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Moyen-Orient

Bombardements en série à Gaza, le conflit entre dans sa deuxième semaine

Des pompiers palestiniens essayent d'éteindre le feu dans une usine d'éponges après des tirs d'obus israéliens dans le nord de la bande de Gaza le 17 mai 2021.

Les rues de Gaza restent désertes lundi après une nouvelle série de bombardements nocturnes par l'armée israélienne, au terme d'une semaine noire ayant fait plus de 200 morts en quasi-totalité des Palestiniens, alors que le Hamas et Israël sont restés sourds aux appels internationaux à la désescalade.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'aviation israélienne a pilonné à des dizaines de reprises la bande de Gaza, où des groupes armés, dont le Hamas au pouvoir, ont tiré des roquettes vers Israël.

Des centaines de bâtiments ont été endommagés et les coupures d'électricité se sont intensifiées, d'après les autorités locales, n'ayant pas fait état de victimes dans l'immédiat. Au petit matin, les rues de l'enclave côtière de deux millions de personnes étaient désertes, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée israélienne a indiqué lundi avoir ciblé neuf maisons appartenant à des hauts commandants du Hamas qui servaient pour certaines à "stocker des armes", et un navire "suspecté d'être une arme navale submersible".

Le Jihad islamique, deuxième groupe armé palestinien de la bande de Gaza, a annoncé à la mi-journée la mort d'Hossam Abou Harbid, l'un de ses commandants, dans une frappe.

Il "n'y a jamais eu de frappes d'une telle ampleur", a estimé après cette nouvelle nuit de raids Mahdi Abed Rabbo, 39 ans, qui vit dans l'ouest de la ville de Gaza, faisant part de son "horreur, (de sa) peur".

Quelque 40.000 Palestiniens ont fui leur maison, selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU. Secours et habitants tentaient lundi de déblayer les gravats et d'éteindre les incendies en cours, dont celui d'une usine de matelas en mousse.

Le Programme alimentaire mondial a annoncé une aide d'urgence pour plus de 51.000 personnes dans l'enclave minée par la pauvreté et le chômage.

- "Légitime" -

Depuis le 10 mai, 200 Palestiniens ont été tués, dont au moins 59 enfants, et plus de 1.300 blessés.

Dimanche, 42 Palestiniens, dont au moins huit enfants et deux médecins, ont été tués. Bilan le plus lourd en une seule journée, selon le ministère de la Santé local.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé lundi Israël et les Palestiniens à "protéger les civils et particulièrement les enfants", réaffirmant que l'Etat hébreu avait, "en tant que démocratie", un "devoir particulier" en la matière.

Les Israéliens, en particulier les habitants du sud du pays où des roquettes continuent de tomber lundi, ont été appelés par leur Premier ministre Benjamin Netanyahu à "limiter leurs activités en extérieur".

Côté israélien, dix personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées après des tirs de roquettes.

Les groupes armés palestiniens, dont le Hamas et le Jihad islamique, ont tiré plus de 3.150 roquettes vers Israël depuis le début des hostilités meurtrières, rythme le plus élevé de projectiles jamais tirés vers le sol israélien. Une grande partie des roquettes a été interceptée par le système anti-missile, d'après l'armée.

"Notre campagne contre les organisations terroristes continue à plein régime", a affirmé dimanche M. Netanyahu, justifiant par ailleurs la frappe ayant pulvérisé la tour de 13 étages abritant les locaux de la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et de l'agence de presse américaine Associated Press.

C'était "une cible parfaitement légitime", a-t-il assuré, affirmant s'appuyer sur des informations des services de renseignement.

L'armée israélienne, qui a dit avoir ciblé des locaux et des équipements du Hamas ainsi que certains commandants et des tunnels souterrains, accuse le mouvement islamiste de s'implanter près de civils pour s'en servir de "bouclier".

La dernière grande confrontation entre Israël et le Hamas remonte à l'été 2014. Le conflit de 51 jours a ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2.251 morts côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 côté israélien, quasiment tous des soldats.

- Crise "incontrôlable" -

La violence "a le potentiel de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable et d'encourager davantage l'extrémisme", a alerté dimanche Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, à l'ouverture d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

"Ce cycle insensé d'effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement", a-t-il insisté, alors que cette troisième session virtuelle n'a abouti à aucune avancée.

Selon plusieurs diplomates interrogés par l'AFP, les Etats-Unis ont continué dimanche à refuser toute déclaration conjointe.

La crise actuelle a éclaté le 10 mai avec un barrage de roquettes tirées par le Hamas sur Israël en "solidarité" avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est. A l'origine des manifestations, la menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans le quartier de Cheikh Jarrah.

Dans ce quartier, une attaque à la voiture-bélier contre une patrouille israélienne a fait plusieurs blessés dimanche soir et l'assaillant est "mort", selon la police.

Les hostilités se sont étendues à la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où des affrontements avec l'armée israélienne ont fait 19 morts depuis le 10 mai, selon un bilan palestinien.

Sur son territoire, Israël est également confronté à des violences d'une intensité nouvelle et à des menaces de lynchages dans ses villes "mixtes", où vivent Juifs et Arabes israéliens.

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Les corps de 25 migrants retrouvés au large du Yémen

Les immigrés clandestins africains sont assis sur un bateau dans la ville portuaire d'Aden, au sud du Yémen, le 26 septembre 2016.

Des pêcheurs ont retrouvé lundi au moins 25 corps de migrants qui tentaient apparemment d'atteindre le Yémen dans l'espoir de rejoindre les riches Etats du Golfe, a annoncé un responsable local yéménite à l'AFP.

"Les pêcheurs ont retrouvés 25 corps dans la mer", près du détroit de Bab al-Mandeb et de Djibouti, a indiqué Jalil Ahmed Ali, ajoutant que le bateau s'était "renversé il y a deux jours et transportait entre 160 et 200 personnes". Le sort des autres personnes n'est pas connu.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a confirmé à l'AFP le naufrage d'une embarcation dans cette zone, précisant que les circonstances exactes de l'accident n'étaient pas claires.

Le bateau a coulé près des côtes de Ras al-Ara, dans la région de Lahj (sud), une zone surnommée "l'enfer" des migrants par les ONG.

Malgré le conflit qui ravage le Yémen, les migrations clandestines se poursuivent à partir de l'Ethiopie notamment.

"Nous avons retrouvé 25 corps (de migrants) qui se sont noyés lorsqu'un bateau transportant des dizaines d'entre eux a coulé vers les côtes yéménites", a raconté l'un des pêcheurs à l'AFP.

Les riches pays pétroliers du Golfe, comme l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, accueillent une importante main d'oeuvre étrangère venue du sous continent indien ou d'Afrique.

Ces derniers mois, des dizaines de migrants sont morts dans le détroit de Bab al-Mandeb qui sépare Djibouti du Yémen, une route majeure pour le commerce international mais aussi les migrations et le trafic d'êtres humains.

Bloqués dans le Yémen en guerre, nombreux migrants font aussi le chemin inverse. En avril, au moins 42 migrants sont morts au large de Djibouti après que leur bateau, parti du Yémen, a chaviré, selon l'OIM.

L'organisation estime à 32.000 le nombre de migrants, principalement éthiopiens, toujours bloqués dans le pays dévasté par plus de six ans de guerre civile et plongé dans ce que l'ONU qualifie de pire désastre humanitaire en cours dans le monde.

Benjamin Netanyahu a été évincé par un vote de confiance du Parlement

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Le G7 indexe la Chine et la Russie

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Naftali Bennett devient Premier ministre d'Israël

Le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett (au centre), avec les membres de la Knesset Ayelet Shaked (à g.) et Matan Kahana après une session spéciale pour voter sur un nouveau gouvernement à la Knesset à Jérusalem, le 13 juin 2021.

Le mandat record de 12 ans de Benjamin Netanyahu en tant que Premier ministre d'Israël a pris fin dimanche avec l'approbation par le Parlement d'un nouveau "gouvernement de changement" dirigé par le nationaliste Naftali Bennett.

Il a fallu un vote très serré (60 pour, 59 contre) pour concrétiser une coalition hétéroclite sans précédent. Celle-ci inclut des partis de gauche, centristes, de droite et arabes qui n'ont pas grand-chose en commun, si ce n'est le désir de déloger M. Netanyahu.

À Tel Aviv, des milliers de personnes ont célébré le résultat, après quatre élections non concluantes en deux ans.

Je suis ici pour célébrer la fin d'une époque en Israël", a déclaré Erez Biezuner sur la place Rabin. "Nous voulons qu'ils réussissent et qu'ils nous unissent à nouveau", a-t-il ajouté, tandis que les partisans du nouveau gouvernement, qui agitent des drapeaux, chantent et dansent autour de lui.

Mais un Netanyahu combatif, âgé de 71 ans, a déclaré qu'il serait de retour plus tôt que prévu. "Si nous sommes destinés à passer dans l'opposition, nous le ferons la tête haute jusqu'à ce que nous puissions la renverser", a-t-il déclaré au Parlement avant que Bennett ne prête serment.

Le nouveau gouvernement prévoit en grande partie d'éviter les mesures radicales sur les questions internationales brûlantes, telles que la politique à l'égard des Palestiniens, et de se concentrer plutôt sur les réformes intérieures.

Les Palestiniens n'ont pas été impressionnés par le changement d'administration, prévoyant que M. Bennett, ancien chef de la défense et partisan de l'annexion de certaines parties de la Cisjordanie occupée, poursuivrait le même programme de droite que le chef du Likoud, Benjamin Netanyahu.

Selon l'accord de coalition, M. Bennett, un juif orthodoxe de 49 ans et millionnaire dans le domaine de la haute technologie, sera remplacé au poste de Premier ministre en 2023 par le centriste Yair Lapid, 57 ans, un ancien animateur de télévision populaire.

Son parti d'extrême droite, Yamina, n'ayant remporté que six des 120 sièges du Parlement lors des dernières élections, l'accession de M. Bennett au poste de Premier ministre a été un véritable coup de théâtre politique.

Le président américain Joe Biden a félicité M. Bennett et M. Lapid, disant qu'il se réjouissait de renforcer les relations "étroites et durables" entre les États-Unis et Israël.

"Mon administration est pleinement engagée à travailler avec le nouveau gouvernement israélien pour faire progresser la sécurité, la stabilité et la paix pour les Israéliens, les Palestiniens et les peuples de toute la région ", a déclaré M. Biden dans un communiqué.

Benjamin Netanyahu - plus connu sous le surnom de "Bibi" - était le plus ancien dirigeant israélien, occupant le poste de Premier ministre depuis 2009, après un premier mandat de 1996 à 1999.

Homme politique israélien le plus influent de sa génération, il était devenu le visage d'Israël sur la scène internationale, avec son anglais soigné et sa voix puissante.

Il a utilisé sa stature mondiale pour résister aux appels à la création d'un État palestinien, qu'il décrit comme un danger pour la sécurité d'Israël. Au lieu de cela, il a cherché à contourner la question palestinienne en concluant des accords diplomatiques avec les États arabes de la région, sur la base des craintes partagées de l'Iran.

Mais il a été une figure de discorde dans son pays et à l'étranger, affaibli par son échec répété à remporter une victoire électorale décisive et par un procès pour corruption dans lequel il a nié toute faute.

Ses opposants ont longtemps critiqué ce qu'ils considèrent comme la rhétorique de division de M. Netanyahu, ses tactiques politiques sournoises et sa soumission des intérêts de l'État à sa propre survie politique.

Naftali Bennett et Yair Lapid ont tous deux déclaré vouloir combler les clivages politiques et unir les Israéliens.

L'armée américaine prépare déjà son retour en Afghanistan

Le commandant des forces de l'OTAN en Afghanistan, le général de l'armée américaine Scott Miller.

L'armée américaine n'est pas encore partie d'Afghanistan mais elle prépare déjà son retour, au cas où des jihadistes d'Al-Qaïda ou du groupe Etat islamique" lanceraient une attaque contre les Etats-Unis, a révélé vendredi le responsable du Renseignement au Pentagone.

Au moment où les experts redoutent un effondrement du gouvernement afghan face à l'avancée des talibans, un élu républicain a demandé lors d'une audition au Congrès des responsables des services de renseignements militaires, qui était responsable des 20 ans d'archives militaires américaines en Afghanistan.

"Il y a de fortes probabilités que nous ayons à retourner (en Afghanistan), qu'Al-Qaïda ressurgisse dans le sillage des avancées des talibans, et qu'ils attaquent les Etats-Unis", a noté Mike Waltz, un ancien soldat des forces spéciales aujourd'hui représentant de Floride, lors d'une audition de la commission des Forces armées de la Chambre des Représentants.

"Où vont aller les 20 ans de données opérationnelles et de renseignement? Qui en a la charge?", a-t-il ajouté. Il faut qu'elles soient "accessibles au futur chef de patrouille à qui on donnera l'ordre de revenir dans une vallée où nous sommes allés il y a 5, 7 ou 10 ans."

"Je sais que le commandement des Opérations spéciales est en train de le faire", a poursuivi M. Waltz, un ancien soldat de l'unité d'élite des "Bérets verts" qui a combattu en Afghanistan, au Proche-Orient et en Afrique.

"C'est exactement ce que nous pensons", lui a répondu le secrétaire à la Défense chargé des services de renseignement militaire, Ronald Moultrie.

"C'est nous qui dirigeons les efforts pour nous assurer que les agences de renseignement militaire se focalisent sur ce sujet", a ajouté M. Moultrie, nommé par le président Joe Biden pour superviser le travail des agences de renseignement militaire, notamment la DIA (Defense Intelligence Agency) et la NSA (National Security Agency).

"Vous pourrez nous demander des comptes", a-t-il ajouté, promettant de tout faire pour que tous les renseignements glanés en Afghanistan soient accessibles aux soldats si nécessaire.

Le président Joe Biden a décidé en avril, contre l'avis des militaires, de retirer toutes les troupes américaines d'Afghanistan d'ici au 11 septembre, le jour du 20e anniversaire des attentats de 2001, qui avaient conduit Washington à renverser le régime des talibans.

Depuis, les opérations de retrait se sont accélérées, au point qu'elles ont déjà été réalisées à plus de 50%.

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