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Nigeria

Biafra: l'armée nigériane accusée d'avoir massacré 115 personnes au sud-est

Des drapeaux du Biafra exposés lors d'une manifestation à Durban, en Afrique du Sud, le 30 mai 2019, lors d'une marche pour la liberté du Biafra organisée dans le monde entier.

Amnesty International a accusé mercredi les forces de sécurité nigérianes d'avoir tué au moins 115 personnes entre mars et juin cette année dans la répression d'un mouvement sécessionniste dans le sud-est du pays.

Des violences ont éclaté dans les États du sud-est, causant la mort d'au moins 127 policiers ou membres des services de sécurité, selon la police, tandis que les médias locaux ont fait état d'une vingtaine de postes de police et de bureaux électoraux attaqués.

Le Mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (Ipob), qui prône la sécession du sud-est du Nigeria, peuplé en majorité de Igbo, et son aile paramilitaire, l'ESN (Réseau sécuritaire de l'Est), ont été accusés d'avoir fomenté ces violences, ce que l'IPOB a nié.

Selon Amnesty International, les forces de sécurité, notamment l'armée, la police et l'agence de renseignement du Département des services de l'État (DSS), ont réprimé ces attaques en tuant des dizaines d'hommes armés, ainsi que des civils.

"Les éléments recueillis par Amnesty International dressent un tableau accablant de l'usage impitoyable de la force par les forces de sécurité nigérianes dans les États d'Imo, d'Anambra et d'Abia", a déclaré Osai Ojigho, directeur de l'ONG pour le Nigeria.

L'organisation de défense des droits de l'homme a "recensé au moins 115 personnes tuées par les forces de sécurité entre mars et juin 2021".

Sollicitée, la police nigériane n'a pas réagi immédiatement à ces accusations.

"Je n'ai pas vu le rapport (d'Amnesty, ndlr). Je ne peux donc pas répondre", a déclaré à l'AFP Frank Mba, porte-parole de la police nationale.

"Embarqués au hasard"

Des proches des victimes ont déclaré à l'ONG qu'elles ne faisaient pas partie des groupes militants qui ont attaqué les forces de sécurité.

"De nombreuses victimes ont été emmenées dans des hôpitaux publics des États d'Imo et d'Abia", a-t-elle précisé.

Amnesty a également recueilli des informations sur des cas d'arrestations arbitraires, de mauvais traitements et de torture dans cette région.

En mai 2021, le gouvernement de l'État d'Imo a notamment annoncé l'arrestation d'au moins 400 personnes qui auraient un lien avec les violences.

"L'enquête d'Amnesty International indique que la plupart d'entre elles ont été embarquées au hasard à leur domicile ou dans la rue et n'avaient rien à voir avec l'ESN", estime l'ONG.

Les groupes de défense des droits humains locaux et internationaux ont par le passé régulièrement accusé les forces de sécurité nigérianes de violations des droits, mais celles-ci ont toujours nié ces accusations.

Le Nigeria a récemment intensifié la répression contre les indépendantistes, notamment en poursuivant en justice leurs dirigeants.

Le mois dernier, le chef et fondateur de l'Ipob, Nnamdi Kanu, a été arrêté au Kenya après quatre ans de cavale selon ses avocats, et ramené fin juin au Nigeria, pour être jugé, accusé notamment de "terrorisme" et de "crime de trahison".

L'Ipob rêve de voir renaître la défunte République du Biafra, dont la proclamation d'indépendance avait entraîné une guerre civile de 30 mois entre 1967 et 1970.

Le conflit a fait plus d'un million de morts, principalement des Igbo, surtout de famine et de maladie.

Un autre leader séparatiste, Sunday Adeyemo, également connu sous le nom de Sunday Igboho, a été arrêté en juillet au Bénin voisin alors qu'il tentait de prendre un vol pour l'Allemagne. Il est actuellement détenu au Bénin dans l'attente de son extradition.

Il réclame lui aussi l'indépendance du sud-ouest du Nigeria pour le peuple Yorouba suite à des violences attribuées à des éleveurs peuls dans sa région.

Le président Muhammadu Buhari, un Peul, est accusé par ses détracteurs de favoriser ses proches du nord, dont beaucoup ont été nommés à des postes clés de responsabilité au Nigeria.

Avec une population de plus de 210 millions d'habitants, le Nigeria compte plus de 250 groupes ethniques et est régulièrement secoué par des tensions ethniques et communautaires dans les différentes régions.

Les trois groupes les plus importants sont les Haoussa-Peuls dans le nord, les Igbo dans le sud-est et les Yorouba dans le sud-ouest.

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Les élus nigérians valident la transmission des votes par voie électronique

Un panneau d'affichage montrant le président du Nigeria Muhammadu Buhari et d'autres responsables du parti APC, à Kano, dans le nord du Nigeria, le 26 février 2019.

Que se passera-t-il si la commission électorale subit une panne d'électricité ? Et que dire de la possibilité d'un piratage informatique ?

Le Nigeria semble se diriger vers le vote électronique. Sous la pressionde la société civile et des Nigérians, le Sénat a finalement cédé et a donné à la Commission électorale nationale indépendante le pouvoir de déterminer le mode de transmission électronique des résultats.

Le sujet fait l’objet d’un débat âpre dans tout le pays depuis juillet lorsque la loi électorale a été modifiée, les députés et sénateurs refusant d'autoriser la transmission électronique des résultats. La société civile et de nombreux Nigérians ont critiqué leurs représentants au Parlement fédéral les accusant d’encourager les fraudes électorales.

Mardi, les sénateurs ont décidé de revenir sur leur décision en acceptant la transmission électronique des résultats des élections dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

"Les opérations de vote durant une élection et la transmission des résultats sous cette nouvelle loi doivent être en conformité avec la procédure mise en place par la commission nationale électorale", a déclaré le sénateur Ike Ekweremadu, qui a soutenu le projet de loi.

Les experts affirment que la transmission électronique des résultats rendrait les élections plus transparentes et plus crédibles.

"Cette loi adoptée va promouvoir la transparence et la crédibilité du processus électoral s’agissant surtout de la gestion des résultats des élections. Depuis le retour à la démocratie en 1999 le taux de participation aux élections au Nigeria baisse de plus en plus. Parce que la majorité des électeurs ne font plus confiance au système électoral ", explique Cynthia Mbamalu, directrice des programmes à Yiaga Africa, une ONG locale engagée dans la promotion de la gouvernance démocratique, des droits de l'Homme et de l'engagement civique.​

"On ne devrait perdre tant d’énergie et de ressources pour tenter de convaincre les représentants du peuple que c’est la voie à suivre pour notre processus électoral ", s'offusque la directrice du Centre pour la transparence, Faith Nwadish.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) est désormais habilitée à déterminer le meilleur mode de transmission électronique des résultats électoraux après la promulgation de l'amendement par le président Muhammadu Buhari.

L'adoption de cette réforme électorale majeure suscite toutefois de nouvelles inquiétudes quant à la viabilité du décompte des voix. Que se passera-t-il si la commission électorale subit une panne d'électricité ? Et que dire de la possibilité d'un piratage informatique ?

Festus Okoye, commissaire à l’information de la Céni, reconnaît qu’il y a encore des problèmes à résoudre pour rendre le processus plus transparent.

"Je pense que c’est un grand pas. Il y a toujours des problèmes essentiels que la commission doit prendre en considération. Premièrement notre système de compilation des résultats est toujours manuel. Et ce système figure dans l’article 62 de la loi électorale", souligne Festus Okoye.

L’élection du gouverneur l'État d'Anambra, dans le sud-est est, est prévue en novembre. Jusqu’ici, le gouvernorat est contrôlé par l’opposition. On ne sait pas encore si le président donnera son feu vert à l'amendement avant ce scrutin jugé très important pour les deux grands partis, à savoir l’APC du président Buhari et le PDP, principal parti d’opposition au Nigeria.

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Les autorités nigérianes ont libéré environ 200 victimes de kidnappings

Des écolières kidnappées dans un séminaire islamique quittent une camionnette pour retrouver leurs parents à Minna, le 27 août 2021, après leur libération.

Les forces de sécurité nigérianes ont libéré près de 200 otages de "bandits", ces gangs de criminels qui terrorisent le nord-ouest du Nigeria depuis de longs mois, lors de raids contre leurs camps en forêt, a annoncé la police.

Les otages - 187 hommes, femmes et enfants - ont été libérées dans l'État de Zamfara, où elles avaient été enlevées lors de plusieurs attaques distinctes, a précisé la police jeudi soir.

La police a publié des photographies montrant des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants assis ou accroupis au sol, après leur libération.

Les victimes, "qui ont passé de nombreuses semaines en captivité, ont été libérées sans condition à l'issue de vastes opérations de recherche et de sauvetage qui ont duré des heures", a déclaré Mohammed Shehu, porte-parole de la police de l'État de Zamfara, dans un communiqué.

Une dizaine de Villageois nigérians tués par des bandits
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Des gangs lourdement armés sévissent depuis des années dans le nord-ouest et le centre du Nigeria, attaquant et pillant des villages et procédant à des enlèvements contre rançons, notamment dans les établissements scolaires.

Ce sauvetage s'inscrit dans le cadre d'une vaste opération militaire menée depuis plusieurs semaines dans l'État de Zamfara et dans d'autres États du nord-ouest, qui a notamment consisté à interrompre les télécommunications afin de perturber les communications des ravisseurs, qui trouvent refuges dans les forêts qui couvrent les confins de ces quatre Etats.

Les autorités ont suspendu les télécommunications le mois dernier dans le Zamfara, où ont lieu de nombreuses attaques, puis dans certaines parties des États voisins de Katsina, Sokoto et Kaduna.

Selon l'armée, quelque 300 "bandits" ont été neutralisés durants ces opérations, mais les activités des gangs n'ont pas baissé d'intensité. Mardi, une centaine d'agresseurs à moto ont attaqué le village de Kuryan Madaro, dans l'Etat de Zamfara, faisant au moins quatorze morts.

Des centaines d'écoliers ont également été enlevés lors de rapts massifs depuis décembre. La plupart ont été libérés ou relâchés après versement d'une rançon, mais des dizaines d'entre eux sont toujours retenus en otages.

Les kidnappings contre rançon ralentissent la scolarisation au Nigeria
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Visite d'une usine de production d'huile de palme au Nigeria

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