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Brexit: le gouvernement britannique veut plus de temps pour renégocier

La Première ministre Theresa May, expliquant le «plan B» du Brexit au Parlement, à Londres, le 29 janvier 2019.

La Première ministre Theresa May va proposer aux députés britanniques de lui accorder un délai supplémentaire pour négocier avec Bruxelles un accord de Brexit remanié, a annoncé dimanche le secrétaire d'Etat au Logement, James Brokenshire.

Censé quitter l'Union européenne le 29 mars, le Royaume-Uni est en plein flou quant à la forme que prendra ce divorce historique, les députés britanniques ayant massivement rejeté le 15 janvier l'accord négocié pendant de longs mois avec Bruxelles par Theresa May.

La dirigeante conservatrice tente désormais d'obtenir de Bruxelles des concessions susceptibles de recueillir l'aval des parlementaires, mais les discussions buttent toujours sur la question du filet de sécurité irlandais.

Alors que la Chambre des Communes se penchera jeudi sur la stratégie à suivre, James Brokenshire a indiqué dimanche sur la BBC que le gouvernement comptait proposer au Parlement de débattre à nouveau des différentes options possibles pour le Brexit d'ici la fin février, si aucun accord remanié n'a pu être trouvé d'ici là, une manière pour l'exécutif de conserver la main sur le processus.

Le calendrier initial proposé par le gouvernement prévoyait que, faute d'accord d'ici à mercredi, les députés devaient voter jeudi sur la suite à donner au Brexit.

"Nous aurons évidemment un débat au Parlement (la semaine prochaine), avec une motion qui sera présentée - une motion importante que le gouvernement présentera", a déclaré M. Brokenshire. "Mais je pense qu'il est également important de souligner que le gouvernement s'engagera à ce que si (un nouveau) vote (sur l'accord de Brexit) n'a pas eu lieu d'ici au 27 février, nous permettrons la présentation d'une autre motion".

Le Labour, principal parti d'opposition au Royaume-Uni, a aussitôt dénoncé une manoeuvre visant à gagner du temps pour acculer les députés à un choix "binaire" entre l'accord de Brexit de Theresa May et un "no deal", soit une sortie sans accord, scénario redouté par les milieux économiques.

Theresa May "prétend qu'elle fait des progrès alors qu'en réalité, elle joue la montre", a déclaré Keir Starmer, le responsable du Brexit au sein du Labour, dans le journal The Sunday Times. "La semaine prochaine, le Parlement doit dire +ça suffit+ et prendre le contrôle de ce qui se passe", a-t-il ajouté.

Dimanche également, la Première ministre a répondu à une lettre que lui avait adressée le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, dans laquelle il indiquait que son parti soutiendrait l'accord de divorce sous certaines conditions, notamment que le pays reste dans une union douanière.

Theresa May, dans une lettre également, publiée par Downing Street, propose de nouvelles discussions avec les travaillistes, notamment pour étudier des "arrangements alternatifs" afin de régler le problème du filet de sécurité irlandais.

Cette disposition, très critiquée au Royaume-Uni, figure dans l'accord de retrait comme un dernier recours destiné à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord britannique et la République d'Irlande après le Brexit.

Avec AFP

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Londres, le Brexit encore et toujours

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Theresa May prête à accorder un nouveau référendum pour sortir de l'impasse sur le Brexit

La Première ministre britannique Theresa May, lors d'un discours à Londres, le mardi 21 mai 2019.

La Première ministre britannique a annoncé mardi une série de compromis, dont la possibilité de voter sur un second référendum, pour tenter de rallier à son plan de Brexit la majorité des députés.

Une autre concession a trait au maintien dans une union douanière temporaire avec l'Union européenne.

Theresa May les a enjoints de la soutenir, assurant qu'il s'agissait de la "dernière chance" de mettre en œuvre la volonté des Britanniques, qui ont voté à 52% pour la sortie de leur pays de l'Union européenne en juin 2016.

Les élus ont rejeté à trois reprises l'accord de Brexit conclu en novembre par la dirigeante avec Bruxelles, l'obligeant à repousser deux fois la date du divorce, désormais programmé pour le 31 octobre au plus tard. Cela a aussi contraint le gouvernement à organiser en catastrophe des élections européennes qui se tiennent jeudi, alors que le Royaume-Uni avait prévu de quitter l'UE le 29 mars.

Si les députés approuvent le projet de loi, qui leur sera présenté début juin, elle entend les faire voter sur la tenue d'un second référendum sur le Brexit ainsi que sur le maintien temporaire du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE.

La dirigeante conservatrice s'est en outre engagée à garantir les droits des travailleurs et les normes environnementales, ce qui était aussi réclamé par l'opposition travailliste.

- "Difficile" question douanière -

Le Parlement britannique avait rejeté à la mi-mars la tenue d'un second référendum, une idée défendue par plusieurs partis mais rejetée par les pro-Brexit et redoutée par d'autres, qui craignent que cela aggrave les divisions du pays.

Si les députés votent en faveur de la tenue d'un référendum, celui-ci aura lieu avant que l'accord de retrait puisse être ratifié, a précisé Theresa May.

S'ils adoptent le projet de loi et rejettent la tenue d'un référendum, le Royaume-Uni pourra quitter l'UE fin juillet.

Toutefois, le chef du Labour, principal parti d'opposition, Jeremy Corbyn, a prévenu que son parti "ne peut pas soutenir" le nouvel accord de Brexit de Theresa May, arguant sur Twitter que celui-ci n'est qu'une version réchauffée de son ancien et mauvais accord".

Le Labour avait rompu vendredi les pourparlers engagés avec Mme May pour trouver un compromis sur le Brexit.

Tandis que le Labour défend le maintien dans une union douanière avec l'UE - synonyme de politique douanière et commerciale communes -, Theresa May a toujours affirmé vouloir en sortir pour permettre à son pays de conclure librement des accords commerciaux avec des pays tiers.

La Première ministre a reconnu mardi que la question douanière était la "plus difficile", ajoutant qu'il fallait encore "résoudre ce différend".

- Débat sans fin -

Outre ses compromis destinés à séduire les travaillistes, Theresa May a dit avoir aussi écouté les inquiétudes des unionistes du petit parti nord-irlandais DUP à propos du filet de sécurité ("backstop" en anglais). Une solution de dernier recours incluse dans le Traité de retrait de l'UE et destinée à éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et l'Irlande après le Brexit, afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen.

Theresa May a précisé que le gouvernement aura l'obligation de chercher des arrangements alternatifs au "backstop" d'ici décembre 2020.

S'il a promis que son parti examinerait "attentivement" le projet de loi, Nigel Dodds, député du DUP a cependant souligné dans un communiqué que "les défauts fondamentaux du Traité de retrait sont toujours les mêmes".

Que les députés adoptent ou rejettent son projet de loi, Mme May devra se préparer à céder sa place.

Jeudi, elle a été sommée au cours d'une réunion avec le "comité 1922", responsable de l'organisation des Tories, de "convenir" dès juin "d'un calendrier pour l'élection d'un nouveau chef du parti conservateur". Plusieurs personnalités politiques, dont Boris Johnson, ancien ministre des Affaires étrangères et "Brexiter" acharné, sont déjà sur les rangs.

En attendant, Theresa May a une nouvelle fois appelé les parlementaires à l'aider à mettre fin à l'interminable feuilleton du Brexit qui monopolise l'actualité britannique depuis le référendum de 2016, et a profondément divisé le pays.

Persuadée qu'un "avenir brillant attend le Royaume-Uni", la cheffe du gouvernement a cependant prévenu : celui-ci ne pourra arriver si "nos politiques restent bloqués dans ce débat sans fin sur le Brexit".

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"Pour Sama": témoignage bouleversant d'une jeune mère à Alep, caméra au poing

Palais du Festival de Cannes lors de la 72ème édition, 17 mai 2019.

Malgré les bombardements, un jeune couple syrien décide de rester avec leur bébé dans Alep assiégé et dévasté. Elle pour filmer, lui pour soigner. Un choix que Waad al-Kateab tente d'expliquer dans un documentaire qui a arraché des larmes aux spectateurs cannois.

"Pour Sama", le nom de sa petite fille, "sera à n'en pas douter un des chocs de cette sélection", avaient prédit les organisateurs du festival, qui ont vu juste.

Présenté en séance spéciale, le documentaire, coréalisé avec Edward Watts, a fait l'effet d'un électrochoc et se pose en candidat sérieux à l'Oeil d'or qui récompense depuis 2015 un documentaire à Cannes, toutes sections confondues.

"Le film est pour expliquer à Sama le choix incroyablement difficile que nous avons dû faire", explique Waad al-Kateab, qui n'a pas encore 30 ans. Celui de rester en Syrie pendant la période la plus meurtrière du conflit, dans l'hôpital où exerce son mari Hamza, cible des bombardements.

Sorte de lettre adressée à sa fille reprenant des vidéos extrêmement fortes qu'elle a tournées dans la rue ou à l'hôpital, "Pour Sama" suit le parcours de Waad, d'étudiante à femme mariée puis mère.

En 2011, ce petit bout de femme étudiait le marketing à l'université d'Alep, ayant abandonné l'idée d'être journaliste. Trop dangereux, avaient décrété ses parents. "Tout a changé quand ont commencé les premières manifestations" contre le régime de Bachar el-Assad, réprimées dans le sang.

"Dans les journaux télévisés, on ne parlait pas de manifestants, mais de terroristes. A l'université, il n'y avait pas de médias pour expliquer la situation. L'idée était de prendre son téléphone et de documenter ce qu'on voyait", explique-t-elle, lors d'un entretien sur la Croisette.

A partir de 2012, quand la ville est coupée en deux, entre l'est tenu par les rebelles et l'ouest sous contrôle gouvernemental, elle met la main sur sa première caméra.

- "N'importe qui ferait la même chose" -

Le virus ne va pas la quitter. Waad enregistre tout: les bombardements comme les babillements de son nouveau-né, les arrivées de blessés comme la naissance d'un bébé apparemment mort-né ou deux garçonnets pleurant leur jeune frère décédé. Des vidéos qui lui vaudront plusieurs récompenses, notamment le trophée télévision au festival de Bayeux des correspondants de guerre en 2017.

"Quand j'ai montré le film aux gens qui étaient avec nous à Alep, ils m'ont tous dit: c'est notre histoire, ce qui m'a convaincu que ce par quoi j'étais passé pour le réaliser valait le coup".

Caméra au poing, elle filme également son retour incroyablement périlleux à Alep en juillet 2016, avec son bébé, après un aller-retour de quelques jours en Turquie, pour voir son beau-père malade.

"Nous avons vécu avec les gens (que l'on voit dans le documentaire) pendant cinq ans, nous avons partagé des expériences notamment les bombardements. Sachant utiliser une caméra et ayant des contacts avec des chaînes étrangères, je pouvais faire beaucoup pour mettre un coup de projecteur sur la situation à Alep", souligne-t-elle, comme une évidence. "N'importe qui ferait la même chose".

De ses cinq années, elle a accumulé des centaines d'heures d'images. Elle en a partagé une petite partie sur internet en prenant soin de cacher son identité, par peur d'être arrêtée.

"Je suivais ses vidéos sur Channel 4. Quand je l'ai rencontrée début 2017, ce fut un véritable choc. On était dans un pub à Londres et je me disais, c'est elle, Waad?. Je m'attendais à une personne plus guerrière", se souvient Watts, qui a travaillé pendant deux ans pour mettre sur pied le film.

Car quand la ville est tombée au main du régime en décembre 2016, Waad, Hamza et Sama sont contraints de quitter le pays. Ils sont aujourd'hui installés à Londres et Waad travaille pour Channel 4.

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