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Au moins 11 étudiants blessés par un engin explosif à l'université de Buea


L'épave d'une voiture incendiée, qui aurait été détruite par des combattants séparatistes, est vue alors qu'un soldat camerounais (à gauche) patrouille au bord du marché abandonné dans la province à majorité anglophone du Sud-Ouest à Buea, au Cameroun, le 3 octobre 2018.

Onze étudiants ont été blessés mercredi par un engin explosif dans l'amphithéâtre d'une université du nord-ouest anglophone du Cameroun en proie à un conflit sanglant entre forces de l'ordre et séparatistes armés, a annoncé le recteur de l'établissement.

"L'engin est tombé au sol et a explosé", a affirmé à la CRTV, la radio d'Etat, Horace Ngomo Manga, vice-chancellor (recteur) de l'Université de Buea. L'explosion "a blessé 11 étudiants, un garçon et dix filles", a-t-il précisé, ajoutant simplement que l'état des victimes était "stable".

Il n'a pas détaillé la nature de l'engin ni ne s'est exprimé sur ceux qui auraient pu le lancer.

Buea est le chef-lieu de la région du Sud-Ouest, l'une des deux, avec le Nord-Ouest, où la population est principalement issue de la minorité anglophone de ce pays d'Afrique centrale majoritairement francophone.

Nord-Ouest et Sud-Ouest sont le théâtre depuis quatre ans d'un conflit meurtrier entre les forces de sécurité et des groupes armés réclamant l'indépendance d'un Cameroun anglophone sous le nom d'Ambazonie.

L'ONU et les grandes ONG internationales dénoncent régulièrement des exactions et crimes commis par les deux camps contre les civils.

L'attaque n'a pas été revendiquée mais les séparatistes armés s'en prennent régulièrement aux écoles et universités qu'ils accusent de favoriser l'enseignement en français. Ils ont également multiplié ces derniers temps les attaques visant l'armée au moyen d'engins explosifs artisanaux.

Selon M. Ngomo Manga, l'engin avait été lancé sur le toit d'un amphithéâtre, d'où il est tombé.

Les civils sont les principales victimes de cette guerre qui a commencé fin 2017 après des mois de manifestations essentiellement pacifiques d'habitants protestant contre ce qu'ils estiment être une politique d'ostracisation de la minorité anglophone menée par Yaoundé.

Ce conflit a fait plus de 3.000 morts selon des bilans d'ONG qui n'ont pas été actualisés depuis au moins un an alors que le conflit s'est envenimé ces derniers mois. Il a également forcé plus de 700.000 personnes à fuir leur domicile.

Il y a deux mois, quatre hommes accusés d'être des militants séparatistes armés ont été condamnés à mort pour le meurtre de sept écolier le 24 octobre 2020.

Ce jour-là, une dizaine d'hommes avaient pris d'assaut l'école bilingue Mother Francisca International Bilingual Academy de Kumba, dans le Sud-Ouest, et ouvert le feu sur des élèves, tuant sept enfants âgés de 9 à 12 ans. Une douzaine d'autres avaient été blessés par balle ou à coup de machette.

Le régime de l'indéboulonnable président Paul Biya, 88 ans dont plus de 39 au pouvoir, est accusé par l'opposition, l'ONU, les ONG internationales et diverses capitales occidentales de se montrer intraitable dans ce conflit et même sourd aux demandes de la frange modérée de la population et des élites qui réclament une solution fédéraliste.

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