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Bob Woodward, le journaliste qui fait trembler les présidents

Les journalistes, Bob Woodward, à droite, et Carl Bernstein, dont le reportage sur l’affaire Watergate leur a valu un prix Pulitzer, à la redaction du Washington Post à Washington, le 7 mai 1973.

Pour ses premiers pas de reporter, Bob Woodward a fait tomber le président Richard Nixon. 44 ans plus tard, cette star du journalisme américain fait trembler -- au moins de colère -- un autre locataire de la Maison Blanche, Donald Trump.

Dans son dernier livre "Fear: Trump in the White House", publié aux Etats-Unis et déjà en tête des ventes, il brosse le portrait d'un dirigeant inculte, hystérique et paranoïaque, que ses collaborateurs s'efforcent de contrôler pour éviter les pires dérapages.

"Du n'importe quoi", "une escroquerie", a tonné le chef de l'Etat, pourtant habitué aux ouvrages dévastateurs. Mais cette fois, l'attaque est prise au sérieux car elle vient d'un des journalistes les plus informés de Washington.

Bob Woodward, 75 ans, a gagné ses galons de reporter dès ses débuts au quotidien Washington Post, où il est entré en 1971. Son enquête sur le scandale du Watergate, menée avec son collègue Carl Bernstein, a entraîné la démission de Richard Nixon en 1974.

Le film "Les hommes du président", adapté de leur livre éponyme, l'élève en 1976 au rang de quasi star, d'autant que son rôle est interprété par Robert Redford.

Dans la réalité, il a, de son propre aveu, peu de similitudes avec l'énergique Redford. Il parle doucement, porte une veste et une cravate informes et se dit "ennuyeux".

Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un accès quasi inégalé aux coulisses du pouvoir américain.

Depuis le Watergate, il a publié un livre tous les deux ans, chroniques de l'intérieur des présidences de Bill Clinton, George W. Bush ou Barack Obama, mais aussi de la Cour suprême, de la CIA ou de la Banque centrale, tout en continuant à écrire pour le Washington Post.

Pour chaque ouvrage, il a recueilli de larges confidences, soit sous la forme d'entretiens officiels ou en acceptant de garantir l'anonymat à ses sources, une pratique peu courante dans le journalisme anglo-saxon.

George Bush, qui fut le sujet de quatre de ses livres, lui a ainsi accordé plusieurs interviews. "Nous avons toujours jugé important que le président et d'autres lui parlent, parce qu'au final il valait mieux faire partie de son récit", explique à l'AFP Scott McClellan, ancien porte-parole du président Bush.

Woodward, une "référence"

Dans ses ouvrages, Woodward retrace méticuleusement le contenu de réunions en croisant ses sources, étaye son propos avec des dates, des documents, le tout dans un style très factuel.

L'absence de mise en perspective lui a parfois valu des critiques acerbes. "Dans ses livres, on ne mesure aucune activité cérébrale", l'a ainsi tancé en 1996 l'auteure Joan Didion dans une étude de son oeuvre.

"A l'heure des faits alternatifs et des tweets corrosifs sur les +fake news+, Woodward est une référence en termes de vérité", estime à l'inverse la journaliste réputée Jill Abramson.

"Ce n'est pas mon travail de porter un jugement", répond l'intéressé. Son rôle, selon lui? "Rapporter exactement ce que les gens ont fait, ce que cela signifie, ce qui les motive et qui ils sont", a-t-il expliqué cette année sur le site Vox.

Pour son 19e livre, il a suivi cette méthode à la lettre. Mais le résultat est beaucoup plus sévère que ses précédentes chroniques de la Maison Blanche.

Il y décrit des réunions où Donald Trump semble ne pas percevoir les enjeux, et un entourage mortifié par ses emportements.

Depuis la publication des bonnes feuilles de l'ouvrage, le secrétaire général de la présidence John Kelly a démenti avoir dit "on est chez les fous" ou même avoir parlé à Woodward. Le ministre de la Défense Jim Mattis a lui nié avoir comparé Donald Trump à "un élève de CM2 ou de 6ème".

"Je ne mens pas", a répliqué lundi le journaliste lors d'une interview télévisée, en assurant que plusieurs de ses sources l'avaient prévenu qu'elles démentiraient s'il publiait leurs propos.

Selon lui, la bataille en cours aux Etats-Unis est "une bataille pour la vérité". "Et j'ai fait mon travail, c'est le meilleur journalisme possible, au moins pour moi".

Avec AFP

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Trump/ Ukraine : retour sur une semaine d'audiences publiques

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Les Etats-Unis annoncent une aide de 600 millions de dollars

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Destitution: Trump jugé pire que Nixon par les démocrates après des auditions choc

Le président du comité du renseignement de la Chambre des représentants , Adam Schiff , à Capitol Hill, à Washington, États-Unis. 15 novembre 2019. REUTERS / Joshua Roberts / Pool

"Au-delà" du Watergate: l'élu démocrate en charge de l'enquête en destitution contre Donald Trump a conclu jeudi une série d'auditions publiques en assurant que les faits reprochés au locataire de la Maison Blanche étaient "bien plus graves" que ceux commis par l'ancien président Richard Nixon.

Au cours des huit derniers jours, douze témoins entendus au Congrès ont livré de nombreux éléments à charge pour le président américain, sans ébranler - du moins en apparence - les élus républicains.

A l'issue de ce marathon, Adam Schiff a fait monter la pression sur Donald Trump en le comparant au seul président de l'histoire des Etats-Unis à avoir démissionné, en 1974, pour s'éviter une destitution certaine.

"Ce que nous avons ici (...) va bien au-delà de ce que Nixon a fait", a-t-il lancé en référence au scandale d'espionnage politique dit du Watergate.

Quarante-cinq ans plus tard, Donald Trump est à son tour menacé par une enquête en destitution parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, qui pourrait être son adversaire lors de la présidentielle de 2020.

Les démocrates accusent le président républicain d'avoir abusé de sa fonction pour faire pression sur Kiev, notamment en gelant une aide militaire de près de 400 millions de dollars votée par le Congrès.

Donald Trump nie toute pression, assure que son appel était "parfait" et se dit victime d'une "chasse aux sorcières" sans précédent.

Aucun autre témoin n'est programmé à cette heure et il est probable que la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, passe rapidement au vote sur une mise en accusation ("impeachment") du président. Il restera ensuite au Sénat, contrôlé par les républicains, de le juger.

Hogan Gidley, porte-parole de la Maison Blanche a appelé jeudi à mettre fin "à ces audiences bidons illégitimes".

Si elles se poursuivent, "le président Trump veut avoir un procès au Sénat, parce que c'est clairement la seule chambre où il peut s'attendre à l'équité et au respect scrupuleux de la loi en vertu de la Constitution", a-t-il précisé.

- "Mal tourné" -

Les témoins qui se sont succédé à la Chambre des représentants n'ont pas été épargnés par l'aigreur des débats.

Vendredi, le président a décoché des flèches contre l'ex-ambassadrice à Kiev Marie Yovanovitch au moment même où elle témoignait. Partout où elle "est passée, les choses ont mal tourné", comme "en Somalie", a-t-il tweeté.

Avec plus ou moins de force ou de prudence, les diplomates, hauts responsables ou conseillers auditionnés ont résisté à ces attaques et dressé par petites touches un tableau accablant pour le président.

Ils ont d'abord décrit comment il avait écarté sans raison Mme Yovanovitch et imposé en mai son avocat personnel Rudy Giuliani aux diplomates en charge du dossier ukrainien.

Cela faisait des mois que l'ancien maire de New York multipliait les contacts à Kiev et les interviews télévisées pour réclamer une enquête sur Joe Biden et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Une fois M. Giuliani à la manoeuvre, un "donnant-donnant" a été proposé aux Ukrainiens, a déclaré mercredi l'ambassadeur auprès de l'Union européenne Gordon Sondland: si leur président voulait être invité à la Maison Blanche, il devait annoncer publiquement des enquêtes sur "Burisma", le groupe gazier qui a longtemps employé Hunter Biden.

M. Sondland, un riche homme d'affaires et donateur républicain, a ajouté "avoir acquis la conviction" que l'aide militaire avait également servi de levier. Il a toutefois reconnu que le président Trump, avec qui il discutait régulièrement, ne lui en avait "jamais" parlé "directement".

Les républicains se sont emparés de cette déclaration pour dénoncer un dossier "sans preuve matérielle".

- "Fiction russe" -

Entendue en dernier, une conseillère de la Maison Blanche a indirectement critiqué jeudi le président qui, outre Joe Biden, a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur une prétendue ingérence ukrainienne dans l'élection présidentielle de 2016 au profit des démocrates.

"C'est une fiction qui a été créée et propagée par les services de sécurité russes", a souligné Fiona Hill, haute responsable au sein du Conseil de sécurité nationale.

"S'il vous plaît, ne propagez pas pour des raisons politiques des mensonges qui servent clairement les intérêts russes", a-t-elle lancé aux élus, en leur rappelant que les services de renseignement américains avaient conclu que Moscou s'était ingéré dans la campagne de 2016, et non l'Ukraine.

Aucun autre témoin n'est programmé à cette heure et il est probable que la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, passe rapidement au vote sur une mise en accusation ("impeachment") du président.

Il restera ensuite au Sénat, contrôlé par les républicains, de le juger. Donald Trump devrait donc échapper à une destitution.

Avec AFP

USA: le Congrès adopte un projet de loi de finances pour éviter un "shutdown"

Le Congrès décoré pour l'investiture de Donald Trump, à Washington DC, le 18 janvier 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)

Le Congrès américain a définitivement approuvé jeudi un projet de loi budgétaire temporaire, courant jusqu'au 20 décembre, afin d'éviter la paralysie des administrations américaines, ou "shutdown".

Le président Donald Trump doit encore signer ce texte pour le promulguer avant minuit ce jeudi, heure à laquelle les budgets actuellement alloués arriveront à leur terme.

Malgré des mois de négociations, l'opposition démocrate et les républicains ne sont pas parvenus à s'accorder sur un budget à plus long terme, à cause de différends, notamment sur le financement du mur à la frontière avec le Mexique, grande promesse de campagne de M. Trump pour lutter contre l'immigration clandestine.

Divisés par l'enquête en destitution lancée contre M. Trump par les démocrates à la Chambre des représentants, des élus s'inquiètent de leur capacité à parvenir à un accord budgétaire à long terme d'ici la prochaine date butoir du 20 décembre.

La mesure provisoire a été approuvée jeudi au Sénat, contrôlé par les républicains, par 74 voix en faveur contre 20, soit un soutien suffisant pour surmonter un éventuel veto présidentiel.

Elle avait déjà été adoptée mardi à la Chambre des représentants, à majorité démocrate, par 231 voix contre 192, dont 12 soutiens républicains.

Le budget temporaire inclut une augmentation de salaire de 3,1% pour l'armée américaine, finance le fonctionnement du grand recensement prévu en 2020 ainsi que d'importants programmes dans le secteur de la santé.

Depuis l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, en janvier 2017, les Etats-Unis ont été partiellement paralysés par deux "shutdowns", dont le plus long de l'histoire américaine, lorsque certains budgets avaient été asséchés durant 35 jours entre fin 2018 et début 2019.

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