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Lamine Diack condamné à Paris à quatre ans de prison

L'ancien président de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme Lamine Diack, au centre, arrive au palais de justice de Paris, le 13 janvier 2020. (AP)

L'ancien patron de l'athlétisme mondial Lamine Diack a été condamné mercredi à Paris à quatre ans de prison, dont deux ans ferme, pour son implication dans un réseau de corruption voué à cacher des cas de dopage en Russie.

Le Sénégalais de 87 ans a été reconnu coupable de corruption active et passive et d'abus de confiance et a été condamné à une amende maximale de 500.000 euros. Ses avocats ont immédiatement annoncé qu'il faisait appel, alors que Lamine Diack est ressorti libre de la salle d'audience.

Parmi les six prévenus, la peine la plus lourde a été prononcée contre son fils, Papa Massata Diack, qui est resté à Dakar et avait refusé de comparaître au procès en juin: il a été condamné à cinq ans de prison ferme et un million d'euros d'amende et le tribunal a maintenu le mandat d'arrêt à son encontre.

Concernant Lamine Diack, la peine est à la hauteur de la "gravité des faits de corruption qui vous étaient reprochés", a lancé la présidente de la 32e chambre correctionnelle, Rose-Marie Hunault, qui a jugé qu'il avait "gravement porté atteinte à la lutte contre le dopage" et "violé les règles du jeu de la compétition sportive".

Tous condamnés

L'ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF, 1999-2015) et son fils de 55 ans, qui dirigeait le marketing à l'IAAF, étaient jugés parmi six protagonistes pour avoir permis de retarder, à partir de fin 2011, des procédures disciplinaires à l'encontre d'athlètes russes soupçonnés de dopage sanguin, dont certains avaient été sacrés aux JO de Londres-2012 (Kirdyapkin 50 km marche, Zaripova 3.000 m steeple) avant d'être déchus pour dopage.

Derrière cette indulgence, un deal rocambolesque, révélé par Lamine Diack lui-même durant l'enquête et confirmé par le tribunal: le renouvellement de contrats de sponsoring et de diffusion de l'IAAF avec la banque d'Etat russe VTB et la télévision publique RTR, ainsi que des fonds pour financer l'opposition au sortant Abdoulaye Wade lors de la présidentielle de 2012 au Sénégal. Durant le procès, Lamine Diack avait réfuté tout financement politique.

Les quatre autres acteurs du procès ont tous été condamnés: l'ancien chef de l'antidopage à l'IAAF, Gabriel Dollé, a écopé de 2 ans avec sursis et 140.000 euros d'amende, tandis que l'avocat Habib Cissé, qui conseillait Lamine Diack a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis et 100.000 euros d'amende. Deux responsables russes jugés par défaut, l'ancien président de la fédération nationale d'athlétisme Valentin Balakhnitchev et l'ancien entraîneur Alexeï Melnikov ont été condamnés respectivement à trois et deux ans de prison ferme, avec maintien du mandat d'arrêt à leur encontre.

Depuis la Russie, Valentin Balakhnitchev a aussi annoncé son intention de contester le jugement. "Ils m'ont privé de mon droit légal de me défendre, ils ont dit que je ne coopérais pas à l'enquête, ce à quoi je suis catégoriquement en désaccord", a-t-il dit à l'agence Ria Novosti.

"Protection totale"

Au total, les six prévenus ont aussi été condamnés à verser 10,6 millions d'euros de dommages et intérêts à l'IAAF sur le volet corruption.

Mais Lamine Diack et son fils ont aussi été condamnés pour avoir capté des sommes indues sur des contrats de l'IAAF avec des sponsors. Sur ce volet, ils ont été condamnés à payer 5,2 millions d'euros à la fédération internationale.

Durant le procès Lamine Diack avait concédé avoir donné l'ordre d'étaler les sanctions contre les Russes, une version confirmée par Gabriel Dollé. Mais pour eux, il en allait de la survie financière de l'IAAF, un argument qui n'a pas convaincu le tribunal.

"A aucun moment vous n'avez remis en cause cette décision", a lancé la présidente du tribunal à Lamine Diack.

Le tribunal a considéré que pour au moins six athlètes russes, les procédures disciplinaires avaient été retardées et que les sportifs avaient dû payer pour bénéficier d'une "protection totale".

La pièce centrale de l'accusation est un virement de 300.000 euros reçu par la marathonienne Lilya Shobukhova, depuis un compte lié à Papa Massata Diack, en guise de remboursement quand elle a finalement été suspendue en 2014. Une note, retrouvée chez l'avocat Habib Cissé, décline d'autres sommes, pour un total évalué par le tribunal à 3,2 millions d'euros, mais l'argent n'a pas été retrouvé et les athlètes russes pas entendus, ce que la défense avait dénoncé.

Les avocats de Lamine Diack avaient réclamé la relaxe, mais espéraient surtout que leur client évite la prison. Dans l'immédiat, Lamine Diack n'en a pas fini avec la justice française. Avec son fils, il est mis en cause dans une seconde enquête à Paris sur des soupçons de corruption dans l'attribution des JO de Rio-2016 et de Tokyo-2020. Lamine Diack sera bientôt entendu dans ce dossier.

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Le fils de Lamine Diack évoque le soupçon du racisme

Papa Massata Diack lors d'une interview à Dakar, Sénégal, le 6 mars 2017.

Papa Massata Diack, fils de l'ancien patron de l'athlétisme mondial Lamine Diack, a vitupéré lundi à Dakar contre sa condamnation en France pour son implication présumée dans un réseau de corruption voué à cacher des cas de dopage en Russie.

Papa Massata Diack, qui dirigeait le marketing à l'IAAF, a été condamné le 16 septembre à Paris à cinq ans ferme et un million d'euros d'amende dans un procès dont il était l'un des grands absents parmi les six prévenus. Le tribunal a maintenu le mandat d'arrêt à son encontre. Lamine Diack, présent pour sa part, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme, et 500.000 euros d'amende.

Papa Massata Diack, qui dirigeait le marketing de la fédération internationale d'athlétisme (IAAF), s'est insurgé devant la presse contre un "procès à charge" et une "condamnation annoncée", proclamant son innocence de tous les faits reprochés et soupçonnant que lui et son père étaient les victimes de racisme.

"Ce qu'on a vu à Paris est un déni de justice, c'est une farce", a expliqué celui qui vit au Sénégal et a toujours refusé de se présenter devant les magistrats français.

Il s'est défendu d'avoir tenté d'extorquer de l'argent à des athlètes accusés de dopage, d'avoir essayé d'utiliser les soupçons de dopage dans des négociations de contrats commerciaux ou d'avoir indûment touché de l'argent qui aurait dû échoir à l'IAAF.

"On dit Massata a détourné des sommes, mais ces sommes ont fait l'objet de contrats", a-t-il déclaré dans un monologue de près d'une heure. "A aucun moment l'intégrité ou les finances de l'IAAF n'ont été mises (à) mal. Papa Massata Diack n'a jamais facturé au nom de l'IAAF", a-t-il insisté.

Il a réagi vivement à l'interdiction de dix ans de toute activité dans le domaine sportif, et non pas seulement dans l'athlétisme.

"Ils ont une compétence universelle ? Ils peuvent faire ce qu'ils veulent ?", a-t-il demandé. "Je n'ai plus peur de dire qu'il y a du racisme dans cette histoire, il y a une volonté de faire de la morale", a-t-il ajouté sans qu'apparaisse clairement s'il s'en prenait aux juges, aux cadres de l'IAAF ou à ses détracteurs en général.

Il a estimé que ses revenus et ses dépenses avaient été instrumentalisés contre lui et son père.

"J'ai l'impression que les Africains, vous pouvez gagner de l'argent, mais vous ne devez pas le dépenser", a-t-il dit, "si c'est un Anglais, ou un Américain ou un Français qui avait gagné cet argent, ils ne l'auraient jamais mentionné".

Le Sénégal a refusé d'extrader M. Diack comme le réclamait la justice française. La justice sénégalaise mène en revanche ses propres investigations et il est inculpé sous des chefs équivalents et placé sous contrôle judiciaire.

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