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Birmanie: Les deux journalistes de Reuters libérés après 500 jours de détention

Les journalistes Kyaw Soe Oo et Wa Lone, après leur condamnation par un tribunal de prison à Yangon, le 23 avril 2019. (Photo de Ye Aung THU / AFP)

Les deux journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie sur des accusations de violation de secrets d’Etat sont sortis mardi de la prison d’Insein, à la périphérie de Rangoun, après avoir passé plus de 500 jours en détention.

Wa Lone, 33 ans, et Kyaw Soe Oo, 29 ans, ont été condamnés en septembre dernier à sept ans de prison pour violation de secrets d’Etat, une affaire qui a suscité des réactions indignées à travers le monde et des interrogations sur la transition que conduit depuis 2016 l’ex-figure de la lutte contre la junte militaire birmane, Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix.

La libération des deux journalistes birmans intervient alors que la présidence du pays avait annoncé un peu plus tôt que 6.520 prisonniers supplémentaires seraient libérés mardi en vertu de l’armistice décrétée le mois dernier à l’occasion du nouvel an birman.

Des amnisties sont régulièrement annoncées en Birmanie au moment du nouvel an pour désengorger des prisons surpeuplées.

Accueillis par de nombreux journalistes et sympathisants au moment où ils ont franchi les portes de la prison d’Insein, où ils étaient détenus, Wa Lone et Kyaw Soe Oo ont salué la foule, le premier exprimant sa gratitude à l’égard de la mobilisation de la communauté internationale.

“Je suis très heureux et impatient de revoir ma famille ainsi que mes collègues”, a déclaré Wa Lone, faisant part de son impatience de retourner à la rédaction de l’agence Reuters.

Wa Lone et Kyaw Soe Oo avaient été arrêtés en décembre 2017 alors qu’ils enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas (musulmans apatrides) par les forces de sécurité dans l’ouest de la Birmanie, dans le cadre d’une vaste répression militaire qui avait débuté quelques mois plus tôt.

Cette enquête, complétée par des collègues et publiée en 2018 sous le titre “Massacre en Birmanie”, leur a valu le mois dernier un prix Pulitzer.

D’après les estimations de l’Onu, la répression menée par l’armée birmane a provoqué la fuite de plus de 730.000 Rohingyas vers le Bangladesh.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès du gouvernement birman.

DES MOIS DE DIALOGUE

Le rédacteur en chef de Reuters, Stephen J. Adler, a fait part de sa joie à l’annonce de la libération des deux journalistes de l’agence.

“Nous avons l’immense plaisir de constater que la Birmanie a libéré nos courageux reporters, Wa Lone et Kyaw Soe Oo. Depuis leur arrestation il y a 511 jours, ils sont devenus le symbole de l’importance de la liberté de la presse à travers le monde”, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a été “soulagé d’apprendre la libération des journalistes de Reuters”, a déclaré le porte-parole des Nations unies, qui avaient par le passé dénoncé la procédure judiciaire engagé contre les deux journalistes.

La Cour suprême du pays avait rejeté le mois dernier l’appel formé par les deux journalistes.

Les épouses de Wa Lone et Kyaw Soe Oo avaient alors écrit une lettre au gouvernement birman pour lui demander de gracier les deux journalistes, non pas, ont-elles dit, parce que ceux-ci étaient innocents mais pour leur permettre de retrouver leurs familles.

“Cette issue montre que le dialogue fonctionne, même dans les circonstances les plus compliquées”, a déclaré Lord Ara Darzi, un chirurgien britannique qui a conseillé par le passé le gouvernement birman sur des réformes dans l’Etat de Rakhine (Arakan) et qui est venu chercher Wa Lone et Kyaw Soe Oo à la prison d’Insein.

Dans un communiqué, Darzi a ajouté que les discussions pour une amnistie des deux journalistes avaient impliqué le gouvernement birman, l’agence Reuters, les Nations unies et les représentants d’autres gouvernements. Il n’a pas fourni davantage de précisions.

Darzi a informé cette année Reuters de ses efforts destinés à obtenir la libération de Wa Lone et Kyaw Soe Oo, a déclaré un porte-parole de Reuters, soulignant que l’agence était reconnaissante du rôle joué par Darzi.

Avec Reuters

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