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Baghdadi, chef de l'EI, apparaît sur un enregistrement vidéo

Abou Bakr al Baghdadi, chef de l’organisation Etat islamique.

Le chef de l’organisation Etat islamique, Abou Bakr al Baghdadi, est apparu lundi dans un enregistrement vidéo de 18 minutes, dans lequel il revendique des opérations menées par son groupe, dont celle qui a fait 253 morts au Sri Lanka le dimanche Pâques.

Dans cet enregistrement, qui n’a pas pu être authentifié de manière indépendante, Baghdadi fait allusion à la chute de Baghouz, dernier réduit de l’EI en Syrie, tombé fin mars.

La perte de cette enclave a marqué symboliquement la fin territoriale du califat autoproclamé par l’organisation djihadiste à la faveur de territoires conquis en Syrie et en Irak en 2014.

Dans cet enregistrement vidéo, un homme barbu explique que les attentats coordonnés qui ont été menés au Sri Lanka le 21 avril contre des églises et contre des hôtels de luxe étaient destinés à venger la perte de Baghouz.

Un message écrit en début de diffusion précise qu’elle a été enregistrée courant avril.

L’homme, en apparence un peu plus âgé que celui qui avait proclamé le califat de l’EI le 29 juin 2014, ajoute que son groupe a mené 92 opérations dans huit pays différents pour “venger ses frères au Cham (ndlr, la Syrie)”.

Sur les images publiées lundi, il est vêtu de noir et porte un gilet beige avec une barbe grisonnante teintée en rouge à son extrémité.

Le dernier message connu d’Abou Bakr al Baghdadi était un enregistrement audio d’un discours de 55 minutes diffusé par Al Furqan en août dernier. Le chef djihadiste appelait alors ses partisans à tenir bon et félicitait les auteurs d’attentats en Europe et au Canada.

La mort de Baghdadi a été annoncée à de nombreuses reprises depuis qu’il a proclamé un califat sur un vaste territoire englobant une partie de l’Irak et la Syrie en 2014.

Avec la chute de Baghouz à la fin du mois de mars, l’EI a perdu le dernier territoire qu’il détenait en Syrie, signant la fin territoriale du califat autoproclamé par l’organisation djihadiste à cheval sur la Syrie et l’Irak.

Les attentats menés le dimanche de Pâques au Sri Lanka principalement contre des églises et des hôtels ont fait 253 morts, selon un bilan révisé.

Le groupe Etat islamique a revendiqué la responsabilité de ces attentats sans fournir de preuve de son implication dans ces événements meurtriers.

Les autorités sri-lankaises ont avancé, pour leur part, l’hypothèse que ces attaques avaient été menées pour venger le massacre commis en mars dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Le secrétaire d’Etat sri-lankais à la Défense, Ruwan Wijewardene, avait accusé deux groupes islamistes sri-lankais, le National Thawheed Jama’ut (NTJ) et le Jammiyathul Millathu Ibrahim d’être responsables de ces attentats coordonnés.

Avec Reuters

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Nouvel appel de l'ONU en faveur des femmes et des filles

Femmes et enfants séparant la terre du grain renversé par un camion dont le conducteur a perdu le contrôle, dans la forêt de Machinga au Malawi, 24 mai 2016. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)

"Près de 60% des femmes dans le monde travaillent dans l'économie informelle, gagnant moins, épargnant moins, et font face à un plus grand risque de tomber dans la pauvreté" avec le Covid-19, a averti l'ONU, appelant à "les mettre au coeur" de la reconstruction des économies.

La pandémie "a des effets économiques et sociaux dévastateurs pour les femmes et les filles", souligne dans un communiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'occasion de la sortie d'un rapport soulignant que "des millions d'emplois de femmes ont disparu".

"Des adolescentes qui ne vont plus à l'école pourraient ne jamais y retourner", ajoute le chef des Nations Unies, craignant que "les progrès perdus ne mettent des années à revenir".

Antonio Guterres avait déjà lancé dimanche un appel aux gouvernements pour qu'ils protègent davantage les femmes et filles de la violence conjugale et familiale dans la période de confinement généralisé imposé par le Covid-19 à travers le monde.

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Opérations de paix: double défi pour l'ONU, Covid-19 et maintien des Casques bleus

Le siège de la Monusco à Kinshasa en République démocratique du Congo, le 10 avril 2017.

L'ONU est confrontée pour ses 110.000 Casques bleus déployés dans une quinzaine d'opérations de paix dans le monde à un double défi: les protéger de la pandémie du Covid-19 mais surtout éviter que des pays ne retirent leurs contingents.

L'une des craintes est "un effet de débandade" car des pays "peuvent avoir l'inquiétude légitime de dire +je ne reste pas dans cet endroit+ ou +je ne laisse pas mes hommes sur place car s'ils sont contaminés, il ne pourront pas être bien pris en charge+", résume pour l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.

En anticipation de l'arrivée du virus dans les pays où une opération de paix est en cours et pour ne pas contribuer à sa propagation, l'ONU a gelé depuis le 6 mars des rotations de Casques bleus dans certains pays, une décision étendue lundi jusqu'au 30 juin et qui s'applique désormais à tous les contingents.

A travers le monde, des mises en quarantaine pour toutes les personnes identifiées positives ont aussi été engagées depuis plusieurs semaines dans les camps abritant des Casques bleus.

Des mesures de précaution ont aussi été prises pour les patrouilles, pour que "les militaires ne se contaminent pas entre eux et ne contaminent pas non plus les populations", indique-t-on au siège de l'ONU où le souvenir de la contamination au choléra de la population haïtienne (quelque 10.000 morts à partir de 2010) par des militaires népalais reste ancré dans les mémoires.

Au-delà de la lutte contre le Covid-19, et alors que l'Afrique où sont concentrées nombre de missions de paix - Mali, Centrafrique, Soudan du Sud, Darfour, République démocratique du Congo... - attend dans les semaines à venir d'être réellement frappée par la pandémie, l'enjeu pour l'ONU est surtout de maintenir la paix.

Les mesures contre la maladie "ont un impact sur les opérations", admet un diplomate sous couvert d'anonymat. Or il faut absolument les poursuivre sauf à devoir affronter "une catastrophe totale si les opérations s'effondrent avec le départ de Casques bleus", renchérit un autre diplomate, aussi sous anonymat.

- "Sens de l'éphémère" -

Dans cette logique, le secrétaire général de l'ONU appelle depuis le 23 mars à un "cessez-le-feu mondial et immédiat" dans les pays en conflit mais la concrétisation sur le terrain tarde à venir. Sa supplique est aussi un encouragement implicite aux pays contributeurs de troupes à ne pas faire leurs valises.

Mardi, l'Union européenne, important pourvoyeur de policiers et militaires, est venue appuyer ce maintien des troupes dans les missions de paix, en promettant de ne pas rapatrier les siennes.

"Nous voudrions souligner qu'en dépit de la pression que fait peser la pandémie sur nos systèmes, nous restons engagés plus que jamais dans l'action des Casques bleus à travers le monde", souligne ainsi un message adressé au chef de l'ONU.

"Les missions de paix des Nations Unies (...) doivent être en mesure de poursuivre leurs activités en soutien des pays hôtes dans cette période particulièrement difficile", estime également l'UE.

Certains diplomates à l'ONU veulent croire à une réponse africaine à la pandémie qui pourrait "surprendre" l'Occident et faciliter un maintien des Casques bleus.

"Les pays africains sont beaucoup plus préparés psychologiquement et en termes de systèmes sanitaires à des épidémies", note une source diplomatique européenne, en évoquant Ebola et l'épidémie de rougeole massive qui frappe actuellement la RDcongo.

En Occident, "l'homme est devenu suffisant, prétentieux", ce qui explique "son désarroi encore plus grand quand il est confronté à une crise comme celle d'aujourd'hui", abonde un diplomate africain.

"Les Africains sont plus forts en termes de résilience mentale, ont le sens de l'éphémère, la foi en Dieu, le dieu musulman, le dieu chrétien, et cela va être leur force", prédit-il, en se félicitant aussi d'une "solidarité beaucoup plus développée" sur le continent africain que dans le monde occidental.

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