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Blaise Matuidi signe à la Juventus Turin

  • VOA Afrique

Blaise Matuidi joueur français, à droite, est avancé par Allan Nyom du Cameroun pendant un match amical de football entre la France et le Cameroun au Stade Beaujoire à Nantes, France, le 30 mai 2016.

LE milieu Blaise Matuidi, annoncé à la Juventus Turin par le club italien, s'éloigne du PSG dont il était le plus ancien joueur, victime de la concurrence d'Adrien Rabiot et de l'indispensable dégraissage pour amortir l'opération Neymar.

Ce cadre de l'équipe de France (58 sélections, 8 buts) apparaît affublé d'une casquette et d'une écharpe aux couleurs de la Juve à l'aéroport de Turin dans des tweets diffusés par le champion d'Italie en titre, puis en route vers la visite médicale. Une manière courante d'annoncer les recrues chez les clubs italiens avant la signature proprement dite.

Dès l'été dernier, il avait souhaité rejoindre la "Vieille Dame" turinoise, mais avait été retenu par le PSG. En ce mois d'août 2017, sa vente estimée entre 20 et 25 millions d'euros, permet au club parisien de commencer à compenser, un peu, le transfert record des 222 M EUR déboursés pour attirer Neymar, le délestant aussi d'un salaire mensuel estimé à 750.000 euros brut par mois.

Parisien historique, Matuidi (30 ans) s'était engagé avec le club de la capitale le 25 juillet 2011, deux semaines avant Javier Pastore. Il faisait alors figure de bon joueur de Ligue 1 passé par Troyes et Saint-Etienne, sans plus.

Depuis, il a connu six saisons bardées de trophées (4 titres de champion, 3 Coupes de France, 4 Coupes de la Ligue, 4 Trophées des Champions) et est devenu le Parisien qui a disputé le plus de matches sous l'ère qatarie (295 rencontres, assorties de 33 buts et 30 passes décisives). Matuidi, c'est aussi l'histoire d'une progression aussi franche qu'inattendue.

Malgré des faiblesses techniques criantes, son engagement de tous les instants en a fait un des chouchous du Parc des Princes et une des figures du PSG, lui qui a commencé à jouer au foot à Fontenay-sous-Bois, en région parisienne, où il retourne régulièrement voir les jeunes.

Souvent porte-parole de l'équipe devant les médias, devenu un des rares Français du onze-type, "Blaisou" a développé une complicité avec le monstre Zlatan Ibrahimovic, s'est fait connaître et apprécier du grand public, et s'est inventé une façon de fêter ses buts en mimant un vautour, ou plutôt un charognard - allusion à une chanson du rappeur Niska.

"Attaquant, défense, Matuidi Charo / Milieu de terrain, Matuidi Charo / Même les diagonales, Matuidi Charo / Même contre le Barça, Matuidi Charo", scandait le chanteur dans son "Freestyle PSG" pour rendre hommage au côté tout-terrain d'un joueur parti de loin, et qui ne lâche jamais rien, proie vivante ou ballon mort.

"Il a des qualités physiques très largement au-dessus de la moyenne, il est partout, devant, derrière, peut se projeter aux endroits chauds", avait souligné son entraîneur Laurent Blanc. C'était en 2015, qui restera son millésime - Matuidi est d'ailleurs élu joueur français de l'année par le magazine France Football.

Arrivé à Paris pour succéder à Claude Makelele en tant que milieu défensif, il a pris une nouvelle dimension en s'installant au poste de milieu relayeur gauche, capable de se projeter vers l'avant et d'être décisif.

Il a livré son match référence face au FC Barcelone, en 8e de finale aller de C1 au printemps (4-0), avec le brassard de capitaine. Impuissant comme toute l'équipe parisienne au retour lors de la fameuse "remontada" (6-1 pour le Barça au Camp Nou), Matuidi a néanmoins souvent été très bon lors des grands rendez-vous - par exemple avec cette incroyable frappe enroulée du droit, son mauvais pied, permettant au PSG de remporter un clasico à Marseille en avril 2015 (3-2).

Il est devenu un cadre de l'équipe de France de Didier Deschamps, parfois avec le brassard. Ses larmes abondantes à l'issue de la finale de l'Euro-2016 perdue face au Portugal (1-0 a.p.) restent une image forte.

Mais longtemps indiscutable, il a vu ces derniers mois la concurrence s'aiguiser dangereusement, avec l'émergence de N'Golo Kanté en Bleu et d'Adrien Rabiot à Paris, plus jeunes et techniquement plus fins.

Son entraîneur en club, Unai Emery, a titularisé Rabiot lors des trois premiers matches officiels du PSG cette saison, et Matuidi n'est à chaque fois rentré qu'en cours de jeu. Et maintenant, Turin. Ciao "Blaisou".

Avec AFP

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