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Les enlèvements se multiplient au Cameroun anglophone

Des soldats patrouillent à Bafut, dans la région anglophone du nord-ouest du Cameroun, le 15 novembre 2017.

Des représentants de l'Etat, des étrangers ou encore des Camerounais au mauvais endroit au mauvais moment: dans les deux régions anglophones du Cameroun, les séparatistes qui combattent l'Etat pour leur indépendance depuis fin 2017 ont multiplié ces derniers mois les enlèvements, suscitant l'inquiétude des populations.

"Au moins cinquante personnes ont été enlevées" depuis le début de la crise, estime auprès de l'AFP le défenseur des droits de l'homme camerounais Felix Agbor Ngonkho, du Centre pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique. "Et beaucoup d'autres (enlèvements) ne sont pas signalés".

Presque chaque semaine, un rapt est rapporté dans les médias. Vendredi 11 mai, un homme qui ne respectait pas les journées "ville morte" imposées par les séparatistes a été enlevé par des hommes armés à Widikum (Nord-Ouest).

"Il travaillait le lundi alors que c'est un jour décrété "ville morte" par les séparatistes", selon une source pastorale.

Comme une réponse, le gouvernorat du Nord-Ouest a appelé mercredi les populations de la région à se "remobiliser contre les appels non patriotiques" de "ville morte". Une semaine après, l'homme enlevé restait introuvable.

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Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les combats sont devenus quasi quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises et des hommes armés se réclamant de "forces de restauration" d'un Etat anglophone qui avait brièvement vu le jour entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.

D'abord cantonnés aux attaques contre les symboles de l'Etat (commissariat, gendarmerie), les séparatistes ont commencé début 2018 à menacer de kidnapper des fonctionnaires, les francophones et de s'en prendre aux entreprises étrangères qu'ils accusent de soutenir Yaoundé.

Deux employés tunisiens travaillant près de Kumba (Sud-Ouest) ont ainsi été enlevés fin mars. L'un d'entre eux a été tué après son enlèvement. En avril, un groupe de touristes occidentaux a été brièvement pris à partie par des séparatistes dans le Sud-Ouest.

>> Lire aussi : ​Une "sale guerre" qui prend de l'ampleur au Cameroun anglophone

"Il est devenu impossible pour une voiture camerounaise avec des étrangers ou une plaque d'immatriculation d'une région francophone de parcourir les régions anglophones sans être pris à partie par des hommes armés qui sortent de la forêt", déplore un défenseur des droits de l'homme établi en zone anglophone, sous couvert d'anonymat.

"Les séparatistes sont dans une logique de guérilla qui implique un contrôle de la population et du terrain. Les enlèvements participent à cette logique, il s'agit de forcer l'allégeance de la fraction des populations qui n'est pas, ou pas encore, acquise à la cause séparatiste", analyse Hans de Marie Heungoup, chercheur camerounais du think tank International Crisis Group (ICG).

Les sécessionnistes, qui ont incendié de nombreux établissements scolaires, ont enlevé début mai un prêtre - qui était le principal d'un internat catholique - dans les faubourgs de Bamenda, dans le Nord-Ouest.

"Le collège St Bede était le seul internat à être encore ouvert dans la sous-division administrative, le gouverneur était venu les féliciter et c'était passé à la télévision. C'est pour ça que le prêtre a été enlevé", explique à l'AFP un autre prêtre, présent lors de l'enlèvement.

Le prélat a été libéré le lendemain de son rapt. C'était la première fois que l'Eglise, qui a appelé mercredi à éviter "une guerre civile inutile et sans fondement", était prise à partie.

Mais les fonctionnaires et symboles du pouvoir restent la cible privilégiée des séparatistes. Ils "s'en prennent à tous ceux qui représentent de près ou de loin l'Etat camerounais", expliquait fin avril à l'AFP une source sécuritaire camerounaise, se disant "préoccupée".

En avril, l'ancien président de la Cour d'appel du Sud-Ouest avait été enlevé avant d'être libéré quelques jours plus tard. En février, un sous-préfet et un fonctionnaire avaient aussi été kidnappés à Batibo (Nord-Ouest). Ils n'ont pas encore été retrouvés.

"Il y a des enlèvements qui sont pour la rançon, pour lesquelles les séparatistes ne préviennent que la famille du kidnappé pour gagner 20.000, 30.000 francs. Et il y a les autres, ceux qu'ils gardent", explique le défenseur des droits de l'homme.

Début janvier, un collectif de familles de neuf employés d'une entreprise de BTP a écrit au préfet de Mamfé (Sud-Ouest). "Depuis le 7 décembre, nous sommes sans nouvelle" des neuf employés, indique le texte obtenu par l'AFP.

A l'époque, leurs véhicules avaient été retrouvés brûlés, et eux avaient disparu.

Depuis, nul ne sait ce qu'ils sont devenus. "Nous vivons toujours dans l'inquiétude, sans nouvelle. S'ils ont été tués, qu'on nous le dise afin que nous organisions le deuil. S'ils sont captifs quelque part, que leurs ravisseurs nous disent ce qu'il faut pour leur libération", dit aujourd'hui à l'AFP Oumarou, le frère d'un des disparus.

Avec AFP

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Les combats continuent en Libye après le début de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar

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Crise soudanaise : des pays africains demandent une transition d'ici trois mois

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi participe à un sommet consultatif réunissant plusieurs États africains pour discuter de l'évolution de la situation au Soudan et en Libye, au Caire (Égypte), le 23 avril 2019.

Des chefs d'Etat africains réunis sous la houlette de l'Egypte ont appelé mardi à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois au Soudan, où le pouvoir militaire fait face à une contestation, réclamant un gouvernement civil, qui ne faiblit pas.

Les pays réunis au Caire appellent le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) à assouplir sa position et "à prolonger de trois mois le délai accordé au pouvoir soudanais" pour parvenir à une telle transition.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine avait menacé le 15 avril de suspendre Khartoum si l'armée ne quittait pas le pouvoir d'ici 15 jours au profit d'une "autorité politique civile".

Les pays présents ont aussi convenu de "l'urgence d'un rétablissement d'un système constitutionnel par le biais d'une transition politique démocratique menée par les Soudanais eux-mêmes", a affirmé le chef de l'Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'UA.

Selon la présidence égyptienne, M. Sissi avait convié ses homologues Idriss Déby (Tchad), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Paul Kagame (Rwanda), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Mohamed Abdullahi Mohamed (Somalie) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud). L'Ethipoie, le Soudan du Sud, l'Ouganda, le Kenya et le Nigeria étaient représentés par de hauts responsables.

Le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki, était aussi au Caire, après une récente visite à Khartoum.

- "Stabilité régionale" -

Les dirigeants africains ont en outre exprimé "le soutien total de l'Union africaine et des pays voisins au Soudan face à ses défis économiques, politiques et sécuritaires" et ont promis de l'aider à maintenir la "stabilité régionale".

Le Conseil militaire de transition au Soudan, qui dirige le pays depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue, a jusque-là résisté aux appels du mouvement de contestation à un transfert immédiat du pouvoir à une autorité civile.

Ce Conseil a toutefois déclaré lundi étudier "une proposition" des chefs de la contestation.

Les militaires soudanais restent sous forte pression de manifestants installés depuis plus de deux semaines aux abords du QG de l'armée à Khartoum. L'armée exige le démantèlement des barrages installés sur les voies d'accès, sans faire fléchir les protestataires qui ont reçu mardi le renfort d'un train rempli de centaines de personnes venues du centre du pays.

De nombreuses personnes sont arrivées sur les toits des wagons, agitant des drapeaux soudanais et scandant "Liberté, paix, justice", a constaté un photographe de l'AFP.

Des groupes de journalistes, de médecins, d'ingénieurs ou encore de vétérinaires ont également marché dans les rues de Khartoum pour réclamer un pouvoir civil.

Dans l'est du pays, des centaines de personnes se sont rassemblées devant un bâtiment militaire dans la ville de Kassala, pour réclamer que les responsables de la mort de manifestants soient traduits en justice.

La réunion du Caire sur le Soudan se double d'une autre plus tard dans la journée, consacrée à la crise en Libye, également voisine de l'Egypte.

Ces deux réunions sont les premières de dirigeants africains de ce niveau sur les troubles dans ces deux pays du continent.

- Relancer le processus politique -

La réunion sur la Libye abordera "les moyens de relancer le processus politique ainsi que l'élimination du terrorisme", selon la présidence égyptienne.

Cette rencontre doit comprendre, autour du chef de l'Etat égyptien, les présidents du Rwanda et d'Afrique du Sud ainsi que celui du Congo, M. Sassou-Nguesso, également président de la commission sur la Libye à l'UA, et le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki.

Des combats opposent les forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et siégeant à Tripoli, aux troupes du maréchal Khalifa Haftar aux portes de la capitale libyenne.

Les forces de l'homme fort de l'Est, soutenu notamment par l'Egypte, ont lancé le 4 avril leur offensive sur Tripoli. Plus de 260 personnes ont péri dans les violences, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les combats piétinent depuis quelques jours.

La Libye, pays riche en pétrole, est plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi renversé par une révolte populaire.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a multiplié les mises en garde contre un "embrasement généralisé", réclamant une réaction urgente de la communauté internationale, pour le moment divisée.

Des milliers d'enseignants "contractuels" manifestent à Rabat

Des enseignants manifestent pour de meilleures conditions de travail à Rabat, au Maroc, le 24 mars 2019.

Plusieurs milliers d'enseignants marocains dits "contractuels" ont défilé mardi dans les rues de la capitale Rabat pour réclamer le statut de fonctionnaire au sein du ministère de l'Education.

"Non au démantèlement de l'école publique", "l'intégration ou le blocage", "non à la contractualisation", ont notamment scandé ces enseignants du secteur public, venus de plusieurs villes du pays.

Portant pour la plupart des blouses blanches, ils ont défilé de la place Bab el-Had, près de la médina, vers le Parlement, dans le centre de la capitale.

Cette manifestation marque la reprise du mouvement de protestation des enseignants dits "contractuels" après une courte accalmie, alors qu'une réunion avec le ministère de l'Education initialement prévue mardi et censée aboutir à des solutions, a été annulée.

La rencontre devait être la deuxième entre les "contractuels" et le ministère depuis le lancement de leur mouvement de grève en mars, accompagné d'importantes manifestations dans plusieurs villes.

Le mouvement concerne 55.000 enseignants recrutés dès 2016 sur la base de contrats à durée déterminée (CDD) puis intégrés au sein des Académies régionales. Ils réclament le statut de fonctionnaire au ministère, gage de sécurité de l'emploi, selon eux.

La réunion prévue mardi a été annulée par le ministère, qui a accusé dans un communiqué les enseignants grévistes de ne pas "honorer leurs engagements".

Mi-avril, après une première rencontre entre les deux parties, des représentants des enseignants grévistes avaient annoncé la suspension de la grève.

Mais "certains" des enseignants n'"ont pas respecté les engagements pris par leurs représentants", a accusé le ministère, en précisant qu'il ne poursuivrait pas le dialogue tant que les enseignants grévistes n'auront pas repris le travail.

Les enseignants, eux, ont décidé de réinvestir la rue et de poursuivre la grève. Ils reprochent au ministre de l'Education, Saïd Amzazi, de ne pas vouloir céder sur leur principale revendication, à savoir l'obtention du statut de fonctionnaire au sein du ministère.

Quelque 300.000 élèves ont pâti des absences des enseignants, selon un récent bilan officiel.

L'enseignement public marocain fait l'objet de critiques récurrentes: bas niveau des élèves, fort abandon scolaire, classes surchargées, ou encore privatisation continue du secteur.

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