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Berlin et Ankara mettent les tensions de côté

Des policiers déployés après l’attaque par un véhicule-bélier à Münster, Allemagne, 7 avril 2018.

Berlin et Ankara ont mis en sourdine leurs tensions, appelant à lutter contre l'extrême droite lors des commémorations de l'un des pires attentats racistes de l'Allemagne d'après guerre, perpétré il y a 25 ans.

C'est un acte "honteux (...) On ne peut pas s'en accommoder et on ne s'en accommodera pas", a lancé la chancelière allemande Angela Merkel lors des cérémonies à la mémoire des victimes de l'attentat anti-turc de Solingen, dans l'ouest de l'Allemagne.

Cette attaque raciste "n'est pas la première et ne sera pas la dernière" en Allemagne ou en Europe, a renchéri le chef de la diplomatie turque, Mevlet Cavusoglu, invité aux commémorations.

Le 29 mai 1993, cinq femmes et fillettes âgées de 4 à 27 ans ont péri dans l'incendie criminel de leur maison. Les auteurs, quatre néonazis, ont écopé de peines allant de 10 à 15 ans de prison.

>> Lire aussi : Berlin extrade un Tunisien soupçonné dans l'attentat du Bardo

La présence de M. Cavusoglu aux cérémonies avait suscité des remous en Allemagne, les détracteurs d'Ankara craignant qu'il ne batte le rappel de la communauté turque allemande pour le compte du président Recep Tayyip Erdogan qui brigue un nouveau mandat aux élections présidentielles du 24 juin, qui seront accompagnées d'élections législatives.

Plus grande diaspora turque au monde, la communauté d'Allemagne compte quelque 3 millions de personnes, dont 1,4 million d'électeurs pouvant voter en Turquie. Une manne pour le président Erdogan qui risque, au vu des sondages, d'être privé de majorité absolue.

- 'Cohésion' -

Mais mardi, M. Cavusoglu a immédiatement déminé le terrain : "la seule raison de ma visite à ces cérémonies du souvenir, c'est d'envoyer un message collectif de cohésion contre le racisme et la xénophobie", a-t-il déclaré.

Berlin avait interdit aux responsables politiques turcs de faire campagne en Allemagne pour les élections de juin, à l'instar de ce qu'il avait fait au printemps 2017 pour le référendum sur l'élargissement des pouvoirs du président turc.

>> Lire aussi : Un demandeur d'asile débouté tente de s'immoler par le feu en Allemagne

Plusieurs pays européens avaient alors fait de même, déclenchant une crise entre Ankara et Berlin, avant que les deux pays ne se rapprochent récemment.

Mardi, M. Cavusoglu n'a pas cherché à raviver les tensions, cantonnant son intervention à un appel à lutter "contre le racisme envers les réfugiés et les musulmans".

Ankara est prêt à apporter à l'Allemagne "son soutien sous n'importe quelle forme" afin de lutter contre le racisme et pour l'intégration des musulmans, a-t-il lancé.

Mevlüde Genc, 75 ans, qui a perdu ses deux filles, ses deux petites-filles et une nièce dans l'incendie, a livré un émouvant message de tolérance et d'optimisme.

"La nuit, je pleurais, et le jour, je devais sourire à mes enfants qui avaient survécu afin que la haine ne pénètrent pas dans leur coeur", a déclaré la septuagénaire.

"Je ne porte aucun sentiment de vengeance en moi, excepté envers les quatre personnes qui ont transformé ma maison en tombe", a-telle encore déclaré, appelant à regarder "vers l'avenir".

- 'Tabous brisés' -

"L'idéologie de la droite populiste et de l'extrême droite est répandue aujourd'hui", a pointé Angela Merkel, rappelant que le passé nazi de l'Allemagne rendait le racisme et la xénophobie particulièrement "honteux pour notre pays".

Aujourd'hui, "les limites de la liberté d'expression sont trop souvent testées de façon très calculée, et les tabous brisés à la légère", a-t-elle dénoncé.

Une mise en garde qui vise implicitement l'extrême droite allemande, en plein essor : avec ses discours anti-migrants et anti-musulmans musclés, le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) a fait une entrée fracassante en septembre à la chambre des députés.

L'AfD surfe sur les peurs suscitées par l'arrivée depuis 2015 en Allemagne de plus d'un million de demandeurs d'asile et multiplie les provocations contre les Turcs d'Allemagne, première communauté immigrée du pays.

En février, un élu local de l'AfD avait scandalisé en les qualifiant de "marchands de cumin" et de "chameliers". Et récemment, Alice Weidel, cheffe de file du parti, s'en est pris aux femmes en "burqa, filles voilées, hommes armés de couteaux et autres bons à rien" qui menacent, selon elle, la prospérité allemande.

Avec AFP

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Coronavirus: entre reconfinements partiels et l'espoir d'un vaccin

Le professeur Gottfried Kremsner injecte un vaccin contre le COVID-19 de la société de biotechnologie allemande CureVac à un volontaire de son institut tropical de la clinique universitaire de Tuebingen, en Allemagne, le 22 juin 2020. REUTERS / Kai Pfaffenbach

La pandémie de covid-19 ne cesse de se répandre. Des pays recourent à des reconfinements partiels, alors que se renforce l'espoir d'un futur vaccin.

Le Sénégal a rouvert ses frontières aériennes après quatre mois de fermeture à cause du coronavirus, avec l'arrivée à l'aéroport international de Dakar ce mercredi à minuit d'un vol d'Air Algérie.

Les Maldives ont rouvert aussi leurs complexes touristiques et accueilli leur premier vol international depuis plus de trois mois. Disneyland Paris, première destination touristique privée en Europe, a rouvert ses portes au public avec une capacité d'accueil limitée. Idem pour Disney World en Floride, selon le quotidien Orlando Sentinel.

En Espagne, plusieurs communes en Catalogne ont été reconfinées mercredi en raison d'un important foyer de contagion. C’est pareil au Portugal, où le gouvernement prolonge jusqu'à fin juillet les mesures de reconfinement partiel dans la région de Lisbonne pour maîtriser des foyers de contagion.

L'Inde s'apprête à reconfiner près de 140 millions d'habitants dans la région de Bangalore. A Hong Kong, les bars, les salles de sport et les salons de coiffure ont dû être fermés à nouveau mercredi.

En Iran, 140 médecins et infirmiers sont morts du coronavirus depuis le début de la pandémie.

Le Brésil a enregistré 1.300 morts supplémentaires en 24 heures. Aux Etats-Unis, quelque 63.262 nouvelles infections sont apparues depuis lundi.

La firme américaine de biotech Moderna a annoncé mardi qu'elle s'apprêtait à lancer la phase finale de ses essais cliniques pour un vaccin. 45 volontaires prennent part à la "phase un" de ces tests.

Son vaccin expérimental a montré qu'il était sûr et déclenchait une réponse immunitaire chez l'ensemble des 45 volontaires sains prenant part aux tests de "phase un", ont dit mardi des chercheurs dans le New England Journal of Medicine. La nouvelle a conduit à un bond de 16% de sa cotation en bourse, selon la chaîne de télévision américaine CNBC.

Le ministère russe de la défense affirme avoir développé aussi un vaccin après des essais cliniques sur 18 volontaires et, pour le moment il n’y a pas eu de complications majeure ni d’effet secondaires.

La semaine dernière le gouvernement de la Guinée équatoriale a annoncé avoir déjà passé des commandes pour Remdesivir, le vaccin développé par la société pharmaceutique Gilead. Il a été acquis au prix fort de 13.000 dollars l'unité, selon le vice-président Teodoro Obiang Nguema.

L'espoir est donc permis.

Bientôt un vaccin contre la maladie covid-19?

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La Coupe du monde 2022 se déroulera du 21 novembre au 18 décembre

Les officiels célèbrent après l'annonce que la Coupe du Monde de la FIFA 2026 aura lieu aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, lors du 68ème Congrès de la FIFA à Moscou, en Russie, le 13 juin 2018. REUTERS/Sergei Karpukhin

La Fédération internationale de football association (FIFA) a annoncé mercredi que la Coupe du monde de 2022 se déroulera du 21 novembre et au 18 décembre, a-t-on appris de plusieurs sources.

Le Qatar, pays hôte, est qualifié d’office.

La Coupe du monde a lieu tous les quatre ans. Elle est disputée par les équipes nationales masculines des pays membres de la FIFA.

Avant même le premier coup de sifflet, l'édition 2022 est déjà entachée d’allégations de corruption de la part des hauts responsables de la FIFA.

Des organisations de défense des droits de l'homme ont également dénoncé les conditions de travail des ouvriers qui construisent les stades dans les conditions désertiques du Qatar.

Comme pour les tournois précédents, l'édition 2022 verra la participation de cinq équipes africaines.

Des millions de personnes appauvries par les conflits et le changement climatique

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Le président américain Donald Trump renonce à sa menace d'expulser les étudiants étrangers

Gregory Minott est venu aux États-Unis de sa Jamaïque natale il y a plus de deux décennies avec un visa d'étudiant et a pu se tailler une carrière en architecture, à Handover, 12 juin 2020.

Le gouvernement américain a finalement renoncé à sa décision controversée de priver de visas les étudiants étrangers dont les cours resteraient virtuels à la rentrée universitaire pour cause de pandémie.

La décision, qui avait été annoncée par la police de l'immigration le 6 juillet, avait été attaquée en justice par de nombreuses universités, dont Harvard et MIT, avec le soutien des syndicats d'enseignants et près de 20 Etats américains.

Loterie des visas américains: rêve brisés pour de nombreux récipiendaires
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Selon le New York Times, plus d'une douzaine de sociétés technologiques, dont Google, Facebook et Twitter, ont également manifesté leur soutien aux universités, arguant que la politique nuirait à leurs entreprises.

"La compétitivité future de l'Amérique dépend de l'attraction et de la rétention d'étudiants internationaux talentueux", ont déclaré les entreprises dans des documents judiciaires.

"Les parties sont arrivées à une solution (...) le gouvernement a accepté d'annuler la décision", a indiqué une juge de Boston, Allison Burroughs, lors d'une audience par téléconférence qui n'a duré que quelques minutes.

Des milliers d'étudiants risquaient d'être expulsés, alors que la pandémie continue de progresser aux Etats-Unis et que de nombreux Etats ont dû rétablir des mesures de confinement dans l'espoir de l'endiguer.

Les universités Harvard et MIT avaient demandé le blocage d'une décision qu'ils qualifiaient d'"arbitraire et capricieuse", et visant à "forcer les universités à reprendre l'enseignement en présentiel", au mépris des risques sanitaires encourus alors que la pandémie continue de progresser aux Etats-Unis.

Les étudiants étrangers suivant des cours uniquement en ligne menacés d’expulsion
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Le président Donald Trump, qui joue sa réélection en novembre en partie sur la relance de l'économie américaine, ne cesse d'appeler à la réouverture des établissements scolaires à la rentrée.

Il a cité l'exemple de plusieurs pays européens qui ont "ouvert les écoles sans problème" et menacé les élus démocrates -- qu'il accuse de vouloir maintenir les écoles fermées pour des raisons politiques -- de couper leurs subventions fédérales s'ils ne les rouvraient pas.

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