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Au moins 12 morts dans une attaque en RDC

Un soldat de la République démocratique du Congo est vu en patrouille dans le village de Manzalaho, près de Beni, le 18 février 2020, suite à une attaque présumée de membres du groupe rebelle des Forces démocratiques alliées (ADF).

Des assaillants ont tué au moins une douzaine de personnes lors d'un raid nocturne dans un village de l'est de la République démocratique du Congo, ont déclaré lundi un témoin et deux groupes de défense des droits civils.

Les témoins ont accusé les Forces démocratiques alliées (ADF), une milice ougandaise active dans l'est de la RDC depuis les années 1990. On leur attribue des dizaines d'attaques de représailles brutales contre des civils depuis que l'armée a commencé des opérations contre elle fin 2019.

Selon les témoins, l'attaque s'est produite dans le village de Bulongo, à environ 30 kilomètres à l'est de Beni, dans la nuit de dimanche à lundi.

"Il y a 12 corps gisant sur le sol", a déclaré Mambo Kitambal, responsable d'un groupe de la société civile à Bulongo.

"Ici, sous la pluie, ils ont sauvagement tué nos frères et sœurs avec des couteaux et des pioches", a déclaré Paul Sakata, un habitant de Bulongo.

"Nous regrettons que l'armée n'ait pas réagi hier soir, ce qui renforce la peur dans la tête des habitants de cette partie du pays, qui commençaient à espérer la paix", a-t-il ajouté.

"Nous craignons que ce bilan ne s'alourdisse d'autant plus que l'ennemi a opéré pendant plusieurs heures. Les victimes ont été exécutées à coups de pioches et de machettes", a averti Mambo Kitambal.

Mercredi, les États-Unis ont désigné les ADF comme une organisation terroriste, les accusant de liens avec l'État islamique. Pour l'heure, les experts de l'ONU n'ont pas trouvé de preuves d'une relation directe entre les deux groupes.

Les ADF ont tué environ 850 personnes l'année dernière, selon les chiffres de l'ONU.

Les zones frontalières orientales du Congo avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi abritent environ 120 milices différentes, dont beaucoup sont des vestiges des brutales guerres civiles du pays qui ont officiellement pris fin en 2003.

Les ADF qualifiés de "groupe terroriste": réactions de Congolais
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Trois manifestants tués au Soudan

Trois manifestants tués au Soudan
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L'UE finance les garde-côtes libyens malgré leurs abus à l'encontre des migrants

Des migrants sont ramenés sur le rivage après avoir été interceptés par les garde-côtes libyens en mer Méditerranée, à Garaboli, en Libye, le 18 octobre 2021.

Les critiques à l'égard des politiques migratoires de l'Europe sont de plus en plus nombreuses.

Un rapport militaire confidentiel de l'Union européenne préconise la poursuite d'un programme controversé visant à former et à équiper la marine et les garde-côtes libyens, malgré les inquiétudes croissantes concernant la façon dont ils traitent les migrants, l’accumulation de morts en mer et l'absence d'autorité centrale dans le pays.

Le rapport, distribué aux fonctionnaires de l'UE ce mois-ci et obtenu par l'agence Associated Press, offre un rare aperçu de la détermination de l'Europe à soutenir la Libye dans l'interception et le retour de dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants en Libye, où ils subissent des abus intolérables.

Compilé par le contre-amiral de la marine italienne Stefano Turchetto, chef de la mission de surveillance de l'embargo sur les armes de l'UE, ou opération Irini, le rapport reconnaît le "recours excessif à la force" des autorités libyennes, ajoutant que la formation prodiguée par l'UE n'est "plus entièrement suivie".

Des centaines de milliers de migrants d'Afrique subsaharienne espérant atteindre l'Europe passent par la Libye, où l'absence d'un gouvernement opérationnel est propice aux trafics et à la contrebande.

"No comment"

Le rapport reconnaît que "l’impasse politique" en Libye a entravé le programme de formation de l'Europe, notant que les divisions internes du pays rendent difficile l'obtention d'un soutien politique pour l'application de "normes comportementales correctes" conformes aux droits humains.

La Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure – l'équivalent du ministère des Affaires étrangères des 27 nations – ont refusé de commenter le rapport.

Sanctions américaines et de l'ONU contre un Libyen
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Mais le porte-parole de la Commission européenne Peter Stano a confirmé que l'UE était déterminée à former le personnel des garde-côtes et à renforcer la capacité de la Libye à gérer une vaste zone de recherche et de sauvetage en Méditerranée.

Environ 455 millions d'euros affectés à la Libye

Quelque 455 millions d'euros ont été affectés à la Libye depuis 2015 par le biais du Fonds fiduciaire d’urgence de l'UE pour l'Afrique, dont des montants substantiels ont servi à financer la gestion des migrations et des frontières.

Cependant, des sommes énormes ont été détournées vers des réseaux de miliciens et de trafiquants qui exploitent les migrants, selon une enquête d'AP menée en 2019. Des garde-côtes sont également complices, remettant les migrants interceptés en mer à des centres de détention dans le cadre d'accords avec des milices ou exigeant des pots-de-vin pour en laisser partir d'autres.

L'argent de l'UE, dont une grande partie a transité par l'Italie, a servi à former le personnel et à remettre à neuf les bateaux des autorités libyennes. Les garde-côtes libyens ont également reçu des téléphones satellites et des uniformes et trois nouveaux navires de patrouille leur seront fournis au cours des deux prochaines années.

Pour intercepter les petits bateaux de migrants pas en état de naviguer en Méditerranée, les autorités libyennes dépendent également de la surveillance fournie par les drones, les avions et les radars européens.

Trois plaintes à la CPI

Les critiques à l'égard des politiques migratoires de l'Europe sont de plus en plus nombreuses. Au moins trois requêtes ont été déposées auprès de la Cour pénale internationale (CPI), pour demander à ce que des responsables libyens et européens, ainsi que des trafiquants, des miliciens et d'autres personnes fassent l'objet d'une enquête pour crimes contre l'humanité.

Une enquête de l'ONU publiée en octobre a également fourni des preuves d’abus commis en Libye qui pourraient constituer des crimes contre l'humanité.

La semaine dernière, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé les pays à "réexaminer les politiques qui soutiennent l'interception en mer et le retour des réfugiés et des migrants en Libye".

"Les Européens font semblant de montrer leur meilleur profil", dénonce une Camerounaise arrivée en Libye en 2016 avec son enfant en pensant trouver du travail. Au lieu de cela, elle a été victime du trafic d’êtres humains et a été contrainte de se prostituer après avoir été séparée de sa fille.

En 2018, elle a embarqué sur un bateau avec des passeurs à destination de l'Europe, mais son groupe a été intercepté par les autorités libyennes et emmené dans le tristement célèbre centre de détention de Tajoura, où les détenus étaient battus et maltraités. Elle n'a été libérée qu'après le paiement aux gardes d’une rançon de 700 dollars par un ami.

Un "rapport d'incident grave"​

Le mois dernier, le gouvernement libyen a nommé Mohammed Al-Khoja, un chef de milice impliqué dans des abus contre des migrants, à la tête du département de lutte contre la migration irrégulière, qui supervise les centres de détention.

"Les personnes chargées de démanteler les trafics sont eux-mêmes des trafiquants", déplore Violeta Moreno-Lax, fondatrice du programme d’études sur les lois migratoires à l'université Queen Mary de Londres.

Émirats arabes unis: des Africains victimes d'expulsions "racistes", selon Amnesty
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Le rapport de l'UE fait état d'un "usage excessif de la force physique" par une patrouille libyenne lors de l'interception, le 15 septembre, d'un bateau en bois contenant une vingtaine de migrants au large des côtes libyennes.

Les forces libyennes ont utilisé des tactiques "jamais observées auparavant et non conformes à la formation (prodiguée par l'UE)", indique le rapport, sans fournir d'autres détails sur ce qui s'est passé exactement.

Un porte-parole des garde-côtes libyens n'a pas répondu aux demandes de commentaires d’AP concernant cet incident ou le rapport de l'UE. Par le passé, les responsables du ministère de l’Intérieur et des garde-côtes libyens ont déclaré qu'ils faisaient de leur mieux avec des ressources limitées dans un pays rongé par des années de guerre civile.

En réponse aux questions d'AP, Frontex, l'agence européenne de gardes-frontières et de garde-côtes qui a documenté l'interception du 15 septembre, a déclaré qu'elle avait déposé un "rapport d'incident grave", mais ne pouvait pas en divulguer les détails.

Ozlem Demirel, députée allemande membre du Groupe de la gauche au Parlement européen, a déclaré que le rapport offrait "une preuve supplémentaire qu'il ne devrait y avoir aucune coopération avec cette force". "Le fait qu'Irini cherche même à poursuivre la formation est, à mon avis, scandaleux", a-t-elle ajouté.

Les violentes méthodes employées par les autorités libyennes en mer sont largement documentées depuis des années. La semaine dernière, des militants à bord d'un navire de sauvetage bénévole ont rapporté avoir vu un patrouilleur libyen "tirer sur une personne qui avait sauté dans l'eau".

Plus de 1500 victimes en 2021

L’émigration irrégulière de l'Afrique du Nord vers l'Italie et Malte a connu un pic en 2021 après une baisse en 2020 largement due à la pandémie de coronavirus. Les traversées en Méditerranée centrale ont représenté un tiers de tous les franchissements illégaux de frontières signalés en Europe, selon Frontex.

Mais si les départs ont augmenté, les interceptions aussi. L'année dernière, les garde-côtes libyens ont récupéré et renvoyé en Libye plus de 32 000 migrants, près de trois fois plus qu’en 2020.

Pourtant, malgré tout le matériel et la formation fournis à la Libye pour sauver des vies, plus de 1 500 personnes sont mortes ou ont disparu l'année dernière, soit le bilan le plus lourd depuis 2017.

Ces migrants qui visaient l'Europe mais qui se sont plutôt installés à Casablanca
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La contestation continue au Soudan, 3 manifestants tués

La contestation continue au Soudan, 3 manifestants tués
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Les Philippines interdisent les mariages d'enfants

Photo d'illustration d'une fille ayant échappé à un mariage forcé.

Le mariage d'enfants a été interdit aux Philippines, en vertu d'une loi entrée en vigueur le 6 janvier dans ce pays où une fille sur six est mariée avant 18 ans.

"L'État considère le mariage d'enfant comme une maltraitance des mineurs parce qu'elle avilit, dégrade et rabaisse la valeur intrinsèque et la dignité de l'enfant", indique le texte de loi.

Selon le gouvernement philippin, la nouvelle loi est conforme aux conventions internationales relatives aux droits des enfants.

Quiconque épouse une personne de moins de 18 ans, cohabite avec elle ou arrange une telle union, est passible de 12 ans de prison.

Certaines dispositions de la loi resteront toutefois en suspens pendant un an pour les communautés musulmanes et indigènes, où les fiançailles et mariages d'enfants sont fréquents. La période de transition permettra au gouvernement d'engager une campagne de sensibilisation auprès de ces communautés.

Dans la région autonome musulmane de l'île de Mindanao, le vice-président du parlement local, Ziaur-Rahman Adiong, a indiqué que des membres de son assemblée avaient tenté de convaincre le président Rodrigo Duterte d'opposer son veto à la loi, sans succès.

Dans cette région, une loi de 1977 autorise les musulmans à se marier lorsqu'ils atteignent la puberté.

Selon un rapport de l'Unicef publié en 2021, les taux les plus élevés de mariages de filles mineures sont enregistrés en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.

Le président du Botswana promet de respecter la dépénalisation de l'homosexualité

Des militants brandissent des drapeaux arc-en-ciel devant la Haute Cour du Botswana à Gaborone le 29 novembre 2021.

Le président du Botswana a promis lundi d'appliquer pleinement la décision de justice dépénalisant l'homosexualité dans ce pays enclavé d'Afrique australe, deux mois après avoir perdu un appel visant à annuler ce jugement.

Le président Mokgweetsi Masisi a invité des représentants de la communauté LGBT pour leur assurer qu'il allait respecter la décision du tribunal et protéger leurs droits.

"Nous demandons et attendons de tous de respecter les décisions de notre tribunal", a-t-il dit lors de son entretien avec des membres des Lesbiennes, Gays et Bisexuels du Botswana (Legabibo).

Il leur a assuré que son appel en justice, rejeté en novembre 2021, avait été motivé par des préoccupations politiques et non par une animosité à leur égard, rappelant que "nous vivons dans une société plutôt conservatrice".

L'invitation du président à l'égard de membres de la communauté LGBT marque un tournant majeur au Botswana.

Il y a cinq ans, le groupe Legabigo avait dû aller en justice pour contourner l'interdiction gouvernementale d'exister.

En 2019, le tribunal de Gaborone, capitale du Botswana, avait ordonné que les lois punissant les relations entre personnes de même sexe soit amendées, les qualifiant de "reliques de l'ère (britannique) victorienne" qui "oppressent une minorité".

Ce jugement, salué comme "historique" au niveau international, était très attendu sur l'ensemble du continent africain où l'homosexualité reste illégale dans plus de la moitié des pays subsahariens.

Mais le gouvernement a fait appel de cette décision en octobre 2021, estimant que cette "question politique" devait être tranchée par le Parlement et non par la justice.

Les citoyens botswanais homosexuels ont longtemps vécu dans "la peur constante d'être découverts ou arrêtés", avait déclaré le juge Ian Kirby en novembre. "Cela a parfois conduit à la dépression, au comportement suicidaire, à l'alcoolisme ou à la toxicomanie", a-t-il regretté.

Le Botswana est un des rares pays africains à avoir dépénalisé l'homosexualité. Les autres sont le Lesotho, le Mozambique, l'Angola et les Seychelles. L'Afrique du Sud est le seul pays africain autorisant le mariage gay, légalisé en 2006.

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