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Droits humains

Onze morts dans la répression de manifestations contre la junte en Birmanie

Des gens transportent une personne qui a été blessée lors d'une répression des forces de sécurité contre des manifestants anti-coup d'État à Thingangyun, Yangon, Birmanie, le 14 mars 2021.

Onze manifestants opposés à la junte ont été tués lundi en Birmanie, où le blocage de réseaux de données mobiles a été maintenu dans la journée, empêchant une comparution en vidéoconférence de l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi.

Une quarantaine de civils avaient péri dimanche dans les violences, le bilan quotidien le plus lourd depuis le coup d'Etat militaire du 1er février.

Au total, au moins 138 manifestants pacifiques" ont été tués ces six dernières semaines, a déploré lundi le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, dénonçant un "week-end de bain de sang".

Malgré la répression meurtrière de la veille, des contestataires sont redescendus dans les rues lundi et c'est dans le centre de la Birmanie que le nombre des personnes tuées a été le plus élevé.

Six personnes, dont une femme, ont été abattues et seize personnes blessées à Myingyan, a dit à l'AFP un habitant de cette localité sous couvert d'anonymat, de peur de représailles.

Egalement dans le centre, à Aunglan, "deux hommes ont été tués par balle", l'un visé à la tête et l'autre à la poitrine, et "six autres ont été blessés", a raconté à l'AFP un témoin.

La télévision d'Etat a pour sa part confirmé lundi qu'un policier avait été tué à Bago, une ville au nord-est de Rangoun, au cours d'une manifestation.

Dimanche, les tensions avaient été particulièrement fortes à Hlaing Tharyar, une banlieue industrielle de Rangoun, où des assaillants avaient incendié plusieurs usines chinoises et 22 protestataires avaient été tués par les forces de l'ordre.

Le ressentiment à l'égard de la Chine s'est intensifié ces dernières semaines en Birmanie, certains estimant que sa position vis-à-vis des généraux birmans n'est pas assez ferme.

Pékin s'est toutefois déclaré lundi "très préoccupé" par la sécurité des ressortissants chinois dans ce pays, exhortant les autorités à prendre des mesures pour "éviter résolument que de tels incidents ne se reproduisent".

La riposte de l'armée a également continué sur le terrain judiciaire : l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP) recense désormais plus de 2.000 arrestations dont celle d'Aung San Suu Kyi, 75 ans, toujours mise au secret.

L'ancienne cheffe de facto du gouvernement civil devait comparaître par vidéoconférence dans la matinée, mais l'audience a dû être reportée faute d'internet, a dit à l'AFP son avocat Khin Maung Zaw. Elle se déroulera le 24 mars.

Les connexions mobiles, coupées depuis plusieurs semaines dans la nuit mais habituellement rétablies dans la matinée, étaient toujours impossibles lundi.

La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 est poursuivie pour au moins quatre chefs d'accusation : importation illégale de talkies-walkies, non respect des restrictions liées au coronavirus, violation d'une loi sur les télécommunications et incitation aux troubles publics.

Elle est aussi accusée de corruption, le régime affirmant qu'elle a perçu en guise de pots-de-vin 600.000 dollars et plus de 11 kilos d'or.

"S'opposer au coup d'Etat"

Les généraux birmans "ne doivent pas être au pouvoir, mais derrière les barreaux", a tweeté lundi Tom Andrews, le rapporteur spécial des Nations unies pour la Birmanie, appelant à immédiatement stopper l'"approvisionnement en argent et en armes" des militaires.

L'envoyée de l'ONU pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, a fermement condamné l'effusion de sang de dimanche et l'ancienne puissance coloniale britannique s'est dite "consternée" par l'usage de la force "contre des innocents".

"La junte militaire répond aux appels au rétablissement de la démocratie en Birmanie par des balles", a de son côté réagi lundi le département d'Etat américain, exhortant "tous les pays à prendre des mesures concrètes pour s'opposer au coup d'Etat et à l'escalade de la violence".

Mais la junte ignore pour l'instant les condamnations internationales.

L'opposition politique commence, quant à elle, timidement à s'organiser.

Beaucoup de responsables de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, le parti d'Aung San Suu Kyi) ont été emprisonnés depuis le putsch, dont deux sont morts en détention.

Néanmoins, certains députés, passés pour la plupart dans la clandestinité, ont symboliquement créé un Comité pour représenter l'Assemblée de l'Union (CPRH), l'organe législatif birman.

Son vice-président, Mahn Win Khaing Than, a lancé ce week-end un vibrant appel à la résistance contre la "dictature injuste". "C'est le moment le plus sombre de la nation (mais) il faut que le soulèvement l'emporte", a-t-il déclaré.

L'armée a pour sa part averti que l'appartenance à ce comité s'apparentait à une "haute trahison", un crime passible d'une peine de 22 ans de prison.

Le passage en force des généraux, alléguant de vastes fraudes électorales aux législatives de novembre massivement remportées par la LND, a mis fin à une décennie de transition démocratique en Birmanie.

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Les élus sud-africains rejettent un projet de redistribution des terres

Le président Cyril Ramaphosa au parlement sud-africain au Cap, le 13 février 2020.

Le projet de loi sur la réforme foncière chère au président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui s'était engagé à corriger ce qui est considéré comme des injustices liées à la dépossession de terres durant l'apartheid, a été rejeté mardi par le Parlement.

La question de la redistribution des terres, avec ou sans compensation, est un sujet qui divise et passionne les débats en Afrique du Sud.

Le projet discuté au Parlement prévoyait l'expropriation par l'Etat, sans indemnisation, de terres détenues en majorité par les Sud-Africains blancs au profit de la majorité noire.

La proposition de modification de la Constitution n'a pas recueilli la majorité des deux tiers auprès des 400 députés. Elle a été rejetée par 204 voix pour et voix 145 contre.

Un quart de siècle après la chute du régime raciste et les premières élections démocratique en 1994, les trois-quarts des terres agricoles du pays sont encore aux mains de la communauté blanche, qui ne représente que 8% des 59 millions d'habitants.

Un comité représentatif a planché ces dernières années sur cette modification de la loi visant à "remédier à un crime inhumain, un crime contre la majorité africaine", a estimé avant le vote le porte-parole de l'ANC, le parti histoire au pouvoir, Mathole Motshekga.

Mais le Congrès national africain de M. Ramaphosa a été contré de toutes parts.

Le premier parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), vu comme un parti de Blancs, a affirmé que la projet viole le droit de la propriété et crée de l'incertitude.

"Ce n'est pas ce dont le pays a besoin en cette période de marasme économique du à la pandémie de Covid", a déclaré Annelie Lotriet, du DA.

A l'autre bout de l'échiquier, le parti radical des Combattants pour la liberté économique (EFF) emmené par Julius Malema, qui agite sans relâche devant son électorat majoritairement noir la promesse d'expropriations sans compensation, a lui aussi rejeté un projet de loi qui selon lui ne va pas assez loin. "Nous voulons que l'État soit le gardien de la terre", a-t-il déclaré.

Le projet avait également suscité des inquiétudes chez les investisseurs et auprès des entreprises, notamment dans le secteur minier, malgré les promesses de Cyril Ramaphosa de les épargner.

Selon la spécialiste en droit foncier au sein du groupe de défense Legal Resources Centre, Wilmien Wicomb, le chapitre est toutefois loin d'être clos.

Un projet de loi distinct portant sur l'expropriation est en cours d'examen au Parlement et devrait être voté l'année prochaine. "C'est en fait beaucoup plus important", estime Mme Wicomb, "ce texte permettra à l'État d'exproprier et de savoir dans quel cas il peut ne pas payer de compensation".

Une autre proposition sur la redistribution des terres est également à l'étude. "Nous travaillons pour que les habitants de ce pays aient un accès équitable à la terre, car les modèles inégaux et biaisés en matière de propriété foncière ne peuvent pas durer", a déclaré à l'AFP le ministre de la Justice, Ronald Lamola.

L'impunité pour les auteurs présumés de crimes contre l'humanité en RCA

Les forces rwandaises de maintien de la paix de la MINUSCA patrouillent à l'extérieur de Bangui, en République centrafricaine, samedi 23 janvier 2021.

Des dizaines de personnes soupçonnées de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité sont toujours en liberté en Centrafrique, pays en proie à des combats entre des rebelles et l'armée, a déploré mercredi Amnesty International.

Dans un communiqué, l'ONG regrette que "sur les 25 mandats d'arrêt décernés jusqu'à présent" par la Cour pénale spéciale (CPS) de Centrafrique, "un seul a été exécuté, aboutissant à l'arrestation (...) du ministre Hassan Bouba Ali".

Mais même celui-ci a été "libéré quelques jours plus tard par les autorités centrafricaines, en dehors de toute décision judiciaire", poursuit Amnesty International.

Ex-chef rebelle devenu ministre de l'Elevage, Hassan Bouba Ali est soupçonné par l'ONG américaine The Sentry d'être responsable de l'attaque d'un camp de déplacés en novembre 2018 à Alindao, 500 km à l'est de Bangui, qui s'était soldée par la mort d'au moins 112 villageois dont 19 enfants.

Accusé de crime contre l'humanité, il avait été arrêté le 19 novembre mais exfiltré de sa prison par des gendarmes une semaine plus tard. Le 29 novembre, il a été décoré de l'ordre national du mérite par le président Faustin Archange Touadéra.

La CPS est une juridiction hybride, composée à parité de magistrats centrafricains et internationaux, chargée de juger à Bangui les violations graves des droits humains commises depuis 2003.

La Centrafrique, considérée comme l'un des pays les moins développés au monde par l'ONU, est le théâtre depuis 2013 d'une guerre civile d'abord très meurtrière mais qui a considérablement baissé d'intensité après 2018, même si des pans entiers de territoires continuent d'échapper au pouvoir central de Bangui.

Amnesty International a également dénoncé un "manque de soutien des autorités politiques pour la mission de la cour".

L'ONG a appelé les autorités politiques et l'ONU à "faire en sorte que tous les responsables présumés de crimes de droit international (...) soient soumis à de véritables enquêtes et jugés dans le cadre de procès équitables".

"La grande majorité des victimes attend toujours justice, vérité et réparations", poursuit l'organisation de défense des droits humains.

En octobre, le ministre centrafricain de la justice avait reconnu une partie des accusations formulées par l'ONU notamment sur des crimes et actes de torture, commis "majoritairement" par des rebelles, mais aussi par des soldats et leurs alliés "instructeurs russes".

Des rebelles tuent une trentaine de civils et deux militaires en Centrafrique

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Des émigrés africains se plaignent des conditions de travail au Moyen-Orient

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La justice confirme la décriminalisation de l'homosexualité au Botswana

Des militants brandissent des drapeaux arc-en-ciel devant la Haute Cour du Botswana à Gaborone le 29 novembre 2021.

La justice du Botswana a maintenu lundi en appel sa décision de décriminaliser l'homosexualité, rejetant un recours déposé par le gouvernement conservateur du pays enclavé d'Afrique australe.

"La demande en appel est rejetée", a déclaré la Haute Cour dans son arrêt dont l'AFP a eu copie.

En 2016, le tribunal de Gaborone, capitale du Botswana, avait ordonné que les lois punissant les relations entre personnes de même sexe soit amendées, les qualifiant de "reliques de l'ère (britannique) victorienne" qui "oppressent une minorité".


Ce jugement, salué comme "historique" au niveau international, était très attendu sur l'ensemble du continent africain où l'homosexualité reste illégale dans plus de la moitié des pays subsahariens.

Mais le gouvernement a fait appel de cette décision en octobre, estimant que cette "question politique" devait être tranchée par le Parlement et non par la justice.

Les citoyens botswanais homosexuels ont longtemps vécu dans "la peur constante d'être découverts ou arrêtés", a déclaré le juge Ian Kirby à la lecture de son arrêt. "Cela a parfois conduit à la dépression, au comportement suicidaire, à l'alcoolisme ou à la toxicomanie", a-t-il regretté.

Le Botswana est un des rares pays africains à avoir dépénalisé l'homosexualité. Les autres sont le Lesotho, le Mozambique, l'Angola et les Seychelles. L'Afrique du Sud est le seul pays africain autorisant le mariage gay, légalisé en 2006.

La justice s'était alors prononcée sur requête d'une personne contestant le code pénal qui réprimait depuis 1965 l'homosexualité avec des peines pouvant aller jusqu'à sept ans de prison.

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