Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Au moins 5 personnes tuées dans une nouvelle attaque attribuée aux islamistes au Mozambique

Cabo Delgado, Mozambique, le 15 octobre 2014

Au moins cinq personnes ont été tuées mercredi soir à coups de machettes et de couteaux dans l'extrême nord-est du Mozambique, lors de la troisième attaque meurtrière en dix jours attribuée par la police à des islamistes dans cette région riche en gaz.

Depuis le 27 mai, au moins 22 personnes ont été tuées par des militants musulmans radicaux dans la province du Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie, selon la police.

La dernière attaque mercredi soir a visé le petit village de Namaluco, situé à une centaine de kilomètres au nord de Pemba, la capitale du Cabo Delgado.

"Il y a eu une nouvelle attaque" dans la province, a déclaré jeudi à l'AFP un porte-parole de la police sous couvert d'anonymat. "Le même groupe qui avait attaqué des villages voisins s'en est pris à un autre village hier (mercredi) vers 21 heures et a tué cinq personnes", a-t-il ajouté.

Selon Amnesty International, le bilan est beaucoup plus élevé. "Au moins dix personnes ont été abattues à l'arme blanche dans la dernière attaque épouvantable" perpétrée par ce groupe, affirme l'organisation, précisant que de nombreux habitants effrayés quittent désormais leur village.

Les assaillants, qui étaient armés de couteaux et de machettes, ont également détruit des maisons. "La stratégie du groupe consiste à s'en prendre à plusieurs villages en l'espace de quelque jours pour compliquer" la tâche des autorités, a estimé le policier.

>> Lire aussi : Neuf "insurgés" tués lors d'une opération de la police au Mozambique

"Les forces de sécurité sont sur le terrain à la poursuite des assaillants", a assuré de son côté un porte-parole de la police du Cabo Delgado, Augusto Guta.

Il s'agit de la troisième attaque meurtrière attribuée à des musulmans radicaux depuis la fin mai dans cette région riche en ressources gazières.

Le 27 mai à l'aube, le groupe avait attaqué deux petits villages et tué dix de leurs habitants, dont deux adolescents, retrouvés décapités à la machette.

Dans la nuit de lundi à mardi cette semaine, sept civils ont été massacrés et plus de cent maisons brûlées dans la même région.

Parallèlement, la police a affirmé avoir tué ce week-end "neuf insurgés" dans les forêts d'Olumbe, non loin des villages visés fin mai.

La première action des islamistes armés au Mozambique remonte à octobre quand ils avaient attaqué un poste de police et une caserne de Mocimboa da Praia, dans la même province du Cabo Delgado, proche d'énormes champs gaziers récemment découverts au large des côtes mozambicaines.

- Crime organisé -

La police n'avait pu reprendre le contrôle de la ville qu'au bout de deux jours de combats qui s'étaient soldés par la mort de 17 personnes.

Depuis, les attaques attribuées aux islamistes continuent de façon sporadique dans la région, jusqu'à cette "détérioration alarmante" de la situation ces derniers jours, selon Alex Vines du centre de réflexion britannique Chatham House.

Un "climat de peur" s'est abattu sur le Cabo Delgado et "les investisseurs internationaux s'interrogent sur la capacité des autorités mozambicaines à riposter à ce problème émergent", estime-t-il à l'AFP.

Ces violences pourraient "décourager les investissements dans la région", met aussi en garde le cabinet de conseil Signal Risk, expliquant que la société canadienne gazière Wentworth Resources, n'a pas pu se rendre dans la région pour des raisons de sécurité.

Les villageois surnomment les assaillants "al-shabab" ("les jeunes" en arabe), comme ceux qui sèment la terreur en Somalie à grands coups d'attentats. Mais les deux groupes n'ont pas, selon les experts, de lien entre eux.

Le Mozambique compte officiellement 17% de musulmans, pas loin du double selon les responsables de leur communauté.

Les shabab mozambicains sont avant tout frustrés par "la pauvreté et les inégalités" dans une région largement oubliée par l'essor économique des années 2000, qui a suivi la guerre civile meurtrière de 1976 à 1992, avance Alex Vine.

Dans leurs rangs, on trouve "des jeunes mécontents qui ne voient pas d'avenir".

"Il semble avoir reçu des fonds du crime organisé impliqué dans le commerce illégal" de pierres précieuses, de bois et de drogues, ajoute Alex Vine à l'AFP.

Des shabab ont reçu un entraînement en Tanzanie voisine et en République démocratique du Congo. Ils ont également reçu, au pays, la visite de prêcheurs venus du Burundi et de Tanzanie, poursuit l'expert.

Ils comptent environ un millier de membres, complète le groupe Signal Risk qui confirme que leur principale motivation est "criminelle".

En conséquent, "on estime improbable que le groupe tisse des relations avec l'Etat islamique ou d'autres organisations islamistes", avance Signal Risk.

Avec AFP

Toutes les actualités

Soudan: formation du Conseil souverain censé mener la transition

Des graffitis qui signifient en arabe "Liberté, Paix, Justice et Civils" dans le district de Burri à Khartoum, Khartoum, Soudan, le 10 juillet 2019.

La transition du Soudan vers un pouvoir civil s'est mise en route, avec deux jours de retard, avec l'annonce mardi soir de la formation du Conseil souverain qui doit la piloter pendant un peu plus de trois ans.

Le Conseil sera présidé pendant 21 mois par l'actuel chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, qui sera investi mercredi à 09H00 GMT, a indiqué un porte-parole des généraux au pouvoir.

Cet organe, qui compte une majorité de six civils et cinq militaires, doit superviser la période devant permettre au Soudan de tourner la page de trois décennies de règne du général Omar el-Béchir, l'ex-président destitué le 11 avril à l'issue de mois de manifestations dans tout le pays.

La liste des 11 membres du Conseil a été annoncée dans une allocution télévisée par Chamseddine Kabbachi, un porte-parole du Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis l'éviction de M. Béchir.

Promise pour dimanche en vertu d'un accord historique de transition entre les généraux et la contestation, l'annonce de la composition du Conseil avait été retardée.

Ce report a été demandé par les Forces pour la liberté et le changement (FLC), issues de la principale organisation du mouvement de protestation, ont indiqué les militaires au pouvoir, en raison de désaccords au sein de la contestation.

Un civil prendra le relai du général Burhane à la tête du Conseil souverain pour les 18 mois de transition restants.

Selon les termes initiaux de l'accord de transition, le Conseil devait indiquer mardi s'il valide comme Premier ministre le candidat présenté par la contestation, l'économiste et ancien collaborateur de l'ONU Abdallah Hamdok. Sa confirmation devrait être annoncée mercredi.

Il devra ensuite former un gouvernement dont la composition doit être annoncée le 28 août et qui s'attellera à la tâche, ardue, de redresser une économie exsangue et de pacifier un pays marqué par plusieurs conflits internes, notamment au Darfour (ouest).

Un Parlement de transition sera également constitué.

- Malaise -

Malgré l'euphorie engendrée par la signature officielle de l'accord de transition samedi, un malaise est palpable dans le camp des protestataires en raison notamment de l'omniprésence de Mohamed Hamdan Daglo, le chef d'une redoutée force paramilitaire accusée d'être impliquée dans la répression de la contestation.

Ce dernier est également numéro deux du Conseil militaire de transition qui avait pris la succession de M. Béchir et a été nommé mardi au Conseil souverain.

Plus de 250 personnes sont mortes depuis le début des manifestations du 19 décembre au Soudan, dont 127 le 3 juin lors de la dispersion d'un sit-in devant le siège de l'armée, selon un comité de médecins proche de la contestation.

D'abord organisées pour protester contre la hausse des prix du pain, les manifestations se sont transformées en contestation du président Béchir puis des généraux, les manifestants réclamant un pouvoir civil au Soudan.

Des Soudanaises, très impliquées dans les manifestations au cours des derniers mois, ont aussi exprimé leur déception face à la faible présence des femmes dans le processus de transition alors qu'elles étaient en première ligne des manifestations.

Deux femmes figurent parmi les civils nommés au Conseil souverain, dont l'une est issue de la minorité chrétienne du pays.

- "Ne pas oublier" -

"La faim, le manque d'éducation, ce que (Béchir) a fait au Darfour et tant d'autres chose. C'est pour ça que nous sommes descendues dans les rues et que nous avons fait face aux gaz lacrymogènes et au harcèlement", rappelle Fatma Abdallah Hussein.

Lundi, M. Béchir est apparu devant un tribunal où il doit répondre d'accusations de corruption, un événement inimaginable pour les deux tiers des 40 millions de Soudanais qui n'avaient connu que lui au pouvoir depuis leur naissance.

"Il a tant fait contre nous en 30 ans", se désole cette étudiante en médecine qui a pris part aux manifestations dès le début de l'année, en référence à M. Béchir, dont le procès faisait la une de tous les journaux mardi.

Selon Alhaj Adam, un résident de Khartoum, le procès pour corruption de l'ancien président ne devrait toutefois pas faire oublier au pays le besoin de ratifier le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).

L'ONG Amnesty International a également averti que son procès pour corruption ne devait pas détourner l'attention des accusations plus lourdes qui pèsent contre M. Béchir pour son rôle présumé dans le conflit au Darfour (ouest).

Il fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux de la CPI, pour répondre de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, dans ce conflit qui a éclaté en 2003.

Avec AFP

Liberia: des sénateurs s'alarment d'un climat rappelant les prémices de la guerre civile

Le président libérien, George Weah, le dimanche 28 janvier 2018.

Des sénateurs libériens se sont alarmés mardi de la montée des violences politiques dans ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, dressant un parallèle avec celles qui avaient fini par plonger le Liberia dans une guerre civile particulièrement atroce de 1989 à 2003.

Samedi, des partisans du président libérien, l'ex-star du football George Weah, ont encerclé un bâtiment où Tellia Urey, candidate de l'opposition à une élection législative partielle, tenait une réunion, dans la banlieue de la capitale Monrovia.

Pendant plus d'une heure, ils ont jeté des projectiles sur le bâtiment, brisé des fenêtres et détruit son véhicule. L'un des assaillants a essayé de donner un coup de couteau à Mme Urey, a-t-elle expliqué lundi, dénonçant une tentative d'assassinat.

Les autorités ont qualifié lundi ces violences d'"épouvantables" et promis des sanctions sévères.

Lors d'un débat au Sénat mardi, la plupart des élus ont exprimé leur consternation, 16 ans après la fin d'une guerre civile qui a fait quelque 250.000 morts et des centaines de milliers de déplacés dans un pays qui comptait alors moins de 4 millions d'habitants, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Ce pays va mal et il faut que cela cesse. Souvenons-nous de notre histoire. La guerre qui a débuté en 1989 faisait suite aux violences qui ont suivi les élections de 1985", a souligné le sénateur d'opposition Conmany Wesseh, proche de l'ancienne présidente Ellen Johnson Sirleaf (2006-2018).

"Les gens n'étaient pas contents et petit à petit ils ont décidé de résoudre leurs problèmes par la violence. Puis la police et l'armée ont été perçues comme les forces du régime et d'autres ont décidé de prendre en main leur propre sécurité", a raconté le sénateur, avant de s'interroger: "Va-t-on rester assis et laisser les choses se reproduire?".

"Nous avons pris part au précédent conflit en raison de la mauvaise gouvernance. Et quand vous critiquez le régime actuel, ils vous traitent de tous les noms", a dénoncé un autre sénateur, le prédicateur et ancien chef de guerre Prince Johnson, qui avait soutenu George Weah lors du second tour de la présidentielle de décembre 2017.

Ni Ellen Johnson Sirleaf, lauréate du prix Nobel de la paix en 2011, ni son successeur George Weah n'ont fait juger les auteurs de crimes commis pendant cette période. Un très grand nombre de personnalités directement impliquées occupent toujours des positions importantes dans les sphères du pouvoir politique et économique au Liberia.

L'un des principaux acteurs du conflit, l'ex-chef de guerre devenu président (1997-2003), Charles Taylor, a été condamné en 2012 pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine, mais n'a pas été inquiété pour les atrocités commises dans son propre pays.

Elu sur un programme de lutte contre la pauvreté, George Weah est confronté depuis plusieurs mois à une opposition croissante en raison de la dégradation alarmante de la situation économique.

Avec AFP

Foire internationale des arts et de la créativité à Bukavu

Foire internationale des arts et de la créativité à Bukavu
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:22 0:00

Durban, le premier port d’Afrique en rénovation

Durban, le premier port d’Afrique en rénovation
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:43 0:00

Manchester United prend la défense de Paul Pogba

Manchester United prend la défense de Paul Pogba
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:14 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG