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Burundi : Ténèbres et Lumières, roman

  • Eric Manirakiza

Quelques commerçants bravent la peur sur l’artère principale qui sépare les quartiers Cibitoke et Mutakura de la zone de Cibitoke à Bujumbura, Burunadi. Un an jour pour jour, la crise au Burundi d'était déclenchée avec l'annonce dela candidature du Présid

Ce roman de Prime Nyamoya décrit plusieurs épisodes douloureux de la crise burundaise depuis 1962. L’auteur combine le réel et le fictif pour illustrer une folie meurtrière sans fin et s’interroge sur l’avenir de sa fille qui venait de naître.

Le récit de Philippe Irambona, héros du roman, est mi autofiction et mi journal intime. Il raconte la trajectoire d’un jeune Burundais, et ses va-et-vient, entre son pays et un Occident (Etats-Unis et Belgique) qui le construit autant qu’il le blesse.

Georges Nzongola-Ntalaja, professeur d’études africaines et globales à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill garde du roman, « l’image du grand-père de Philippe, un noble dont la sagesse et le savoir-faire montrent que nous avons beaucoup à apprendre des représentants des chefferies traditionnelles qui ne se sont pas fait corrompre par la colonisation ou par l’oligarchie postcoloniale ». Selon le professeur Ntalaja, ce livre est plein d’enseignements bénéfiques au continent africain tout entier.

L’économiste à la Banque Africaine de Développement à Abidjan Floribert Ngaruko, dans sa critique, est ému par « le bonheur de l’enfance du protagoniste en compagnie de son grand-père et les joies de la campagne ». Néanmoins, Floribert fait remarquer la nuisance « de la guerre civile et ses fléaux » qui ont troublé l’enfance paisible décrit dans le livre. Il mentionne également la scène qui se passe à Chicago « émouvante par sa franchise ».

Willy Nindorera, expert auprès de nombreuses ONG sur la région des Grands-Lacs, souligne « un héritage culturel et spirituel » de ce premier roman de Prime Nyamoya. « L’espoir de voir vivre longtemps Amélie sa fille cadette, et pour le Burundi, de recouvrer la paix après la tourmente ».

La journaliste culturelle à VOA Afrique Anastasie Tudieshe, note une écriture avec « pudeur et précision ». Pour elle, « l’auteur nous fait entrer dans l’esprit d’un jeune africain victime des soubresauts de son pays, qui ne perd toutefois jamais l’espoir de le voir renaitre ». La langue, tantôt neutre, tantôt intime, donne du rythme à la lecture, dit Anastasie. « On a envie de savoir ce qui va advenir du héros ». Son évolution, tient du scenario de cinéma ... bientôt, s’interroge-t-elle.

Sur VOA Afrique, Prime Nyamoya dit qu’il a voulu «véhiculer ses sentiments universels sur les moments de l’existence … la mort et l’amour ».

Enfin, le professeur Ntalaja qualifie Ténèbres et Lumière « d’un tour de force ». Il le recommande la distribution du livre dans les universités francophones pour « apprendre aux étudiants comment écrire correctement et avec élégance », précisant que c’est un roman « extrêmement bien écrit ».

VOA Afrique

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