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Près de 17.000 Congolais fuyant les violences au Kasaï réfugiés en Angola


Au centre de réception de Mussungue, dans le nord-ouest de l’Angola, des employés du HCR distribuent des vivres - y compris du maïs, du riz, des fèves, de l’huile, du sel et des sardines – aux réfugiés congolais ayant fui une éruption de violence dans la région du Kasaï, 30 avril 2017. © HCR / Adronico Marcos Lucamba

Le HCR accueille en Angola les réfugiés qui fuient les violences dans le Kasaï. Il se prépare à en recevoir davantage, indique dans une interview à VOA Afrique, Asis Das, chef de l’équipe d’urgence du HCR joint depuis Dundo, ville angolaise frontalière avec la RDC.

"Ces réfugiés arrivent dépourvus de tout, très fatigués après trois à six jours de marche dans la brousse, et parfois avec des blessures et des maladies", explique M. Das.

Selon lui, le nombre de réfugiés congolais arrivés jusqu'à mercredi s’élevait à 16.900.

"On a connu un temps d’accalmie, mais depuis trois jours nous avons enregistré plus de nouvelles arrivées si bien qu’on est passé de 11.500 à plus de 16.000 réfugiés à moins d’une semaine", affirme le chef de l’équipe d’urgence du HCR à Dundo.

Le HCR s’attend, selon lui, à accueillir un nombre plus élevé de réfugiés venus du centre de la RDC car, soutient-il, "la région du Kasaï est encore très instable".

Le HCR a même demandé aux autorités de déplacer le camp d’accueil de réfugiés de Dundo à une zone plus éloignée à l'intérieur de l'Angola.

"Nous sommes en discussion avec les autorités car selon les normes internationales, le camp de déplacés ne doit pas se situer à moins de 50 km de la frontières pour éviter des attaques inter-frontalières et autres genres d’insécurité. C’est pour cette raison que nous voulons trouver un meilleur endroit enfin de déplacer cette population et pouvoir lui offrir de meilleures conditions d’habitation et de service", affirme M. Das.

Selon le HCR, les autorités angolaises s’apprêtent à allouer un nouveau site à Nzaji, dans la municipalité de Camulo, à environ 90 kilomètres de la frontière.

Ce site avait déjà été utilisé pour héberger des personnes déplacées durant la guerre civile en Angola. Des préparatifs sont en cours pour évaluer le site et mettre en place des abris, des latrines, des douches et des points d’eau afin d’y transférer les demandeurs d’asile.

Le conflit brutal dans la région du Kasaï, auparavant pacifique, a déjà provoqué le déplacement de plus d’un million de civils à l’intérieur du pays depuis son éruption à la mi-2016, selon les Nations unies.

Les forces de sécurité confrontent une milice née après l’assassinat en août dernier du chef coutumier Kamwina Nsapu, un groupement de Tshimbulu, qui avait appelé à l’insurrection contre le pouvoir de Kinshasa et qui était hostile aux étrangers et aux non-originaires de la province.

La remise à la famille régnante de la dépouille du défunt chef et la désignation de son remplaçant, début avril, n’ont pas apaisé les esprits. La milice a pris une dimension dépassant le groupement et exige la nomination comme Premier ministre de Félix Tshisekedi, fils de l’opposant historique Etienne Tshisekdi décédé le 1er février, en application d’un accord politique conclu en décembre pour le report des élections en décembre 2017.

Sur place à Dundo, la frontière est contrôlée par l’armée angolaise.

Le HCR a demandé aux autorités de permettre aux réfugiés de continuer à traverser la frontière, de fournir un accès sans entrave au HCR pour aider les nouveaux arrivants, et de ne pas renvoyer les personnes fuyant la violence en RDC.

L’Angola accueille actuellement 56.700 réfugiés et demandeurs d’asile, dont près de 25 000 d’entre eux sont originaires de RDC.

Le HCR en Angola avait un budget annuel initial de 2,5 millions de dollars pour assurer la protection et venir en aide à quelque 46 000 personnes relevant de sa compétence.

En réponse à l’urgence actuelle, le HCR lance un appel de fonds d’un montant de 5,5 millions de dollars pour fournir une aide immédiate.

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