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Au Lac Tchad, une nouvelle attaque de Boko Haram fait six morts dans l'armée tchadienne

Des soldats tchadiens patrouillent dans la région du Tibesti, près de Bardai, au Tchad, le le 28 mars 1999.

Six soldats tchadiens ont été tués lundi dans une attaque attribuée au groupe jihadiste Boko Haram autour de l'île de Tetewa, située sur le lac Tchad, une région où les violences se sont intensifiées ces derniers mois.

"Nos hommes étaient en patrouille quand ils ont été attaqués par les éléments de Boko Haram. Nous déplorons six morts et dix blessés", a indiqué à l'AFP le général Taher Erda, chef d'état-major des armées.

"Nos forces étaient à la recherche d'élements de Boko Haram quand ils sont tombés dans une embuscade aux alentours de Mandrari, un endroit truffé de hautes herbes", a précisé à l'AFP une autorité locale, qui a souhaité garder l'anonymat.

Depuis plusieurs mois, les attaques jihadistes se sont intensifiées autour du lac Tchad, une vaste étendue d'eau truffée d'îlots et de marécages partagée par le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.

Depuis le début de l'année, le bilan est particulièrement lourd côté tchadien: lundi dernier, une kamikaze a fait exploser sa ceinture dans le village de Kaiga Kindjiria et a provoqué la mort de 9 civils, dont 2 femmes et 7 hommes.

Neuf jours plus tôt, quatre villageois tchadiens avaient été tués et quatre femmes enlevées par les jihadistes dans une autre localité tchadienne située sur les pourtours du lac.

C'est au Nigeria qu'est née l'insurrection de Boko Haram en 2009, avant de se propager dans les pays voisins. La faction de Boko Haram affilié au groupe de l'Etat islamique, ISWAP, est particulièrement active dans cette zone.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre Boko Haram et ISWAP au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du Lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

Début janvier, l'ensemble des 1.200 Tchadiens de la FMM déployés depuis des mois au Nigeria sont rentrés au Tchad pour être redéployés sur les pourtours du Lac, côté Tchad, où les attaques s'étaient multipliées.

- Lutte contre le jihadisme -

Chez son voisin camerounais, même constat: la région de l'Extrême-nord, qui borde une partie du Lac, est confrontée depuis plusieurs mois à un regain d'attaques de jihadistes nigérians de Boko Haram, selon Amnesty International. L'ONG dénombre 275 personnes tuées en 2019, des civils pour la plupart.

Les attaques du groupe jihadiste ont provoqué une dégradation de la situation humanitaire autour du lac, augmentant considérablement le nombre de déplacés dans cette région déjà considérée comme l'une des plus pauvres du monde.

Cet attaque au Tchad intervient une semaine après la visite à N'Djamena de la ministre française des Armées, Florence Parly, qui à cette occasion a souligné "l'engagement très fort" du Tchad dans la lutte contre le jihadisme au Sahel, où opèrent d'autres groupes jihadistes.

Présente au sein du G5 Sahel avec le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie, l'armée tchadienne intervient aussi en dehors de son territoire. Elle a ainsi récemment annoncé l'envoi d'un bataillon (480 personnes) dans la région des trois frontières, entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, victime, elle aussi de sanglantes attaques de groupes jihadistes.

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Les autorités tchadiennes disent avoir éradiqué Boko Haram de leur territoire

Le président Idriss Deby, au centre, avec des militaires tchadiens revenus du Niger, à N’Djamena, Tchad, 11 décembre 2015. (AFP PHOTO / BRAHIM ADJI)

Il n'y a "plus un seul élément de Boko Haram sur le territoire tchadien", a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement tchadien lundi, confirmant le message du président Idriss Déby Itno moins de deux semaines après le lancement d'une offensive contre le groupe jihadiste.

"Sur l'ensemble de la zone insulaire, il n'y a pas un seul jihadiste", avait affirmé ce week-end le président depuis la province du Lac, où il s'est rendu mi-mars pour diriger une riposte après une attaque de Boko Haram sur la presqu'île de Bohoma. Une centaine de militaires tchadiens avaient alors été tués.

Les autorités tchadiennes ne donnent aucun détail sur les effectifs déployés ou sur le nombre de membres de Boko Haram tués ou arrêtés.

"Nous sommes en train de recouper les informations de différents sites d'opération avant de donner un bilan", a justifié le ministre de la commission et porte-parole du gouvernement du Tchad, Oumar Yaya Hissein.

Selon le président, les jihadistes encore libres "sont entrés soit au Niger, soit au Nigeria, soit au Cameroun".

Les membres de Boko Haram auraient donc quitté la nuée d'îlots éparpillés sur le lac Tchad, vaste étendue d'eau marécageuse à la frontière des quatre pays.

Le président Déby ne cache pas sa frustration envers ses trois voisins, avec qui le Tchad combat Boko Haram depuis 2015 au sein de la Force multinationale mixte (FMM).

"Le Tchad est seul à supporter tout le poids de la guerre contre Boko Haram (...) J'ai rencontré le commandant de la FMM et lui ai demandé de prendre le relais", a-t-il affirmé.

Malgré le ton triomphant du gouvernement tchadien, l'International Crisis Group (ICG) estime que la lutte contre Boko Haram est "loin d'être terminée".

Avec 6.000 soldats déployés dans la zone du lac Tchad avant l'attaque de mi-mars, "les autorités tchadiennes ne bénéficient que de marges de manoeuvre limitées pour renforcer ces effectifs", écrit ICG dans un commentaire.

Le groupe jihadiste Boko Haram, né en 2009 au Nigeria, avait intensifié ses attaques dans la zone du lac ces derniers mois, poussant le Tchad à redéployer en janvier 1.200 de ses soldats, intégrés à la FMM, qui étaient passés du territoire nigérian au sol tchadien.

Face au Covid-19, des bénévoles tchadiens distribuent des seaux à robinet

Nétoua Ernestine le Néribar présidente de l'association Femme Aussi, au Tchad, le 2 avril 2020. (VOA/André Kodmadjingar).

Au Tchad, la présidente de l'association "Femme Aussi", Nétoua Ernestine Le Néribar, a lancé une initiative de distribution de seaux à robinet à N’Djamena, la capitale.

La présidente de l‘association "Femme Aussi", un groupe d’appui aux personnes vulnérables, Nétoua Ernestine Le Néribar, a décidé de s’impliquer dans la sensibilisation de la population aux mesures d’hygiène.

Une Tchadienne lance une initiative de distribution de seaux à robinet
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Avec ses propres moyens, elle fabrique des seaux à robinet qu’elle offre aux familles démunies afin que celles-ci puissent se laver convenablement les mains.

Elle dit avoir commencé à fabriquer deux seaux à la maison. Ensuite, elle a sensibilisé ses voisins. Quand elle a réalisé que les femmes de son quartier n'avaient pas les moyens financiers pour pouvoir s'acheter des seaux, elle a commencé à les distribuer gratuitement.

Activiste et entrepreneure, Nétoua Ernestine le Néribar se sert également des réseaux sociaux pour exhorter les personnes de bonne volonté à appuyer son initiative.

Son appel à aider les plus vulnérables face à la crise sanitaire du COVID-19 a été entendu.

Nétoua Ernestine le Néribar entourée de quelques bénévole au service de la population vulnérable, au Tchad, le 2 avril 2020. (VOA/André Kodmadjingar).
Nétoua Ernestine le Néribar entourée de quelques bénévole au service de la population vulnérable, au Tchad, le 2 avril 2020. (VOA/André Kodmadjingar).


"De trois, on a eu cinq seaux, de cinq, on est monté à dix. On a fabriqué plus de 500 seaux à robinet. C’est tout un projet, et l’idée n’est pas de s’arrêter à mon quartier, mais d’aller plus loin à l’intérieur du pays pour en distribuer", a-t-elle déclaré.

La jeune femme n’est pas seule dans cette œuvre. Quelques jeunes bénévoles lui donnent un coup de main.

Nétoua Ernestine Le Néribar se dit heureuse de pouvoir apporter sa modeste contribution à la lutte contre le covid-19. Elle assure ne pas être en quête de notoriété, mais qu’elle serait ravie de collaborer avec les autorités dans la lutte contre la pandémie du nouveau coronavirus au Tchad.

Un tribunal sénégalais libère Hissène Habré pour des raisons de santé

L'ancien chef de l'Etat tchadien Hissène Habré lève la main lors d'une audience dans un tribunal à Dakar, au Sénégal, le 30 mai 2016. (AP Photo/Carley Petesch)

L'ancien chef de l'Etat tchadien Hissène Habré a obtenu un sursis de deux mois de sa condamnation à vie par un juge sénégalais. Âgé de 77 ans, Hissène Habré avait été reconnu coupable en 2016 de crimes contre l'humanité par un tribunal spécial au Sénégal.

Son avocat aurait demandé ce geste humanitaire parce qu'il a plus de 70 ans, et les personnes âgées sont invitées à faire preuve d'une extrême prudence pour éviter toute infection de coronavirus.

Le juge a déclaré que les autorités sénégalaises utilisent la prison de Cap Manuel à Dakar pour maintenir les nouveaux détenus en isolement pendant la quarantaine liée au nouveau coronavirus, afin d'éviter toute propagation potentielle du virus.

Hissène Habré passera passera donc les 60 prochains jours à son domicile de situé à Ouakam, un quartier de Dakar.

Selon une dépêche de l'AFP, une association de victimes de son régime a critiqué la décision de libérer l'ancien dirigeant tchadien, arguant que "la crise sanitaire ne doit pas servir de prétexte à la libération anticipée de Hissène Habré".

A ce jour, le Sénégal compte 237 cas confirmés de coronavirus. Parmi eux il y a 105 guéris et 2 décès, selon le tout dernier décompte des autorités sanitaires.

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Les autorités tchadiennes tentent d'éliminer les discours haineux sur les réseaux sociaux

L'entrée principale de la mairie de N'Djamena, Tchad, le 20 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les autorités veulent réprimer le partage des discours haineux sur les réseaux sociaux, mais leur approche sévère est remise en question par les analystes qui craignent qu'elle ne produise pas les résultats escomptés.

Au Tchad, le procureur de la république a ouvert une information judiciaire contre les internautes qui diffusent des informations que les autorités jugent tendancieuses.

Selon Youssouf Tom, procureur au tribunal de grande instance de N’Djamena, un groupe de femmes fait circuler des audios sur les réseaux sociaux proférant des menaces et des paroles calomnieuses à l’endroit du pouvoir tchadien.

"Ces individus sont dans la quasi totalité des femmes qui se plaisent à ce jeu dangereux de s’exprimer sur cette tribune libre des réseaux sociaux se livrant ainsi à des joutes oratoires, des insultes ignominieuses, haineuses, déshonorantes, indignes à l’égard des groupes ethniques composant notre population", a-t-il déclaré.

D'après le juriste, ces audios sont envoyées en réponse à l’appel à la solidarité lancé par les autorités de N’Djamena suite à l’attaque de Boko Haram en mars dernier, qui a occasionné la mort de près de 100 soldats tchadiens. Il informe que l'enregistrement et le partage de ce genre d'audios sont une infraction selon les lois en vigueur au Tchad.

Même si bon nombre de Tchadiens soutiennent l'idée de poursuivre en justice les internautes jugés indélicats, certains pensent que les sanctions sont disproportionnées.

C'est l'avis de l’artiste musicien Ngueita Alasko Alfred, alias N2A, qui souhaite que les sanctions soient graduelles. Il propose, par exemple, que les autorités avertissent d'abord les internautes. Des sanctions plus sévères ne devraient être réservées qu'aux récidivistes. N2A précise que les réseaux sociaux sont un moyen crucial pour s'informer, apprendre et se divertir. Ils offrent aussi à la jeunesse un canal par lequel les jeunes peuvent toucher du doigt les problèmes du pays et interpeller les autorités.

"Les réseaux sociaux, c'est une plateforme qui doit permettre de mener des débats citoyens. Mais malheureusement certains compatriotes les utilisent pour pouvoir diviser ce pays", déplore Djida Alain, un activiste. Pour lui, les actions envisagées par le procureur ne sont pas une violation de la liberté d’expression puisqu’il s'agit des informations à caractère haineux, qui sont généralement interdites par les chartes d'utilisation des plateformes telles que WhatsApp, Facebook ou Twitter.

À travers le monde, les pays ont adopté des solutions diverses face aux propos haineux, à la désinformation et à la propagande qui circulent via internet.

À une extrémité du spectre, il y a le modèle chinois, qui filtre presque toutes les communications en ligne. À l'autre extrémité, il y a les pays occidentaux qui imposent aux entreprises de médias sociaux la responsabilité de réprimer les comportements indésirables. Pour le Tchad, le véritable défi sur ce plan est de trouver le juste milieu: permettre un libre accès aux réseaux sociaux basé sur un code de conduite équilibré.

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