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Avec ou sans Trump, la lutte climatique continue, urgente mais difficile

Les participants de la conférence sur le climat COP22 organisent une manifestation publique d'appui aux négociations sur le climat et à l'accord de Paris, le dernier jour de la conférence, à Marrakech, au Maroc, vendredi 18 novembre 2016.

Les défenseurs du climat quittent Marrakech regonflés par un engagement mondial réaffirmé, mais avec une épée de Damoclès américaine, et devant eux un long chemin vers les énergies propres.

"L'élection de Donald Trump a plombé l'ambiance, mais les négociateurs ont serré les coudes", résume le climatologue Jean Jouzel, l'oeil rivé sur la pendule climatique.

Loin de l'affolement créé fin 2000 par l'élection de George W. Bush - annonciatrice de l'échec du protocole de Kyoto - la communauté internationale a confirmé, dans une "proclamation" à cette 22e conférence climat de l'ONU, sa détermination à appliquer l'accord de Paris, adopté fin 2015 et déjà ratifié par 111 Etats.

Trump qui a qualifié de "canular" le réchauffement lié aux activités humaines, a plusieurs options s'il veut quitter le navire: se retirer de la convention climat de l'ONU d'ici un an, ou de l'accord de Paris d'ici 4 ans.

Ou simplement renoncer aux réductions d'émissions de gaz à effet de serre (issus pour l'essentiel du charbon, du gaz et du pétrole). Et arrêter de payer.

- Les Américains 'grands perdants' -

"Le plus dommageable serait qu'il renie l'engagement fédéral à financer des énergies propres" dans les pays en développement, estime l'expert américain Alden Meyer.

"Les chances que le reste du monde compense le défaut des Etats-Unis, que ce soit en réductions d'émissions ou en financements, sont quasi nulles", ajoute Mohamed Adow, de l'ONG Christian Aid. "Et ça, c'est terrifiant."

Le combat climatique repose en partie sur le soutien des pays du Nord, responsables historiques de la dégradation du climat, aux pays du Sud, les plus affectés et qui doivent se développer avec des énergies propres si la planète veut rester vivable.

A Marrakech, les négociateurs américains, issus de l'administration Obama, se sont voulus rassurants: "les Etats-Unis ont toujours fini par tenir leurs promesses financières, même Bush". Mais ils en ont aussi appelé aux fonds privés.

Des représentants des Etats de Californie (7e économie mondiale!), de Washington et du Vermont, très engagés sur le climat, sont venus dire qu'ils allaient continuer le travail. "Même le Texas est en pointe sur les renouvelables", ont-ils relevé.

Au "pragmatique" businessman Trump - et, au-delà, au reste du monde - les acteurs de la COP ont martelé ce message: contenir le réchauffement et passer aux énergies propres est rentable, source de profits et d'emplois, et d'ailleurs déjà une évidence pour de nombreuses entreprises, banques ou assurances, comme l'a rappelé à Marrakech l'appel de 360 sociétés.

"Si dans le pire des cas Washington se retirait, les grands perdants seraient le peuple américain", a prévenu Erik Solheim, directeur du Programme de l'ONU pour l'environnement. "Tous les emplois nouveaux iraient ailleurs. Et la place de leader laissée par les Etats-Unis serait prise par la Chine, l'Europe et d'autres".

"Trump veut relancer le charbon, mais quel investisseur voudra de ces +boîtes+ à rentabilité potentielle faible?", souligne Teresa Ribera, de l'Institut des relations internationales (Iddri).

La Chine a redit son attachement à l'accord de Paris. Le 1er émetteur mondial, essentiel dans l'obtention du pacte, aux côtés de Barack Obama, est désormais 1er investisseur dans les renouvelables. Si les Etats-Unis s'effacent, beaucoup voient déjà Pékin en nouveau leader de l'action climatique.

L'Inde, sur une voie plus étroite entre charbon et énergies propres, a aussi confirmé son engagement. Comme l'Arabie saoudite.

- 'Bouteille pleine' -

Mais, Trump ou pas, comment gérer cette transition compliquée, qui impose de renoncer aux fossiles? Car dans le même temps, l'urgence croît, sous l'effet de concentrations de GES record.

"L'atmosphère est comme une bouteille presque pleine que l'on continue à remplir. Si on continue comme ça pendant 20 ans, on ne pourra pas rester sous le seuil des 2°C" de réchauffement, rappelle le climatologue Hervé Le Treut.

Les engagements nationaux pris à Paris pour respecter cet objectif sont insuffisants, et les pays se sont mis d'accord pour faire un bilan de leurs efforts d'ici 2018.

Entreprises ou ONG sont venues en nombre à la COP22 présenter un foisonnement d'initiatives, technologiques, financières, pour l'Afrique, l'agriculture, les forêts... Mais il faudra les concrétiser.

Le processus diplomatique restera important, estiment les experts, car les pays se contrôlent et surtout marchent ensemble, partageant les risques économiques d'une transition aussi importante.

"Il y aura des impacts sociaux", prévient Teresa Ribera: "Une transformation radicale pose beaucoup de questions difficiles à gérer, mais on ne doit pas les éviter".

Avec AFP

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Un double attentat suicide fait près de 30 morts à Bagdad

Un double attentat suicide fait près de 30 morts à Bagdad
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Le milliardaire chinois Jack Ma refait surface

Jack Ma, président du groupe Alibaba, arrive au sommet "Tech for Good" à Paris, France. (Archives)

Le milliardaire chinois Jack Ma a fait sa réapparition mercredi par vidéo interposée, après deux mois et demi de silence. Le fondateur du mastodonte du commerce en ligne Alibaba avait disparu des radars après avoir publiquement critiqué fin octobre les autorités de régulation financière.

Dans une vidéo mise en ligne mercredi, l'homme d'affaires à la fortune évaluée à 48 milliards d'euros est apparu en train de s'adresser à distance à des enseignants dans le cadre de ses activités de mécénat.

Dans son intervention, Jack Ma a vanté les efforts du régime communiste pour éradiquer la grande pauvreté, projet phare du président Xi Jinping.

"La Chine (...) est entrée dans une nouvelle phase de développement et progresse vers la prospérité commune", s'est-il félicité.

Une tactique pour la bourse

L’apparition de Jack Ma a immédiatement rassuré la Bourse de Hong Kong, où le titre Alibaba a pris 8,52% sur la séance, terminant à 265 dollars de Hong Kong. Mais dès ce jeudi, le titre est reparti à la baisse (-2,42%) dans un marché pourtant nettement haussier.

En novembre dernier, Ant Group, une entreprise financière fondée Jack Ma, filiale de paiements en ligne d'Alibaba, avait tenté d’entrer en bourse sur les places de Shanghai et Hong Kong. Cette entrée, qui aurait dû être la plus grande de tous les temps, dépassant 34 milliards de dollars, a été suspendue par les autorités chinoises. Une suspension suivie de l'ouverture d'une enquête anti-monopole contre l'entreprise ainsi que contre Alibaba. La réaction des autorités a été interprétée comme une volonté de réduire les risques liés à la finance en ligne, mais aussi de contrôler les ambitions des géants technologiques.

Jack Ma a officiellement pris sa retraite en 2019 mais reste un gros actionnaire de ses entreprises.

Retour d'un émissaire américain au conseil exécutif de l'OMS

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, s'exprime par visioconférence lors de la 148e session du Conseil exécutif sur l'épidémie de coronavirus (COVID-19) à Genève, en Suisse, le 21 janvier 2021.

La nouvelle administration américaine a fait son grand retour jeudi à l'OMS, l'assurant de son soutien et saluant son rôle de chef de file dans la lutte contre la pandémie. Elle prend ainsi le contrepied du président sortant Donald Trump.

Moins de 24 heures après son investiture, le nouveau président américain Joe Biden a marqué d'emblée sa différence avec son prédécesseur, qui a minimisé la pandémie de Covid-19 et renié l'Organisation mondiale de la santé en la qualifiant de "marionnette" aux mains de la Chine, en faisant intervenir l'immunologue Anthony Fauci à une réunion du conseil exécutif de l'OMS.

Dans son discours, Dr Fauci, qui était déjà membre de la cellule de crise du président Trump et a été nommé conseiller par Joe Biden, a annoncé que les Etats-Unis ont "l'intention de remplir leurs obligations financières envers l'organisation".

Il a également "remercié l'Organisation mondiale de la santé pour son rôle de chef de file dans la réponse de santé publique mondiale à cette pandémie".

Et, a-t-il dit, "les Etats-Unis sont prêts à travailler en partenariat et de façon solidaire pour soutenir la réponse internationale au Covid-19, atténuer son impact dans le monde, renforcer nos institutions, faire progresser la préparation aux futures épidémies, et améliorer la santé et le bien-être de tous les peuples du monde".

Bilan symbolique, le nombre des morts du Covid-19 aux Etats-Unis a dépassé mercredi celui des soldats américains tués pendant la Seconde Guerre mondiale : la première puissance mondiale déplore désormais 405.400 décès depuis le début de la pandémie. Pays le plus endeuillé en valeur absolue, les Etats-Unis sont aussi le pays le plus touché en nombre de cas (plus de 24,4 millions).

Joe Biden a réaffirmé que la lutte contre la pandémie serait l'une de ses priorités. Parmi les premières mesures, il a ordonné le retour des Etats-Unis au sein de l'OMS.

"Hier (mercredi), le président Biden a signé des lettres rétractant l'annonce de la précédente administration de se retirer de l'organisation, et ces lettres ont été transmises au secrétaire général des Nations unies et à vous, cher ami", le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué Dr Fauci.

"Une famille de nations"

Il a également annoncé que le président Biden doit publier une directive dans le courant de la journée, dans laquelle il fera part de l'intention des Etats-Unis de se joindre au dispositif Covax, mis en place par l'OMS pour distribuer des vaccins anti-Covid aux pays défavorisés.

"C'est un grand jour pour l'OMS et un grand jour pour la santé mondiale", lui a répondu le chef de l'OMS.

"L'OMS est une famille de nations et nous sommes tous heureux que les Etats-Unis restent dans la famille. Nous sommes une famille", a-t-il ajouté.

En juillet dernier, Washington, qui avait dénoncé la "mauvaise gestion" par l'OMS de la pandémie et sa complaisance envers la Chine, avait officiellement lancé la procédure de retrait américain de l'institution, plombant les maigres finances de l'OMS.

S'exprimant au sujet de la mission internationale d'experts de l'OMS qui se trouve actuellement en Chine pour enquêter sur les origines du nouveau coronavirus, M. Fauci a souhaité que l'enquête soit "robuste et claire".

Joe Biden signe des décrets sur le climat et l'immigration

Le président Joe Biden fait une pause alors qu'il signe ses premiers décrets dans le bureau ovale de la Maison Blanche le mercredi 20 janvier 2021, à Washington. (Photo AP / Evan Vucci)

Le nouveau président américain Joe Biden a signé une série de décrets dont un portant sur le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat. Il a aussi adressé au Congrès un texte susceptible de permettre à des millions de sans-papiers d'obtenir à terme la nationalité américaine.

Accord de Paris, OMS, immigration

Dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le tout nouveau président Joe Biden a signé une quinzaine de décrets pour faire face aux crises que traverse l'Amérique et revenir sur certaines mesures prises par son prédécesseur, en engageant notamment le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat.

Au moins six des décrets signés dès le premier jour portent sur l'immigration.

Selon le quotidien The Hill, au total, le nouveau chef de l'État devrait signer 53 décrets au cours des 10 prochains jours. L'objectif, précise le journal, est de faire face aux défis sanitaires, économiques, climatiques et à celui des inégalités raciales.

Le nouveau locataire de la Maison Blanche a aussi mis un terme au retrait de Washington de l'Organisation mondiale de la santé et annulé un décret qui interdisait aux ressortissants de certains pays, en majorité musulmans, d'entrer aux Etats-Unis, et suspendu les travaux de construction d'un mur à la frontière sud avec le Mexique.

Des millions de résidents illégaux pourraient obtenir à terme la nationalité américaine.

Coronavirus

Plusieurs des autres décrets sont liés à la lutte contre le coronavirus. L'un d'eux impose le port du masque dans les bâtiments publics et pour les fonctionnaires. Un autre donnera naissance à une agence rattachée à la Maison Blanche chargée de coordonner l'action sanitaire contre la pandémie.

Joe Biden a entamé par ailleurs le processus de réintégration de l'accord de Paris sur le climat et a révoqué l'autorisation accordée au projet controversé d'oléoduc Keystone entre les Etats unis et le Canada.

Jennifer Psaki, la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche, a par ailleurs indiqué que l'ancien président Donald Trump, qui n’a pas assisté à l'investiture de son successeur, lui a toutefois laissé une lettre que Joe Biden a qualifiée d’aimable, sans toutefois en donner les détails, soulignant que cela relevait du domaine "privé".

Double attentat suicide à Bagdad: Près de 30 morts

La scène d'un double attentat suicide dans une rue commerciale animée au cœur de Bagdad, en Irak, le 21 janvier 2021.

Près de 30 personnes ont été tuées jeudi par deux kamikazes qui se sont fait exploser sur un marché du centre de Bagdad, l'attaque la plus meurtrière depuis trois ans dans la capitale irakienne.

Un premier homme a déclenché sa ceinture explosive au beau milieu de vendeurs et de badauds sur le marché de vêtements d'occasion de la place Tayaran, a expliqué le ministère de l'Intérieur.

Alors qu'un attroupement se formait pour tenter de venir en aide aux victimes, un second kamikaze a fait détoner ses explosifs, a-t-il ajouté.

Dernier bilan donné par l'agence officielle irakienne: 28 morts et 73 blessés. Les médecins, eux, disent redouter que le bilan ne continue de grimper dans la métropole de dix millions d'habitants où le ministère de la Santé a annoncé avoir placé l'ensemble du personnel médical en état d'alerte maximale.

Législatives

Sur la place, carrefour très passant de Bagdad, des flaques de sang étaient visibles, de même que des lambeaux de vêtements déchiquetés par les explosions, a constaté un photographe de l'AFP.

Soldats et ambulanciers étaient déployés en masse sur la place, les premiers bloquant les accès et les seconds s'activant à déplacer des corps ou à aider des blessés, dans un ballet d'ambulances aux sirènes entêtantes.

Un attentat avec exactement le même mode opératoire avait déjà endeuillé cette même place, faisant 31 morts, il y a trois ans quasiment jour pour jour.

Des éléments des forces de sécurité sont déployés sur le site d'un attentat à la bombe meurtrier à Bagdad, le 21 janvier 2021.
Des éléments des forces de sécurité sont déployés sur le site d'un attentat à la bombe meurtrier à Bagdad, le 21 janvier 2021.

Comme en 2018, cette attaque intervient alors que les autorités discutent de l'organisation d'un scrutin législatif, une échéance régulièrement accompagnée de violences en Irak.

Les élections anticipées d'un nouveau Parlement avaient été promises par le gouvernement pour juin. Mais les autorités proposent actuellement de les reporter à octobre afin de donner plus de temps à la Commission électorale pour organiser ce scrutin.

De nombreux politiciens disent toutefois douter de la tenue d'une élection anticipée --en juin comme en octobre-- car la condition sine qua non est une dissolution du Parlement. Or, seuls les députés peuvent voter leur propre dissolution et aucun n'a donné d'assurance en ce sens.

Cellules dormantes de l'EI

Le double attentat suicide de jeudi n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais ce mode opératoire a déjà été utilisé par le passé par le groupe Etat islamique (EI), qui a occupé près du tiers de l'Irak en 2014 avant que Bagdad ne déclare avoir gagné sa guerre contre les jihadistes fin 2017.

Depuis, des cellules jihadistes se terrent dans les nombreuses zones montagneuses et désertiques du pays. Jusqu'ici toutefois, l'EI n'a revendiqué que des attaques de faible envergure, menées généralement de nuit contre des positions militaires dans des zones isolées, loin des villes.

Les derniers attentats ayant fait plusieurs morts à Bagdad remontent à juin 2019.

Cette attaque intervient alors que les Etats-Unis ont réduit le nombre de leurs soldats en Irak à 2.500 hommes, une baisse qui "reflète la hausse des capacités de l'armée irakienne", selon les mots du chef du Pentagone Christopher Miller.

Cette réduction "ne signifie pas un changement dans la politique des Etats-Unis", a-t-il souligné. "Les Etats-Unis et les forces de la coalition restent en Irak pour assurer une défaite durable" de l'EI.

Les Etats-Unis sont à la tête d'une coalition internationale déployée en Irak depuis 2014 pour lutter contre l'EI.

La quasi-totalité des troupes des autres Etats membres de la coalition ont quitté le pays en 2020 au début de la pandémie de nouveau coronavirus.

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