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Biden accuse Trump d'avoir transformé l'Amérique en "champ de bataille"

Le candidat démocrate à la présidentielle, l'ancien vice-président Joe Biden s'exprime à Philadelphie, le 2 juin 2020. (Photo AP / Matt Rourke)

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a accusé mardi Donald Trump d'avoir transformé les Etats-Unis en "champ de bataille", en promettant de tout faire pour "guérir les blessures raciales".

La mort à 46 ans de George Floyd, un homme noir, il y a une semaine à Minneapolis est un "électrochoc pour notre pays, pour nous tous", a déclaré l'ancien vice-président de Barack Obama lors d'un discours à Philadelphie.

C'était la première fois depuis la mi-mars que Joe Biden, 77 ans, s'aventurait hors de son Etat du Delaware, où il était confiné à cause de la pandémie de coronavirus.

Filmé par des passants, l'homicide de George Floyd - asphyxié, visage contre terre, sous le genou d'un policier blanc - a indigné le pays et le monde, et provoqué des manifestations à travers les Etats-Unis qui ont parfois dégénéré en émeutes.

Joe Biden a condamné à plusieurs reprises les violences mais a accusé mardi Donald Trump, 73 ans, d'avoir "transformé ce pays en un champ de bataille divisé par les vieux ressentiments et les peurs nouvelles".

"Il pense que la division l'aide" pour remporter la présidentielle du 3 novembre, a affirmé le démocrate, qui le devance dans les sondages.

Joe Biden a dénoncé la dispersion lundi soir de "manifestants pacifiques" à coups de "gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes" pour permettre à Donald Trump de réaliser une "opération de communication" en se rendant devant une église proche de la Maison Blanche, une bible à la main.

En voyant ces scènes, "nous sommes en droit de penser que le président est plus préoccupé par le pouvoir que par les principes. Qu'il est plus intéressé par servir les passions de sa base que les besoins de ceux dont il est censé s'occuper", a-t-il affirmé.

"Nous ne pouvons pas être naïfs. J'aimerais pouvoir dire que la haine a commencé avec Donald Trump et disparaîtra avec lui. Ce n'est pas le cas. Et cela n'arrivera pas. L'Histoire américaine n'est pas un conte de fées avec une fin heureuse garantie", a souligné le démocrate.

Cherchant à s'inscrire en net contraste avec le milliardaire républicain, il a fait une promesse aux électeurs américains: "Je ne manipulerai pas la peur et la division. Je n'attiserai pas les braises de la haine. Je chercherai à guérir les blessures raciales qui meurtrissent notre pays depuis si longtemps, et non pas à les utiliser pour des avantages politiques".

"Le moment est venu pour notre pays de s'attaquer au racisme institutionnel", a-t-il ajouté en exhortant le Congrès à agir dès ce mois-ci, en "commençant par une véritable réforme de la police".

Si la grande majorité des parlementaires a dénoncé la mort de George Floyd, une action aussi rapide paraît difficile dans un Congrès profondément divisé, entre la Chambre des représentants dirigée par les démocrates et un Sénat républicain.

En réponse, Donald Trump, élu en 2016 sans la moindre expérience politique ou diplomatique, a ironisé sur le fait que son rival démocrate était une figure politique de Washington depuis près d'un demi-siècle.

"Sleepy Joe est en politique depuis 40 ans et il n'a rien fait", a-t-il tweeté. "La faiblesse ne vaincra jamais les anarchistes, les pillards et les voyous, et Joe a été politiquement faible toute sa vie", a-t-il ajouté.

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Washington sanctionne une société chinoise accusée de soutenir la censure au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, montre lors d'une apparition télévisée des équipements saisis, Caracas, 4 mai 2020.

Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre une grande société publique chinoise spécialisée dans l'électronique, accusée d'aider le Venezuela à censurer les détracteurs du pouvoir sur internet.

Le Trésor américain va geler les éventuels avoirs aux États-Unis de la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC) et de toute entreprise dont la compagnie d'État détiendrait au moins 50% du capital. Ces sanctions leur bloquent aussi l'accès au système financier américain.

Selon Washington, la CEIEC apporte son expertise à l'entreprise publique de télécommunications du Venezuela, qui a bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du chef de l'opposition Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par le gouvernement américain et de nombreux autres pays européens et sud-américains.

La société chinoise offre, d'après le Trésor américain, une "version commerciale du +Great Firewall+ de Pékin" -- jeu de mots sur la Grande Muraille de Chine (Great Wall) et le pare-feu (firewall) pour décrire le filtre mis en place par le pouvoir communiste afin d'éviter tout accès des Chinois à des informations qu'il juge politiquement sensibles.

"Les États-Unis n'hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d'autres à travers le monde", a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué.

La Chine est un des principaux soutiens et partenaires commerciaux du Venezuela du président Nicolas Maduro, qui résiste à la pression économique de Washington pour le chasser du pouvoir.

Caracas organise dimanche des élections législatives à l'occasion desquelles le dirigeant socialiste espère reprendre le contrôle de l'Assemblée nationale, seule institution contrôlée par l'opposition.

Juan Guaido appelle au boycott de ce qu'il considère, à l'instar de nombreux observateurs internationaux, comme un processus truqué.

Selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la CEIEC "soutient les efforts vicieux du régime Maduro pour réprimer la contestation politique et saper les processus démocratiques depuis 2017".

"Les tentatives désespérées de Maduro pour manipuler les processus démocratiques montrent sans l'ombre d'un doute que toute élection organisée par un régime illégitime ne sera ni libre ni juste, à commencer par les élections parlementaires du 6 décembre", a-t-il affirmé dans un communiqué.

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