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Congo : appel à la fin de l'état d'urgence au Pool


Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, 5 juillet 2016.

Une coalition d'opposition congolaise a appelé mardi les autorités de Brazzaville à sortir le département du Pool de l'état d'urgence qui lui est imposé depuis avril à la suite de la présidentielle contestée ayant permis la réélection de Denis Sassou Nguesso.

"Dans cette région (le Pool, dans le sud du pays, ndlr), le pouvoir n'évoque les vertus du dialogue que pour tourner en dérision les rois, les sages, les notables et les cadres d'un département placé sous état d'urgence, d'un pays placé en état de siège", a déclaré à l'AFP Charles Zacharie Bowao, coordonnateur de la plateforme d'opposition IDC-FROCAD.

Cette alliance, constituée en 2015 pour tenter de faire échec au changement de Constitution ayant finalement permis à M. Sassou Nguesso de briguer un nouveau mandat, s'est réunie mardi à Brazzaville avec une autre structure d'opposition, la Composante Jean-Marie Michel Mokoko (CJ3M), afin d'élaborer une stratégie commune.

Vaste département voisin de Brazzaville, le Pool est le théâtre de violences depuis avril 2016.

Le pouvoir accuse Frédéric Bintsamou alias pasteur Ntumi, ancien chef rebelle local rallié à M. Sassou Nguesso mais ayant soutenu un de ses concurrents lors de la présidentielle de mars, d'avoir repris les armes et d'y faire régner la terreur.

De leur côté, plusieurs ONG de défense des droits de l'homme accusent Brazzaville d'avoir déployé des moyens militaires totalement disproportionnés pour mater la province, d'où il est extrêmement difficile d'obtenir des informations indépendantes.

Vendredi, les Nations unies se sont inquiétées du sort de 13.000 personnes déplacées par ces violences, craignant qu'elles "n'aient bientôt pas assez à manger".

"Cette situation doit cesser", a déclaré M. Bowao.

A l'occasion de la présidentielle de mars, l'IDC-FROCAD avait constitué une alliance de quatre candidats contre M. Sassou Nguesso à laquelle s'était rallié le général Jean-Marie Michel Mokoko, arrivé troisième selon les résultats officiels, et détenu depuis juin pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'État et détention illégale d'armes et munitions de guerre".

Mais M. Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans à la tête du Congo, a été réélu dès le premier tour selon les résultats officiels rejetés par la coalition de ses opposants.

En novembre, Guy-Brice Parfait Kolélas, arrivé deuxième à la présidentielle selon les résultats officiels, et Pascal Tsaty Mabiala ont annoncé avoir quitté la plateforme IDC-FROCAD.

MM. Kolélas et Tsaty Mabiala ont fini par prendre acte de la victoire de M. Sassou Nguesso et leurs partis devraient participer aux législatives censées avoir lieu en 2017.

Avec AFP

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