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Burundi : MSF conteste "avec la plus grande fermeté" soutenir les insurgés

Le président burundais Pierre Nkurunziza, le 20 août 2015. (AP Photo/Gildas Ngingo)

Suite aux accusations, la veille, du porte-parole de la police burundaise, l'ONG médicale a nié, dimanche soutenir un "quelconque groupe armé" et a assuré ne pas "choisir son camp dans un conflit".

Médecins sans frontières (MSF) a rejeté, dimanche 1er novembre, "avec la plus grande fermeté", les accusations du porte-parole de la police burundaise, qui avait insinué la veille que l'ONG soutenait les insurgés opposés au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

"L'organisation rejette avec la plus grande fermeté les suggestions selon lesquelles elle soutiendrait un quelconque groupe armé", a réagi MSF dans un communiqué.

"MSF traite les blessés seulement sur une base médicale. MSF ne choisit pas son camp dans un conflit, mais cherche à fournir un service médical de haute qualité destiné à sauver des vies pour les gens qui en ont besoin", a ajouté l'ONG.

Le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye, avait affirmé samedi que des personnes arrêtées après que la police eut fait feu sur un convoi funéraire, tuant entre une et 16 personnes selon les sources, avaient sur elles des numéros de téléphone d'employés de MSF.

Opposition au troisième mandat de Nkurunziza

Ces personnes auraient indiqué aux policiers qui les interrogeaient que le personnel de MSF avait l'habitude de venir les évacuer et les soigner après des combats contre la police, avait ajouté M. Nkurikiye, n'hésitant pas à accuser l'ONG de complicité avec les insurgés.

"Si des gens qui ont été traités par MSF avant ont gardé un numéro de téléphone de MSF, ça ne signifie aucunement que MSF fait quoi que ce soit d'autre que fournir l'aide médicale dont les gens ont besoin", a répondu l'ONG.​

Depuis deux mois, les positions de police sont régulièrement attaquées par ce que le gouvernement appelle des "bandes de criminels", le terme officiel désignant une rébellion naissante issue de la contestation contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

La volonté acharnée de M. Nkurunziza - au pouvoir depuis 2005 et réélu en juillet - de conquérir un troisième mandat, malgré les critiques de l'opposition, de la société civile et de la communauté internationale, a plongé ce pays d'Afrique des Grands Lacs dans une grave crise politique, émaillée de violences meurtrières.

Avec AFP

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Zimbabwe : arrestation de quatre militants des droits de l'Homme

Les avocats du barreau du Zimbabwe participent à une "Marche pour la justice" devant la Cour constitutionnelle à Harare le 29 janvier 2019.

Quatre militants des droits de l'Homme ont été interpellés au Zimbabwe à leur retour au pays, et leurs téléphones et ordinateurs confisqués, ont indiqué mardi leurs avocats.

"Ils ont été arrêtés à leur descente d'un avion de South African Airlines à l'aéroport international Robert Mugabe" à Harare lundi, a déclaré le porte-parole de l'association des Avocats zimbabwéens des droits de l'Homme, Kumbirai Mafunda.

Quatre hommes, Gamuchirai Mukura et Nyasha Mpahlo, de l'ONG Transparency International Zimbabwe, George Makoni du Centre for Community Development Zimbabwe et Tatenda Mombeyarara de Citizens Manifesto, se sont d'abord vu refuser l'accès à leurs avocats, a-t-il ajouté.

"Ils ont pu les rencontrer au commissariat de Harare, cinq heures après leur arrestation à l'aéroport", a précisé M. Mafunda.

La police n'était pas joignable pour confirmer ces arrestations.

Ces interpellations interviennent quelques jours après la publication d'un article dans le journal d'Etat The Herald affirmant qu'"un groupe d'organisations louches en lien avec le MDC (Mouvement pour le changement démocratique, opposition) se préparaient à causer des troubles civils le mois prochain".

Plusieurs organisations citées par le quotidien ont démenti.

L'ONG Coalition de la crise au Zimbabwe a dénoncé les arrestations. "La police, le gouvernement et les médias d'Etat conspirent en vue de criminaliser le travail des défenseurs des droits de l'Homme, avec des allégations infondées visant des leaders de la société civile", a-t-elle dénoncé.

Le Zimbabwe est dirigé depuis fin 2017 par Emmerson Mnangagwa. Il a succédé à Robert Mugabe, qui a dirigé d'une main de fer le pays pendant trente-sept ans.

Le régime Mnangagwa a violemment réprimé en janvier des manifestations contre une forte hausse des prix du carburant. Au moins 17 personnes ont été tuées. Les autorités avaient accusé le MDC et des ONG d'avoir organisé ces manifestations.

Soudan : grève générale en préparation après l'impasse politique

La police dispersent des manifestants à coup de gaz lacrymogène à Khartoum, Soudan, 24 février 2019.

Les chefs de la contestation au Soudan ont annoncé mardi leur intention d'organiser à une date indéterminée une "grève générale", après l'impasse dans les négociations avec les militaires au pouvoir sur la transition politique.

Les discussions lundi soir n'ont pas abouti à un accord sur la présidence et le taux de représentation, entre civils et militaires, au sein du futur Conseil souverain censé assurer la transition, plus d'un mois après le renversement du chef de l'Etat Omar el-Béchir.

"Afin de parvenir pleinement à la victoire, nous appelons à une grande participation à une grève politique générale", a annoncé l'Association des professionnels soudanais (SPA) dans un communiqué, sans fixer de date pour cette grève.

Acteur clé de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance du mouvement de protestation déclenché en décembre 2018, la SPA a qualifié cette grève de "devoir révolutionnaire", appelant les manifestants à "la désobéissance civile".

Depuis le 6 avril, des milliers de Soudanais participent à un sit-in devant le QG de l'armée pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils. La poursuite de ce mouvement est "une garantie fondamentale pour réaliser les objectifs de la révolution", a ajouté la SPA.

L'organisation, qui réunit des associations de professionnels, a publié des photos d'employés de la Sudanese French Bank brandissant un hashtag en arabe "grève générale".

Madani Abbas, un responsable de l'ALC, a indiqué que les dates des mouvements de grève et de désobéissance civile seraient "annoncées plus tard".

Il a ajouté que l'ALC se réunirait mardi "pour discuter des développements après la réunion avec le Conseil militaire".

Malgré les désaccords, les deux camps ont annoncé dans un communiqué commun après les dernières discussions qu'ils souhaitaient poursuivre le dialogue pour parvenir "à un accord répondant aux aspirations du peuple soudanais".

A la tête d'un régime autoritaire pendant près de 30 ans, M. Béchir a été destitué et arrêté par l'armée le 11 avril sous la pression du mouvement de contestation inédit.

Les étudiants dans la rue au lendemain d'un discours du patron de l'armée

La police algérienne monte la garde lors d'une manifestation à Alger, la capitale, le 4 mars 2019, contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, en difficulté, à un cinquième mandat.

Quelque 2.000 étudiants et enseignants manifestent mardi à Alger pour réaffirmer leur rejet de la présidentielle prévue le 4 juillet, au lendemain des vetos opposés à la contestation par l'armée, désormais au centre du jeu politique, a constaté un journaliste de l'AFP.

Face à un fort déploiement policier les empêchant de se rassembler sur le parvis de la Grande Poste, point de ralliement de la contestation dans le centre de la capitale, et de se diriger vers l'Assemblée nationale et le tribunal, étapes prévues du cortège, les étudiants se sont rendus devant le Palais du gouvernement, siège des services du Premier ministre et du ministère de l'Intérieur.

Devant le bâtiment, bouclé par les forces de l'ordre, de brèves échauffourées ont éclaté avec les policiers qui ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogène pour repousser les étudiants. Ceux-ci ont fini par faire demi-tour et continuent en début d'après-midi à marcher dans les rues du centre d'Alger, selon le journaliste de l'AFP.

"Pas d'élections, bande de mafieux", "un Etat civil, pas un Etat militaire", scandent-ils notamment. Plusieurs slogans visent directement le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, tels que "Gaïd Salah dégage !" et "Peuple et armée sont frères, mais Gaïd Salah avec les traîtres".

Devenu de facto l'homme fort du pays depuis la démission le 2 avril, après 20 ans à la tête de l'Etat, du président Abdelaziz Bouteflika, sous les pressions de la rue et de l'armée, le général Gaïd Salah a à nouveau opposé lundi, dans un discours, une fin de non-recevoir aux deux principales revendications du mouvement dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

Il a ainsi demandé le maintien de la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un successeur à M. Bouteflika et estimé "irraisonnable" et "dangereux" la revendication d'un départ préalable des personnalités du "système" au pouvoir.

Selon plusieurs médias algériens, des étudiants manifestent également dans plusieurs villes universitaires, à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, mais aussi à Béjaia, Tizi Ouzou, Bouira, dans la région de Kabylie (nord) ou encore Sétif (nord-est), Sidi Bel Abbès, Mostaganem et Tlemcen (nord-ouest).

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