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Côte d'Ivoire

Bédié maintient ses propos controversés sur les étrangers

L'ancien président ivoirien, Henri Konan Bédié, à Abidjan, le 22 octobre 2016.

L'ancien président ivoirien Henri Konan Bédié, aujourd'hui dans l'opposition, a maintenu jeudi ses propos controversés sur les étrangers et a accusé le gouvernement de son ex-allié Alassane Ouattara de vouloir le museler.

"Le gouvernement ivoirien demande à l'opposition politique (...) de garder le silence et d'abandonner les citoyens, en proie à l'angoisse, aux craintes et à la misère sociale", a tonné M. Bédié en ouvrant le bureau politique de sa formation, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI).

Début juin, l'ex-président (1993-1999) âgé de 85 ans avait lancé, en rappelant de récentes violences meurtrières intercommunautaires dans le centre du pays: "On fait en sorte que l'Ivoirien soit étranger chez lui. Mais les Ivoiriens n'accepteront jamais cela".

M. Bédié évoquait aussi "d'autres (étrangers) qu'on fait venir clandestinement" et à qui "on fait faire des papiers", possiblement pour "fausser" la présidentielle de 2020.

Ces déclarations avaient soulevé une vive controverse. Le gouvernement avait condamné des "propos d'une extrême gravité, appelant à la haine de l'étranger".

Avec ses propos, M. Bédié a été renvoyé à "l'ivoirité", un concept nationaliste que l'ancien chef de l'Etat et d'autres responsables politiques avaient utilisé pour tenter d'empêcher Alassane Ouattara de se présenter à la présidentielle de 1995 dans ce pays de forte immigration. Ce concept a, selon de nombreux observateurs, contribué à la montée de la tension lors de la décennie de crise armée qui s'est soldée par les violences de 2010-2011 ayant fait 3.000 morts.

M. Bédié a appelé le gouvernement "à la fermeture des sites d'orpaillage clandestin, au désarmement de tous ceux qui détiennent illégalement des armes en Côte d'Ivoire, (...) à la lutte contre la fraude sur la nationalité ivoirienne."

Il a aussi répété sa volonté de voir les autorités réformer la Commission électorale indépendante (CEI),très critiquée par l'opposition, pour la prochaine présidentielle.

Beaucoup craignent des tensions à l'occasion du scrutin.

Agé 77 ans, le président Ouattara entretient le mystère quant à une éventuelle candidature. S'il aura déjà accompli deux mandats en 2020, il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Henri Konan Bédié laisse lui aussi planer le doute sur sa candidature.

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Alassane Ouattara pourrait-il se représenter à la présidentielle ivoirienne?

Le Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, à Abidjan, le 30 octobre 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

Le parti du président ivoirien Alassane Ouattara envisage une candidature du chef de l'Etat à un troisième mandat après la mort brusque du Premier ministre qui avait été investi comme candidat, a affirmé jeudi un des dirigeants du parti. 

"Toutes les options sont sur la table, y compris une nouvelle candidature du président Ouattara", a déclaré Adama Bictogo, directeur exécutif du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), à son arrivée à une réunion du conseil politique du parti.

Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly est décédé mercredi à 61 ans, des suites de problèmes cardiaques, plongeant le parti présidentiel dans une crise inattendue à trois mois et demi de la présidentielle.

"Si l'option c'est que ce soit lui (le président Ouattara), ou un autre, le parti le lui fera savoir. Tout est possible", a poursuivi M. Bictogo.

"Le président se doit d'écouter la base", mais "la dernière décision lui reviendra", a-t-il estimé, précisant que "le choix (du candidat) sera un choix de rassemblement".

"Une candidature, ça se prépare", mais "nous sommes prêts, le parti est organisé sur le terrain, le maillage est établi", a affirmé M. Bictogo, précisant que l'heure était aux obsèques du Premier ministre, qui devraient avoir lieu la semaine prochaine et durer plusieurs jours.

Elu en 2010, puis réélu en 2015, Alassane Ouattara, 76 ans, avait annoncé en mars ne pas vouloir se représenter, puis fait investir comme candidat Amadou Gon Coulibaly.

La Constitution ivoirienne limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Le Chef de l'Etat et ses partisans estiment cependant que le changement de Constitution en 2016 (après sa réélection) lui donne légalement le droit de se présenter, mais l'opposition soutient que l'esprit de la Constitution le lui interdit.

En mars, le président Ouattara avait annoncé "solennellement" ne pas vouloir briguer un troisième mandat afin de "transférer le pouvoir à une jeune génération".

Parmi les challengers qui pourraient remplacer M. Gon Coulibaly (si Alassane Ouattara ne se représente pas) figure le ministre de la Défense Hamed Bakayoko, selon des observateurs.

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