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Droits humains

Au Togo, les détenus privés de droit de visite depuis le début de la pandémie

Des Togolais devant la cour de Justice à Lomé, le 1er septembre 2011.

Cela fait 18 mois que David Adjé n'a pas vu ses trois frères cadets détenus à la prison civile de Lomé, le Togo ayant interdit au début de la pandémie de Covid-19 les visites dans les centres pénitentiaires.

"Je suis atterré et sous le choc, car je ne sais pas dans quelles conditions se trouvent mes frères", s’inquiète ce sexagénaire, agent commercial dans une société privée.

Depuis le 13 avril 2020, les autorités togolaises ont interdit les visites dans les prisons afin de "protéger" les détenus "contre le risque de contamination venant de l’extérieur".

"Toutes les visites aux détenus dans les prisons civiles du Togo et à la Brigade pour mineurs de Lomé sont suspendues jusqu’à nouvel ordre", avait déclaré le ministre de la justice Pius Agbétomey, précisant que des dérogations exceptionnelles peuvent être accordées après examen.

Pour de nombreux Togolais, l'interdiction de visite est disproportionnée au regard de la situation sanitaire.

Le Togo a recensé 26.167 cas de Covid-19, dont 243 décès, selon les derniers chiffres officiels.

Pour une levée de l'interdiction

Au début de la pandémie, un grand nombre de pays dans le monde avaient pris la décision d'interdire les visites pour protéger les détenus, mais la plupart ont depuis levé cette interdiction.

"Les détenus sont une catégorie particulière de personnes dont l’isolement mérite solidarité et soutien psychologique des parents", juge Aimé Adi, directeur d'Amnesty International au Togo.

"Il est vraiment temps de rouvrir les prisons pour soulager les détenus et leurs parents", renchérit Kao Atcholi, président de l’Association des victimes de la torture au Togo (Asvitto).

Au Togo, comme dans de nombreux pays africains, les visites sont quasiment vitales pour les détenus car elles permettent aux proches de leur apporter des vivres, des habits et des médicaments, le système pénitentiaire étant généralement sous-financé. Certains proches s'y rendent tous les jours pour apporter des repas à leurs proches.

"Je ne sais pas si mes proches sont malades. Je les ai vus début avril 2020. Les visites me permettaient de leur remonter le moral en leur apportant régulièrement de la nourriture et des médicaments", se lamente Aboubacar Amidou dont six proches parents sont enfermés à la prison civile de Lomé, arrêtés dans la foulée des grandes manifestations de l’opposition en octobre 2017.

Le Togo est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans. Il a été réélu lors de scrutins qui ont tous été contestés par l'opposition.

Un repas supplémentaire

Outre les familles, ce sont les ONG et associations apportant une assistance aux détenus qui sont désormais interdites de visite.

"Les parents de certains détenus nous confient des colis que nous remettons aux responsables de l’administration pénitentiaire. Mais, nous n’avons pas accès aux détenus", déplore Ali Essoham, chargé du programme "observateurs des prisons" de l’ONG Solidarité mondiale pour les personnes démunies et les détenus.

Pour le directeur de l’administration pénitentiaire, "il serait trop tôt de rouvrir les prisons, face à la flambée de la pandémie de Covid-19 dans le pays" ces derniers mois.

"La prison est un milieu clos et il était important pour le gouvernement d’anticiper pour protéger les pensionnaires et éviter une rapide propagation du virus dans nos prisons", justifie Akibou Idrissou.

"La plupart des détenus sont vaccinés, ainsi que le personnel. Même les nouveaux détenus enregistrés ces derniers temps sont vaccinés depuis quelques jours. Par ailleurs, pour soulager les détenus, le gouvernement leur offre un autre repas", rassure-t-il.

Seuls les avocats ont désormais accès aux détenus, mais ils doivent au préalable obtenir une autorisation.

"Le moral des prisonniers était déjà très bas. Avec cette décision, ils sont davantage isolés", regrette Me Claude Kokou Amegan, qui a pu rendre visite à plusieurs de ses clients.

Selon lui, l'interdiction des visites a été prise "à une période de la pandémie où tous les Etats se cherchaient", mais aujourd'hui on pourrait "imposer avec rigueur les mesures barrières et permettre aux parents et avocats de voir les détenus", d'autant "qu'une bonne partie de la population carcérale est désormais vaccinée".

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Affaire Ahmaud Arbery: les trois accusés condamnés pour meurtre

Réactions à l'extérieur du palais de justice du comté de Glynn à Brunswick, Géorgie, le 24 novembre 2021.

Trois hommes blancs poursuivis pour avoir tué Ahmaud Arbery, un homme noir l’année dernière dans l’État américain de Georgie ont été reconnus coupables de meurtre mercredi.

Le verdict, qui intervient au terme d’ environ deux semaines de procès devant un jury composé de 12 personnes majoritairement de race blanche, met en exergue une fois de plus les questions raciales et l’usage des armes à feu qui divisent l'Amérique.

Gregory McMichael, 65 ans, son fils Travis McMichael, 35 ans, et leur voisin William "Roddie" Bryan, 52 ans, ont été reconnus coupables de meurtre, de voies de fait graves, de séquestration et d'intention criminelle de commettre un crime. Ils encourent une peine minimale de prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle.

Procès Ahmaud Arbery: la composition raciale du jury fait polémique
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Les jurés ont rendu leur verdict au deuxième jour des délibérations.

Durant le procès, il a été démontré que Travis McMichael a tiré trois fois à bout portant sur Ahmaud Arbery avec son fusil à pompe le 23 février 2020. L'incident avait été filmé par M. Bryan sur son téléphone portable.

Le public avait été scandalisé d’apprendre qu’aucun des hommes n’avait été arrêté, trois mois après les faits. Face au tollé, les autorités de l’État se sont saisies du dossier, mettant de côté le comté.

Durant le procès, la défense a invoqué – en vain – une loi de Géorgie qui permet à quiconque de procéder à l'arrestation des individus soupçonnés de fuir un crime grave qu'ils ont commis, mais le jury a finalement rejeté cette défense. La loi avait même été abrogée à cause de ce cas.

Les procureurs ont soutenu tout au long du procès que les accusés avaient "supposé le pire" à propos d'un homme noir qui faisait son jogging un dimanche après-midi.

À l'extérieur du palais de justice, une foule de plus de 100 personnes s'est rassemblée et a applaudi en criant "justice" et "oui" à la lecture des verdicts, certains brandissant des drapeaux dont un du mouvement Black Lives Matter.

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