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Au moins 32 civils peuls tués dans une attaque de "chasseurs" dans le centre du Mali

Des dozo ivoiriens à Kani, en Côte d'Ivoire, le 27 septembre 2013.

Au moins 32 civils peuls ont été tués samedi au cours d'une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels dozos dans le centre du Mali, région touchée par les violences jihadistes, souvent mêlées à des conflits intercommunautaires, a affirmé dimanche une association peule.

Evoquant les mêmes événements, le gouvernement de Bamako a indiqué que l'armée avait découvert "16 corps" après un "accrochage violent" entre communautés du village de Koumaga, dans le cercle de Djenné (région de Mopti, centre).

"Ce sont des dozos, des gens habillés en dozos, qui sont arrivés à Koumaga. Ils ont encerclé le village, isolé les Peuls des autres communautés et, froidement, ils ont tué au moins 32 civils. Dix autres sont portés disparus", a déclaré à l'AFP Abel Aziz Diallo, le président de Tabila Pullaku, principale association peule au Mali.

Les violences se multiplient depuis trois ans dans le centre du Mali entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Appelés "dozos" en Afrique de l'Ouest, les chasseurs traditionnels sont, dans le centre du Mali, membres de l'ethnie dogon.

>> Lire aussi : Un mort et des cartes d'électeurs brûlées dans une région minière du Mali

Les Peuls dénoncent régulièrement des exactions à leur encontre, au nom de la lutte contre les jihadistes, de la part de ces chasseurs armés, tolérés voire encouragés selon eux par les autorités ou l'armée, ce que dément le gouvernement.

"Les hommes étaient habillés en tenue de dozos, mais on se demande s'ils étaient tous dozos. Il y a des dizaines de civils, dont des enfants, tués", a déclaré un élu de la région.

"Malgré le déploiement des missions de patrouille dans le centre du pays, dans la matinée du 23 juin, un accrochage violent a opposé des communautés" de ce village, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

"Une mission FAMa (Forces armées maliennes) d'interposition dépêchée sur les lieux a découvert 16 corps et d'importants dégâts matériels", ajoute le gouvernement, en promettant que "des poursuites judiciaires seront engagées contre tous ceux qui seraient impliqués dans cet incident malheureux".

'Fosses communes'

Ces derniers mois, les annonces par l'armée de la "neutralisation de terroristes" dans le centre ont souvent été contestées par les organisations de défense des droits de l'homme et par des habitants, qui dénoncent des exécutions extrajudiciaires.

"Ce qui se passe est très grave. Il faut éviter les amalgames. Ce n'est pas parce qu'on est peul qu'on est jihadiste", a déclaré dimanche Abdel Aziz Diallo. Il assure avoir prévenu les autorités de l'imminence d'une attaque et regrette que "c'est seulement après les faits que l'armée malienne s'est rendue brièvement sur les lieux".

>> Lire aussi : Au moins 25 morts dans des violences intercommunautaires au Mali

Les Etats-Unis ont par ailleurs demandé jeudi au Mali de mener une enquête "crédible et transparente" après la découverte récente des corps de 25 personnes, issues également de la communauté peule, dans trois fosses communes dans la région de Mopti et la reconnaissance, par le gouvernement de Bamako, de l'implication de "certains personnels" de l'armée.

'Crimes odieux'

Le Canada, qui vient tout juste d’entamer le déploiement de quelque 250 Casques Bleus au Mali, selon le ministère canadien de la défense, s'était également dit "profondément préoccupé" par l'implication présumée de militaire dans des exactions et réclamé que les "responsables de ces crimes odieux soient traduits en justice".

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a insisté vendredi, lors d'un conseil de Défense, sur "le respect des droits de l'homme par l'ensemble des militaires". Le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga doit quant à lui entamer lundi une visite en France, à un mois de l'élection présidentielle du 29 juillet.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Malgré un accord de paix signé en mai-juin 2015, les violences ont persisté et se sont propagées depuis vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins

Avec AFP

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Le chef d'état major des armées remplacé dans un contexte sécuritaire tendu

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef d'état major général des armées tchadiennes, en poste depuis six ans, a été remplacé vendredi soir par le président Idriss Deby, moins de 24 heures après une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays qui a fait 23 morts dans les rangs de l'armée.

Par décret présidentiel, le chef de l'Etat a procédé vendredi à plusieurs changements à la tête de l'appareil sécuritaire. Le chef d'état major des armées, Brahim Seid Mahamat, a été remercié, après six ans de service.

Il est remplacé par Taher Erda qui était jusque là chef d'état major de l'armée de terre.

Egalement ancien directeur de la police nationale, M. Erda est un très proche du président Deby, avec qui il a combattu à ses côtés avant son accession au pouvoir en 1990.

Aucune explication n'a été donnée mais ce décret intervient alors que 23 soldats tchadiens ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une attaque du groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le sud-ouest du Tchad.

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières essuyées par l'armée de N'Djamena depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La réorganisation des services de sécurité touche également le cabinet militaire de la présidence.

Un général originaire du Tibesti (région du nord-est du Tchad), a notamment été nommé conseiller du chef de l'Etat chargé de la Défense nationale.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans cette région, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Par ailleurs, le Président Déby a également suspendu vendredi le chef d'État Major de l'armée de l'air et son adjoint.

Une annonce qui fait suite à la découverte vendredi des débris d'un hélicoptère de l'armée, qui avait disparu il y a plus d'une semaine, dans le nord du pays. Le crash, dont les causes font l'objet d'une enquête, a fait quatre morts.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jdihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile du Sahel, désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen voisin.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne.

Cyclone en Afrique australe: plus de 650 morts, risques d'épidémies

Une forêt au Mozambique

Le bilan du cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe s'est alourdi samedi à 676 morts et devrait encore grimper au fur et à mesure de la progression des secours, qui peinent à atteindre des zones encore coupées du monde, ont prévenu les humanitaires, inquiets des risques d'épidémies.

"C'est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée (au Mozambique) est d'environ 3.000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures", a estimé samedi le ministre mozambicain de l'Environnement, Celso Correia.

"Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d'une telle ampleur", a-t-il ajouté depuis Beira (centre), la deuxième ville du Mozambique, partiellement dévastée par les intempéries.

Selon le dernier bilan des autorités mozambicaines, Idai, qui a balayé la semaine dernière l'Afrique australe, a fait 417 morts au Mozambique, pays le plus touché.

Au Zimbabwe, 259 personnes ont été tuées et près de 200, dont 30 écoliers, sont toujours portées disparues.

Mais le bilan final sera "bien plus élevé" car "de nombreuses régions sont encore inaccessibles", a prévenu samedi la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

"La situation va encore empirer avant de s'améliorer", a-t-elle mis en garde. "Les agences humanitaires commencent à peine à voir l'ampleur des dégâts. Des villages entiers sont été submergés, des immeubles rasés, des écoles et des centres de santé détruits", a-t-elle ajouté.

Les opérations de secours et d'acheminement de l'aide, avec hélicoptères, bateaux militaires, pneumatiques, de pêche, se poursuivaient samedi dans des conditions difficiles, compte tenu de l'effondrement de nombreuses routes et ponts.

"On n'a rien, les gens meurent comme des chèvres ou des poules. On n'a aucune aide. On meurt de faim", implore un habitant du district de Buzi (centre), l'un des plus touchés au Mozambique.

"Je suis en vie, mais j'ai tout perdu", témoigne Maria Maposa, évacuée en bateau de cette zone.

Samedi matin, une centaine de rescapés de Buzi sont arrivés au port de Beira, où ils ont reçu une soupe et des habits, a constaté un journaliste de l'AFP.

Nombre d'entre eux avaient besoin de soins après avoir été blessés par des tôles soulevées par des rafales de vent proches de 200 km/heure.

Au total, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

- Risques de maladies -

"Il n'y a plus personne bloqué dans des arbres", a affirmé samedi Sebastian Stampa du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Mais "il y a encore des gens sur les toits" qui ont refusé d'être hélitreuillés, a-t-il ajouté, expliquant qu'ils survivaient en faisant sécher de la nourriture sur des tôles ou des toits-terrasses.

La décrue se poursuivait samedi. Mais Ocha a mis en garde contre de possibles nouvelles inondations en cas de fortes pluies.

A Beira, ville d'un demi-million d'habitants, la population s'attelait à déblayer et reconstruire.

L'électricité était progressivement rétablie dans certains quartiers. L'hôpital a de nouveau été connecté au réseau, selon Celso Correia.

La principale route qui conduit à Beira devrait être accessible dimanche et la voie ferrée est de nouveau utilisable depuis vendredi, "ce qui signifie que l'aide peut arriver plus facilement", s'est-il réjoui.

Des habitants ont commencé à reconstruire avec les moyens du bord des tôles gondolées emportées par le vent, des habitations de fortune.

Dans plusieurs écoles de la ville réquisitionnées, des milliers de rescapés s'entassaient, laissant craindre des épidémies.

"La promiscuité dans les centres d'hébergement, le manque d'hygiène, les eaux stagnantes et infectées posent des risques de maladies comme le choléra, le paludisme et les diarrhées", a prévenu l'Unicef.

Des informations contradictoires circulaient sur d'éventuels cas de choléra.

Le programme alimentaire mondial (Pam), qui distribue la nourriture, a déclenché son niveau d'urgence 3, équivalent aux crises au Yémen, en Syrie ou encore au Sud-Soudan.

"Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu. Avec l'étendue des dégâts qui se précise, le nombre de personnes dans le besoin augmente. On doit faire plus", a estimé le porte-parole du Pam, Herve Verhoosel.

Au Zimbabwe, les rescapés continuaient ce week-end à enterrer leurs morts, tandis que 120 corps ont été emportés par les eaux au Mozambique, selon Ocha.

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