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Burundi : une ONG dénonce une "recrudescence" des arrestations et disparitions d'opposants

Des policiers burundais patrouillent dans le district de Mutakara, à Bujumbura, Burundi, 4 mai 2015.

La plus ancienne ligue des droits de l'homme du Burundi a dénoncé samedi une "recrudescence" des arrestations et disparitions d'opposants, ainsi que le climat de "peur généralisée" instauré selon elle par les autorités de ce pays en crise.

"Nous observons depuis trois mois des harcèlements accentués des membres de l'opposition, alors que le gouvernement ne cesse de dire que tout va très bien dans le pays", a déclaré à l'AFP Anschaire Nikoyagize, président de la ligue Iteka, organisation membre de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Expliquant qu'Iteka continue de travailler clandestinement au Burundi, M. Nikoyagize soutient que son organisation a "enregistré 272 personnes arrêtées et 16 portées disparues en octobre, 295 arrêtées et 39 portées disparues en novembre, et 246 arrêtées et 16 disparues rien que pour les deux premières semaines de décembre".

Toutes ces personnes sont essentiellement accusées "de participation aux bandes armées", une inculpation qui fait référence à une appartenance à l'un des mouvements rebelles burundais nés de la contestation du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

"Cette répression a créé une peur généralisée (...), parce que ces arrestations sont observées dans presque toutes les provinces du pays", a regretté M. Nikoyagize.

Ces informations sont confirmées par des sources des services de sécurité et des habitants des anciens quartiers contestataires de la capitale burundaise Bujumbura, qui parlent d'une "pression de tous les instants".

Selon ces sources, des perquisitions inopinées sont organisées par l'armée, la police et les services secrets, qui encerclent des quartiers entiers, interdisent les gens d'aller au travail ou de sortir sous peine d'être alors arrêtés et accusés de graves infractions.

De même, tout chef de ménage au Burundi doit aujourd'hui tenir un "cahier de ménage" où sont consignés tous ceux qui habitent sa maison, leurs allées et venues ainsi que celles de ses visiteurs, même d'un soir, sous peine d'arrestation.

Interrogé par l'AFP au sujet des arrestations, le premier vice-président du Burundi, Gaston Sindimwo, a évoqué des "arrestations massives" de "perturbateurs", dont certains "en provenance des pays limitrophes".

"C'est pourquoi nous multiplions la vigilance et avons donné des injonctions pour qu'il y ait des fouilles, que toute personne suspecte soit arrêtée et interrogée", a-t-il souligné sans nommer les pays incriminés, alors que des sources sécuritaires évoquent une possible et imminente attaque rebelle d'envergure.

"Nous contrôlons tous les mouvements des personnes, et c'est pourquoi ces gens qui s'infiltrent sont arrêtés massivement, parce que justement, ils sont décelés par la population", a-t-il ajouté.

"Si vous voyez des gens qui sont arrêtés à gauche ou à droite, c'est sur base d'informations que nous détenons de la part de malfaiteurs arrêtés", a poursuivi M. Sindimwo, reconnaissant que "malheureusement, il peut y avoir des bavures".

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis l'annonce en avril 2015 de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et son élection en juillet de la même année. Les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 300.000 personnes à quitter le pays.

Avec AFP

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Deux élus congolais condamnés à 20 et 10 ans de prison pour meurtres

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Un député provincial et un député national ont été condamnés à respectivement 20 et 10 ans de prison dans deux affaires de meurtres cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo, par ailleurs toujours victime de la violence des groupes armés.

Le député provincial de l'Ituri, Didier Boyoko, a été condamné le 16 juillet à 20 ans de prison par un tribunal militaire à Bunia, ont rapporté les médias congolais. Il était poursuivi avec 13 complices pour le meurtre de deux personnes dont un ressortissant chinois.

Le député provincial "figurait parmi les 14 personnes - dont des militaires - poursuivies dans l'attaque contre un convoi d'exploitants d'or chinois, le 17 juin", a rapporté la radio Top Congo.

Son procès avait commencé en public, en plein air, en plein centre de Bunia le 19 juin, avait rapporté l'AFP.

De son côté, le député national Luc Mulimbalimba a été condamné le 18 juillet à dix ans de prison pour le meurtre d'un civil mi-juin par la Haute cour militaire à Bukavu, a rapporté un correspondant de l'AFP présent à l'audience.

L'auteur matériel du crime, un militaire commis à sa garde, a été condamné à perpétuité.

L'impunité des élus et des élites a souvent été dénoncée dans l'est de la République démocratique du Congo, où des dizaines de groupes armés perturbent la vie des civils.

Près de Beni dans la province du Nord-Kivu, trois civils ont été tués jeudi alors qu'ils travaillaient aux champs, ont rapporté vendredi plusieurs sources.

"Ces trois personnes tuées à la machette allaient chercher à manger pour leur famille", a indiqué l'administrateur de territoire de Beni (responsable local), Donat kibwana, à un correspondant de l'AFP.

Les autorités attribuent comme d'habitude ces trois meurtres aux miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont les responsables présumés du massacre de centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

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