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Le pape François appelle à agir pour les Rohingyas au Bangladesh

Le pape François salue la foule alors qu'il part de la messe à Carpi, Italie, le 2 avril 2017.

Le pape François a appelé jeudi depuis le Bangladesh la communauté internationale à agir pour résoudre la crise humanitaire des Rohingyas, qui submerge ce pays d'Asie du Sud parmi les plus pauvres de la planète.

À l'occasion de son premier discours à Dacca, où il est arrivé en milieu d'après-midi en provenance de Rangoun, le chef de l'Église catholique a demandé des "mesures décisives" pour les Rohingyas, cette minorité musulmane qui fuit en masse l'ouest de la Birmanie depuis fin août.

"Il est nécessaire que la communauté internationale mette en oeuvre des mesures décisives face à cette grave crise", a plaidé le pape argentin à propos de cette urgence humanitaire qui forme la toile de fond de son voyage en Asie.

Cela doit s'effectuer, a-t-il indiqué, "en travaillant pour résoudre les questions politiques qui ont conduit à ce déplacement massif de personnes, mais aussi en offrant une assistance matérielle immédiate au Bangladesh".

Une marée humaine de plus de 620.000 Rohingyas a afflué ces trois derniers mois sur le sud du Bangladesh pour échapper à ce que l'ONU considère comme une épuration ethnique menée par l'armée. Ces populations miséreuses s'entassent dans des camps de tentes grands comme des villes, où la survie est conditionnée aux distributions de nourriture.

Dans son allocution, le souverain pontife de 80 ans n'a toutefois pas employé le mot "Rohingya" - tabou en Birmanie où il a tout juste conclu une délicate visite de quatre jours -, lui préférant le terme plus neutre de "réfugiés de l'État Rakhine", région birmane épicentre des troubles.

Le pape François a par ailleurs rendu un hommage appuyés aux "sacrifices" du Bangladesh qui accueille ces foules désespérées. Il a aussi loué "l'esprit de générosité et de solidarité" de son peuple.

Pour la minuscule communauté de quelque 380.000 catholiques bangladais, cette visite papale - la première depuis Jean Paul II en 1986 - est une source d'immense fierté.

Habitant d'un village en périphérie de Dacca, Abraham Dorez, 75 ans, dit son "impatience" de participer à la messe que célébrera le Saint-Père dans un parc vendredi. Environ 80.000 fidèles comme lui y sont attendus.

"Je suis un vieil homme maintenant. J'espère qu'il me bénira et priera pour que je puisse mourir en paix et aller au ciel", confie-t-il à l'AFP.

Homme réputé proche du peuple, François devrait à l'occasion de cette célébration troquer sa célèbre papamobile pour un cyclo-rickshaw bariolé, moyen de transport emblématique du sous-continent indien.

- 'Le pape, pas un boxeur' -

Diplomatie oblige, Jorge Bergoglio n'avait pas abordé frontalement la question des Rohingyas lors de ses escales à Rangoun et Naypyidaw en première partie de semaine.

Soucieux de ne pas mettre le feu aux poudres d'une opinion publique chauffée à blanc par le nationalisme, le souverain pontife s'était contenté en Birmanie d'allusions obliques aux violences contre les Rohingyas.

Une retenue qui lui a valu des critiques à l'étranger et poussé le Vatican à souligner qu'on ne pouvait pas attendre de son leader qu'il règle "des problèmes impossibles".

"Il a semblé comprendre le dilemme auquel il était confronté", avance l'analyste David Mathieson basé à Rangoun, qui salue cette dextérité dans une nation où l'armée reste intouchable.

"C'est le pape, pas un boxeur", explique-t-il: "il était là pour aider le pays à progresser à travers cette horrible crise humanitaire et écouter aussi bien les autorités civiles que militaires".

Au Bangladesh, François ne se rendra pas dans la région des gigantesques camps dans le sud, à une heure d'avion de Dacca. Il rencontrera en revanche vendredi une délégation de réfugiés rohingyas, événement qui s'annonce comme l'un des temps forts de ces trois journées.

Pour la venue du chef de l'Église catholique, les autorités ont renforcé la sécurité dans la capitale.

Le Bangladesh est confronté ces dernières années à une recrudescence d'attaques jihadistes. Des individus ont tué à l'arme blanche des étrangers, des blogueurs athées et des membres de minorités religieuses, dont des chrétiens.

Mais la brutale répression sécuritaire, consécutive à l'attentat dans un café de Dacca à l'été 2016, semble avoir affaibli ces mouvements.

Avec AFP

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L'ONU veut "renforcer l'action mondiale" contre les liens criminalité/terrorisme

Le secretaire d'Etat américain Rex Tillerson lors du conseil de sécurité de l'ONU, à New York, le 15 decembre 2017.

Le Conseil de sécurité a adopté vendredi à l'unanimité une résolution appelant les Etats membres de l'ONU à "mieux coordonner leurs efforts à tous les niveaux afin de renforcer l'action mondiale visant à rompre les liens entre terrorisme international et criminalité organisée".

Ces liens au niveau national ou transnational pourront être mieux combattus avec un effort accru dans "la collecte d'informations" et "les échanges d'informations opérationnelles et de renseignements financiers", précise la résolution rédigée par le Pérou.

Lorsque ces renseignements financiers portent sur "les activités, les déplacements et les circuits des terroristes et des réseaux de terroristes, notamment les combattants terroristes étrangers", ils peuvent aider à "mieux connaître et comprendre la nature et l'étendue des liens qui peuvent exister entre le terrorisme et la criminalité organisée", ajoute le texte.

La résolution appelle aussi les "Etats membres à enquêter sur les réseaux criminels organisés impliqués dans la traite des personnes, à les désorganiser et à les démanteler", en application de leur législation nationale, incluant les lois contre le blanchiment d'argent, la corruption ou la lutte contre le terrorisme.

Lors des prises de parole, la Russie, sans autre précision, a notamment appelé ses partenaires au Conseil de sécurité à ne pas politiser cette question des liens entre criminalité et terrorisme, soulignant que le travail devait se poursuivre après le premier pas engagé par cette résolution.

Le G7 Finances à la recherche d'un consensus sur la taxation du numérique

Une manifestation contre la tenue du sommet du G7 à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, le 13 juillet 2019.

Les ministres des Finances des G7 tentent jeudi de trouver un consensus lors de leur deuxième journée de réunion à Chantilly (Oise) sur la taxation du numérique afin d'ouvrir la voie à un accord mondial d'ici la fin 2020.

Les discussions s'annonçaient difficiles, elles ont tenu leurs promesses: le G7 n'est pas parvenu à se mettre d'accord mercredi lors de sa première journée de réunion sur la taxation du numérique, une question qui a tendu les relations entre Washington et Paris au cours des dernières semaines.

"Nos équipes vont travailler toute la nuit pour tenter de trouver un accord", a indiqué à la presse la présidence française du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) lors d'un point presse au terme de la première journée de discussion.

"Tout le monde fait des efforts pour trouver un consensus et tout le monde reconnaît qu'il est temps d'avancer", a-t-elle ajouté, laissant la porte ouverte à un accord sur un texte d'ici la conclusion de la rencontre jeudi à midi.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, s'est entretenu mercredi en tête à tête avec son homologue américain Steven Mnuchin pour tenter d'apaiser les relations entre les deux pays après l'approbation par la France il y a une semaine de la taxation des géants du numérique.

Les Etats-Unis ont ouvert une enquête sur cet impôt, qui entrera en vigueur dès cette année, qui pourrait déboucher sur des représailles contre Paris.

L'entretien entre les deux hommes, qualifié de "constructif" par les sources françaises, a été salué par M. Le Maire: "Il est toujours important de s'écouter, d'échanger et d'avancer", a-t-il écrit sur Twitter.

Auparavant, le ministre français avait assuré que Paris ne cèderait pas sur cette taxe et qu'il s'attendait à des discussions "difficiles" avec les Etats-Unis à Chantilly.

"Je voulais dire à quel point un accord au niveau du G7 est décisif", a déclaré M. Le Maire au début de la réunion.

"Si nous ne trouvons pas d'accord au niveau du G7 sur les grands principes de la taxation du digital aujourd'hui ou demain, franchement ce sera difficile d'en trouver un entre 129 pays à l'OCDE", a-t-il prévenu.

- Préoccupation autour du libra -

Les ministres du G7, en revanche, ont trouvé un consensus dès les premières heures de leur réunion face au projet de cryptomonnaie Libra annoncé par Facebook.

Sur ce sujet, les sept ministres ont exprimé leur préoccupation, après l'avertissement envoyé par M. Mnuchin à Facebook en début de semaine.

"Sur le Libra, nous avons eu une discussion très constructive et détaillée avec un large consensus sur le besoin d'agir rapidement", a indiqué la présidence française.

"Nous reconnaissons qu'il y a un besoin d'un nouveau système bancaire et de paiement qui puisse réduire les coûts des échanges entre pays et continents (...), mais nous sommes tous préoccupés par la possibilité qu'il y ait une nouvelle monnaie créée par Facebook", a ajouté une autre source française.

Par ailleurs, les sept ministres se sont également mis d'accord sur le principe d'une taxation minimale des sociétés, mais sans fixer de taux plancher, un projet porté par la France et l'Allemagne et soutenu par Washington.

"Il y a un vrai accord sur le principe d'une taxation minimale qui est ancré. C'est la toute première fois que ça se produit", a expliqué une source française.

La présidence française du G7 s'est fixé comme objectif de "mettre fin à l'évasion fiscale" qui "permet à des multinationales de réaliser des profits à un endroit et de les déplacer à un autre où les niveaux de taxation sont inférieurs".

Avec AFP

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Canberra appelle Pékin à laisser sortir une mère ouïghoure et son fils australien

Prières dans une mosquée de l'Institut islamique du Xinjiang, Chine, le 3 janvier 2019.

Le gouvernement australien a appelé mercredi la Chine à laisser un enfant australien et sa mère ouïghoure quitter le pays, quelques jours avoir après co-signé une lettre dénonçant le traitement infligé par Pékin à cette minorité musulmane.

La Chine est soupçonnée d'avoir interné jusqu'à un million de personnes, surtout ouïghoures, dans des camps de rééducation de la province du Xinjiang, dans le nord-ouest. Pékin dément ce chiffre et parle de "centres de formation professionnelle" destinés à lutter contre la radicalisation islamiste.

Canberra avait dans un premier temps refusé la nationalité au petit Lutifeier, né au Xinjiang en août 2017 d'un père australien et d'une mère ouïghoure, avant de revenir sur sa décision suite à une procédure en justice.

Le père, Sadam Abdusalam, milite depuis des mois pour que son épouse ouïghoure, Nadila Wumaier, et leur fils qu'il n'a jamais rencontré puissent venir en Australie.

Mercredi, la ministre des Affaires étrangères Marise Payne a annoncé que "l'ambassade à Pékin a demandé officiellement que les autorités chinoises permettent à Mme Wumaier et à son fils (qui est un ressortissant australien) se rendent en Australie".

Cette annonce survient quelques jours après la décision de M. Abdusalam d'évoquer son cas en public pour la première fois, lors d'un entretien lundi avec la chaîne publique ABC.

Il a expliqué à l'AFP que sa femme avait été entendue par les autorités chinoises au lendemain de cet entretien mais avait été relâchée.

Mme Payne a dit être au courant des informations de presse sur cette affaire, soulignant cependant que les autorités consulaires n'avaient pas accès à Mme Wumaier du fait de son absence de nationalité australienne.

Canberra évite traditionnellement toute friction avec Pékin, son plus important partenaire commercial. Mais les tensions bilatérales se sont accrues du fait d'inquiétudes sur les questions de sécurité et la présence chinoise croissante dans le Pacifique.

L'Australie figure parmi 22 pays, dont le Royaume-Uni, la France, le Canada et le Japon, qui ont écrit la semaine dernière aux plus hauts responsables de l'ONU pour dénoncer les détentions arbitraires de minorités ethniques en Chine.

L'ambassade de Chine en Australie a dénoncé l'émission d'ABC comme autant "de mensonges, de distorsions et de préjugés".

M. Abdusalam s'est dit "vraiment heureux" que Canberra ait décidé d'agir mais l'a appelé à en faire davantage.

"Je vais continuer de faire pression sur la Chine et sur le gouvernement australien", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Le 31 août, (Lutifeier) aura deux ans. Je voudrais voir mon fils avant le 31 août pour que nous puissions célébrer son anniversaire en famille".

Avec AFP

La faim s'étend dans le monde pour la troisième année consécutive

David Beasley, directeur exécutif du PAM, à Koundougou, au Mali, le 20 mai 2018. (VOA/Kassim Traoré)

La faim dans le monde continue d'affecter de plus en plus de personnes à cause des conflits et des dérèglements climatiques. En 2018, elles étaient 821,6 millions à en souffrir, contre 811 l'année précédente, selon un rapport annuel de l'ONU publié lundi.

"C'est une mauvaise tendance", a résumé lundi lors d'une conférence de presse au siège des Nations unies le patron du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley. Et d'avertir: "Sans sécurité alimentaire, nous n'aurons jamais de paix et de stabilité!"

Partout où des groupes extrémistes ont de l'influence, la faim est utilisée par eux comme une arme pour diviser ou recruter, a précisé le responsable onusien, en évoquant le Sahel.

Après des décennies de baisse, il s'agit de la troisième année consécutive de hausse de la sous-alimentation, appelée aussi insécurité alimentaire.

En ajoutant les populations souffrant de famine aux personnes touchées par l'insécurité alimentaire, l'ONU estime dans son rapport annuel que plus de deux milliards de personnes, dont 8% vivent en Amérique du Nord et en Europe, n'ont pas régulièrement accès à des aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante.

Le document souligne que les chiffres de 2018 font de l'objectif d'un monde sans aucune personne en état de sous-alimentation un "immense défi".

Ce but faisant partie des 17 Objectifs de développement durable établis par l'ONU pour être atteints en 2030 est hors de portée, a asséné David Beasley, en déplorant qu'on parle davantage dans les médias de Donald Trump ou de Brexit que des enfants qui continuent de mourir de faim dans le monde.

Le rapport a été rédigé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), avec le concours du Fonds international pour le développement de l'agriculture, de l'Unicef, du PAM et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Il est essentiel de mettre en place des politiques économiques et sociales pour contrecarrer à tout prix les effets des cycles économiques défavorables, tout en évitant de réduire les services essentiels tels que les soins de santé et l'éducation", affirme le document.

- Femmes exposées -

Dans un rapport séparé également publié lundi,l'ONG Oxfam juge que les femmes payent un plus lourd tribut que les hommes à l'insécurité alimentaire.

"Elles constituent jusqu'à la moitié des producteurs alimentaires dans les pays en développement, mais mangent généralement moins, en dernier, et moins bien lorsque les ménages sont à court de nourriture", note ce rapport.

Selon le document de l'ONU, la sous-alimentation reste prévalente sur de nombreux continents: en Afrique (près de 20% de la population concernée), en Amérique latine et dans les Caraïbes (moins de 7%) et en Asie (plus de 12%).

Plusieurs ONG ont réagi défavorablement aux chiffres du rapport onusien.

"La faim fait rage mais a disparu de l'agenda politique", a dénoncé dans un communiqué Oxfam, en réclamant d'urgence de nouvelles stratégies.

En Afrique et Amérique latine, la hausse de l'insécurité alimentaire touche principalement les pays émergents et non plus uniquement ceux considérés comme les moins avancés, a observé l'ONG française CCFD-Terre solidaire.

La FAO juge par ailleurs que les progrès sont insuffisants pour réaliser l'objectif 2030 de réduire de moitié le nombre d'enfants souffrant d'un retard de croissance. Aujourd'hui, 149 millions d'enfants sont concernés.

Paradoxalement, le rapport note que la surcharge pondérale et l'obésité continuent d'augmenter dans toutes les régions, en particulier chez les enfants d'âge scolaire et les adultes.

En 2018, environ 40 millions d'enfants de moins de cinq ans avaient un excès de poids. En 2016, 131 millions d'enfants de 5 à 9 ans, 207 millions d'adolescents et 2 milliards d'adultes étaient en surpoids, selon le rapport.

Avec AFP

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