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Au moins 26 morts après de nouvelles violences dans le sud-est centrafricain


Des soldats de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) en patrouille à Bangui, le 12 février 2016.

Au moins 26 personnes ont été tuées au cours d'un affrontement mercredi dans le sud-est de la Centrafrique, indiquent des sources de l'ONU.

"Au moins 26" personnes ont été tuées à Pombolo, dans le sud-est du pays, et 11 autres blessés n'ont pas encore été évacués de la ville, a déclaré le commandant de la Force de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), Séraphin Embondza, sur les ondes de la radio onusienne Guira FM.

Ce bilan est provisoire, ajoute le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro.

Le gouvernement centrafricain a réagi vendredi à cette nouvelle flambée de violences dans le sud-est, en exprimant sa "ferme condamnation de ces actes de barbarie", selon un communiqué du ministre de l'Administration du territoire, Jean-Serge Bokassa. Il a appelé la Minusca à "faire preuve de plus d'engagement et à réévaluer leur mode d'intervention dans le cadre de la protection des civils".

Des Casques bleus sont arrivés jeudi dans la ville. Ils y ont été déployés "pour évaluer la situation et y répondre correctement", selon un communiqué de la Minusca jeudi.

Jusqu'à ce jour, "la Minusca ne disposait d'aucun soldat de la paix dans cette localité", petite ville de la préfecture de la Basse-Kotto (centre-est).

Peuplée en majorité de peuls, Pombolo est située à proximité de Kembé, où des violences similaires ont eu lieu début octobre.

Située entre les villes d'Alindao et Bangassou, la région est le théâtre depuis mai de violences entre groupes anti-Balaka (milices à majorité chrétienne), et le groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC, un groupe armé peul issu de l'ex-Séléka à dominante musulmane).

Ces violences ont fait des dizaines de morts parmi les civils.

A Bangui, une "journée de deuil", annoncée ce vendredi dans le quartier commercial du PK5 (à dominante musulmane), en solidarité avec les victimes de ces dernières violences, a été globalement suivie, selon des commerçants contactés par l'AFP.

"Nous avons tout fermé pour demander au gouvernement et à la Minusca de prendre ses responsabilités. Trop c'est trop", a dit à l'AFP Amadou Balla, commerçant.

D'autres journées villes-mortes ont été observées la semaine passée, à Bangui au PK5, mais aussi à Birao (nord), Bria (est).

Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, s'est rendu mardi à Bangassou, pour réaffirmer l'autorité étatique dans la région. Bangui peine toujours à asseoir son assise sur une large partie du territoire national, notamment le sud-est.

Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres est attendu le 24 octobre en Centrafrique. Il se rendra également à Bangassou.

La Centrafrique est en proie depuis 2013 à des violences intercommunautaires, après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les milices de la Seleka prétendant défendre la minorité musulmane, ce qui avait entraîné une contre-offensive des milices anti-Balaka.

Les groupes armés se battent aujourd'hui essentiellement pour le contrôle des ressources naturelles.

Avec AFP

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