Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Attaque meurtrière des talibans contre une université au Pakistan

Le premier ministre Pakistanais Yusuf Raza Gilani et le premier ministre Hindou Manmohan Singh en Inde March 30, 2011. (Reuters)

Au moins 21 personnes ont été tuées dans l'attaque d'une université du nord-ouest du Pakistan, aussitôt revendiquée par une faction talibane pakistanaise, un an après un massacre dans une école de la même région.

Quatre hommes, armés de fusils d'assaut et de grenades, ont profité de l'épais brouillard qui enveloppait l'université de Bacha Khan à Charsadda, à une cinquantaine de kilomètres de Peshawar, pour escalader un mur d'enceinte et lancer leur assaut sur le campus en début de matinée.

"Les terroristes ont profité du brouillard" et d'une visibilité "de moins d'une dizaine de mètres", a expliqué à la presse le chef de la police régionale, Saeed Wazir.

Des témoins ont fait état de tirs et de deux fortes explosions, tandis que des dizaines d'étudiants paniqués fuyaient en courant le lieu de l'attaque, selon des images diffusées par les télévisions locales.

"Nous avons soudainement entendu des tirs. Les terroristes sont allés directement à la résidence pour garçons. Je pense que c'était leur objectif", a déclaré à l'AFP Muhammad Daud, un étudiant en sociologie de 22 ans.

Alertées, les forces de l'ordre ont bouclé la zone, où ont été déployées les forces spéciales, l'armée et la police, avec blindés, ambulances et hélicoptères. Les opérations ont été déclarées terminées vers la mi-journée, avec un bilan de 21 morts et plus de 30 blessés, a indiqué M. Wazir, sans préciser si les assaillants faisaient partie du décompte.

"La plupart des étudiants ont été tués par balles par les assaillants dans des résidences pour garçons" du campus, a-t-il notifié.

Dans l'une des résidences, impacts de balles sur les murs, mares de sang sur le sol et portes défoncées témoignaient de la violence de l'attaque, ont indiqué des journalistes de l'AFP.

Le chef de l'opposition, Imran Khan, a déclaré aux médias que des habitants de Charsadda s'étaient précipités à l'université avec leurs armes pour combattre les assaillants.

Des étudiants ont rendu hommage à un jeune enseignant, Syed Hamid Hussain, qui a tenté de s'interposer arme à la main pour protéger ses élèves avant d'être abattu.

"Ils lui ont tiré dessus directement", a témoigné Muhammad Daud. Sur Twitter, nombre d'internautes ont salué la mémoire de l'enseignant, décrit par le journaliste et universitaire Raza Ahmad Rumi comme un "martyr de l'éducation".

Selon Fazal Raheem Marwat, vice-président de l'université, l'établissement n'avait pas reçu de menace spécifique. "Mais nous avions renforcé la sécurité dans l'université", a-t-il ajouté.

- Talibans contre talibans -

Une faction talibane pakistanaise du Tehreek-e-Taliban Pakistani (TTP) a rapidement revendiqué l'assaut, avant d'être désavouée par la principale composante du mouvement.

"Nos quatre kamikazes ont mené l'attaque contre l'université de Bacha Khan aujourd'hui", a déclaré par téléphone à l'AFP un des commandants du TTP, Umar Mansoor, soupçonné d'être également le cerveau de l'attaque contre une école de Peshawar en 2014.

Ce chef rebelle fait partie d'une faction du TTP répondant au nom de Hakimullah Mehsud, en référence à un commandant taliban tué par un drone américain en novembre 2013.

"Cette attaque a été lancée en représailles à l'opération Zarb-e-Azb", vaste offensive antiterroriste actuellement menée par l'armée dans les zones tribales du nord-ouest frontalières de l'Afghanistan, a indiqué Umar Mansoor.

Mais un autre porte-parole du TTP, Muhammad Khurasani, a contredit cette affirmation. "Le TTP condamne fortement l'attaque aujourd'hui et se dissocie totalement de cette attaque non-islamique", a-t-il tweeté. Il a aussi annoncé que les auteurs de cette attaque "non-islamique" seraient poursuivis et jugés au nom de la charia (loi islamique).

D’ailleurs, les empreintes digitales des attaquants ont été prises, a indiqué un haut responsable de sécurité, disant "espérer qu'ils seraient rapidement identifiés". Deux des kamikazes étaient des adolescents et deux autres avaient une vingtaine d'années. Ils portaient des kalachnikov et des grenades mais pas de ceintures d'explosifs, a-t-il ajouté.

Leurs corps en partie calcinés et dénudés ont été transportés dans l'après-midi dans un fourgon de police, ont-ils constaté.

Le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, son homologue indien Narendra Modi, ainsi que la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini et l'ambassadeur américain au Pakistan, David Hale, ont unanimement condamné l’attentat.

Le chef de l'opposition, Imran Khan, a déclaré aux médias que des habitants de Charsadda s'étaient précipités à l'université avec leurs armes pour combattre les assaillants.

L'attaque rappelle le pire attentat du pays, perpétré il y a un peu plus d'un an dans une école de Peshawar par des talibans qui avaient massacré de sang-froid plus de 150 personnes, en majorité des écoliers.

Ce 16 décembre 2014, un commando de neuf talibans avait pris d'assaut l'école publique de l'armée (APS), semant la mort classe par classe pendant des heures, déjà en représailles à l'offensive militaire lancée mi-2014 contre les groupes armés.

Avec AFP

Toutes les actualités

Présidentielle 2020 : débat démocrate en Ohio

Présidentielle 2020 : débat démocrate en Ohio
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:38 0:00

Page Sports : l’Algérie bat la Colombie, Fathi Jebal au CS Sfaxien, Messi reçoit son soulier d’or

Page Sports : l’Algérie bat la Colombie, Fathi Jebal au CS Sfaxien, Messi reçoit son soulier d’or
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:30 0:00

Débat démocrate : l’analyse de Philip Crowther

Débat démocrate : l’analyse de Philip Crowther
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:00 0:00

Syrie : Erdogan va finalement rencontrer Pence

Syrie : Erdogan va finalement rencontrer Pence
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:04 0:00

La traque des exoplanètes récompensée par le Nobel de physique 2019

Les Nobel de physique 2019 James Peebles, Michel Mayor et Didier Queloz.

La cosmologie arbore une nouvelle compréhension de l’Univers depuis le début des travaux des Nobel de Physique 2019, le Canado-Américain James Peebles, un pionnier de la théorie du Big Bang, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz, les premiers à avoir révélé l'existence d'une exoplanète.

Les trois chercheurs ont contribué à "une nouvelle compréhension de la structure et de l'histoire de l'univers", a souligné l'Académie royale des sciences de Suède lors de l’annonce du Nobel le 8 octobre, estimant que leurs travaux avaient "changé à jamais nos conceptions du monde".

L’astrophysicien James Peebles, 84 ans, pionnier du Modèle standard en cosmologie avec la matière noire et l'énergie noire, a étudié dès les années 60 le rayonnement fossile et ses rapports avec la naissance des galaxies et des grandes structures qui les rassemblent.

Illustration représentant l'exoplanète rocheuse LHS 1140 en orbite autour d’une étoile naine rouge à 40 années-lumière de la Terre, qui pourrait être le nouveau détenteur du titre «meilleur endroit pour rechercher des signes de vie au-delà du système solaire.»
Illustration représentant l'exoplanète rocheuse LHS 1140 en orbite autour d’une étoile naine rouge à 40 années-lumière de la Terre, qui pourrait être le nouveau détenteur du titre «meilleur endroit pour rechercher des signes de vie au-delà du système solaire.»

"Ses travaux nous ont révélé un univers dont seulement 5% du contenu est connu (…) Le reste, soit 95%, est de la matière noire inconnue et de l'énergie noire", a précisé l'académie. Peebles reconnait là tout le mystère, bien qu’il estime sa théorie "entièrement testée".

Le tandem d’astrophysiciens Michel Mayor, 77 ans, et Didier Queloz, 53 ans, récompensés pour la découverte de la première exoplanète en orbite autour d'une étoile sur la séquence principale, avait révélé l’existence de 51 Pegasi b en octobre 1995. Sur cette lancée, la quête d'une planète qui auraient des caractéristiques similaires à la Terre, favorables à la vie, se poursuit inlassablement. A ce jour, 4.118 exoplanètes ont été répertoriées, mais très peu seraient situées dans la zone habitable de leur étoile.

En Avril 2017, la planète LHS 1140b, située à 40 années-lumière de la Terre, a été citée comme pouvant héberger des signes de vie. La nouvelle venue au compteur des découvertes spatiales venait alors rejoindre un groupe de sept planètes extrasolaires, dont l’existence avait été révélée en février de la même année. Plus réjouissant encore, trois d’entre elles orbitant autour de l’étoile TRAPPIST-1 pourraient abriter des océans.

Illustration de trois exoplanètes en orbite autour de l’étoile naine TRAPPIST-1. Au moins sept planètes gravitent autour de cette étoile à 39 années-lumière de la Terre.
Illustration de trois exoplanètes en orbite autour de l’étoile naine TRAPPIST-1. Au moins sept planètes gravitent autour de cette étoile à 39 années-lumière de la Terre.

"Comme l'étoile est très petite, les planètes laissent une grosse trace. Elles passent juste devant, et les planètes ont la taille de la Terre. Elles font un gros transit et cela devient relativement facile d'aller chercher des détails comme l'effet de l'atmosphère autour de ces planètes", avait déclaré en février 2017 à VOA Afrique Didier Queloz, coauteur de l'étude, récompensé cette année pour la fameuse 51 Pegasi b découverte 24 ans plus tôt. Le nouveau télescope James Webb, un joyau en matière de précision, permettra de découvrir si ces merveilles possèdent une atmosphère et abritent la vie, s’était alors réjoui M. Queloz.

L’astrophysicien Didier Queloz, Nobel de physique 2019, devant le laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande Bretagne. Il partage ce Nobel avec James Peebles et Michel Mayor. (photo Fred Lewsey/Cambridge University).
L’astrophysicien Didier Queloz, Nobel de physique 2019, devant le laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande Bretagne. Il partage ce Nobel avec James Peebles et Michel Mayor. (photo Fred Lewsey/Cambridge University).

"Les recherches du professeur Queloz ont permis de découvrir que les planètes sont abondantes dans notre galaxie, en orbite autour d'autres étoiles. Nous pouvons maintenant estimer qu'il y a des dizaines de milliards d’exoplanètes potentiellement habitables", a souligné le professeur Andy Parker, chef du laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande-Bretagne. "Cela nous rapproche encore plus de la question de savoir si nous sommes seuls dans l'univers: il semble de plus en plus probable que la vie sous une forme quelconque aura trouvé un pied dans ces nombreux nouveaux mondes", a-t-il ajouté.

A noter que le prix Nobel de physique se distingue par la rareté notoire de récipiendaires femmes depuis sa création en 1901. Seulement trois femmes ont été récompensées contre environ 300 hommes: la Canadienne Donna Strickland en 2018 pour des recherches sur les lasers de haute précision utilisés en médecine, l'Américaine Maria Goeppert-Mayer en 1963 pour des études sur la structure en couches du noyau atomique, et la Française Marie Curie en 1903, qui décrocha également le Nobel de Chimie en 1911.

Soit une femme primée tous les soixante ans parmi une centaine d’hommes récompensés.

TRAPPIST-1: l’astrophysicien Didier Queloz, joint par Nathalie Barge
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:06:01 0:00


Entretien VOA du 23 février avec Didier Queloz, colauréat du Nobel de physique 2019:

Didier Queloz: Comme l'étoile est très petite, les planètes laissent une grosse trace. Elle passe juste devant, et les planètes ont la taille de la Terre. Elles font un gros transit et quand on a un transit relativement important, cela devient relativement facile d'aller chercher des détails comme par exemple l'effet de l'atmosphère autour de ces planètes (…) C'est unique au monde et c'est vraiment quelque chose qui va apporter une nouvelle information sur le monde des exoplanètes, à savoir: est-ce que les planètes qui ont à peu près la densité de la Terre -donc probablement, qui ont des structures identiques à celles de la Terre- ont toutes des atmosphères? Et si elles ont des atmosphères, quelle est la nature et la structure de leurs atmosphères?

VOA Afrique: Trente-neuf années-lumière, qu'est-ce que cela représente?

D. Queloz: En termes astronomiques, c'est vraiment tout près mais il est vrai qu’en termes humains, c'est extrêmement éloigné. Donc, là, on parle de distances astronomiques. Dès que vous voulez aller vers une autre étoile, vous êtes déjà à des distances qui sont inhumaines. Donc il faut complètement oublier la notion de distance. Par contre, quand vous comparez les distances de ces étoiles avec les distances de toutes les étoiles de la galaxie, alors elles sont extrêmement proches parce que la galaxie à 100 millions d'années-lumière de taille, et l'univers a, à peu près, 16 milliards d'années-lumière de taille. Donc là on est vraiment dans la banlieue autour du système solaire.

VOA Afrique: Est-ce qu'il est possible que certaines de ces planètes soient habitables?

D. Queloz: Il y en a trois dans la zone habitable mais, encore une fois, ça ne veut absolument rien dire. Parce que, par exemple, Vénus, dans notre système solaire, est dans la zone habitable, mais on ne peut pas y habiter car son atmosphère ne permet pas d'y vivre. En fait, je crois que c'est là l'avancée exceptionnelle qu’il y a avec cette découverte, et ça, on pourra le faire. C'est une première mondiale. Cela n'était pas possible, ça ne sera pas possible pour toutes les planètes trouvées, mais c'est effectivement possible pour celles-ci. Donc demain, on va vraiment avoir une démarche scientifique et à partir des données, on va tirer des conclusions. Et là, on va pouvoir avoir un modèle de l'atmosphère de ces planètes, et on pourra répondre à votre question.

VOA Afrique: Est-ce que la présence d'eau implique automatiquement la présence de vie?

D. Queloz: Personne ne sait rien par rapport à cela. La seule chose que l'on constate, c'est qu’il y a de l’eau sur terre et de la vie. Mais l'eau est une molécule banale. On en voit partout dans l'univers. Il n'y a rien d'exceptionnel. L'eau, c'est vraiment très simple: hydrogène-oxygène. L'oxygène est un des sous-produits de la formation stellaire. L'hydrogène est partout depuis le début dans l'univers, donc l'eau, il y en a dans le système solaire, il y en a partout. (…) On s'attend à la trouver. Si on ne la trouve pas, ça pose des questions. (…) Et il y a effectivement une théorie sur Terre qui dit que l'eau qu'on a sur terre est peut-être venue des comètes qui sont tombées sur la Terre. Toutes ces questions, on peut commencer à y répondre. Donc c’est en cela qu’il est très intéressant d'aller voir s'il y a de l'eau sur ces planètes. Cela nous apporte un élément d'information sur notre propre histoire également.

VOA Afrique: C'est une découverte extraordinaire en effet. Alors à quoi vous attendez-vous maintenant?

D. Queloz: (…) Actuellement, on mesure cette étoile avec le télescope spatial dont l'objectif est d’essayer d'aller dire quelque chose sur leur atmosphère. C'est très difficile d'arriver à prédire ce qui va se passer mais ce qui est parfaitement sûr, c'est qu'on va avoir le contenu de l'atmosphère de toutes ces planètes. Alors, qu'est-ce qu'on va y trouver? Je n'en sais rien. On pourrait très bien réaliser qu'elles ont toutes des atmosphères et que trois ou quatre ont de l'eau liquide, comme on pourrait très bien réaliser que toutes n’ont aucune atmosphère et qu'elles sont complètement sèches parce que, dû à leur histoire et à la radiation de l'étoile, l'atmosphère a disparu. Vraiment, ça fait partie de l'exploration scientifique. On a entamé une aventure. L'aventure n'est pas terminée. Elle commence et on emporte le public avec nous pour l’amener au fil de la découverte. Et c'est comme ça que la science se passe.

Voir plus

XS
SM
MD
LG