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Au moins quatre morts dans des affrontements communautaires au Nigeria


Une manifestation en soutien au leader pro-Biafra Nnamdi Kanu, le 1er décembre 2015 à Abuja. (REUTERS/Afolabi Sotunde - RTX1WMPV)

Au moins quatre personnes ont été tuées dans le sud-est du Nigeria, a annoncé la police samedi, après une semaine d'affrontements avec les forces de sécurité et de tensions intercommunautaires qui enflamment l'ancien Biafra.

"Vendredi 15 septembre, vers 22H45 (21H45 GMT), trois hommes armés, en tenue noire, supposés être des militants du mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (IPOB), ont tiré à l'aveugle dans le marché d'Abraka à Asaba (Etat du Delta)", selon un communiqué de la police locale. Cinq personnes ont été blessées.

Le marché d'Abraka est un quartier où vivent des Haoussa/Peuls (originaires du Nord), qui font du commerce. Les noms des victimes indiquent que la communauté haoussa-peule a été particulièrement visée.

Un commerçant du marché d'Abraka, Hassan Farouk, a confirmé l'incident. Il assure à l'AFP que "20 hommes armés de l'IPOB se sont dirigés vers la mosquée du quartier, et y ont jeté un engin explosif, qui heureusement ne s'est pas déclenché".

"Ils se sont ensuite rendu au marché, où ils ont tué quatre personnes", relate M. Farouk.

Le Sud-Est connaît un regain de violences depuis une semaine, une situation jugée "profondémentpréoccupante" par Amnesty International.

Un commissariat de police a notamment été brûlé jeudi matin à Aba, dans l'Etat d'Aba, épicentre des violences, où un couvre-feu a été imposé et où des résidents affirment avoir entendu des échanges de tirs.

Un policier a été tué mercredi à Port-Harcourt, capitale de l'Etat de Rivers, et 32 partisans pro-Biafra arrêtés.

L'IPOB dénonce des actions de répression violente du pouvoir central, assurant que les soldats ont tué plusieurs de ses militants ces derniers jours. L'armée dément.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux depuis mercredi, montre de supposés militaires punissant et humiliant des partisans de l'IPOB torse nu en les forçant à ramper dans la boue et à boire par terre.

Vendredi, Abuja a classé l'IPOB, dont le chef de file Nnamdi Kanu est accusé de trahison, comme "organisation terroriste".

En juin, des groupes musulmans radicaux de Kaduna (nord à majorité haoussa) avaient lancé un ultimatum aux Igbo de la région leur demandant de partir, ultimatum qui a été levé récemment après des appels de la présidence.

Les autorités craignent que ces violences ne se propagent dans le Nord, notamment à Jos ou à Kaduna, villes connues pour leurs tensions religieuses et communautaires, où la communauté igbo est minoritaire.

Le séparatisme biafrais est toujours vivace malgré la défaite subie au terme de la guerre civile matée par le pouvoir, qui a fait près d'un million de morts dans les années 1960.

Avec AFP

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