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Burkina-Faso

Au moins 19 morts dans une attaque dans le Nord

Des hommes et femmes d'Arbinda rencontrent une délégation du gouvernement, au Burkina Faso, le 4 avril 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Au moins 19 personnes ont été tués dimanche soir lors d'une attaque massive dans la commune d'Arbinda, dans le nord du Burkina Faso, frontalier du Mali, a-t-on appris lundi de source sécuritaire et auprès d'un élu local.

"Plusieurs dizaines d'individus armés ont mené une attaque dans la commune d'Arbinda, faisant plusieurs morts par balles", a déclaré à l'AFP un élu local sous le couvert de l'anonymat.

"L'attaque a eu lieu ce dimanche entre 15h00 et 17h00 (locales et GMT) lorsque le groupe d'individus a ouvert le feu sur des habitants de la localité", a indiqué l'élu.

"19 corps ont été retrouvés", a indiqué la source sécuritaire, soulignant que les recherches d'éventuelles autres victimes se poursuivaient.

Une réunion de crise était en cours lundi "pour faire le point exact de la situation", selon l'élu local.

Selon la source sécuritaire, dimanche matin déjà à Arbinda, trois véhicules avaient été interceptés puis incendiés et un chauffeur tué par des hommes armés.

Cette commune rurale est située à 90 kilomètres de Djibo, chef-lieu de la province du Soum, dans le nord du Burkina Faso, en proie à des attaques de plus en plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées par les autorités à des groupes jihadistes.

Arbinda a enregistré une série d'attaques meurtrières ces derniers mois, alors que les forces de défense et de sécurité mènent une grande opération "antiterroriste" dans la zone.

Fin avril, quatre passagers voyageant dans un car reliant Dori à Arbinda ont été tués par des individus armés.

Début avril, toujours à Arbinda, 62 personnes ont été tuées lors d'attaques jihadistes suivies d'affrontements intercommunautaires.

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Quinze morts dans deux attaques de jihadistes dans le nord du Burkina

Des soldats burkinabés lors d'un entraînement avec des instructeurs de l'armée autrichienne, près d'Ouagadougo au Burkina Faso, le 13 avril 2018.

Quinze personnes ont été tuées samedi lors de deux nouvelles attaques de jihadistes, à Sagho et Toékodogo, des localités du nord du Burkina Faso, a annoncé lundi le ministre de la Défense Chériff Sy.

"Les villages de Sagho et Toékodogo, dans la commune de Barsalogho, ont été l’objet d’attaques terroristes dans la soirée du samedi 22 juin, perpétrées par des hommes armés non identifiés", a écrit le ministre dans un communiqué.

"Ces attaques ont malheureusement causé la mort de 15 personnes, dont 13 à Sagho et 2 à Toékodogo. Trois boutiques et une dizaine de motocyclettes ont également été incendiées", a précisé M. Sy.

"Alertées, les unités des forces de défense et de sécurité se sont immédiatement déportées sur les lieux mettant en déroute les groupes armés terroristes", a-t-il ajouté.

Evoquant les populations civiles, il fait part de la "détermination du gouvernement à assurer leur sécurité", alors que plus d’un millier de déplacés ont trouvé refuge à Ouagadougou, fuyant les attaques auxquelles s’ajoutent des conflits intercommunautaires, souvent attisés par les violences jihadistes.

Le Burkina Faso, et particulièrement la région frontalière du Mali et du Niger, est le théâtre depuis quatre ans d’attaques jihadistes régulières, qui ont fait plus de 460 morts, selon un comptage de l’AFP.

Mardi dernier, 17 personnes ont été tuées au cours d’une attaque islamiste à Béléhédé, localité située dans la province du Soum, toujours dans le nord du Burkina Faso.

Pour tenter de freiner l’extension des zones d'influence des jihadistes, les forces armées ont lancé en mai une opération dans les régions du Sahel, du nord et du centre nord. Baptisée “Doofu” (déraciner en langue peule), cette opération succède à une autre menée courant mars dans les régions de l’est et du centre est, également touchées par les attaques.

Adoption d’un nouveau code pénal dénoncé comme liberticide

Une avenue principale à Ouagadougou, Burkina, le 7 mai 2019. (VOA/Lamine Traoré)

L'Assemblée nationale du Burkina Faso a adopté vendredi un nouveau code pénal condamnant de peines allant jusqu'à 10 ans de prison la diffusion d’informations sur les opérations militaires, dénoncé par des journalistes et des ONG comme liberticide.

Voté par 103 députés sur 127, ce nouveau code pénal réprime "la publication d’images des attaques contre les forces de défense et de sécurité et les victimes de crimes de terrorisme", ainsi que "les atteintes au moral des troupes engagées dans la lutte contre le terrorisme", selon le député Bernard Somé.

"Il s’agit de contrôler l’information pour éviter que celle-ci ne soit un instrument de propagande des terroristes’’, a-t-il assuré.

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est le théâtre d'attaques jihadistes croissantes depuis 2015, notamment dans le nord et l'est du pays, qui ont fait plus de 450 morts. La capitale, Ouagadougou, a aussi été touchée par trois attaques ayant fait une soixantaine de morts.

Le code comporte de nouvelles dispositions pour que "les opérations et les points stratégiques des forces de défense et de sécurité ne puissent pas être révélés’’, a expliqué le ministre de la Justice, René Bagoro.

Les députés de trois groupes parlementaires de l'opposition ont claqué la porte de l'hémicycle lors du débat pour dénoncer une concertation insuffisante.

Le secrétaire général de l’Association des journalistes du Burkina, Guézouma Sanogo, a dénoncé une "caporalisation de l’information relatives aux actes terroristes et un bâillonnement de la presse nationale’’.

‘’Le droit pénal ne peut en aucun cas être utilisé pour criminaliser le travail d’information, d’intérêt public’’, a soutenu le directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière de droits humains en Afrique (Cifdha), Urbain Yaméogo.

«Si la loi est votée, un utilisateur des réseaux sociaux, un journaliste ou un défenseur des droits humains pourrait encourir jusqu’à 10 ans de prison uniquement pour avoir relaté une information liée aux opérations militaires», avait averti lundi, avant l'examen de la loi, le directeur exécutif d’Amnesty International au Burkina Faso, Yves Boukari Traoré.

Ce nouveau code pénal "liberticide" va restreindre "les libertés d’expression et de presse et le droit à l’information au Burkina Faso", selon un communiqué commun d'Amnesty, du Cifdha et de l’Association des bloggeurs du Burkina.

Dix-sept morts suite à une attaque jihadiste à Beléhédé

Les exercices militaires des FDS burkinabè dans la préparation de riposte contre le terrorisme, le 27 février 2019. (VOA/Issa Napon)

Une attaque terroriste menée par un groupe d'individus non identifiés a été perpétrée mercredi contre Beléhédé, un village du département de Tongomayel dans le Soum, au Burkina Faso.

Une vaste opération de ratissage a été immédiatement déclenchée dans la zone par les forces de défense et de sécurité.

Dans un communiqué, le ministre de la Défense a appelé la population à rester vigilante et à dénoncer tout comportement suspect.

Dix-sept personnes tuées par une attaque jihadiste dans un village du nord du pays
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Cette nouvelle attaque survient au moment où l'opération militaire des forces de défense et de sécurité burkinabè baptisé "Ndoofu'' est en cours dans la région, à l'image ''d'Otapouanu'' qui a pris fin dans l'Est.

Cette opération avait pour but de traquer et neutraliser les forces terroristes dont l'action a causé la mort de plus de 300 personnnes, poussant des milliers de personnes à fuir et des centaines d'écoles à fermer.

La province du Soum a connu plusieurs attaques meurtrières dont la dernière à Arbinda qui a fait 19 morts.

Dix-sept personnes tuées par une attaque jihadiste dans un village du nord du pays

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Sahel: la lutte contre les groupes jihadistes, un travail de Sisyphe

Un soldat de l'armée malienne monte la garde devant le poste de commandement de la Force régionale d’Afrique de l'Ouest G5-Sahel, à Sevare, 30 mai 2018.

Les attaques mardi dans le nord du Burkina (17 morts) et aux portes de Niamey (2 policiers tués) illustrent à quel point les forces de sécurité nationales ou étrangères au Sahel peinent à enrayer les assauts répétés des groupes jihadistes et l'extension des zones d'insécurité.

"C'est Sisyphe. Ca ne finit jamais!", constate une source sécuritaire française. "La définition de la guerre asymétrique, c'est ça",la source sécuritaire. Elle rappelle que l'opération française Barkhane a "neutralisé" des dizaines de "terroristes" mais souligne que la situation s'est "aggravée".

Burkina Faso, Mali, Niger... Il ne se passe pas une journée ou presque sans une attaque. Le nombre de victimes se chiffrent en milliers malgré le déploiement massif de forces de sécurité.

13.000 hommes de la force onusienne Minusma au Mali, 4.500 de Barkhane au Sahel, 5.000 pour la force G-5 Sahel (Mali, Niger Burkina, Mauritanie, Tchad). Sans compter les armées nationales constamment sur la brèche...

"En dépit des opérations répétées, il y a toujours cette capacité à frapper assez régulièrement. Chaque mois il y a des opérations assez complexes, des poses d'IED (mines artisanales), donnant le sentiment d'un +rythme de croisière+ de l'insurrection qui a tendance à s'accroitre lentement mais sûrement", souligne un expert sous couvert de l'anonymat.

Le G5 Sahel face à de nouveaux défis sécuritaires
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Soutien local aux jihadistes

"Le nombre d'incidents et de victimes ne se réduit pas, bien au contraire", ajoute-t-il, parlant de "sentiment d'impasse sur un bilan plus que mitigé".

"On pourrait penser que l'EIGS (Etat islamique dans le Grand Sahara, présent au Mali, Niger, Burkina) qui a quand même subi des coups assez forts, perdu des chefs, était en phase de rétractation et là, depuis plusieurs semaines ils ont quand même réussi plusieurs opérations spectaculaires", analyse Jean-Marc Balencie, responsable Afrique au sein du cabinet de conseil Risk&Co.

"Il y a sûrement effectivement une stratégie d'évitement des opérations militaires françaises consistant à abandonner le terrain et se replier sur des positions moins exposées", souligne M. Balencie. "Il y a un vrai sujet de préoccupation qui est la capacité de résilience et de récupération par rapport aux pertes infligées".

Les forces armées agissent surtout "en réaction", faute de renseignements. Il n'y a pas de ligne de front mais des zones d'insécurité où l'on sait que l'adversaire est présent sans pouvoir l'identifier.

"Ils (jihadistes) se fondent dans la population. Ils lancent des attaques sporadiques", explique Mahamadou Savadogo, chercheur au Cerrad (Carrefour d'études et de recherche d'action pour la démocratie et le développement, université Gaston Berger, Sénégal).

"La solution ne peut être qu'endogène. Les armées exogènes se heurtent au problème du renseignement. Pour le moment, les population semblent plus enclins à renseigner les groupes armés que les armées locales" et a fortiori les armées étrangères, juge-t-il.

De plus, les groupes armés ont su attiser les conflits intercommunautaires, qui non seulement compliquent une situation déjà explosive, mais ont généré méfiance, voire haine, envers les armées locales.

Manifestation anti-française

Parallèlement, la présence de forces étrangères est mal acceptées par une partie de la population des pays concernés, qui y voit une perte de souveraineté.

Fin mai, une manifestation a rassemblé à Niamey un millier de personnes qui ont scandé "A bas les bases militaires étrangères", "A bas l'armée française" tout en montrant leur hostilité aux groupes armées: "A bas les jihadistes et Boko Haram".

Au Burkina, il n'est pas rare que des badauds expliquent que la montée en puissance des groupes jihadistes dans le pays est une conséquence de la présence française et non la raison de sa présence. "Avant l'arrivée des Français (forces spéciales et Barkhane), il n'y avait pas de jihadistes", disent-ils.

Les politiciens se nourrissent aussi de cette méfiance, explique M. Savadogo. "Ils n'hésitent pas à rejeter la faute sur les autres structures", G5 Sahel ou armées occidentales.

Il cite notamment des déclarations du ministre de la défense burkinabè Cheriff Sy à l'hebdomadaire sud-africain, Mail&Guardian: "Les Français ont près de 4.000 hommes dans la région, ils disposent de toutes les ressources militaires et technologiques, aussi suis-je étonné qu'ils n'aient pas été en mesure d'éradiquer cette bande de terroristes".

"Je m'étonne qu'un responsable dise ça! Il faut une solution endogène. Que les forces étrangères viennent ensuite en appui. Pas le contraire", conclut M. Savadogo.

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