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Bolsonaro devient président, le Brésil bascule dans l'inconnu

Le Président élu du Brésil, Jair Bolsonaro, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avant un déjeuner à Rio de Janeiro, au Brésil, le 28 décembre 2018. Leo Correa / Pool via REUTERS -

Une nouvelle ère s'ouvre mardi au Brésil, jour de l'investiture en grande pompe du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui a suscité énormément d'attentes avec ses promesses de rupture de l'ordre établi, mais aussi de nombreuses inquiétudes.

Après avoir célébré l'arrivée de 2019 avec un feu d'artifice grandiose sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, les Brésiliens feront un grand saut dans l'inconnu.

Ancien parachutiste et député au style iconoclaste, Jair Bolsonaro, 63 ans, s'est fait élire avec 55% des suffrages le 28 octobre, en promettant une lutte sans merci contre la corruption et la criminalité.

Il s'est également engagé à gouverner "pour tous les Brésiliens", malgré ses nombreux dérapages racistes, machistes ou homophobes et son admiration affichée de la dictature militaire (1964-1985) qui lui ont aliéné des millions de compatriotes.

L'acte officiel qui fera de lui le 38e président du Brésil sera paraphé dans l'hémicycle de la Chambre des députés, où Jair Bolsonaro signera le registre officiel, un petit livre vert, comme tous les chefs de l'Etat brésilien avant lui.

Ensuite, le président s'engagera sous serment notamment à "défendre et appliquer la Constitution" tout en oeuvrant pour "l'Union, l'intégrité et l'indépendance du Brésil".

Mais le moment le plus attendu sera la montée de la rampe du Palais du Planalto, où il recevra des mains de son prédécesseur Michel Temer l'écharpe présidentielle, une pièce de soie jaune et verte, sertie d'or et de diamants.

- Mesures de sécurité exceptionnelles -

La tradition veut que le futur chef de l'Etat fasse le déplacement entre les deux places fortes du pouvoir brésilien à bord d'une Rolls-Royce décapotable, mais il pourrait opter pour une voiture blindée pour éviter tout risque d'attentat.

Le dispositif de sécurité impressionnant n'a rien à envier à celui du Mondial-2014 et des jeux Olympiques-2016, avec un système antimissile, 20 avions de chasse mobilisés et l'espace aérien fermé à 7 km à la ronde.

Jair Bolsonaro ayant frôlé la mort lors d'un attentat à l'arme blanche en plein bain de foule le 6 septembre dernier, les autorités n'ont rien laissé au hasard.

Ces mesures de sécurité très strictes ne devraient pas empêcher les partisans du président d'extrême droite d'affluer en masse vers l'Esplanade des ministères.

Entre 250.000 et 500.000 personnes venues de tout les pays sont attendues sur ce lieu emblématique où sont concentrés tous les pouvoirs de Brasilia, ville futuriste au plan en forme d'avion sortie de l'imagination de l'architecte Oscar Niemeyer et de l'urbaniste Lucio Costa au début des années 60.

La cérémonie d'investiture doit débuter à 14H30 locales (16H30 GMT), mais les plus enthousiastes seront arrivés dès le début de la matinée.

"Je suis venue de Sao Paulo et je suis très heureuse à l'idée d'assister à un moment si émouvant, nous nous attendons à un changement radical", a affirmé lundi à l'AFP Madalena Albanez Figuereido, vendeuse de 22 ans.

- Rencontre Netanyahu-Pompeo -

La première puissance d'Amérique Latine se prépare à un virage à 180 degrés, aussi bien sur le plan économique, que diplomatique ou des questions de société.

Lundi soir, Jair Bolsonaro a déclaré lors d'un entretien à la chaîne Record TV qu'il allait "mettre en place une politique totalement différente de ce qui a amené le Brésil à la corruption et à l'inefficacité".

Il a aussi affirmé que ses premières mesures viseraient à "débureaucratiser au maximum" et à "retirer tout le poids de l'Etat qui pèse sur ceux qui produisent".

Samedi, il avait déjà annoncé sur Twitter son intention d'autoriser par décret la détention d'armes pour toute personne au casier judiciaire vierge, assouplissant considérablement la législation actuelle.

Sont également attendues dès les premiers jours de son mandat des mesures fortes sur le plan économique, son gourou ultra-libéral Paulo Guedes préconisant notamment un vaste plan de privatisations.

La cérémonie d'investiture donnera le ton de la ligne diplomatique suivie par le futur gouvernement, en totale rupture avec la tradition de multilatéralisme du Brésil.

L'un des invités de marque à Brasilia est le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier a révélé dimanche à Rio que Jair Bolsonaro lui avait confirmé qu'il transfèrerait bien, tôt ou tard, l'ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem, suivant les pas du président des Etats-Unis Donald Trump.

Mardi, M. Netanyahu doit également rencontrer le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, qui représentera M. Trump lors de l'investiture.

Cette rencontre devrait porter sur la décision de Washington de retirer les 2.000 soldats américains déployés en Syrie.

Avec AFP

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Haïti: nouvelle manifestation réclamant la démission du président

Des policiers éteignent un véhicule en flammes appartenant à Radio Tele-Ginen lors d'une manifestation réclamant la démission du président Jovenel Moise à Port-au-Prince, en Haïti, le lundi 10 juin 2019. (AP Photo / Edris Fortune)

Près de 2.000 personnes ont manifesté jeudi dans le centre-ville de Port-au-Prince pour réclamer la démission du président haïtien Jovenel Moïse, qui a assuré la veille qu'il n'était "pas impliqué dans la corruption".

"On rejette le discours du président d'un revers de la main: ce n'est pas à nous, le peuple, qu'il doit dire qu'il n'est pas corrompu mais c'est vers la justice du pays qu'il doit se diriger, en donnant à la justice les moyens nécessaires pour travailler", a expliqué Evens Paul, un manifestant de 31 ans.

Dans un discours mercredi lors d'une cérémonie officielle à Port-au-Prince, M. Moïse s'est adressé directement à la population haïtienne: "Votre président, celui pour lequel vous avez voté, n'est pas impliqué dans la corruption", a-t-il assuré.

Les abords du palais présidentiel étant tacitement interdits à toute manifestation, les organisateurs du rassemblement de jeudi avaient établi un parcours faisant sept fois le tour de l'édifice par les rues adjacentes.

"Ce n'est pas de l'acharnement politique: on n'a aucun problème avec le président", a témoigné Mehdi Garlet, au coeur du cortège majoritairement composé de jeunes hommes.

"En tant que représentant de la République, il doit être au-dessus de tout soupçon mais la Cour des comptes l'implique comme l'un des receveurs de l'argent Petrocaribe avant même qu'il y ait eu un contrat signé, donc la morale publique l'oblige à démissionner", a ajouté l'étudiant de 26 ans.

Plusieurs barricades ont été enflammées le long du parcours de la manifestation, qui s'est déroulée sans incidents majeurs. Quelques dégâts ont été constatés par des journalistes de l'AFP, dans des quartiers périphériques à la place du Champ de Mars où est situé le palais présidentiel.

La Cour supérieure des comptes a rendu le 31 mai un rapport de plus de 600 pages sur la mauvaise gestion de l'aide reçue du Venezuela par Haïti, rapport dans lequel Jovenel Moïse est accusé d'être au coeur d'un "stratagème de détournement de fonds".

Les juges ont découvert entre autres que l'Etat avait signé en 2014, pour le même chantier de réhabilitation de route, deux contrats avec deux entreprises aux noms distincts --Agritrans et Betexs-- mais partageant notamment le même matricule fiscal et le même personnel technique.

Avant son arrivée au pouvoir en 2017, M. Moïse dirigeait Agritrans qui a reçu plus de 33 millions de gourdes --plus de 700.000 de dollars à l'époque-- pour ce projet routier alors que son activité consistait à la production bananière. Cette entreprise, détenue par l'actuel président, avait même reçu une avance de fonds près de deux mois avant la signature du contrat.

Plusieurs milliers de Haïtiens ont déjà manifesté dimanche à Port-au-Prince et dans les principales villes du pays pour réclamer la démission du président.

Deux personnes ont été tuées par balle en marge du rassemblement dans la capitale, qui s'était achevé avec d'importantes violences et quelques destructions matérielles.

Avec AFP

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