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Birmanie : l'ONU condamne, la Chine appelle à la "désescalade"

Des manifestants affrontent la police anti-émeutes lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire à Yangon, en Birmanie, le 28 février 2021.

Ajoute déclaration de l'ambassadeur de Chine et communiqué Amnesty
La pression internationale s'accroît sur la junte militaire birmane: le Conseil de sécurité de l'ONU a "fermement" condamné mercredi les violences contre les manifestants anti-coup d'Etat, la Chine a appelé à la "désescalade" et au "dialogue", et les Etats-Unis ont adopté des sanctions contre des proches du pouvoir.

Dans sa déclaration adoptée à l'unanimité des 15 membres, donc également par la Chine et la Russie, des alliées traditionnelles des généraux birmans, l'organe exécutif des Nations unies s'en est pris de manière inédite à l'armée qu'il appelle à "faire preuve de la plus grande retenue".

Dénonçant les agissements violents des forces de sécurité "contre des manifestants pacifiques, incluant des femmes, des jeunes et des enfants", le Conseil demande aux parties de "chercher une solution pacifique" à la crise provoquée par le coup d'Etat du 1er février, dans ce texte rédigé par le Royaume-Uni.

Il réclame en outre "la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement", sans toutefois mentionner la possibilité de sanctions internationales.

"Il est maintenant temps de procéder à la désescalade" et "il est temps de dialoguer", a souligné l'ambassadeur chinois à l'ONU Zhang Jun dans un communiqué, en affirmant que "la Chine avait participé à la négociation" organisée pendant six jours par le Royaume-Uni au sein du Conseil de sécurité pour cette déclaration "d'une manière constructive".

"Il est important que les membres du Conseil parlent d'une seule voix. Nous espérons que le message du Conseil sera de nature à améliorer la situation en Birmanie", a insisté le diplomate chinois.

"Critiquer les militaires, c'est une première pour la Chine", a relevé un diplomate européen sous couvert d'anonymat, surpris du virage chinois alors que Pékin a toujours qualifié la crise en Birmanie d'"affaire interne".

Les Etats-Unis sont également intervenus, en adoptant des sanctions contre deux enfants adultes du dirigeant de la junte qui s'est emparé du pouvoir, Min Aung Hlaing.

L'organisation de défense des droits humains Amnesty International a dénoncé jeudi des "exécutions extrajudiciaires" et le recours à des armes de guerre, expliquant dans un communiqué avoir analysé 55 vidéos, filmées entre le 28 février et le 8 mars par des membres du public et des médias locaux, montrant que "la force létale est utilisée de manière planifiée, préméditée et coordonnée" par l'armée birmane.

Profitant des atermoiements jusqu'alors de la communauté internationale, qui recherchait avec difficulté ces derniers jours une position commune, la junte a de son côté poursuivi la répression.

Des policiers et des soldats ont été déployés en nombre mercredi autour de l'enceinte où réside le personnel ferroviaire de la gare Ma Hlwa Gone, dans l'est de Rangoun, la capitale économique.

"Arrêt complet de l'économie"

Médecins, enseignants, employés des compagnies d'électricité, cheminots, de nombreux fonctionnaires ont cessé le travail après le putsch qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi.

Les principaux syndicats ont appelé à "l'arrêt complet de l'économie" pour tenter de paralyser la Birmanie et d'augmenter la pression sur les militaires.

La junte a quant à elle ordonné aux fonctionnaires de reprendre le travail, faute de quoi ils seraient licenciés et s'exposeraient à des représailles, tandis que les manifestations sont quotidiennes dans tout le pays.

Mercredi, une forte présence policière et militaire était visible à travers Rangoun.

Des barricades de fortune érigées par les contestataires ont été incendiées et, dans le quartier d'Okkalapa, il a été procédé à "une centaine" d'interpellations, d'après un secouriste. "Certains manifestants ont été battus, il y a des blessés".

"Nous appelons les forces de sécurité à se retirer de la zone, à libérer les détenus et à permettre aux gens de partir en toute sécurité", a déclaré l'ambassade des Etats-Unis sur Twitter.

Raids contre des habitations, des hôpitaux, des universités, arrestations en masse, tirs à balles réelles : la junte semble plus déterminée que jamais à vouloir éteindre le vent de fronde largement pacifique qui souffle sur la Birmanie.

Au moins 60 civils ont été tués et près de 2.000 personnes arrêtées depuis le 1er février, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques.

Morts en détention

Les députés du parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), qui ont créé un comité pour représenter le gouvernement civil, se rendent coupables de "haute trahison", un crime passible de la peine de mort ou de 22 ans de détention, a récemment averti la junte.

Deux responsables de la LND sont morts en détention ces derniers jours, très peu de temps après leur interpellation. Beaucoup ont été arrêtés. L'ex-président de la République Win Myint et l'ancienne cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi ont été mis au secret.

Les médias indépendants sont également pris pour cible. Plusieurs ont été visés par des opérations de police et une vingtaine de journalistes sont en détention.

Le passage en force des généraux, alléguant de vastes fraudes électorales aux législatives de novembre remportées massivement par la LND, a mis fin à une décennie de transition démocratique en Birmanie.

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Le gouvernement éthiopien se dit "consterné" par la position des envoyés américain et de l'UE

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Le gouvernement éthiopien a exprimé sa "consternation" aux envoyés spéciaux américain et européen de retour du Tigré, leur reprochant d'avoir fait leur les pré-conditions aux négociations de paix exigées par les rebelles de la région au lieu de les pousser à discuter.

Un conflit armé oppose depuis novembre 2020 le gouvernement fédéral éthiopien aux autorités rebelles du Tigré, issues du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF). Les deux parties se disent prêtes depuis plusieurs semaines à engager des négociations, sans avancée concrète jusqu'ici.

En visite en Ethiopie, les envoyés spéciaux respectifs des Etats-Unis et de l'Union européenne pour la Corne de l'Afrique, Mike Hammer et Annette Weber, se sont rendus mardi à Mekele, capitale du Tigré, en compagnie d'ambassadeurs européens, pour "encourager le lancement des discussions" entre gouvernement et TPLF "sous les auspices de l'Union africaine".

A leur retour, "je me suis entretenu avec l'équipe de diplomates et ai exprimé la consternation du gouvernement", a annoncé mardi soir sur Twitter Redwan Hussein, conseiller à la Sécurité nationale du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Les diplomates "n'ont pas fait pression pour un engagement sans équivoque envers des pourparlers de paix, préférant se prêter au jeu de l'apaisement et des pré-conditions exigées" par les autorités rebelles du Tigré, dénonce-t-il.

Mardi, les deux envoyés spéciaux avaient réclamé dans un communiqué conjoint le rétablissement des services de base (électricité, télécommunications, banques) dont le Tigré est privé depuis plus d'un an, la levée de restrictions gouvernementales sur l'acheminement "d'argent liquide, de carburant et d'engrais" ainsi qu'un "accès humanitaire illimité" à la région.

M. Redwan souligne que "concernant le rétablissement des services, le gouvernement a réaffirmé sa disposition et réitéré les préalables, c'est-à-dire que soient créées des conditions favorables et un semblant de paix par l'entame de pourparlers".

Lundi, cité par la télévision officielle tigréenne, le chef des rebelles du Tigré, Debrestsion Gebremichael, avait à nouveau répété qu'aucune discussion ne commencerait avant que soient rétablis les services essentiels au Tigré.

"La fable de 'l'accès humanitaire illimité'"

Selon M. Redwan le communiqué des deux envoyés spéciaux "reprend la fable de 'l'accès humanitaire illimité', lequel a été réglé depuis longtemps: aucune limite au nombre de vols, pas plus sur le nombre de camions transportant de l'aide. La question du carburant a aussi été réglée", affirme-t-il.

Fin juillet, l'ONU affirmait néanmoins que "le manque de liquidités et de carburant au Tigré nuit lourdement à la distribution de nourriture au Tigré", où des millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire.

Les combats ont quasiment cessé au Tigré depuis une trêve fin mars, mais la région reste coupée du reste du pays. A la faveur de la trêve, le gouvernement a autorisé la reprise de l'acheminement par la route de l'aide humanitaire, interrompu pendant trois mois, mais la situation humanitaire reste très difficile au Tigré.

La condamnation de la basketteuse Brittney Griner en Russie est "inacceptable", dénonce Biden

Arrêtée en février à Moscou avec une vapoteuse contenant du liquide à base de cannabis, la double championne olympique a été happée dans la crise géopolitique entre la Russie et les Etats-Unis.

Le président américain Joe Biden a vivement dénoncé jeudi la condamnation de la basketteuse américaine Brittney Griner à 9 ans de prison par un tribunal russe pour trafic de drogue.

"C'est inacceptable et je demande à la Russie de la libérer immédiatement afin qu'elle puisse retrouver sa femme, ses proches et ses coéquipières", a-t-il fustigé dans un communiqué quelques instants après l'annonce du verdict.

Le dirigeant américain s'est engagé à travailler "sans relâche" et à "explorer toutes les voies possibles" afin d'oeuvrer à sa libération.

La Ligue féminine nord-américaine de basket (WNBA) a déploré une condamnation "injustifiée et malheureuse". "Le verdict (...) était prévisible et Brittney reste détenue à tort", a regretté l'instance dans une déclaration conjointe avec la NBA.

La star des Phoenix Mercury était venue en Russie pour jouer pendant l'intersaison américaine, une pratique courante pour les basketteuses de WNBA qui gagnent souvent mieux leur vie à l'étranger qu'aux Etats-Unis.

Arrêtée en février à Moscou avec une vapoteuse contenant du liquide à base de cannabis, peu avant l'offensive russe en Ukraine, la double championne olympique a été happée dans la crise géopolitique entre la Russie et les Etats-Unis.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a accusé Moscou d'utiliser "des détentions injustifiées afin de faire avancer ses propres intérêts".

Les avocats de la star internationale du basket ont annoncé qu'elle ferait appel de sa condamnation.

Civils tués dans l'Est du Faso: l'armée burkinabè fait son mea culpa

Civils tués dans l'Est du Faso: l'armée burkinabè fait son mea culpa
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L'armée burkinabè reconnait la mort de civils lors d'un raid aérien

Depuis plusieurs mois, l'armée burkinabè multiple les opérations aériennes contre les groupes armés jihadistes.

L'armée burkinabè a reconnu mercredi la mort de civils lors de frappes aériennes contre des "groupes terroristes" dans l'est du Burkina Faso, sans en préciser le nombre, des habitants de la région interrogés par l'AFP parlant d'une "trentaine" de tués.

"Des actions de ciblage visant des groupes terroristes responsables de plusieurs exactions ont été effectuées dans plusieurs localités (Djamanga, Djabiga, Mandéni, Bounou, Obiagou, Pognoa-Sankoado) de la région de l’Est" lundi, indique l'état-major de l'armée dans un communiqué. "Au cours de ces opérations qui ont permis de neutraliser plusieurs dizaines de terroristes, les frappes ont malencontreusement causé des victimes collatérales au sein des populations civiles", ajoute-t-il.

Les victimes, dont le nombre n'a pas été communiqué par l'état-major, "se trouvaient à proximité d’un repaire terroriste sur l’axe Kompienga-Pognoa" lorsqu'elles "ont malheureusement été mortellement atteintes par des projectiles", souligne le texte.

Des habitants de la région interrogés au téléphone par l'AFP depuis Ouagadougou, ont affirmé qu' une "trentaine de civils", majoritairement des femmes, ont été tués lors des frappes de l'armée. "Elles étaient réunies pour l'inauguration d'un moulin lorsque le drame s'est produit", a expliqué l'un d'eux sous couvert d'anonymat.

L'état-major indique qu'une enquête "a immédiatement été ouverte en vue de situer les responsabilités" et présente ses "sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes". Il assure de son "engagement à collaborer pleinement avec les services compétents et les populations pour faire toute la lumière sur cet incident malheureux".

Depuis plusieurs mois, l'armée burkinabè multiple les opérations aériennes contre les groupes armés jihadistes. Elle a admis avoir accidentellement tué un civil le 11 juin, lors d’une "action aérienne" conduite dans la région du Centre-Sud contre un groupe de trafiquants armés. Une enquête avait été ouverte par le procureur militaire.

Le Burkina Faso, où des militaires ont pris le pouvoir en janvier en promettant de faire de la lutte anti-jihadiste leur priorité, est confronté comme plusieurs pays voisins à la violence de mouvements armés jihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, qui y ont fait depuis 2015 des milliers de morts et quelque deux millions de déplacés.

En Californie, restitution d'un terrain confisqué à une famille noire le siècle dernier

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Une famille africaine-américaine s'est vu restituer l'acte de propriété d'un terrain en bordure de mer expropriée par des autorités locales il y a près d'un siècle. Cela pourrait être le premier cas du genre ici aux États-Unis. Le reportage de Mike O'Sullivan à Los Angeles.

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