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Au moins 20 morts dans un double attentat revendiqué par l'EI en Syrie

Quelques personnes se rassemblent autour des bâtiments en feu après une attaque à la bombe dans la banlieue de Sayyida Zeinab, à Damas, Syrie, 11 juin, 2016. (SANA via AP)

Un double attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a fait au moins 20 morts samedi près d'un mausolée chiite proche de Damas, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

D'après le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, le bilan "s'élève à 20 morts, dont 13 civils, et plus de 30 blessés" dans les deux attaques près du mausolée de Sayeda Zeinab.

Selon lui, le kamikaze qui s'est fait exploser à une entrée du sanctuaire visait "un barrage de miliciens prorégime".

L'agence officielle Sana a donné un bilan d'au moins 12 morts et 55 blessées, en précisant qu'un kamikaze avait fait sauter sa ceinture d'explosifs à l'entrée du sanctuaire et un autre avait fait exploser une voiture piégée dans une rue de ce secteur de la banlieue de Damas.

L'EI a revendiqué les attentats. "Trois opérations martyrs, deux au moyen d'une ceinture d'explosifs et une troisième au moyen d'une voiture piégée, ont été menées par les combattants de l'EI Sayeda Zeinab", a affirmé l'agence Aamaq, liée à l'organisation ultraradicale sunnite.

Le mausolée de Sayeda Zeinab, vénéré par les musulmans chiites car il abrite la tombe de la petite-fille du prophète Mahomet, est protégé par des miliciens chiites, notamment libanais et irakiens, et des soldats de l'armée syrienne.

Des points de contrôle protègent ce secteur très sécurisé de la banlieue de Damas, le site ayant été la cible de plusieurs attaques de groupes jihadistes sunnites, dont l'EI, qui considèrent les chiites comme des hérétiques.

La chaîne officielle Al-Ikhbariya a diffusé des photos montrant d'épaisses colonnes de fumée noire s'élever du site des attentats et de gros dégâts occasionnés aux immeubles environnants.

Sur d'autres photos, on peut voir des carcasses de voitures carbonisées, des pompiers tentant d'éteindre un véhicule en flammes et des enseignes de magasins soufflées par les explosions et éparpillées sur la route.

Le dernier attentat à Sayeda Zeinab remontait au 25 avril, lorsque l'EI a revendiqué une attaque à la voiture piégée qui a fait au moins sept morts et une vingtaine de blessées.

Le 21 février, un double attentat suicide perpétré à 400 mètres du mausolée a fait 134 morts, dont 97 civils, selon l'OSDH.

Et fin janvier, au moins 70 personnes avaient été tuées près de ce sanctuaire.

Le mausolée serait le lieu où Sayeda Zeinab a vécu après avoir été capturée par les armées du calife omeyyade Yazid à la suite de l'exécution de ses frères Hussein et Hassan à Kerbala (Irak), que les chiites considèrent comme l'évènement le plus tragique de leur histoire.

Le conflit en Syrie, déclenché par la répression de manifestations réclamant des réformes, s'est complexifié au fil des ans avec une multitude d'acteurs syriens, régionaux et internationaux. Il a fait plus 280.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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