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Attentat de Nice: la polémique sur la sécurité vire à l'aigre en France

La mairie de Rome aux couleurs françaises pour rendre hommage aux victimes, en Italie, le 15 juillet 2016.

La polémique en France sur la sécurité à Nice le soir de l'attentat du 14 juillet a tourné à l'aigre dimanche, une responsable policière de la ville accusant de pressions le pouvoir socialiste qui dénonce en retour une manipulation de l'opposition de droite.

La tuerie de Nice, la plus grave attaque terroriste en Europe depuis les attentats de Paris en novembre 2015 et de Bruxelles le 22 mars, a fait 84 morts et plus de 350 blessés, fauchés par un camion lancé contre la foule sur la Promenade des Anglais.

La droite, qui gère la ville, et l'extrême-droite, qui y est très implantée, fustigent depuis lors le gouvernement socialiste, attribuant au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve la responsabilité des failles présumées du dispositif sécuritaire le soir du carnage.

Le contexte politique est propice à la surenchère, à moins d'un an des élections présidentielle et législatives de 2017.

Dans un entretien au Journal du dimanche (JDD), Sandra Bertin, qui dirige la vidéosurveillance à la police municipale de Nice, s'est dit victime de pressions le 15 juillet d'un commissaire "envoyé" par l'Intérieur, qui l'a "mise en ligne" avec le ministère.

Elle dit alors avoir été "harcelée", sommée de détailler, dans un rapport sur les images de la soirée de la veille, la présence de la police municipale et "de bien préciser que l'on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité".

"On m'a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n'ai pas vues", accuse-t-elle.

Sur la sellette depuis plusieurs jours, Bernard Cazeneuve, à qui le président François Hollande a renouvelé vendredi "toute (sa) confiance", a contre-attaqué en annonçant une plainte pour "diffamation".

Le ministère a démenti toute intervention ou échange avec la responsable niçoise, qu'il a appelée à produire les preuves de ses accusations.

"Les polémiques et manipulations qui portent atteinte à la police nationale, à ses dirigeants et à son ministre doivent cesser", a renchéri le patron de la police nationale, Jean-Marc Falcone.

"Accusations indignes"

Comment le tueur de Nice a-t-il pu lancer son semi-remorque de 19 tonnes sur la foule arpentant la Promenade des Anglais le soir de l'attentat? Les interrogations sur la sécurisation de l'artère ont été nourries par des informations jeudi du journal Libération.

Selon le quotidien de gauche, une seule voiture de police municipale barrait l'accès à la zone piétonne quand Mohamed Lahouaiej Boulhel a engagé le camion dans sa course meurtrière. Elle avait relevé deux heures avant une voiture de la police nationale.

La polémique porte aussi depuis quelques jours sur une demande faite par la justice à la ville de Nice de détruire des copies d'enregistrements de vidéosurveillance durant l'attentat. La municipalité a crié à la "destruction de preuves".

"Le ministère de l'Intérieur donne le sentiment de chercher à empêcher que n'éclate la vérité dans ce qui devient une affaire d'État", a dénoncé dimanche le parti d'extrême droite Front national (FN), jugeant "accablant" le témoignage de Sandra Bertin.

Les propos de la policière municipale sont "un élément de plus qui démontre que quelque chose n'est pas transparent", a renchéri Eric Ciotti, député niçois de droite proche de l'ex-président Nicolas Sarkozy.

"Les accusations indignes de ce jour s'inscrivent dans la suite des polémiques virulentes que certains élus de Nice ont souhaité entretenir puis alimenter", s'est emporté au contraire Bernard Cazeneuve.

Le ministre a implicitement pointé du doigt une manipulation orchestrée par le patron de la droite niçoise et président de la région, Christian Estrosi, l'élu le plus offensif contre le gouvernement, qui a récusé en retour des "accusations scandaleuses d'instrumentalisation".

L'attentat du 14 juillet est un coup dur pour cet ex-maire de Nice, toujours adjoint à la sécurité. M. Estrosi s'est souvent targué d'avoir fait de Nice une des villes les plus sûres de France, grâce au réseau de vidéosurveillance le plus développé du pays.

Avec AFP

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Le Sénat vote pour confirmer la juge nommée par Trump à la Cour suprême

La juge Amy Coney Barrett, candidate du président Donald Trump, à Capitol Hill, à Washington, DC, le 21 octobre 2020. Leigh Vogel/Pool via REUTERS

Le Sénat américain devrait confirmer définitivement lundi la nomination à la Cour suprême d'une juge choisie par Donald Trump, qui aura, à huit jours de la présidentielle, durablement consolidé la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé.

Le président républicain avait désigné la magistrate Amy Coney Barrett, une fervente catholique conservatrice de 48 ans, pour succéder à l'icône progressiste et féministe Ruth Bader Ginsburg après son décès.

Le président républicain compte sur ce vote rondement mené pour satisfaire sa base électorale. Il aura au cours de son mandat nommé trois juges conservateurs au sein du temple du droit américain.

Les démocrates dénoncent de leur côté sa volonté de faire aboutir une nomination aussi capitale, d'une juge choisie à vie, aussi près du scrutin du 3 novembre, mais disposent de peu de leviers pour s'y opposer.

Car les républicains sont majoritaires au Sénat, au moins jusqu'aux élections du 3 novembre puisqu'outre leur président, les Américains renouvelleront aussi partiellement le Congrès.

Réunis exceptionnellement un week-end, les sénateurs ont surmonté dimanche, par 51 voix contre 48, un dernier obstacle procédural pour limiter la durée des débats.

Cela ouvre la voie à un vote solennel en séance plénière lundi sur le nom d'Amy Coney Barrett, déjà validé en commission. La majorité simple de 51 voix, aux mains des républicains, suffira.

"Nous allons donner à cette candidate les votes qu'elle mérite pas plus tard que lundi", avait lancé dès vendredi, à l'ouverture des débats, le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell, balayant les appels démocrates à attendre le résultat des élections.

Six contre trois

Les républicains "supervisent le processus le plus partisan, le plus hypocrite et le moins légitime de l'histoire" des confirmations à la Cour suprême, avait répondu son alter ego démocrate Chuck Schumer, rappelant que le même Mitch McConnell avait refusé, en 2016, d'auditionner un juge nommé par le président de l'époque, Barack Obama, sous prétexte que les élections étaient trop proches.

Le camp présidentiel a globalement fait bloc derrière le choix de Donald Trump. Si deux sénatrices républicaines avaient manifesté leur opposition à ce processus précipité, l'une d'elles, Lisa Murkowski, a prévenu ce week-end que ça ne l'empêcherait pas de voter en faveur de la juge.

"J'ai perdu la bataille de procédure", mais "je n'ai rien contre elle en tant que personne", a-t-elle dit.

L'arrivée de la juge Barrett modifiera considérablement l'équilibre au sein de la haute juridiction, avec une majorité conservatrice de six juges contre trois plus progressistes.

Cette mère de sept enfants opposée à l'avortement pourra, sauf surprise, participer à sa première audience dès le 2 novembre, la veille de l'élection présidentielle.

Elle siègera donc théoriquement en cas d'examen d'éventuels recours contre les résultats du scrutin.

Surtout, la Cour suprême tranche aux Etats-Unis les débats de société les plus épineux, de l'avortement au port d'armes en passant par les droits des minorités sexuelles.

Les démocrates, à court d'options pour faire barrage à cette nomination, ont tenté de transformer les débats, retransmis en partie sur les chaînes de télévision, en une tribune sur l'avenir de l'assurance santé Obamacare, que Donald Trump veut abroger.

La haute cour doit en effet examiner le 10 novembre un recours contre cette loi emblématique de l'ex-président démocrate, sur laquelle la juge a exprimé des réserves dans le passé.

Le tableau de Banksy parodiant les Nymphéas de Monet adjugé à 7,6 millions de livres

Une assistante de gallerie pose le tableau Nympheas de Claude Monet lors d'une photo-call pour la vente d'art à la maison de ventes Sotheby's à Londres le 18 juin 2014. REUTERS / Neil Hall

"Show me the Monet", le tableau de l'artiste urbain britannique Banksy parodiant les Nymphéas de Claude Monet, a été vendu mercredi à Londres 7,6 millions de livres (8,5 millions d'euros), a annoncé la maison d'enchères Sotheby's.

"Cinq collectionneurs déterminés" se sont disputés pendant près de neuf minutes d'enchères en ligne l'oeuvre, initialement estimée entre 3 et 5 millions de livres, avant que l'un deux ne la remporte pour 7,6 millions. C'est "le second plus haut prix jamais atteint" par une œuvre de Banksy dans des enchères.

Ce tableau datant de 2005 reprend l'une des célèbres œuvres du peintre impressionniste français montrant un pont japonais au dessus d'un bassin en fleurs, dans lequel trempent désormais aussi des plots de signalisation orange et un vieux caddy.

"Banksy met ici en lumière le mépris de la société pour l'environnement face aux excès gaspilleurs du consumérisme", a estimé dans un communiqué Alex Branczik, responsable européen de l'art contemporain chez Sotheby’s, qui voit en l'artiste originaire de Bristol un "visionnaire".

"Show me the Monet" fait partie d'une série de tableaux intitulée "Crude Oils" ("Peintures à l'huile vulgaires"), dans laquelle l'artiste s'est amusé à détourner de grands classiques de la peinture.

On y trouve ainsi une version des "Tournesols" de Van Gogh aux fleurs fanées, la Marilyn Monroe d'Andy Warhol détournée en Kate Moss ou encore le "Nighthawks" d'Edward Hopper où un homme en caleçon aux couleurs du drapeau britannique a caillassé la vitre du célèbre bar.

"Show me the Monet" n'a pas réussi à battre le record établi en 2019 par "Le Parlement des singes", qui s'était arraché à 9,9 millions de livres (11,1 millions d'euros) lors d'une précédente vente aux enchères à Sotheby's, pulvérisant l'estimation initiale de 1,5 à deux millions de livres (entre 1,7 et 2,25 millions d'euros).

Le pianiste américain Keith Jarrett, handicapé par des AVC, ne donnera plus de concerts

Pianiste à l'oeuvre.

Le pianiste américain de jazz Keith Jarrett ne pourra sans doute plus jamais se produire en concert, partiellement paralysé par deux AVC, explique-t-il dans un entretien publié mercredi par le New York Times.

"Mon côté gauche est toujours en partie paralysé", explique, pour la première fois, le musicien de 75 ans, après deux accidents vasculaires cérébraux intervenus en février et mai 2018.

"On me dit que le maximum que je pourrais récupérer de ma main gauche, c'est la capacité de tenir un verre", se désole-t-il.

Depuis, il ne s'est mis que de rares fois au piano, jouant de la main droite uniquement.

"Je ne sais pas à quoi est censé ressembler mon avenir", a-t-il confié au New York Times. "Je ne me considère pas comme un pianiste aujourd'hui."

Légende du jazz, Keith Jarrett a été à l'avant-garde du mouvement dès le début des années 60, et a collaboré avec des artistes de référence comme Miles Davis, Art Blakey ou Jack DeJohnette.

Son travail autour de l'improvisation l'a mené jusqu'à donner des concerts solo totalement improvisés, qui ont largement contribué à sa réputation de virtuose génial.

"J'ai le sentiment que je suis le John Coltrane des pianistes", a-t-il dit au New York Times, se plaçant au niveau du monstre du saxophone.

Ce qui sera peut-être le dernier concert de Keith Jarrett remonte à février 2017, au Carnegie Hall de New York.

S'il a enregistré plusieurs albums en studio, le natif d'Allentown (Pennsylvanie) est surtout connu pour ses concerts, son jeu au son limpide et ses mimiques, notamment sa tête exagérément penchée sur le piano.

"Aujourd'hui, je ne peux même pas en parler", dit-il au sujet de la possible fin de sa carrière scénique.

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