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Deux morts après une attaque jihadiste à Bamako


Les forces de sécurité maliennes à Bamako, Mali, le 8 juin 2017 (Photo d'illustration).

Une attaque jihadiste contre un lieu de villégiature près de Bamako fréquenté par des étrangers a fait deux morts dimanche, dont une Franco-Gabonaise, mais une vingtaine d'otages ont été libérés lors de ce premier attentat anti-occidental depuis 2016 dans la capitale malienne.

"C'est une attaque jihadiste. Les forces spéciales maliennes sont intervenues. Une vingtaine d'otages ont déjà été libérés. Malheureusement, il y a eu pour le moment deux morts dont une Franco-Gabonaise", a déclaré le ministre malien de la sécurité Salif Traoré.​

Un terroriste blessé a pu s’échapper laissant un pistolet mitrailleur avec six chargeurs et des bouteilles contenant des substances explosives selon les informations obtenues par VOA Afrique.

La cible visée, le campement Kangaba, un agréable "ecolodge" et site de détente situé à la périphérie de Bamako prisé des expatriés, fondé par un Français, évoque d'autres cibles des groupes jihadistes du Sahel ces dernières années, notamment la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam (mars 2016, 19 morts, dont huit étrangers)

La FORSAT est dépêchée sur les lieux. Selon le témoignage d'un réchappé, il pourrait s'agir d'une attaque terroriste.

Les alentours sont bouclés. Les échanges de tirs sont en cours dans ce qu'il semble être une prise d'otages. Un hélicoptère de reconnaissance survole la zone, alors que des fumées noires s'échappent du lieu.

La dernière attaque jihadiste visant des Occidentaux dans la capitale malienne remonte à celle de mars 2016, contre l'hôtel Nord-Sud de Bamako, abritant la mission de l'Union européenne qui entraîne l'armée malienne (EUTMMali). Un assaillant avait été tué.

Le 20 novembre 2015, un attentat contre l'hôtel Radisson Blu avait fait 20 morts, outre ses deux auteurs.

Il avait été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en coordination avec le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, qui avait scellé à cette occasion son ralliement à Aqmi.

L'état d'urgence est en vigueur au Mali quasiment sans interruption depuis.

En mars 2015, une l'attaque contre le restaurant-bar La Terrasse avait fait cinq morts, dont deux Occidentaux.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Les jihadistes ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et dans le sud du pays, et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Kassim Traoré, correspondant à Bamako

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