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Brexit: Theresa May tente de vendre à son cabinet un projet d'accord

La Première ministre britannique, Theresa May, à Londres, le 12 novembre 2018.

La Première ministre britannique Theresa May va tenter mercredi de convaincre ses ministres de surmonter leurs divisions sur le Brexit pour approuver le projet d'accord conclu la veille par les négociateurs européens et britanniques.

L'aval du gouvernement est nécessaire pour permettre l'organisation d'un sommet exceptionnel avec les dirigeants européens afin de valider l'accord. Celui-ci devra ensuite être ratifié par les parlements britannique et européen avant la date de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 29 mars 2019.

Le cabinet se réunit à 14H GMT pour "étudier le projet d'accord et décider des prochaines étapes", a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

L'incertitude règne quant à la position que vont adopter les ministres les plus eurosceptiques, dont Dominic Raab, en charge du Brexit, ou Penny Mordaunt, secrétaire d'Etat au Développement international. La semaine dernière, le secrétaire d'Etat aux transports, Jo Johnson, avait claqué la porte du gouvernement, estimant que l'accord en cours de finalisation constituait "une terrible erreur".

De leur côté, les ambassadeurs des 27 pays de l'UE se retrouveront mercredi après-midi à Bruxelles, selon deux sources diplomatiques. La chaîne irlandaise RTE a elle annoncé une réunion du gouvernement irlandais mercredi.

- Nouvelles démissions ? -

Le contenu du projet d'accord n'a pas été divulgué, mais le principal enjeu réside dans les dispositions traitant de la frontière irlandaise, sur lesquelles les négociations butaient ces dernières semaines.

Selon la télévision publique irlandaise RTE, le projet d'accord prévoit l'instauration d'un "filet de sécurité" qui doit éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande.

Il aura la forme d'un arrangement douanier pour tout le Royaume-Uni avec des dispositions "plus approfondies" pour l'Irlande du Nord en termes douaniers et réglementaires, selon RTE.

Au sein du Parti conservateur de Theresa May, les partisans du Brexit craignent que l'accord ne contraigne le Royaume-Uni à se plier aux règles de l'UE pendant des années, et l'empêche de véritablement couper les liens.

"Même si un accord a été signé par l'UE, rien ne garantit qu'il sera accepté par le cabinet", a commenté Ruth Gregory, analyste chez Capital Economics. "Nous ne serions pas surpris de voir de nouvelles démissions tant de la part de Tories europhiles que d'eurosceptiques".

- 'Etat vassal' -

Chez les parlementaires, plusieurs députés conservateurs ont déjà exprimé leur opposition au projet d'accord. le leader du camp pro-Brexit, Boris Johnson a affirmé qu'il voterait contre le texte s'il était soumis au parlement.

"Avec cet accord, nous allons rester dans l'union douanière, nous allons rester, de fait, dans le marché unique", a-t-il déploré sur la BBC, estimant que cela ferait du Royaume-Uni un "Etat vassal" de l'UE. "J'espère que le cabinet fera ce qu'il faut et rejettera" l'accord, a-t-il conclu.

Il a été rejoint par l'europhobe Jacob Rees-Mogg, selon qui le projet d'accord est une "trahison" des engagements pris par Theresa May sur le Brexit et sur le maintien d'un traitement identique entre l'Irlande du Nord et le reste du pays.

"Il est très difficile de comprendre les raisons pour lesquelles l'Irlande du Nord devrait être administrée depuis Dublin", a-t-il déclaré.

Nigel Dodds, député du parti unioniste nord-irlandais DUP, a estimé que le projet d'accord laisserait l'Irlande du Nord "soumise à des règles et des lois établies à Bruxelles". "Nous nous opposons à cela", a-t-il mis en garde. "C'est une ligne rouge fondamentale".

Allié du parti conservateur, le DUP représente une force d'appoint indispensable à Theresa May pour disposer d'une majorité absolue au Parlement.

Un accord sur le Brexit permettrait la mise en place d'une période de transition lors du retrait du Royaume-Uni de l'UE et jusqu'en décembre 2020, pour éviter une rupture trop abrupte, redoutée par les milieux économiques. Il garantirait également le maintien de droits pour les citoyens expatriés de chaque côté de la Manche.

Avec AFP

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L'administration Trump lance officiellement le processus de transition

Le président américain élu Joe Biden au théâtre qui lui sert de quartier général de transition à Wilmington, dans le Delaware, aux États-Unis, le 10 novembre 2020.

Lundi, l'administration Trump a officiellement reconnu que Joe Biden avait remporté les élections et qu'il avait donc le droit d'accéder aux ressources prévues pour la période de transition jusqu'au 20 janvier, date à laquelle le président élu est censé prêter serment.

Dans une lettre adressée à l'ancien vice-président, la responsable de l'Administration des services généraux (GSA), Emily Murphy, a écrit : "J'ai déterminé que vous pouvez accéder aux ressources et services post-électoraux".

Plus précisément, écrit-elle, M. Biden pourront disposer de 6,3 millions de dollars, plus 1 million pour l'orientation et l'intégration de l'équipe entrante.

Cette décision ouvre la voie au début de la transition et permet à M. Biden de coordonner avec les agences fédérales les plans de gestion des affaires courantes jusqu’à la passation du pouvoir.

En plus d'avoir accès aux fonds alloués pour la transition, l'équipe Biden peut désormais demander des enquêtes de moralité pour les personnes qui sont envisagées pour des postes clés.

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Suspension du budget controversé au Guatemala

Manifestation à Guatemala City, le 21 novembre 2020.

Le Parlement du Guatemala a suspendu lundi le budget de l'Etat pour 2021, à l'origine de deux jours de manifestations réclamant plus de ressources contre les inégalités et la pauvreté dans ce pays d'Amérique centrale rongé par la corruption et l'insécurité. 

"Afin d'assurer la gouvernance du pays et la paix sociale, nous nous sommes mis d'accord pour suspendre la procédure du budget (...) de l'Etat", a déclaré le président du Parlement, Allan Rodriguez, lors d'un message à la nation, deux jours après l'incendie, samedi, du Parlement par des manifestants.

Selon M. Rodriguez, le décret qui avalise le budget ne sera pas envoyé au pouvoir exécutif et les parlementaires ont désormais jusqu'au 30 novembre pour approuver un nouveau budget, comme le stipule la loi guatémaltèque. Sinon le budget actuel restera en vigueur.

Le Parlement, où le parti du président conservateur Alejandro Giammattei et ses alliés détiennent la majorité, a adopté le 17 novembre un budget pour 2021 de près de 12,8 milliards de dollars, supérieur de 25% à celui de 2020.

Malgré cette augmentation, ce nouveau budget a suscité la colère de milliers de Guatémaltèques qui sont descendus dans la rue pendant le week-end pour dénoncer le manque de moyens pour lutter contre la pauvreté.

En fin de manifestation samedi, le siège du Parlement a été incendié et près de 40 personnes interpellées. Une autre manifestation, réunissant plusieurs centaines de personnes, s'est déroulée dimanche de manière pacifique.

Certains manifestants ont également réclamé le départ de M. Giammattei, au pouvoir depuis janvier.

Le chef de l'Etat a appelé dimanche "au dialogue et au rassemblement", tout en assurant que les actions violentes de samedi étaient le fait de "groupes minoritaires qui cherchent à imposer un véritable coup d'Etat".

A son tour, M. Rodriguez a accusé lundi les manifestants d'avoir voulu "rompre avec l'ordre constitutionnel", et a qualifié l'incendie du Parlement d'"acte terroriste". Il a toutefois souligné que la suspension du budget devait ouvrir "un espace de discussion".

Le Comité de développement paysan (Codeca), qui avait annoncé qu'il bloquerait lundi les routes importantes du Guatemala, a pour l'heure renoncé. L'Université de San Carlos, la seule université publique du pays, a de son côté appelé à la grève.

- Opacité -

Le Guatemala, qui compte 17 millions d'habitants, est gangrené par la pauvreté, la violence des gangs et une corruption généralisée.

Environ 60% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Avant la pandémie de coronavirus, le pays fournissait, avec le Honduras et le Salvador voisins, un des plus gros contingents de migrants clandestins se jetant sur les routes en direction des Etats-Unis pour fuir la misère et la violence.

Des Guatémaltèques mécontents dénoncent aussi l'opacité des ressources pour faire face à la pandémie du nouveau coronavirus, ou encore la création d'un poste de super-ministre attribué à un jeune proche du président.

Le Parlement a approuvé une enveloppe d'urgence de plus de 3,8 milliards de dollars pour faire face à la pandémie, mais seulement 15% de ce montant ont directement bénéficié aux Guatémaltèques, selon des données officielles et des ONG.

La gestion de la crise sanitaire par le président Giammattei, un médecin de 64 ans, a également été critiquée par l'opposition et des organisations sociales, ainsi que par son propre vice-président Guillermo Castillo.

Le manque de moyens dans les hôpitaux et l'absence de soutien pour les secteurs économiques les plus touchés par les restrictions sont régulièrement dénoncés.

Selon les derniers chiffres officiels, le pays à enregistré près de 120.000 cas déclarés de Covid-19 et plus de 4.000 morts.

Alors que le Guatemala est régulièrement secoué par des scandales de corruption, en 2019 le mandat de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), créée en 2006 par un accord entre l'ONU et le Parlement, n'avait pas été renouvelé par l'ex-président Jimmy Morales (2006-2020) mis en cause dans une enquête.

L'une des principales révélations de cette commission avait été la fraude douanière qui avait conduit à la démission en 2015 du président Otto Pérez (2012-2015), accusé de diriger un réseau de collecte de pots-de-vin.

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