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A Madrid, des fans de Justin Bieber attendent leur idole depuis des semaines

Justin Bieber accepte le prix du meilleur artiste masculin lors des 2016 Billboard Awards à Las Vegas, au Nevada.

Depuis des jours, des semaines et même plus d'un mois pour certains, des centaines de fans de Justin Bieber campent devant la salle où le chanteur doit se produire le 23 novembre à Madrid.

Le jour du concert au Palais des sports de Madrid, ces "Beliebers", surnom des fans du Canadien de 22 ans, veulent être le plus près possible de leur idole.

"Le soir, c'est dur à cause du froid, mais petit à petit, je m'habitue", déclare à l'AFP Andrea Gil, 20 ans, venue des îles Canaries, l'archipel situé dans l'Atlantique, au large de l'Afrique, à quelque 2.000 kilomètres de la capitale.

Vêtue d'une veste marron, une couverture sur les jambes, entourée d'une vingtaine de "Beliebers", de valises et de sacs de provisions, cette étudiante en arts graphiques fait partie du "groupe numéro un", composé de 34 fans qui disent être arrivés en premier, le 14 octobre.

Ils se relaient jour et nuit pour ne pas perdre leur précieuse place au profit des 12 autres groupes derrière eux.

Certains résident à Madrid, d'autres à l'hôtel ou dans des appartements loués, d'autres encore comme Andrea Gil campent devant l'entrée du palais, utilisant les bains municipaux et rechargeant leur téléphone en les branchant à une prise du parking.

Tous sont unis par l'amour du chanteur, qui donnera deux concerts en Espagne, le 22 à Barcelone et le 23 à Madrid, dans le cadre de sa tournée de plus d'un an.

Andrea Gil dit que ses chansons l'ont aidée dans des périodes difficiles de sa vie, tout comme Cristina Casas, 19 ans, dont le look rebelle et le piercing au nez reflètent un passé difficile.

"J'ai été victime de harcèlement scolaire, et j'ai souffert d'anorexie pendant six ans", dit-elle.

"Je pesais 32 kilos quand j'ai été hospitalisée, et sa musique a éclairé ma journée. (...), raconte-t-elle, citant "Down to Earth" et "Be Alright" parmi ses chansons préférées.

Parmi les rares garçons, Cesar Ndong accompagne sa petite soeur Arsenia Belen, venue de Murcie à quelque 400 kilomètres au sud-est de Madrid.

Mais la magie Bieber ne semble pas opérer sur lui. "Je suis là pour elle, parce que c'est une grande fan".

Avec AFP

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Coronavirus: un coût économique, social et sanitaire hors du commun

Un homme portant un masque facial pour aider à freiner la propagation du nouveau coronavirus se tient devant une librairie à Bangkok, en Thaïlande, le mardi 26 mai 2020. (AP Photo/Sakchai Lalit)

L'Asie semble en bonne voie vers une sortie de crise, l'Europe accélère son déconfinement, l'Amérique du Sud s'enlise et partout le coût social et économique de la pandémie de coronavirus, qui s'ajoute au terrible coût humain, apparaît chaque jour davantage.

Alors que la barre des 350.000 morts dans le monde (plus des trois quarts en Europe et aux Etats-Unis) a été franchie mercredi, l'Union européenne s'apprête à dévoiler dans la journée un important plan de relance, un pari à au moins mille milliards d'euros pour tenter de faire repartir les économies des 27 pays membres.

Même dans les pays dans lesquels les systèmes de santé ont résisté, les indicateurs économiques et sociaux sont au rouge.

"Je me couvre le visage parce que j'ai vraiment honte, je n'avais jamais demandé de la nourriture", confie à Madrid Jacqueline Alvarez, 42 ans, un sac de provisions à la main dans le quartier populaire d'Aluche.

Elle fait la queue, comme près de 700 autres, devant le guichet d'une association de quartier transformée en banque alimentaire. En Espagne, la pauvreté explose plus vite que lors de la crise financière de 2008, mais le monde entier est touché.

- "Faire la manche"

Selon l'ONG Oxfam, la crise sanitaire pourrait précipiter 500 millions de personnes dans la pauvreté.

Au Brésil, les experts s'attendent à une chute de 6 à 10% du PIB cette année, avec taux de chômage bondissant de 12,2% actuellement à plus de 18%.

En France, avec un effondrement d'environ 20% du PIB au deuxième trimestre, les experts tablent sur un repli de plus de 8% sur l'année. C'est "la plus importante récession depuis la création des comptes nationaux en 1948", assure l'Institut national de la statistique.

Après l'Argentine et le Liban, qui se sont déclarés en défaut de paiement, les experts du G20 craignent que la pandémie ne provoque avant la fin de l'année une contagion de défaillances chez les pays émergents, incapables d'honorer les remboursements de leurs dettes.

En Afrique du Sud, considérée par la Banque mondiale comme le pays le plus inégalitaire au monde, la pandémie a accru la misère et plongé dans le dénuement bon nombre des quelque 4 millions d'étrangers, la plupart illégaux.

"Ici, beaucoup de gens souffrent à cause du confinement. La plupart sont migrants ou réfugiés et ils ne peuvent pas travailler", explique Alfred Djanga, porte-parole de familles réfugiées dans le quartier de Mayfair, à Johannesburg.

"Avant, ils étaient employés dans des boutiques ou ils vendaient au coin de la rue. Mais ils n'en ont plus le droit", poursuit cet avocat de 50 ans. "Sans papiers, ils n'ont pas d'autre choix que de faire la manche".

Le coronavirus fait des ravages dans les économies, les systèmes sociaux et sanitaires du monde entier, mais il prélève aussi un lourd tribut dans la tête des soignants, soumis depuis le début de l'année à une surcharge de travail et à un stress exceptionnels.

"On a tous les ingrédients d'un risque majeur de stress post-traumatique", estime Xavier Noël, expert des questions de santé mentale à l'Université libre de Bruxelles.

Ceux qui interviennent en soins intensifs "ont fait face à un taux de décès et à une manière de mourir totalement inhabituels, dans un contexte plus déshumanisé, sans la présence des familles pour les soulager sur la prise de décision", dit-il à l'AFP.

Une étude menée début mai auprès de 3.300 soignants de Belgique néerlandophone montre que 15% songent à "quitter la profession" contre 6% en temps normal.

En Espagne, une étude de l'université de Madrid montre que 51% des 1.200 soignants interrogés présentent des "symptômes dépressifs". 53% présentaient des signes "compatibles avec un stress post-traumatique".

En Amérique du Sud, l'heure est encore à la mobilisation, face aux ravages provoqués par le virus sur des sociétés et des systèmes de santé fragiles.

La propagation du coronavirus "s'accélère" au Brésil, au Pérou et au Chili, a prévenu mardi une agence régionale de l'Organisation mondiale de la santé, appelant ces pays à ne pas relâcher les mesures destinées à ralentir les contaminations.

"En Amérique du Sud, nous sommes particulièrement inquiets étant donné que le nombre de nouveaux cas enregistré la semaine dernière au Brésil est le plus haut sur une période de sept jours, depuis le début de la pandémie", déclare Carissa Etienne, directrice de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), basée à Washington.

Le Pérou a de son côté enregistré un nombre record de 5.772 nouvelles contaminations au coronavirus en 24 heures, pour un total de près de 130.000, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

- Nouvel épicentre -

Le nombre quotidien de nouvelles contaminations en Amérique latine a dépassé celui de l'Europe et des Etats-Unis, faisant du continent latino-américain "sans aucun doute" le nouvel épicentre de la pandémie, selon l'OPS.

En revanche, pour le troisième jour d'affilée, les Etats-Unis ont déploré moins de 700 morts quotidiens du Covid-19, selon le comptage de l'université Johns Hopkins, qui fait référence, à 20H30 mardi (00H30 GMT mercredi).

Dans une Europe où les chiffres et les indicateurs s'améliorent chaque jour, la pression monte pour une réouverture coordonnée des frontières.

L'Italie pousse à une reprise concertée des déplacements en Europe le 15 juin, qui pourrait devenir le "D-Day" du tourisme, a indiqué lundi soir son ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio.

Ses déclarations vont dans le sens d'un appel franco-allemand pour une réouverture le plus vite possible des frontières, lancé mardi par le président de l'Assemblée nationale française et son homologue allemand.

En France, un décret a par ailleurs annoncé mercredi que l'hydroxychloroquine, médicament à l'utilisation controversée, ne pourra plus être prescrite contre le Covid-19 dans les hôpitaux, hors essais cliniques.

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Renault-Nissan-Mitsubishi vise désormais la rentabilité plutôt que les volumes

Les gens passent devant le siège de Mitsubishi Motors Corp, qui est allié à Renault-Nissan, le lundi 26 novembre 2018 à Tokyo. (Photo AP / Koji Sasahara)

Les constructeurs automobiles Renault, Nissan et Mitsubishi Motors ont annoncé mercredi qu'ils visaient désormais prioritairement la rentabilité et mettaient fin à la course aux volumes, rompant avec la stratégie de l'ancien patron déchu Carlos Ghosn.

"L'alliance est la clé de voûte de notre résilience (...). Aujourd'hui, (elle) se recentre sur l'efficience et la compétitivité plutôt que sur les volumes", a déclaré le président du partenariat franco-japonais, Jean-Dominique Senard, lors d'une conférence de presse.

Depuis l'arrestation de M. Ghosn au Japon en novembre 2018 pour des malversations présumées, cette alliance unique dans l'industrie automobile a vécu une descente aux enfers, après avoir atteint la première place mondiale des ventes automobiles en écoulant plus de 10,6 millions d'unités.

Ces volumes record, qui faisaient la fierté de M. Ghosn désormais réfugié au Liban, n'auront pas été d'un grand secours pour les trois partenaires en crise. Leur rentabilité avait sombré avant même le début de la pandémie de Covid-19.

"Ces dernières années nous nous sommes trop concentrés sur la stratégie d'expansion qui a provoqué une hausse massive des coûts fixes", a reconnu Osamu Masuko, patron de Mitsubishi Motors, en référence aux surcapacités des usines de l'alliance.

La nouvelle stratégie présentée mercredi prévoit de développer et produire en commun "près de 50%" des modèles des trois constructeurs à l'horizon 2025. Elle resserre les liens de partenaires voués à s'entendre pour sortir de la crise.

Cette mise en commun "devrait permettre de réduire les coûts et les dépenses d'investissements par modèle jusqu'à 40% pour les véhicules conçus sous ce nouveau schéma".

Ces annonces interviennent alors que Nissan et Renault doivent dévoiler respectivement jeudi et vendredi des plans d'économie sévères incluant des fermetures de sites et des suppressions de postes.

Elles ont été très bien accueillies à la Bourse de Paris, où le titre Renault s'envolait de 15% vers 12H00.

Le plan évoque un schéma de "leader-follower", avec une entreprise référente par modèle, par zone géographique et par technologie, les deux autres partenaires bénéficiant des savoir-faire et capacités industrielles du chef de file.

- Plus de standardisation -

L'objectif est de renforcer "la standardisation (...), depuis la plateforme jusqu'au véhicule complet". La production de véhicules conçus en commun sera regroupée dans une seule usine "lorsque cela (sera) jugé pertinent".

A titre d'exemple, le renouvellement des SUV (4x4 urbains) de taille moyenne (Renault Kadjar, Nissan Qashqai) sera mené par Nissan, et celui des petits SUV (Renault Captur, Nissan Juke) par Renault.

Concernant la répartition géographique, Nissan deviendra le référent en Chine, Amérique du Nord et Japon. Renault le sera pour l'Europe, la Russie, l'Amérique du Sud et l'Afrique du Nord. Mitsubishi Motors sera leader pour les pays d'Asie du Sud-Est et l'Océanie.

En matière de technologies, Nissan prendra les commandes sur la conduite autonome et sur les motorisations des futurs modèles électriques développés sur des plateformes dédiées.

Renault sera responsable des technologies de connectivité (sauf en Chine où ce sera Nissan) et sur l'architecture électrique-électronique des véhicules. Le groupe au losange aura également la responsabilité des motorisations des véhicules électriques dérivés de plateformes thermiques.

Enfin, Mitsubishi sera référent sur les technologies hybrides rechargeables (essence-électrique) des véhicules de moyenne et grande taille.

Le journal français Le Figaro affirme que Renault prévoit de supprimer plus de 10% de ses effectifs français d'ici à 2024. Nissan pourrait supprimer 15% de ses emplois dans le monde d'ici à 2023.

Renault a dévoilé en début d'année ses premières pertes en dix ans et a été contraint de solliciter un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros. Nissan annoncera jeudi des résultats attendus aussi dans le rouge. Mitsubishi doit annoncer un plan d'économie fin juillet ou début août.

Le renouvellement des dirigeants chez Renault et Nissan, impulsé par M. Senard, semble en tout cas avoir permis de tourner la page d'une année de crise entre Français et Japonais dans le sillage de l'affaire Ghosn.

Mais le partenariat, qui repose sur des participations croisées (Renault possède 43% de Nissan, qui détient lui-même 15% du groupe au losange et 34% de Mistubishi), n'a pas vocation à se transformer en groupe intégré comme Volkswagen ou Toyota. "Nous n'avons pas de projet de fusion (...) ni besoin de fusion pour être efficace", a affirmé M. Senard.

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