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Brésil : le Sénat vote le gel des dépenses publiques sur 20 ans


Le président brésilien Michel Temer s'adresse à son auditoire lors d'une cérémonie au palais présidentiel Planalto , à Brasilia, Brésil, le 7 décembre, 2016.

Le Sénat brésilien a adopté mardi en seconde lecture une proposition controversée d'amendement à la Constitution qui gèlera les dépenses publiques pendant 20 ans, une mesure phare du gouvernement de Michel Temer pour relancer la croissance.

Le texte a été approuvé par 53 sénateurs contre 16, alors qu'en première lecture fin novembre 61 sénateurs (sur un total de 81) avaient voté pour.

De petites manifestations contre ces mesures d'austérité se déroulaient à l'extérieur du Parlement à Brasilia, dont la sécurité a été renforcée.

Le gouvernement conservateur de M. Temer juge la réforme "fondamentale" pour éviter la faillite de l'Etat brésilien, attirer les investisseurs et permettre à terme une relance de la première économie d'Amérique latine, plongée depuis 2015 dans une récession historique.

Selon un sondage Datafolha publié mardi, 60% des Brésiliens rejettent la proposition d'amendement baptisée "PEC 55". Seuls 24% l'approuvent.

Les sénateurs ont approuvé un texte qui impose un plafond aux dépenses publiques de l'Etat fédéral brésilien sur 20 ans. Celles-ci ne pourront pas croître au-delà de l'inflation annuelle, y compris dans l'éducation et la santé.

"En ce moment nous avons besoin de beaucoup de courage au Brésil, pour faire des choses apparemment impopulaires, mais qui seront populaires à l'avenir", a affirmé M. Temerpour défendre cette proposition d'amendement.

Le gouvernement conservateur de M. Temer juge la réforme "fondamentale" pour éviter la faillite de l'Etat brésilien, attirer les investisseurs, enrayer la spirale inflationniste et permettre à terme une relance de l'économie brésilienne, plongée depuis 2015 dans une récession historique.

Le déficit budgétaire du Brésil devrait atteindre 48 milliards de dollars cette année et les marchés suivent de près l'approbation de la PEC 55 alors que l'étau se resserre autour du président Temer, déjà très impopulaire, dans le cadre du scandale de corruption Petrobras.

Michel Temer a nié avec "véhémence" samedi les déclarations d'un ancien responsable du géant du BTP Odebrecht, entreprise au coeur de ce scandale, l'accusant d'avoir demandé en 2014 dix millions de réais (près de 3 M d'euros) au propriétaire d'Odebrecht pour des campagnes de membres de son parti PMDB (centre droit).

A peine 10% des Brésiliens soutiennent sa gestion et 63% souhaitent qu'il démissionne avant la fin de l'année pour permettre la tenue d'élections anticipées, selon un sondage Datafolha publié dimanche.

L'approbation de la PEC 55 donnerait un coup de pouce favorable au gouvernement de M. Temer, mais pour Philip Alson, rapporteur spécial de l'ONU pour l'extrême pauvreté et les droits de l'homme, cela aura un impact "sévère" sur les plus pauvres et aggravera les inégalités sociales.

Avec AFP

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