l'Etat du Borno, auprès de 1,3 million de bénéficiaires. Ils sont déjà quatre fois plus qu'il y a cinq mois et devraient bientôt atteindre les 2 millions.

Lors de la conférence des donateurs organisée vendredi à Oslo (Norvège), les Nations unies demanderont une aide financière d'un milliard de dollars pour la région du lac Tchad.

Pour des raisons de sécurité, aucune équipe ne peut rester plus d'une journée à Dikwa, deux en cas d'urgence. Depuis Maiduguri, ville stabilisée prise d'assaut par les ONG, les trajets se font exclusivement par hélicoptère, les routes restant trop dangereuses.

Les ONG s'appuient donc sur des "contractuels" locaux pour gérer la situation au quotidien. A Dikwa, pas de voiture: humanitaires et journalistes dépendent de l'armée nigériane pour se déplacer.

L'armée escorte aussi les 50 camions mensuels de nourriture pour les 57.000 déplacés. Mais faute d'un recensement précis et d'un encadrement efficace, les rations sont mal distribuées et n'atteignent pas tous les foyers.

Dans un des camps surpeuplés de Dikwa, Amina Mohammed, coordinatrice détachée pour l'Organisation Internationale des Migrations (OIM) tente de convaincre les déplacés de garder leurs tentes propres, de se laver et d'utiliser des latrines en dehors des habitations.

"Je leur répète qu'il faut garder une certaine hygiène, même si je sais très bien qu'ils ont pas de savon et qu'il n'y a déjà pas assez d'eau pour boire", se désole-t-elle.

Elle amuse des centaines d'enfants, pour beaucoup habillés d'un simple chiffon sale et troué, en leur chantant des comptines pour leur apprendre à "tuer les moustiques!", tout en se frappant comiquement le bras, suscitant l'hilarité générale.

"On fait avec ce qu'on a", sourit-elle. Et à Dikwa, cela ne représente pas grand chose.

Avec AFP

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Poursuites demandées en Ituri contre les manifestants qui ont exhibé la tête d'une femme décapitée

Areti, 37 ans, du village de Joo (Mahagoi) dans la province de l'Ituri en RDC, s’est réfugiée, avec sa famille, en Ouganda, 12 avril 2018. (Twitter/MSF).

Des poursuites ont été demandées vendredi contre les manifestants qui ont exhibé la tête d'une jeune femme décapitée pour protester contre les tueries de civils en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

La police a dénoncé "la jeunesse iturienne (...) qui se permet de se promener avec les parties d'un cadavre humain", ainsi que les internautes qui publient "les images de cadavres humains sur les réseaux sociaux".

Ces jeunes ont manifesté mercredi après la découverte des corps de cinq civils près de Bunia, le chef-lieu provincial. Trois nouveaux corps ont été retrouvés jeudi.

Ils ont été dispersés par la police, qui a parlé de cinq personnes interpellées.

La photo du manifestant avec la tête d'une victime à la main a été relayée par plusieurs compte congolais sur Twitter.

"Jean Bamanisa (le gouverneur de l'Ituri, NDLR) a raison : ceux qui ont paradé avec la tête décapitée d'une victime des tueries qui se poursuivent en Ituri doivent être poursuivis. C'est contraire à la dignité humaine et c'est aussi terrifiant que le crime lui-même", selon le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). "En même temps, il faut arrêter ces massacres", ajoute Lucha sur Twitter.

Des dizaines de civils ont été massacrés en Ituri depuis le 10 juin et des dizaines de milliers ont pris la fuite.

Début juillet en Ituri, le président Félix Tshisekedi a annoncé que des opérations militaires d'"envergure" avaient pu "amoindrir" les miliciens locaux accusés d'être à l'origine des massacres.

L'armée a affirmé avoir tué 19 miliciens entre mercredi et vendredi dans leur fief de la forêt de Wago. Quatre militaires sont morts pendant les combats, selon l'armée.

Ces tueries ravivent les douloureux souvenirs du conflit entre deux communautés de l'Ituri, les Lendu et les Hema, qui avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003.

Les autorités et les deux communautés évitent de parler d'une reprise du conflit, s'interrogeant sur une "main noire" derrière les tueries dans cette province frontalière de l'Ouganda riche en or et pétrole.

Les Hema s'estiment les principales victimes des tueries avec une autre communauté, les Alur, qui étaient visés, d'après des témoins, par ces derniers massacres avec décapitation.

Les combattants du Soudan du Sud doivent stationner dans les camps militaires

Les Casques bleus rwandais arrivent à Juba, au Soudan du Sud, le 8 août 2017.

Les forces armées du Soudan du Sud et les rebelles ont reçu l'ordre vendredi de stationner dans les camps militaires, premier pas vers la création d'une armée nationale, dans le cadre d'un accord de paix.

L'accord, signé en septembre 2018, est une tentative pour mettre fin à près de six ans de conflit sanglant. Il a souffert de plusieurs gros retards. Le cantonnement dans les camps a constitué l'une des principales raisons empêchant la formation d'un gouvernement unifié.

Le Joint Defense Board (JDB), qui comprend des commandants de l'armée et des chefs rebelles, a déclaré à la presse vendredi avoir réussi à garantir que des vivres et d'autres choses essentielles seraient fournies aux camps afin de permettre la formation et l'intégration des forces.

"Le JDB a pris aujourd'hui une grande décision (...) et il est clair aujourd'hui que les forces, à partir de demain (samedi), doivent être cantonnées" dans les camps, a déclaré le porte-parole des rebelles, le colonel Lam Paul Gabriel. Le processus doit être terminé d'ici au 30 juillet.

Le porte-parole militaire du gouvernement, le général Lul Ruai Koang, a déclaré pour sa part que toutes les forces gouvernementales devaient retourner dans leurs casernes.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 lorsque M. Kiir, un Dinka, a accusé M. Machar, son ancien vice-président et membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.

Le conflit, marqué par des atrocités et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais, soit près d'un tiers de la population, à quitter leurs foyers.

L'accord de paix conclu en septembre 2018 a entraîné une forte décrue des combats, même s'ils n'ont pas complètement cessé. Cet accord prévoyait la formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale au plus tard le 12 mai.

Mais la formation de ce gouvernement a été repoussée à novembre, un délai devant notamment permettre de procéder au cantonnement des combattants et à leur intégration dans une armée unifiée, un des points clés de l'accord de paix.

Une cinquantaine de migrants entrent à Melilla depuis le Maroc

Un Marocain gravit les barrières de l'enclave espagnole à Melilla, le 21 octobre 2018.

Une cinquantaine de migrants sont parvenus vendredi à entrer à Melilla en franchissant la clôture de cette enclave espagnole en Afrique du nord, a annoncé la préfecture locale.

"Environ 200 personnes ont tenté d'entrer de façon irrégulière et une cinquantaine y sont parvenus", a indiqué à l'AFP un porte-parole des services gouvernementaux.

Ce passage en force, dans la matinée, a fait six blessés légers du côté des forces de l'ordre et deux du côté des migrants, l'un d'entre eux ayant dû être hospitalisé après une fracture à la jambe.

Une centaine de personnes avaient franchi la clôture en mai lors d'une précédente tentative.

"Il n'y a pas tant de pression sur la frontière" que d'autres années, a signalé à l'AFP le porte-parole de la préfecture.

Les villes espagnoles de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc, sont les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique, hautement sécurisées.

Les migrants essayant de gagner l'Europe les prennent régulièrement d'assaut pour parvenir à déposer, une fois en Espagne, une demande d'asile. D'autres tentent de gagner l'Andalousie par voie maritime.

Depuis le début de l'année, plus de 15.000 migrants ont gagné l'Espagne, dont environ 12.000 par voie maritime selon l'Organisation internationale pour les Migrations. Plus de 200 sont morts ou portés disparus.

CAN-2019 - Sénégal-Algérie: la fête a déjà commencé au pays des Lions

L'équipe du Sénégal lors d'un match de qualifications pour la CAN 2019, le 13 octobre 2018. (VOA/Amedine Sy)

Sûrs de la victoire face à l'Algérie en finale de la CAN-2019, les Sénégalais ont déjà commencé à faire la fête à Dakar et dans les villes de province, pavoisées aux couleurs du Sénégal, à quelques heures du coup d'envoi dans la chaleur du Caire vendredi (19H00 GMT).

Fort de son statut de mondialiste, de première nation africaine au classement Fifa, et de l'apport de son champion d'Europe Sadio Mané (Liverpool), le Sénégal rêve de vaincre le signe indien à l'occasion de la deuxième finale continentale de son histoire, après celle perdue en 2002 face au Cameroun.

Depuis le début de la matinée, les rues de Dakar sont rythmées par le son des coups de klaxon, des vuvuzelas et de la musique de son autre star internationale, le chanteur Youssou N'Dour.

Malgré la défaite (1-0) contre ces mêmes Algériens en phase de poules, "on va gagner, Inch Allah (si Dieu le veut). La coupe, ce sera au Sénégal cette année", affirme le vendeur ambulant Ibrahima Diallo, qui a rallié la place de la Nation, dans le quartier populaire de Colobane, plusieurs heures avant le début du match.

"La fête a déjà commencé et l'intensité va monter jusqu'à la fin du match", promet-il, alors que plusieurs centaines de supporters ont commencé à affluer vers ce lieu traditionnel de rassemblement. La place a été transformée en "fan zone" dotée de trois écrans géants et d'un large podium, où des groupes doivent animer une soirée que tous espèrent festive.

- Trottoirs repeints dans la nuit -

Dakar s'est mise sur son 31 pour soutenir ses Lions. "Nous avons nettoyé le quartier", sourit une collégienne, Adama Samb. Autour d'elle, dans les rues populaires du quartier de Bopp, les banderoles, poteaux électriques, troncs des arbres bordant les rues, et même les chaussées et trottoirs, repeints pendant la nuit, arborent les couleurs vert-jaune-rouge du Sénégal.

Un chauffeur de taxi rouspète. Il est "obligé de faire un détour" pour se rendre sur la corniche-ouest, où une autre "fan zone" était en cours d'installation à quelques mètres de l'océan.

Les cafés, restaurants et les centres commerciaux se préparent également à diffuser le match, même si de nombreux Sénégalais comptent le regarder en famille, à la maison.

A Kolda (sud), en Haute-Casamance d'où est originaire la star Sadio Mané, comme à Saint-Louis (nord), fief de l'ailier Ismaïla Sarr, la même fièvre et les mêmes couleurs ont envahi les rues, selon des correspondants de l'AFP.

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