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Brexit: le sort de l'accord de divorce entre les mains des députés

Un manifestant pro-Brexit tient une bannière devant le Parlement à Londres, le mardi 8 janvier 2019. (AP Photo/Matt Dunham)

Le sort de l'accord de sortie de l'Union européenne conclu entre Londres et Bruxelles est entre les mains des députés britanniques qui entament mercredi son examen avant un vote historique le 15 janvier, à deux mois et demi du Brexit.

L'adoption du texte longuement et âprement négocié avec l'UE demeure très compromise, tant il est décrié à la fois par les Brexiters qui craignent une forme d'arrimage permanent à l'UE, et par les europhiles qui espèrent encore pouvoir faire machine arrière.

Pour les faire fléchir, la Première ministre conservatrice Theresa May continue à essayer d'obtenir de l'UE des "assurances" supplémentaires, qu'elle espère pouvoir leur soumettre avant le vote, a déclaré son porte-parole mardi, notamment sur le caractère "temporaire" du "filet de sécurité" (ou "backstop" en anglais).

Cette disposition, décriée avec virulence par les Brexiters, vise à empêcher le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord en créant un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni, avec un alignement plus poussé pour l'Irlande du Nord.

- Vers un report du Brexit? -

Même si Bruxelles martèle que l'heure n'est plus aux négociations, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a redonné un peu d'espoir à Mme May. Il a assuré qu'il y avait des "contacts étroits" pour savoir "si une série supplémentaire de garanties écrites, explications et assurances pourraient faire la différence".

"Nous ne voulons pas piéger le Royaume-Uni dans quoi que ce soit. Nous voulons passer aux discussions sur la future relation immédiatement", a-t-il dit à l'Irish Times.

Theresa May clora les débats le 15 janvier avant un vote décisif en soirée qui, initialement prévu en décembre, avait été reporté à la dernière minute pour éviter une défaite annoncée.

Sans accord au jour du Brexit, le 29 mars, le Royaume-Uni mettra fin brutalement à plus de quatre décennies d'appartenance à l'UE, un scénario redouté par les milieux économiques.

La dirigeante a mis en garde dimanche sur la BBC contre les conséquences imprévisibles que pourrait avoir un rejet de l'accord. Les seules alternatives, a-t-elle prévenu, sont un Brexit sans accord ou pas de Brexit du tout.

A la suite d'un article du Telegraph selon lequel les autorités britanniques "tâtaient le terrain" pour demander une éventuelle extension au-delà du 29 mars de l'article 50 du Traité de l'UE, qui régit le départ d'un Etat membre, son porte-parole a fermement démenti mardi.

"Nous sommes convaincus que Theresa May demandera un report après le rejet de l'accord au Parlement britannique, mais elle ne le dit pas, ni publiquement ni dans ses contacts avec les interlocuteurs européens", a cependant confié à l'AFP une source diplomatique à Bruxelles.

"Il est clair que tout le monde a en tête que cette possibilité existe", a indiqué une autre source diplomatique européenne, avertissant toutefois que c'était "une option très hypothétique".

Le chef de file de la droite au Parlement européen (PPE), l'Allemand Manfred Weber, s'est, lui, refusé à envisager un report du Brexit. "L'offre est claire. La date est fixée", a-t-il déclaré à l'AFP.

- Députés menacés -

L'opération de persuasion s'annonce particulièrement ardue pour Theresa May, dont l'autorité a été sérieusement entamée en décembre par un vote de défiance organisé au sein de son parti, auquel elle n'a survécu que péniblement.

La dirigeante a déjà lâché un peu de lest pour tenter d'amadouer les députés. Elle a affirmé que le Parlement pourrait jouir d'un rôle plus important dans les négociations à venir sur la future relation commerciale entre Londres et les 27.

Elle a également évoqué des mesures, sans en préciser la nature, concernant l'Irlande du Nord, afin de convaincre, sans succès jusqu'à présent, le parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, dont le soutien lui est indispensable pour obtenir la majorité absolue au Parlement.

Le Brexit déchaîne à ce point les passions que plus de 50 députés britanniques ont écrit à la cheffe de Scotland Yard, inquiets pour leur sécurité après des incidents survenus aux abords du Parlement.

Ils pointent du doigt des individus "liés à l'extrême droite" se "livrant de plus en plus à des actes d'intimidation, potentiellement criminels, envers des députés, des journalistes, des militants".

Avec AFP

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Sur les marches cannoises, mobilisation pour défendre l'avortement

Manifestation d'acteurs et de réalisateurs contre le rejet de la loi légalisant l'avortement en Argentine, lors du 72ème Festival de Cannes, le 18 mai 2019.

Une manifestation s'est déroulée samedi au Festival de Cannes pour défendre l'avortement, avant la présentation du documentaire "Que sea ley" sur l'élan brisé des Argentines en 2018, réclamant le droit à l'IVG.

L'équipe du film de Juan Solanas et des militantes des droits des femmes ont gravi les marches du Palais des festivals, un foulard vert à la main, l'emblème de la lutte pour la légalisation de l'avortement qui a embrasé l'Argentine en 2018.

Elles ont également brandi une banderole en espagnol réclamant le droit à l'avortement "sûr et gratuit". Une de ces manifestantes était entièrement parée de vert, avec une robe sur laquelle était brodé "légalisation. avortement".

Le cinéaste Pedro Almodovar et l'actrice Penelope Cruz ont également apporté leur soutien au mouvement, arborant le fameux foulard vert, quelques heures avant cette mobilisation, selon des photos publiées par Le Planning familial et la Fondation des femmes sur les réseaux sociaux.

Pour son film "Que sea ley" (Une loi, vite !), l'Argentin Juan Solanas a parcouru pendant huit mois l'Argentine, pour recueillir des témoignages dans les provinces les plus éloignées de la capitale.

Les mobilisations féministes dans les rues de Buenos Aires ont pris en 2017 et 2018 une ampleur inédite, avec comme apogée les rassemblements devant le Parlement, pendant l'examen du projet de loi par les deux chambres. Au final, il a été adopté par la Chambre des députés, mais rejeté par le Sénat.

Dans la salle de projection de "Que sea ley !", des foulards verts ont été disposés sur le dossier de chaque fauteuil.

D'autres personnalités devaient se joindre à ce mouvement: les actrices Charlotte Gainsbourg, Julie Gayet, Rossi de Palma, Zabou Breitmann, les réalisateurs Claire Denis et Eric Caravaca, parmi d'autres, ont annoncé qu'ils porteraient aux aussi le foulard vert en montant les marches du Palais des festivals.

Une initiative qui survient en pleine offensive aux Etats-Unis des Etats conservateurs contre l'avortement. L'Alabama interdit aux femmes d'avorter même en cas de viol, instaurant la loi anti-avortement la plus stricte des Etats-Unis. Le Missouri veut poursuivre les médecins s'ils pratiquent des interventions après la 8e semaine de grossesse, la Géorgie dès que les battements de coeur du foetus sont détectables...

Interrogée vendredi à ce propos, dans le cadre des discussions "Women in Motion", Eva Longoria ("Desperate Housewives") a mis en garde contre un possible "effet domino". C'est une "menace" qui "va toucher tout le monde si nous ne faisons pas attention", a souligné l'actrice qui a produit l'an dernier pour Netflix le documentaire "Reversing Roe", du nom de l'arrêt "Roe V. Wade" qui garantit le droit des Américaines à avorter tant que le foetus n'est pas viable.

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